| « Dans l’actualité | Un air de déjà vu ? » |
Alors que les réformes de 2003 (loi Fillon sur les retraites) et surtout de 2004 (réforme Douste-Blazy de l’assurance-maladie) devaient ramener le régime général de la Sécurité Sociale à l’équilibre en 2008, ce régime devrait renouer en 2007, selon les prévisions de la Commission des comptes de la Sécurité Sociale, avec ses records historiques de déficit.
Après la légère amélioration constatée en 2006 (un déficit de "seulement" 8,7 milliards d’euros), les quatre branches du régime général (maladie, accidents du travail, vieillesse, famille) afficheront en 2007 un déficit de 12 milliards d’euros (78,71 milliards de francs pour ceux qui auraient du mal à se faire à l’euro). 12 milliards d’euros comme en 2004. Soit un cumul de déficits de 105,8 milliards d’euros (694 milliards de francs) depuis 1987 …
Au-delà des facteurs explicatifs de l’évolution des soldes de chaque branche (notamment des deux poids lourds que sont l’assurance-maladie et l’assurance-vieillesse), explications que chacun aura déjà trouvé dans son quotidien préféré ou dans un autre, ce nouveau plongeon du déficit de la Sécu suscite quelques remarques forcément gratuites, critiques et acerbes :
1/ Chaque milliard d’euros de déficit est un milliard d’euros de dette supplémentaire à la charge de actifs actuels et futurs. Cela va sans dire, mais cela va encore mieux en l'écrivant.
2/ En 2004, Philippe Douste-Blazy déclarait à propos de sa réforme de l’assurance-maladie : "C’est une grande victoire, car cela permettra de sauver l’assurance maladie." Désolé, je n’ai pas pu m’en empêcher. Dès qu’il s’agit de Douste-Blazy…
3/ Dès 2004, une note de la Direction de la Prévision du Ministère de l’Economie et des Finances estimait que la branche maladie de la Sécurité sociale serait en 2007 au mieux déficitaire de quelque 7 milliards d'euros, au pire d'environ 15 milliards d'euros. Philippe Douste-Blazy a eu beau s’en agacer à l’époque, les prévisionnistes de Bercy n’étaient pas loin de la vérité.
4/ Les expédients en matière de recettes (anticipation des prélèvements sociaux potentiellement exigibles en cas de clôture de tous les plans d’epargne-logement de plus de 10 ans), dénoncés en leur temps, étaient bien autant de fusils à un coup permettant d’embellir les comptes de la Sécu.
5/ De façon un peu plus constructive, ces chiffres montrent bien l’impérieuse nécessité de remettre à plat le financement de notre système de protection sociale et de pouvoir identifier de nouvelles sources de financement. Ce ne sont pas les bouts de ficelle comme la hausse de la franchise ou le forfait par boîte de médicament qui apporteront une solution pérenne aux problèmes de financement que pose le vieillissement de la population.