| « Une "fraude" qui tombe à pic ? | Une page se tourne » |

Gérard Mordillat vient de publier un nouveau roman sur les thèmes qui lui sont chers des méfaits du capitalisme financier et de la désespérance sociale.
Je n’ai pas encore eu le temps de lire "Notre part des ténèbres", mais je ne désespère de le faire dans les semaines à venir pour en faire un compte-rendu ici-même.
J’avais en effet particulièrement goûté le précédent roman de Gérard Mordillat, "Les vivants et les morts", que j’avais lu à sa sortie en 2005 et qui est paru depuis en collection de poche (il ne faut pas se fier à la photo de couverture qui fait un peu années cinquante, l’action se situe bien à l’heure de la mondialisation – que j’éviterai de qualifier, de façon journalistique, de galopante ou triomphante, ce qui serait un jugement négatif en creux – et des ravages de la concurrence des pays à bas coût de main d’œuvre pour les salariés qui y sont exposés).

Au-delà du plaisir que procure la lecture de ce roman (par sa trame et son rythme, il n’a rien à envier à un bon polar), il aborde, de façon parfaitement réaliste et plausible, le thème des excès du capitalisme financier et du fossé grandissant entre détenteurs du capital et simples salariés, qui sont, à mon humble avis aussi, d’une cruelle actualité pour une fraction de la population.
Surtout, je partage avec Gérard Mordillat le sentiment que les dérives actuelles risquent effectivement de produire le genre d’explosions de violence et d’explosions sociales mis en scène dans ses deux derniers romans.
Je ne suis pas sûr en revanche que nous soyons en phase sur les possibilités de remédier à la situation et là résidait à mon sens la limite de l’exercice que constitue "Les vivants et les morts" : aucune possibilité d’en sortir n’y était ne serait-ce que suggérée. Mais peut-être Gérard Mordillat ne voit-il justement la solution que dans la révolte et la violence ?