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Noël FORGEARD, ex-patron d'EADS congédié pour cause de retard dans la livraison des Airbus A380, aurait obtenu trois années de salaire à titre d'indemnités de départ, soit environ 6 millions d'euros qui viennent s'ajouter aux 2,5 millions d'euros tirés de la levée récente de ses stock-options. Le système en place est ainsi fait que les patrons ont depuis plusieurs années le beurre (le salaire et le bonus), l'argent du beurre (les stocks-options) et partent avec la crémière (les indemnités de départ) si les choses tournent mal. Autrement dit, ils ont les avantages de la fonction sans en avoir les risques : la contrepartie des avantages financiers de la fonction de patron, c'est d'avoir à assumer les éventuels échecs et d'en subir les conséqences en étant évincé du jour au lendemain. Pas de toucher des indemnités faramineuses quelle que soit l'évolution de la situation. En ces temps de chômage de masse, de misère et de désespérance sociale, ces messieurs sont à peu près aussi déconnectés des réalités que Marie-Antoinette à qui on prête d'avoir dit, devant le peuple de Paris venu manifester contre l'augmentation du prix du pain en 1789 : "s'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche".