| « Guy Drut (suite et fin) | L’étrange passivité de l’administration fiscale française » |
Avec l’amnistie de Guy Drut (condamné à quinze mois de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende dans l’affaire des marchés publics d’Ile-de-France), le Président de la République apporte une nouvelle fois la preuve de sa déconnexion totale des réalités et de son incapacité à saisir l’humeur des Français. Rappelons brièvement les faits : Guy Drut a été reconnu coupable d'avoir bénéficié de juin 1990 à février 1993 d'un emploi fictif pour lequel il a perçu une rémunération de 550.000 francs (environ 84.000 euros). Suite à cette condamnation, il a été suspendu de ses fonctions au sein du Comité International Olympique. Alors que le discrédit de la classe politique atteint des sommets, que le rejet des élites se fait de plus en plus puissant au sein de la France d’en bas, notre bien-aimé Président de la République ne trouve rien de mieux que d’amnistier son ancien ministre des Sports pour lui permettre de retrouver ses fonctions au sein du CIO. Comme si personne d’autre ne pouvait représenter la France au CIO. Surtout, avec un si mauvais exemple donné par le premier des Français, comment de nombreux citoyens de base ne penseraient-ils pas que, décidément, ceux qui nous gouvernent sont "tous pourris", que l’irresponsabilité et l’impunité règnent pour les délinquants en col blanc et qu’une nouvelle fois, il y a deux poids, deux mesures ? Comment n’en arriveraient-ils pas à se dire que le pays doit être débarrassé de la chienlit et à donner leur voix à Le Pen dans un an ? La République n’avait pas besoin d’un tel mauvais coup. Jacques Chirac ne veut pas le voir ni l’entendre, enfermé qu’il est dans son palais de l’Elysée comme dans une tour d’ivoire. Il gagnerait pourtant à reconnaître son erreur et à revenir sur cette décision d’amnistie. Il est toujours plus profitable de reconnaître une erreur que d’y persister. Même pour un Président de la République.
PS : La commission d'éthique du CIO doit examiner le cas de Guy Drut et faire une recommandation à la commission exécutive. Espérons qu’elle ne se laissera pas abuser par cette décision d’amnistie indigne d’un Président de la République.