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Les satisfecit de démocratie accordés de toute part à la France au soir du 22 avril n’étaient-il pas un peu prématurés ?
Le fort taux de participation enregistré lors du premier tour de l’élection présidentielle et le recul du score des extrêmes, notamment de Jean-Marie Le Pen, pourraient-ils n’être qu’un rideau de fumée ?
A lire les tracts distribués par les supporters de chacun des protagonistes dimanche matin sur le marché de Caen, notamment celui du PS (que je regrette de ne pas avoir conservé), promettant un Etat policier en cas de victoire de Nicolas Sarkozy, je dois avouer que je me suis interrogé.
Je n’ai pas le souvenir d’un telle violence dans les discours lors des campagnes de 2002 (avant le premier tour s’entend), de 1995 ou de 1988 (en 1981, j’étais trop jeune pour en juger).
Il est certain que la nature du projet de Nicolas Sarkozy (une rupture indispensable mais forcément inconfortable pour certains), sa façon d’exposer ce qu’il fera et comment il le fera (je dois lui reconnaître ce mérite, même si je lui dénie la légitimité de mettre en œuvre ce projet), et quelques dérapages verbaux ont leur part de responsabilité dans cette radicalisation des deux camps.
Il n’empêche. Et la forte affluence aux traditionnels défilés syndicaux du 1er mai ne va pas sans laisser penser que le résultat des urnes pourrait se trouver contesté assez rapidement dans la rue.