| « Manipulés mais surtout victimes | Et après ? » |
Supposons que vous avez 40 % de risque d'avoir une maladie A, dont on a 80 % de chance de guérir dans les 6 mois.
Supposons encore que vous avez en revanche 2 fois moins de risque (20 %) d’avoir une maladie B, mais dont on a 2 fois moins de chance (40 %) de s’en sortir.
Que choisissez-vous ?
Pour ma part, je préfère risquer d’avoir la maladie A plutôt que la maladie B.
Dans le premier cas, j’ai d’abord 60 % de chances de ne pas attraper la maladie. Si je l’attrape quand même, j’ai arithmétiquement 40 % x 80 % = 32 % de chances de m’en sortir et donc 40 % x 20 % = 8 % de risque d’y rester.
Dans le second cas, j’ai certes 80 % de chances de ne pas attraper la maladie. Si je l’attrape quand même, j’ai arithmétiquement 20 % x 40 % = 8 % de chances de m’en sortir et donc 20 % x 60 % = 12 % de risque d’y rester.
Avec la maladie B, j’ai donc 50 % de risque en plus d’y laisser ma peau (12 % contre 8 %).
Le chômage en France aujourd’hui, c’est la maladie B.
Dans les pays qui ont su s’adapter comme les pays scandinaves ou le Canada, c’est la maladie A : un risque peut-être plus élevé de perdre son emploi (et encore pas pour tout le monde, cela dépend de la qualification), mais beaucoup plus de chances d’en retrouver un rapidement, le tout assorti d’allocations significatives pour vivre correctement entre deux emplois. Les allocations-chômage ont alors vraiment pour vocation d’être un revenu de remplacement transitoire entre deux emplois.
En France, le risque est moins élevé de perdre son emploi (notamment à cause des protections du Code du Travail), mais ceux qui le perdent ont de grandes chances de rester au chômage. Et les allocations-change deviennent un revenu de remplacement permanent, avant que le bénéficiaire n’arrive en fin de droits et n’en soit réduit à vivre du RMI…
Le risque en France, et c’est l’erreur de Dominique de Villepin, c’est de vouloir introduire de la flexibilité sans la croissance économique, ce qui aboutirait à ce qu’elle rime réellement avec précarité.