| « Un cœur de pierre | Absent jusqu'à vendredi soir » |
* Que les banlieusards se rassurent, la grève de jeudi prochain ne risque guère de se prolonger dès lors que le gouvernement laisse en vigueur jusqu’en 2025 pour les salariés recrutés avant le 31 décembre 2008 le système de bonification d’annuités (un an tous les quatre ans à la SNCF pour les postes "pénibles") qui permet de d’atteindre les 37,5 années de cotisation (40 années en 2012) avec seulement 30 années de travail effectif. Malgré les rodomontades de certains syndicats de cheminots qui appellent à la grève reconductible, la grève du 18 octobre prochain pourrait bien n’être qu’un baroud d’honneur pour laisser croire à la galerie que les bénéficiaires de régimes spéciaux sont contraints de consentir des sacrifices inhumains. Il suffira ensuite de quelques concessions et les syndicats de cheminots laisseront le gouvernement se glorifier d’une réforme a minima.
Surtout si Denis Gautier-Sauvagnac acceptait en plus d’aller retirer quelques millions d’euros en liquide à la banque pour les répartir entre les syndicats de cheminots...
* Dans Le Point n° 1827 du 20 septembre (oui, je sais, ce n’est pas récent mais j’ai un peu de retard dans la lecture de la presse…), on trouve page 16 l’encadré suivant intitulé "Le chiffre de Jacques Marseille" : "26,4 ans c’est la durée moyenne de la retraite d’un agent de la SNCF. Un record talonné de près par la performance d’un agent de la RATP (24,8 ans) et celle d’un agent d’EDF-GDF (23,9 ans). Derrière se classent les fonctionnaires (22,3 ans) et enfin les salariés du privé (17,7 ans). A croire que la pénibilité du travail qui, historiquement, justifiait les régimes spéciaux entretient la bonne santé de ceux qui touchent, à la retraite, 75 % de leur dernier traitement brut."
Là, le lecteur de base du Point que je suis se dit : "Ça y est, je vais enfin connaître l’espérance de vie de ces enfoirés de cheminots qui prennent leur retraite à 50 ans aux frais du contribuable." Sauf qu’il me manque l’âge moyen de départ en retraite. Comme l’âge moyen de fin d’activité des agents de la SNCF et de la RATP est de 55 ans, on arrive quand même à une espérance de vie implicite de 81,4 années pour les premiers et de 79,8 années chez les seconds.
* Pendant ce temps-là, quelques députés en sont quand même arrivés à s’interroger sur la légitimité de leur régime "particulier" de retraite (ça ressemble à un régime spécial, ça a le goût d’un régime spéciale mais ce n’est pas un régime spécial). La première question qui vaille et dont on aurait aimé trouvé la réponse dans les comptes budgétaires grâce à la LOLF, c’est de savoir combien il coûte à la collectivité ce régime "particulier" de retraite.