| « Croissance mondiale | Manipulés mais surtout victimes » |
J’ai regardé ce week-end le dernier film de Costa-Gavras, "Le couperet", où José Garcia incarne le personnage d’un cadre de l’industrie papetière au chômage depuis plus de 2 ans et qui en arrive à assassiner ses concurrents potentiels au poste qu’il convoite. Très réussi et particulièrement effrayant. C’est une banalité que d’écrire que le chômage est vraiment un cancer qui ronge en premier lieu ceux qui y sont confrontés, mais aussi ceux qui craignent (à tort ou à raison) de perdre leur emploi. C’est un ennemi sournois, face auquel on observe quelques héros et d’innombrables lâchetés. Ainsi, dans les fusions ou les restructurations d’entreprises, où certains défendent leurs collaborateurs pour tenter d‘assurer leur emploi, mais où la plupart serrent les fesses et n’ont qu’une seule idée en tête : sauver leur poste et se recaser. Le chômage est aussi une menace dont certains (la nature humaine étant ce qu’elle est…) jouent avec perversité pour pressurer voire harceler leurs collaborateurs ou employés. Le chômage a enfin un effet pervers dans le fonctionnement de notre société et de notre économie : il réduit voire détruit les facultés d’opposition des individus dans les organisations (administrations, entreprises). Par peur de perdre de son emploi, la plupart d’entre nous n’osent pas critiquer ou contester un projet ou une décision de la direction de l‘entreprise qui l‘emploie, même si ce projet ou cette décision sont aberrants ou voués à l’échec. On mesure moins ces effets pernicieux et même pervers du chômage. Quoi qu’il en soit, le chômage est bien le pire de nos maux. En venir à bout améliorerait déjà considérablement la perception que se font les Français de leur avenir.