| « RMI et CPE | L'état inquiétant de la démocratie française… » |
N’en déplaise aux tenants de la toute-puissance de l’Etat et aux opposants au CPE, le travail dans une économie soumise aux vents de la mondialisation est devenue une marchandise soumise à la loi d’airain de l’offre et de la demande. Vous êtes spécialiste d’un domaine où les universités et grandes écoles ne forment pas encore assez de diplômés ? Vos compétences techniques, commerciales et /ou managériales permettent à votre entreprise d’augmenter ses ventes et ses bénéfices ? Vous avez toutes les chances d’avoir plusieurs propositions d’emploi assortie d’une rémunération très convenable, voire de stocks-options, d’être ensuite choyé par votre employeur et de voir les concurrents rivaliser d‘imagination pour vous débaucher à prix d‘or. Tant que vous rapportez plus que vous ne coûtez. Vous êtes au contraire spécialiste d’un secteur où la concurrence indienne ou chinoise fait des ravages et lamine les marges ? Vous avez décroché un diplôme qu’ont déjà des milliers d’autres jeunes, alors que les emplois correspondants sont au nombre de quelques dizaines ? Pire, vous êtes sans diplôme et sans qualification particulière ? Dans tous les cas, pour l’emploi que vous pouvez convoiter, il y a des dizaines, des centaines ou même des milliers d’autres prétendants ? Tout cela est synonyme de chômage, précarité, salaire au rabais. Voilà ce que n’ont pas compris les lycéens et étudiants qui s’opposent au CPE : les entreprises sont purement rationnelles. Si une compétence leur fait défaut, elles sont prêtes à l’acquérir à prix d’or. Si une compétence est abondante, elles feront la fine bouche et mégoteront sur le moindre euro de salaire. D’où l’absolue nécessité de rétablir le rapport de forces entre salariés et entreprises. Ce qui suppose de relancer une machine économique qui tourne au ralenti (1,4 % de croissance en France en 2005 à comparer à une croissance mondiale de 4,3 %), en développant une véritable flexibilité-sécurité des salariés et surtout en réduisant le poids du secteur public (Etat, collectivités locales etc), devenu un véritable Moloch qui condamne l’économie française à affronter la concurrence mondiale avec un boulet aux pieds. Le CPE peut contribuer à relancer la croissance. Mais il ne peut être qu’une mesure parmi d’autres. Les jeunes ne peuvent pas être les seuls à devoir faire des efforts. Chacun d’entre nous doit accepter des sacrifices pour que nous puissions tous espérer faire repartir la machine. L’erreur du Premier Ministre est d’avoir institué le CPE tout de suite et repoussé les autres réformes à l’après-2007. C’est inéquitable. Donc inacceptable pour les intéressés.