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"La vérité, c'est qu'il existe des régimes spéciaux de retraite qui ne correspondent pas à des métiers pénibles et qu'il existe des métiers pénibles qui ne correspondent pas aux régimes spéciaux de retraite. Je changerai cette situation indigne."
Au Salon de l'élevage de Rennes, Nicolas Sarkozy vient d'en remettre une couche sur la réforme des régimes spéciaux de retraite après les déclarations de François Fillon qui ont provoqué les habituels cris d'orfraie des syndicats, plus prompts à se mobiliser pour les régimes spéciaux qu'ils ne l'ont fait en 1993 pour défendre les retraites du secteur privé. A l'époque, ils n'avaient même réclamé ne serait-ce qu'une phase de concertation lorsqu'Edouard Balladur avait procédé par voie d'ordonnances en plein mois d'août.
Je ne peux guère être suspecté d'idolatrie sarkozyste et je suis même plutôt méfiant d'habitude sur ses déclarations, cherchant toujours où se trouvera le fossé, voire le gouffre avec ses actes. Mais là, je m'incline. Pour avoir été manoeuvre puis gardien de nuit dans une entreprise privée pendant mes vacances de lycéen puis d'étudiant, je peux témoigner que nombre de salariés du secteur privé exercent des métiers pénibles, que ce soit en termes d'horaires de travail ou de fatigue physique, sans pour autant bénéficier d'avantages particuliers en matière de retraite (je donnerai d'ici peu la parole à un lecteur cheminot qui pourra nous donner son avis sur le sujet).
Cette déclaration de Nicolas Sarkozy pourrait bien mettre le feu aux poudres et nous valoir de marcher quelques semaines pour aller travailler. Heureusement, à Paris, maintenant il y Vélib. La société JC Decaux risque de ne pas pouvoir mettre à disposition assez de vélos dans les semaines à venir...