| « Journée nationale du système D | Retraites et humeurs en vrac » |
C’est le qualificatif qui m’est venu à l’esprit à propos de Pascal Salin, à la lecture de sa tribune parue dans les Echos du 12 octobre. Je savais bien qu’il n’y avait rien à attendre de cet ultralibéral (dans son cas, le terme mériterait presque la diabolisation qui en faite), mais quand même. Jugez plutôt :
"Et si l’on décide de choisir un métier que l’on considère comme pénible et peu compatible avec une durée d’activité élevée, on doit s’assurer que la rémunération en est suffisante pour pouvoir accumuler plus rapidement un capital et permettre une retraite précoce."
Mais bien sûr. Il est bien connu que les ouvriers du bâtiment ou les gardiens de nuit ont choisi leur métier en toute connaissance de cause et pas du tout par défaut du fait d’un manque de qualification. Comme il est avéré qu’ils ont toute possibilité de négocier leur salaire pour compenser la pénibilité de leur travail, mais ne le font pas par manque de temps.
Je ne peux guère être suspecté de gauchisme avéré ou même rampant, mais j’en arriverais presque à comprendre qu’on puisse voter Olivier Besancenot après avoir lu une phrase pareille. On commence avec la retraite en fonction des capacités d’épargne de chacun, on poursuit avec les soins (pour responsabiliser chaque patient, ne serait-il pas souhaitable qu’il paie l’intégralité de ses soins ?) et tout ça finit par un retour deux siècles en arrière. La société que nous promet Pascal Salin érige l’individualisme et le chacun pour soi en valeurs suprêmes et fait fi du minimum de solidarité nécessaire à la cohésion sociale. La société idéale aux yeux de Monsieur Salin, ce sont des gueux réduits à vivre de l’aumône que veulent bien leur consentir les riches à la sortie de l’église le dimanche matin.
Je dois avouer que j’ai hésité avant d’écrire ce billet, me demandant si l’indifférence ne devait pas l’emporter sur l’indignation et ne serait pas la meilleure réponse aux outrances théoriques de Monsieur Salin. Mais dès lors qu’il se trouve en mesure d’endoctriner des générations d’étudiants et voit ses élucubrations avoir les honneurs du premier quotidien économique français, une mise au point s’imposait. Allez, Olivier Besancenot a encore de beaux jours devant lui…