| « 5 milliards d'euros | Le jour où la France fera faillite » |
Pour répondre aux philippiques (le terme tombe à pic…) d’une de mes (rares) commentatrices (heureusement que le pluriel commence à deux…), qui m’accuse de mépriser Philippe de Villiers et de méconnaître ses propositions, j’ai choisi de lui consacrer un "post" pour mettre le sujet sur la table et que chacun puisse éventuellement y aller de son commentaire.
Je dois d’abord reconnaître que nombre des 100 propositions du MPF (en vrac et sans être exhaustif : baisser les charges sur les entreprises et les dépenses publiques, harmoniser les régimes de retraite, supprimer la carte scolaire, favoriser la natalité, promouvoir l’apprentissage et les filières professionnelles pour réhabiliter le travail manuel, rétablir la discipline dans les écoles, rendre obligatoire le vote à bulletin secret des salariés pour décider d’une grève, obliger les fonctionnaires à démissionner en cas d’élection à un mandat national etc) sont de bon sens et ne peuvent que recueillir l’assentiment de l’auteur de ces lignes.
La proposition d’instaurer des barrières douanières ayant été nuancée par rapport à celle qui figurait sur l’ancien site du MPF (http://www.mpf-villiers.org), il ne me reste plus qu’un point de désaccord sur le plan de l’économie : la proposition n° 11 ("[…] relancer - par de faibles taux de change - nos exportations pénalisées par une monnaie forte"). Les économies européennes auraient-elles encaissé de la même façon le baril de pétrole à 70 $ avec un euro faible ? Surtout, une monnaie forte n’a jamais nui aux performances à l’exportation de nos voisins allemands. Il s’agit là à mon sens d’un mauvais procès fait à la BCE (certes pas toujours bien inspirée, mais le sujet n’est pas là aujourd’hui) par nombre d’hommes politiques pour en faire un bouc émissaire commode de nos lâchetés et de nos renoncements.
Il faut noter aussi la contradiction entre d’un côté l’objectif (louable) de baisse des dépenses publiques et des prélèvements obligatoire (le chiffre de 33 % du PIB est même avancé dans la proposition n° 14), qu’exprime bien la proposition n° 65 ("une fonction publique adaptée à nos contraintes budgétaires"), et de l’autre, la volonté de déployer la fonction publique dans le monde rural et de renforcer les fonctions publiques de proximité. D’abord, j’ai l’impression d’entendre les militants d’extrême-gauche et de la gauche du PS venus manifester à Guéret pour la défense des services publics dans les campagnes. Ensuite, si chacun peut faire le choix d’aller élever des chèvres sur le plateau du Larzac, cela ne donne pas pour autant le droit de réclamer l’accessibilité de tous les services publics dans un rayon de 10 kilomètres à la ronde. On pourra peut-être le faire si on trouve un jour du pétrole sous le Larzac, mais pour l’instant, ce serait financièrement déraisonnable et cela me paraît surtout relever du clientélisme électoral.
Au-delà de l’ineptie économique et de la contradiction pointées précédemment, tout n’est donc pas à jeter dans les propositions de Philippe de Villiers. Mais ce qui me gêne, c’est le reste des propositions et la tonalité de l‘ensemble. A la lecture de ces 100 premières mesures, comment ne pas avoir le sentiment plutôt désagréable d’une nostalgie du passé, du rêve de revenir à une sorte d’âge d’or révolu, à une France d’antan, la France d’il y a 50 ans ou d’avant-guerre, à l’époque où les homosexuels vivaient cachés (je précise que je ne suis pas un militant du mariage des homosexuels), où les immigrés restaient à leur place de soutiers de l’économie et où la Chine et l‘Inde ne nous faisaient pas d‘ombre ? Un rétablissement de l’ordre dans les banlieues, de l’autorité de la justice et de la discipline dans les écoles est certes absolument indispensable et Philippe de Villiers a raison sur certains points, mais je suis persuadé qu’on n’arrivera à rien en ostracisant les immigrés et en stigmatisant les homos. J’ai surtout l’impression que la Vendée se lance une nouvelle fois à corps perdu dans la contre-révolution…
PS pour Minerve :
1/ Les positions de CdG en matière de mœurs sont celles d’un homme né en 1890 (aurait-il eu les mêmes s’il était né comme moi en 1968), et elles n’enlèvent rien à l’admiration que je peux avoir à son égard.
2/ Peu me chaut qu’un député UDF ait signé une pétition contre le mariage homosexuel. Il y en a bien eu un autre pour faire une grève de la faim… Je ne suis pas un fanatique du mariage homosexuel, mais je suis aussi assez agacé par l’homophobie de base de nombreux de mes concitoyens hétéros qui feraient mieux de se demander d’abord s’ils font un bon conjoint. Le taux de violences conjugales est-il aussi élevé chez les homos que chez les hétéros ? Surtout, une majorité de nos compatriotes est sans doute opposée au mariage des homosexuels. De même qu’une majorité est opposée à la refonte de notre modèle social en faillite. Alors…
3/ Vous avez bien le droit d’être convaincu par Philippe de Villiers et de militer pour le MPF. Mais ne vous agacez pas que je n’en fasse pas de même.
4/ Je n’ai pas compris pourquoi vous écrivez "je crois à ce que je dis et c'est vrai que j'ai du mérite à le faire".