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Au risque de dire des choses désagréables et dérangeantes (grave faute dans ce pays où la lâcheté et l’hypocrisie sont de rigueur depuis trois décennies dans le discours des dirigeants politiques), au risque de passer pour un réactionnaire élitiste, voire même pour un dangereux zélateur et pour un serviteur aveugle et obtus de la mondialisation ultra-libérale, des intérêts du grand capital et des patrons assoiffés de profit qui ne songent qu’à licencier, au risque donc donc d’être cloué au pilori par des centaines de milliers d’étudiants et de lycéens enrégimentés, conditionnés et manipulés par des enseignants bien-pensants, je ne peux pas ne pas mettre noir sur blanc quelques-unes des réflexions qu’inspire l’opposition au désormais défunt CPE. Au-delà du constat avéré et sans cesse renouvelé sur la France irréformable, au-delà des erreurs de méthode et de communication du Premier Ministre, les question fondamentales en matière d’éducation ont été totalement occultées : est-il possible et souhaitable que 80 % d’une classe d’âge accède aux études supérieures ? Peut-on laisser des bacheliers s’engager en masse dans des filières d’enseignement dont on sait qu’elles n’offriront pas suffisamment de débouchés ? Peut-on laisser perdurer des enseignements qui n’offrent aucun accès au marché du travail ? Les réponse à ces questions vont sans doute de d’elles-même pour les opposants au CPE, qui vivent dans l’illusion que tout le monde peut faire des études d’histoire de l’art, de sociologie du cinéma ou de grec ancien sans se soucier de savoir s’il existe suffisament d’emplois où peuvent s’exercer ces compétences. Qu’il doit être doux et confortable de vivre avec ces illusions. Beaucoup plus reposant en tout qu’en faisant preuve d’un minimum de rationalité économique. Mais, cela me revient tout d’un coup. Suis-je bête !!! Il suffit que l’Etat crée maintenant quelques centaines de milliers d’emplois d’historiens de l’art, de sociologues du cinéma et de traducteurs de grec ancien et tout ira bien. Vraiment, je me demande bien pourquoi j’ai pu m’inquiéter…