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Je ne suis pas le dernier à déplorer l’archaïsme idéologique de nos syndicalistes.
Mais à entendre Laurence Parisot confondre création de valeur (qui ne profite qu’aux actionnaires) et création de richesses (qui profitent à tous), je réalise que les dirigeants d’entreprises ont en fait les syndicalistes qu’ils méritent.
Le triplement de la valeur du Printemps mis en avant par Laurence Parisot pour justifier le golden parachute accordé à Laurence Danon ne profite qu’à PPR (la maison-mère du Printemps), donc à Artémis (principal actionnaire de PPR), donc au final à François Pinault (Artémis est sa holding personnelle) qui n’est pas vraiment dans le besoin.
La performance qui aurait justifié une telle récompense pour l’ex-patronne du Printemps aurait été, au cours des six années où Laurence Danon a dirigé les magasins Printemps, de faire des bénéfices, d’en réinvestir une partie dans de nouveaux magasins et de nouveaux projets, et de contribuer ainsi, en même temps qu’à la bonne santé financière du groupe de François Pinault, aux créations d’emploi et à la hausse du pouvoir d’achat des salariés du Printemps (sans parler des recettes fiscales et sociales…).
C’est ça, Madame Parisot, la création de richesses, à laquelle vous assimilez abusivement la création de valeur. Il n’y a évidemment aucune chance, Madame Parisot, pour que vous lisiez ces lignes. Sachez quand même que l’auteur de ces lignes n’est pas un fonctionnaire encarté à la CGT ou à FO, mais un cadre du secteur privé, convaincu que l’entreprise et l’initiative privée constituent la principale source de création de richesses, dont la redistribution permet ensuite de tisser et de préserver le lien social. Il ne fait pas de doute à mes yeux qu’une partie de nos maux trouveront leur solution dans une meilleure efficacité de la sphère publique et une baisse des charges qui pèsent sur les entreprises. Mais pour que j’en arrive à tenir de tel discours à propos des rémunérations des patrons, ne pensez-vous pas qu’il y a aussi un sérieux malaise entre les entreprises et leurs salariés ?