| « Statistiques d’Evangile | Une caste au-dessus des lois » |
En cette soirée de Noël, le mécréant que je suis serait bien en peine de donner une dimension religieuse à ce billet. Néanmoins, dans cette période de ripailles et de bombance, où les vitrines et les temples de la distribution de notre société de consommation dégoulinent de tentations en tous genres, je ne peux m’empêcher, sans vouloir verser dans le misérabilisme ou jouer les Roger Gicquel, d’avoir une pensée pour les SDF, RMIstes, mal-logés et autres exclus, voire même pour les simples smicards parents de famille nombreuse, pour qui les restrictions l’emportent de façon encore plus durement ressentie que le reste de l’année. Moi qui suis quand même un pur produit du système, cadre dans un groupe financier, bien inséré socialement et pas réellement dans le besoin même si j’ai du mal à ne pas être à découvert dès le 10 du mois, je me demande d’ailleurs d’où peut me venir ce sentiment presque compulsif, cette conscience trop aigue des inégalités et de l’injustice, de la misère et de la désespérance sociale et j’en viens parfois à me poser une question qui m’effraie : aurais-je le même discours et la même capacité d’indignation si j’étais patron, profession libérale ou cadre dirigeant avec une rémunération quatre à cinq fois supérieure ou bien me désintéresserais-je du sort des plus démunis ? Allez, bonnes fêtes quand même !