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Caméra KF(é)

14.01.07

Permalien 15:04:00, par Denis Email , 859 mots   French (FR) latin1
Catégories: Liberté, inégalités, rentabilité

Caméra KF(é)

Malgré la concurrence féroce de l’actualité avec la tenue du congrès de l’UMP qui a sans surprise désigné Sarko pour le représenter à l’élection présidentielle, je me lance à faire un billet sans rapport avec le héros du jour.

Maintenant que le pouvoir d'achat est (enfin) devenu un thème central du débat politique, et que les candidats à l'élection présidentielle font assaut de propositions pour augmenter ledit pouvoir d'achat, il m’a semblé nécessaire et utile (notamment à la lecture des rémunérations des banquiers d’affaires…) de rappeler aux moins avertis, de façon non scientifique et forcément schématique, les déterminants de la rémunération de chacun d’entre nous, un sujet déjà rabattu sans avoir été entendu.

Amis initiés aux arcanes de l’économie globalisée, économistes ou spécialistes de l’économie et du droit du travail, il est donc inutile d’aller plus loin dans la lecture. Passez vite votre chemin, car la suite de ce billet sera une suite de constats qui vous paraîtront être autant de truismes à peine dignes du Café du Commerce et dont vous ne pourrez être qu’horrifiés. Mais à voir le nombre des manifestants anti-CPE au printemps dernier et celui des affidés d’Olivier Besancenot, cela ne fera sans doute pas de mal de rappeler quelques réalités économiques incontournables et, sait-on jamais, cela pourrait même être utile à quelques-uns dans l’orientation de leur vie professionnelle.

Alors, ami travailleur et lecteur néophyte, es-tu prêt à te voir rappeler quelques évidences qui n’en sont pas moins incontournables ?

A l’heure de la mondialisation galopante (mais pas forcément heureuse pour tous), la règle intangible qui guide la hiérarchie des rémunérations est celle de la profitabilité. Quel que soit ton statut, salarié ou indépendant (artisan, commerçant, chef d’entreprise, profession libérale), la règle est la même. Simplement, elle est plus facile à comprendre dans le second cas que dans le premier : en tant qu’indépendant, l’argent qui entre dans tes caisses déterminera la rémunération que tu pourras te verser, alors qu’en tant que salarié, ce sont tes supérieurs hiérarchiques qui décideront pour toi selon ce qu’ils estiment être ta rentabilité. Même si nos organisations syndicales s’y accrochent, l’heure n’est plus aux augmentations collectives et au salaire à l’ancienneté.

Ouvrons tout de suite une parenthèse : ceci n’est pas autre chose que le constat d’une réalité. On peut se satisfaire de cette réalité (cas des ultra-libéraux) ou l’accepter tout en cherchant à en atténuer les aspects les plus injustes (cas des sociaux-libéraux ou libéraux-sociaux). On peut aussi vouloir la modifier (cas des socialistes) ou même la refuser (cas des anti-libéraux et autres extrémistes de gauche comme le facteur de Neuilly). Dans ces deux derniers cas, cela passe par des mesures dirigistes du type augmentation du SMIC à 1.500 € et création d’emplois dans le secteur public.

Augmenter le SMIC à 1.500 € sera peut-être bénéfique à très court terme aux salariés les moins qualifiés. Mais, outre que cela fera augmenter le nombre de smicards, cela ne fera surtout à moyen terme que détruire de l’emploi et précipiter des délocalisations.

Prenons un exemple : toi, ami travailleur, si tu as le choix, pour faire ton plein d’essence, entre une station-service ou une grande surface où le litre de carburant te coûte 10 % de moins, que choisis-tu ? La grande surface bien sûr, parce que tu es, comme tout un chacun, un homo economicus, autrement dit un être économiquement rationnel.

Accepterais-tu que l’Etat décide que le litre de carburant doit coûter 1,50 € pour tout le monde et t’oblige à faire ton plein uniquement en France à 1,50 € le litre, alors que tu pourrais trouver du carburant à 1,20 ou 1,30 € le litre de l’autre côté de la frontière si tu en es proche ? Il en va de même pour les dirigeants d’entreprises : ils sont économiquement rationnels (peut-être un peu trop…). Donc si le SMIC est fixé autoritairement à 1.500 € en France, je te laisse deviner la suite... On peut bien sûr imaginer d'interdire aux entreprises de licencier et de se délocaliser, mais on passe alors directement à un système de type soviétique.

