| « C'est pas moi, c'est eux | En quête de rupture » |
Jacques Chirac vient d’annoncer qu’il ne briguera pas de troisième mandat. C’est le contraire qui eût été étonnant pour ne pas dire "abracadabrantesque". Comme c’était prévisible, notre bien-aimé Président n’a rien dit non plus de sa préférence personnelle quant à son successeur. Ce n’était évidemment pas le lieu. Il le fera plus tard, explicitement ou de façon elliptique. A la place de Sarkozy, je crois que je préférerais qu’il reste dans le flou…
Pour le reste, il a été égal à lui-même :
=> A peu près convaincant sur les grands principes : la lutte contre les extrémismes, le racisme et l’antisémitisme ; la sécurité internationale ; le statut et le rôle de la France sur la scène internationale ; la préservation de l’environnement.
=> Complètement démago sur la politique intérieure, malgré l’aveu d’une certaine lucidité :
- démagogie, pour ne pas dire fumisterie, à propos de la consolidation des régimes de retraite, du chômage prétendument "au plus bas depuis un quart de siècle" ou du modèle français qu’il ne faudra "jamais brader",
- lucidité quand même lorsqu’il déclare qu’il aurait souhaité "bousculer davantage les conservatismes et les égoïsmes pour répondre aux difficultés que supportent certains d’entre [nous]"
Finalement, c’est quand même un grand mystère qui subsiste :
- qu’un homme politique comme lui ait pu, par cynisme, électoralisme et court-termisme, faire fi des réalités économiques et sociales parce que la fin qu’était la conquête du pouvoir justifiait tous les moyens, je peux le concevoir même si je n’y adhère pas,
- mais comment un homme aussi intelligent, parce qu’il l’est indubitablement, n’arrive pas à comprendre que sa place dans l’Histoire encourt un risque non négligeable de se trouver remise en question dans les années à venir pour cause d’immobilisme avéré ? La question va jusqu’à m’effleurer parfois : quelle ville pourrait être le Varennes de Jacques Chirac ? Au figuré bien sûr...
NB : Bayrou, invité du 20 heures de TF1, est resté calme et posé malgré une Claire Chazal particulièrement agressive.