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"A qui la faute ?" est la question qui revient le plus souvent depuis la reprise des violences entre Israël et le Hezbollah. Si ce n’était pas un peu facile et surtout réducteur, je serais tenté de répondre, non pas "A personne", mais "A tout le monde" : en vrac, aux fanatiques religieux et extrêmistes de tout bord qui entretiennent la haine de l’autre, juif ou musulman, depuis des décennies, à la partialité des Etats-Unis, allié inconditionnel d’Israël, à la faiblesse des pays européens, impuissants à imposer leurs vues sans le concours des Américains. Si la première responsabilité des violences actuelles revient indiscutablement au Hezbollah et à ses parrains syrien et iranien, s’il est parfaitement inacceptable que des populations et certains Etats, l’Iran en tête, dénient à Israël droit d’exister, il n’en reste pas moins que la méthode et la proportion de la riposte choisie par Israël sont moralement critiquables par les victimes civiles qu’elles occasionnent. En outre, on peut se demander si cette riposte disproportionnée, qui a pu asseoir la crédibilité militaire des Israëliens dans le passé, n’est pas aujourd’hui contre-productive et ne constitue pas un aveu d’impuissance qui ne peut qu’encourager le Hezbollah à poursuivre ses actions de harcèlement. Au-delà de la question de la responsabilité de chacun des acteurs et spectateurs de ce conflit séculaire, la seule question qui vaille me paraît plutôt être "Comment en sortir ?" : comment sortir du cycle des violences actuelles, et plus généralement comment sortir par le haut au conflit israélo-palestinien, i.e. trouver une issue qui satisfasse les revendications légitimes tant des Israéliens que des Palestiniens à vivre en paix dans un Etat viable ? Une force d’interposition digne de ce nom, sous l’égide de l’ONU, constitue à court terme la réponse la plus crédible. Ensuite, et sans doute au grand dam des tenants d’un antiaméricanisme primaire, seul un changement de doctrine des Etats-Unis en matière de politique étrangère pourra constituer le catalyseur d’un éventuel processus de paix : un rééquilibrage de leur approche du conflit israélo-palestinien (qui devra se montrer moins systématiquement favorable aux thèses israéliennes) et un dialogue avec l’Iran (fût-ce au prix de quelques concessions pour laisser l’Iran poursuivre sous contrôle international ses activités nucléaires) sont les conditions préalables d’une reprise des efforts diplomatiques en vue d’aboutir à une solution négociée et acceptable par tous. Et pour s’inscrire dans la durée, un éventuel processus de paix devra pouvoir s’appuyer sur une prospérité économique retrouvée dans les territoires palestiniens.
PS : A ceux qui seraient tentés de considérer que ce conflit ne nous concerne pas, je tiens à rappeler qu’il nous concerne à double titre : sur le plan moral, par les victimes civiles qu’il entraîne, et plus prosaïquement sur le plan géopolitique et économique, par les risques d’embrasement généralisé du Moyen-Orient qu’il engendre, par l’impact que cela aurait sur le prix du pétrole et donc sur notre croissance économique, et par les prétextes qu’il fournit aux terroristes de tout poil pour justifier leur haine de l’Occident.