Quant à la création d’emplois publics, l’Etat devra bien trouver les ressources pour payer les salaires, donc augmenter les prélèvements sur ceux qui produisent des richesses, donc toi, ami travailleur, et/ou ton employeur. Je te laisse le soin d'imaginer les conséquences de ces prélèvements sur l'emploi et les salaires... Chaque entreprise cherchera, pour maintenir sa rentabilité, à les compenser en réduisant sa masse salariale. Là encore, il n'existe qu'une seule alternative : le système soviétique.

Refermons la parenthèse et revenons à ta rémunération et à la mienne. Quels en sont les autres déterminants ?

Suite au prochain épisode

12 commentaires

Commentaire de: Aetius [Visiteur]
Aetius- Salut Denis. Je reprends ton texte et interviens à la fin de chaque paragraphe.

Amis initiés aux arcanes de l’économie globalisée, économistes ou spécialistes de l’économie et du droit
14.01.07 @ 20:06
Commentaire de: Denis [Membre] Email
DenisSalut Aetius,

Je vois que le sujet t'inspire. Cela ne m'étonne pas... Je reprends tes interventions à la fin de chaque paragraphe :

"- Incontournable pour les libéraux, s
14.01.07 @ 22:13
Commentaire de: Aetius [Visiteur]
AetiusSalut Denis
Je ne peux laisser ta réponse en l'état, tu t'en doute.

" soit on assume le risque d'avoir des patrons-voyous, des négriers, des chauffards et des propriétaires de pitbu
15.01.07 @ 20:35
Commentaire de: Perros [Visiteur]
PerrosJe suis d'accord avec toi avec la notion globale que tu as voulu exposé. Par contre tes digressions sont malvenues : que vient faire là le CPE.

A mon avis la solution n'est pas dans la su
16.01.07 @ 09:57
Commentaire de: Fleur de Lys [Visiteur]
Fleur de LysNous n'avons jamais été en Démo(?)cratie...vous savez tous très bien ce que ce leurre est ! Et il faudra "nécessairement" en passer par des mesures dites "dictatoriales"...ne comptez sur aucun "élépha
16.01.07 @ 12:51
Commentaire de: Aetius [Visiteur]
AetiusNoir c'est noir, Fleur de Lys ?
Laisse Marine où elle est.
J'espère que tu n'es pas désespéré au point de plonger !
16.01.07 @ 17:03
Commentaire de: Denis [Membre] Email
DenisA Aetius,

Avec les chauffards et les propriétaires de pitt-bulls, je voulais essayer de te faire comprendre que le libre-arbitre a sa part de responsabilité : dès lors que tu laisses une
16.01.07 @ 21:05
Commentaire de: Aetius [Visiteur]
AetiusTout à fait d'accord avec toi, Denis.
Aussi bien pour les chauffards, les propriétaires de pitt-bulls et les alcooliques, il existe pourtant un code de la route, une interdiction d'acheter - pos
16.01.07 @ 22:01
Commentaire de: Denis [Membre] Email
DenisEn fait, on dit (presque ?) la même chose avec des mots différents ?
16.01.07 @ 22:25
Commentaire de: Denis [Membre] Email
DenisA Perros,

Je ne milite pas non plus pour un nivellement par le bas du droit du travail, qui plus est pour les seuls moins de 25 ans. En revanche, je suis assez marqué par la dialectique h
16.01.07 @ 22:27
Commentaire de: Denis [Membre] Email
DenisA Fleur de Lys,
Je suis d'accord avec Aetius, laisse le borgne et sa fille où ils sont, ils ne seront jamais une solution, ou alors seulement comme catalyseur d'une crise cathartique.
16.01.07 @ 22:33
Commentaire de: Fleur de Lys [Visiteur]
Fleur de LysSalut Aètius - heureux de te lire à nouveau...
Denis, n'aies aucune crainte en ce qui me concerne...aucune...
Je pense aussi que nous disons (pas presque Denis) les même choses chacun avec
17.01.07 @ 00:59

A propos de l’auteur

Contact : denis@deniscastel.fr

"Le premier devoir, c'est la franchise. Informer le pays, le renseigner, ne pas ruser, ne pas dissimuler, ni la vérité ni les difficultés ; ne pas éluder ou ajourner les problèmes, car dans ce cas ils s'aggravent." Pierre Mendès-France

"Ras-le-bol" : un roman de politique-fiction qui met en scène une faillite de la France : une agence de notation dégrade la dette de la France et déclenche une tempête financière qui se transforme en révolte sociale...

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