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José Bové en rêvait, les patrons l’ont fait :

Le jour même où, dans sa déclaration de candidature, le moustachu aux multiples casquettes (démonteur de Mc’Do, faucheur de maïs OGM…) dénonçait les "grands patron qui gagnent 300 fois ou plus qu'un smicard", on apprend qu’en démissionnant de la présidence du Printemps, Laurence DANON percevra 2,5 millions d’euros d’indemnités de départ (2 années de salaire et une prime), une indemnité qualifiée de "normale".
Ce n’est sûrement pas la tentative de Laurence PARISOT de justifier l’injustifiable, en expliquant que la rémunération des patrons doit être liée à leur performance et que la valeur du Printemps a triplé sous la présidence de Laurence DANON, qui fera mieux passer la pilule aux millions de laissés-pour-compte de la rentabilité à deux chiffres des entreprises du CAC 40.
D’abord, parce que ce triplement de valeur tient essentiellement à celle des murs du boulevard Haussmann, dont la valorisation a été boostée par la hausse des prix de l’immobilier et dans laquelle Mme DANON n’a aucun mérite.
Ensuite, parce qu’elle n’a fait, comme tous les autres grands patrons français depuis 25 ans, que profiter de la menace que constitue pour les salariés la situation française de chômage de masse pour imposer une compression des salaires et des effectifs et maintenir les résultats financiers malgré une perte de part de marché.
Enfin, parce que pour n’importe quel autre salarié, un départ de son entreprise ne donne pas droit à deux années de salaire. Ce privilège réservé aux grands patrons est de plus en plus inacceptable à l’heure où les représentants des entreprises s’immiscent dans la campagne présidentielle pour réclamer toujours plus d’efforts aux salariés, fonctionnaires, chômeurs et retraités sans envisager de mieux partager les gains qui résulteront des efforts à fournir.
De telles pratiques dignes des castes privilégiées de l’Ancien Régime ne risquent pas d’améliorer l’image des entreprises auprès des Français, et même moi qui suis un partisan convaincu de l’économie de marché (régulée mais de marché quand même), je comprends que certains en arrivent à souhaiter (re)voir des têtes se balancer au bout d'une pique.
Le nouveau candidat de la gauche antilibérale ne pouvait donc pas espérer de meilleures auspices pour démarrer sa campagne…