| « Le service minimum, "mère de toutes les réformes" ? | Le diable est-il toujours dans les détails ? » |
Les procès faits à Nicolas Sarkozy à propos de son escapade sur le yacht de Vincent Bolloré me semblent un peu exagérés, sans pour autant que les réponses que les deux intéressés y ont apportées aient été très adroites.
La ficelle est un peu grosse à laisser croire à la collusion avec les milieux d’affaires, au prétexte que le groupe Bolloré a obtenu certains marchés publics pour quelques dizaines millions d’euros de chiffre d’affaires et qu’il détient la SFP. A l’échelle du groupe (6 milliards d’euros de chiffre d’affaires consolidé en 2006), c’est une goutte d’eau. La déclaration de Vincent Bolloré selon laquelle son groupe n’entretenait aucune relation commerciale avec l’Etat n’était toutefois pas des plus heureuses. Comment n’a-t-il pas songé que journalistes et blogueurs feraient assaut d’investigations pour creuser le sujet et trouver un os à ronger ?
Quant à Nicolas Sarkozy, même si chacun se doute que ce n’est pas avec l’argent du contribuable qu’il s’est offert ce séjour de luxe, même si selon un sondage réalisé pour le Figaro, 58 % déclarent ne pas être choqués par les conditions de son séjour à Malte, je ne démords pas du fait que ce séjour sur le yacht de luxe de Vincent Bolloré constitue une maladresse, alors qu’il s’apprête à affronter les corporatismes de tout poil et que la situation de nombreux Français reste des plus fragiles.
Et ses déclarations ("je n’ai pas l’intention de m’excuser", "je ne vois pas où il y a de la polémique") sont symptomatiques de ce qui est à mon sens sa principale faiblesse et n’a pas fini de lui jouer des tours : son incapacité à reconnaître qu’il a pu se tromper ou commettre une maladresse.
Il est temps maintenant que l’investiture ait lieu et que Nicolas Sarkozy puisse se mettre au travail. De toute façon, la polémique sur son séjour à Malte sera bientôt oubliée au profit de celle qui enfle déjà à propos de la vie conjugale de Ségolène Royal et François Hollande avec la publication chez Albin Michel du livre "La Femme fatale" de Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, toutes deux journalistes au Monde.
Si j’ai bien compris à la lecture des bonnes feuilles, Ségolène a été candidate à l’investiture du PS parce que François Hollande s’est "égaré". Ce n’est pas la première fois que la face du monde se trouverait changée par une affaire privée, mais Dominique Strauss-Kahn doit quand même avoir les boules.