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Malgré la concurrence féroce de l’actualité avec la tenue du congrès de l’UMP qui a sans surprise désigné Sarko pour le représenter à l’élection présidentielle, je me lance à faire un billet sans rapport avec le héros du jour.

Maintenant que le pouvoir d'achat est (enfin) devenu un thème central du débat politique, et que les candidats à l'élection présidentielle font assaut de propositions pour augmenter ledit pouvoir d'achat, il m’a semblé nécessaire et utile (notamment à la lecture des rémunérations des banquiers d’affaires…) de rappeler aux moins avertis, de façon non scientifique et forcément schématique, les déterminants de la rémunération de chacun d’entre nous, un sujet déjà rabattu sans avoir été entendu.
Amis initiés aux arcanes de l’économie globalisée, économistes ou spécialistes de l’économie et du droit du travail, il est donc inutile d’aller plus loin dans la lecture. Passez vite votre chemin, car la suite de ce billet sera une suite de constats qui vous paraîtront être autant de truismes à peine dignes du Café du Commerce et dont vous ne pourrez être qu’horrifiés. Mais à voir le nombre des manifestants anti-CPE au printemps dernier et celui des affidés d’Olivier Besancenot, cela ne fera sans doute pas de mal de rappeler quelques réalités économiques incontournables et, sait-on jamais, cela pourrait même être utile à quelques-uns dans l’orientation de leur vie professionnelle.
Alors, ami travailleur et lecteur néophyte, es-tu prêt à te voir rappeler quelques évidences qui n’en sont pas moins incontournables ?
A l’heure de la mondialisation galopante (mais pas forcément heureuse pour tous), la règle intangible qui guide la hiérarchie des rémunérations est celle de la profitabilité. Quel que soit ton statut, salarié ou indépendant (artisan, commerçant, chef d’entreprise, profession libérale), la règle est la même. Simplement, elle est plus facile à comprendre dans le second cas que dans le premier : en tant qu’indépendant, l’argent qui entre dans tes caisses déterminera la rémunération que tu pourras te verser, alors qu’en tant que salarié, ce sont tes supérieurs hiérarchiques qui décideront pour toi selon ce qu’ils estiment être ta rentabilité. Même si nos organisations syndicales s’y accrochent, l’heure n’est plus aux augmentations collectives et au salaire à l’ancienneté.
Ouvrons tout de suite une parenthèse : ceci n’est pas autre chose que le constat d’une réalité. On peut se satisfaire de cette réalité (cas des ultra-libéraux) ou l’accepter tout en cherchant à en atténuer les aspects les plus injustes (cas des sociaux-libéraux ou libéraux-sociaux). On peut aussi vouloir la modifier (cas des socialistes) ou même la refuser (cas des anti-libéraux et autres extrémistes de gauche comme le facteur de Neuilly). Dans ces deux derniers cas, cela passe par des mesures dirigistes du type augmentation du SMIC à 1.500 € et création d’emplois dans le secteur public.
Augmenter le SMIC à 1.500 € sera peut-être bénéfique à très court terme aux salariés les moins qualifiés. Mais, outre que cela fera augmenter le nombre de smicards, cela ne fera surtout à moyen terme que détruire de l’emploi et précipiter des délocalisations.
Prenons un exemple : toi, ami travailleur, si tu as le choix, pour faire ton plein d’essence, entre une station-service ou une grande surface où le litre de carburant te coûte 10 % de moins, que choisis-tu ? La grande surface bien sûr, parce que tu es, comme tout un chacun, un homo economicus, autrement dit un être économiquement rationnel.
Accepterais-tu que l’Etat décide que le litre de carburant doit coûter 1,50 € pour tout le monde et t’oblige à faire ton plein uniquement en France à 1,50 € le litre, alors que tu pourrais trouver du carburant à 1,20 ou 1,30 € le litre de l’autre côté de la frontière si tu en es proche ? Il en va de même pour les dirigeants d’entreprises : ils sont économiquement rationnels (peut-être un peu trop…). Donc si le SMIC est fixé autoritairement à 1.500 € en France, je te laisse deviner la suite... On peut bien sûr imaginer d'interdire aux entreprises de licencier et de se délocaliser, mais on passe alors directement à un système de type soviétique.
Quant à la création d’emplois publics, l’Etat devra bien trouver les ressources pour payer les salaires, donc augmenter les prélèvements sur ceux qui produisent des richesses, donc toi, ami travailleur, et/ou ton employeur. Je te laisse le soin d'imaginer les conséquences de ces prélèvements sur l'emploi et les salaires... Chaque entreprise cherchera, pour maintenir sa rentabilité, à les compenser en réduisant sa masse salariale. Là encore, il n'existe qu'une seule alternative : le système soviétique.
Refermons la parenthèse et revenons à ta rémunération et à la mienne. Quels en sont les autres déterminants ?
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