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Bien évidemment, le principal résultat attendu dimanche est de savoir qui, de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royal, sera élu(e) Président de la République. L’écart relatif entre les deux candidats constituera aussi un indice intéressant. Selon que Nicolas Sarkozy l’emporte (comme le laissent présager tous les sondages réalisés depuis le premier tour) avec 54 % ou 50,1 % des suffrages exprimés, la victoire n’aura pas le même éclat. Quoique qu’une victoire à 54 % ne préjugerait pas pour autant de la suite : en 1988, François Mitterrand, bien que vainqueur à 54 % contre Jacques Chirac, n’avait pu compter que sur une majorité relative (certes forte, mais tout de même relative) du PS au sein de l’Assemblée Nationale issue des élections législatives qui avaient suivi sa réélection.
Il ne sera pas inutile non plus de scruter deux autres indicateurs :
- le taux d’abstention, qui évoluera en partie en fonction du choix des électeurs de Jean-Marie Le Pen,
- le nombre de votes blancs ou nuls, chiffre sur lequel les médias ont moins l’habitude de communiquer, mais qui pourrait connaître un gonflement notable si une proportion significative des électeurs ayant donné leur voix à François Bayrou au premier tour décidaient de ne pas choisir entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.
Afin que chacun puisse se faire une idée de la portée que pourrait avoir dimanche soir ce cumul des suffrages non exprimés (abstentions + votes blancs et nuls), il m’a semblé utile de fournir quelques points de comparaison, en rassemblant dans le tableau ci-après l’historique des taux d’abstention et de votes blancs et nuls aux élections présidentielles de 1965 à 2007.
Evidemment, une victoire à 54 % n’aura pas la même portée, selon que le cumul des suffrages non exprimés n’excède pas 18 % comme au premier tour ou dépasse au contraire les 30 %. Même si l’exemple de Jacques Chirac en 2002 n’incite pas à espérer qu’un candidat, une fois victorieux, tienne compte d’un avertissement sans frais.