| « Sarkozy et les médias | Parti en "séminaire professionnel" » |
Non, il ne s’agit pas sur cette photo d’une opération escargot organisée par les taxis new-yorkais, à la célèbre couleur jaune, en soutien à leurs collègues français. Juste un jour de trafic normal immortalisé lundi matin dernier par un de mes collègues depuis le sommet de l’Empire State Building.
Loin de moi l’idée d’ériger cette ruche financière et commerciale qu’est New York en modèle ou en benchmark. Mais il n’empêche. 4 jours d’immersion dans une ville qui est à la fois la capitale de l’industrie financière mondiale, le temple de l’hyperconsommation et le symbole de la réussite ouverte à tous à force de travail, fournissent forcément matière à comparaison et donnent à réfléchir sur les revendications françaises actuelles et leur cohérence.
Ainsi des taxis. Il faut se rendre à l’évidence : à toute heure du jour et de la nuit et en tous points de Manhattan, des taxis libres circulent. Bien sûr, il faut à certains moments patienter quelques minutes, le dimanche en fin d’après-midi pour revenir de Soho par exemple. A la lecture de certains articles, il semble pourtant qu’il n’y ait proportionnellement pas plus de taxis à New York qu’à Paris et surtout, que les propositions avancées sur ce sujet par la commission Attali ne soient pas de nature à remédier à la situation. Mais n’y-a-t’il pas une solution intermédiaire entre un statu quo insatisfaisant et une déréglementation anxiogène ?
Ainsi des horaires d’ouverture des magasins. Entre les chaînes de supermarchés ouverts 24 heures sur 24 (Duane & Reade etc), l’ouverture de tous les magasins le dimanche de 11 heures à 18 heures voire 21 heures, et l’ouverture tous les jours dès 6 heures (j’ai vérifié, j’allais faire mon footing à cette heure) et jusqu’à minuit de nombreux magasins et échoppes de Manhattan, la machine économique tourne à plein régime. Au même moment, la justice française invalide les arrêtés préfectoraux qui autorisaient l’ouverture dominicale dans la zone commerciale de Plan de Campagne (on notera au passage le collusion de la CGPME, de la CGT et de la CFDT pour défendre ce qu’il faut bien appeler du conservatisme). Combien de salariés, permanents ou occasionnels, trouvaient leur compte à travailler le dimanche pour dépenser ensuite le supplément de rémunération qui en résultait ?
Ainsi de l’acceptation du changement et de l’évolution, des activités économiques condamnées disparaissant pour laisser la place à de nouvelles. Une partie de l’ancienne gare maritime a été transformée en studios de télévision et en parc d’activités sportives indoor pour les enfants, quand nos collectivités locales auraient investi des milliards d’euros de subventions publiques pour maintenir en l’état une activité condamnée à se réduire.
Comparaison n’est certes pas raison et New York n’est certainement pas un paradis terrestre. Mais en faisant un raccourci entre le rythme de l’activité et la taille des magasins à New York et sans pour autant être devenu un zélateur du sarkozysme, trois constats s'imposent :
1/ l’accélération de la croissance et l’augmentation des revenus et du pouvoir d’achat passent bien par une libéralisation du travail.
2/ on peut difficilement avoir en même temps la sécurité de l’emploi, les 35 heures et des gains substantiels de pouvoir d’achat.
3/ ce n’est pas en défendant envers et contre tout à coup de subventions publiques des activités condamnées que la situation s’améliorera mais bien en anticipant et en accompagnant la disparition des activités soumises à la concurrence des pays émergents pour en faire apparaître de nouvelles, à plus forte valeur ajoutée à partager entre entreprises et salariés.
Ensuite, c’est à chacun de choisir ce qu’il veut.
PS : Signalons la parution du rapport sur la mesure du pouvoir d’achat, qui avance un certain nombre de préconisations (calcul par unité de consommation, pouvoir d’achat par catégories etc) déjà réclamées ici. On regrettera juste l’insuffisante prise en compte des dépenses liées au logement, toujours considéré par l’INSEE comme une opération d’investissement…
Mise à jour du 13/02 à 8 h 30 : à Times Square après la victoire des Giants de New York lors de la finale du Superbowl