« Mais où est donc passé le Conseil pour la Diffusion de la Culture Economique ?Le temps qui passe... »

Vers le déclin de l’empire américano-occidental ?

28.10.07

Permalien 18:48:07, par Denis Email , 1012 mots   French (FR) latin1
Catégories: Situation économique, International

Vers le déclin de l’empire américano-occidental ?

Les livres d’histoire nous enseignent que tous les empires, quels qu’ils soient (égyptien, grec, romain, napoléonien etc) finissent par décliner (Le Monde avait consacré une "série de l’été" en 1992 au thème de la fin des empires). Les livres d’histoire qui seront publiés dans quelques siècles voire même avant, raconteront-ils quant à eux que l’empire américano-occidental, qui a dominé le monde pendant tout le XXe siècle, entama son déclin à l’orée du troisième millénaire ?

D’aucuns jugeront sans doute une telle question comme symptomatique d’un cerveau détraqué et relevant plutôt du charlatanisme d’Elisabeth Teissier. Il n’empêche, et sans qu’il me vienne l’idée de me prendre pour un nouveau Nostradamus, la question m’avait effleuré l’esprit avant l’été, mais je n’avais pas pris le temps alors d’autre chose que de noter d’en faire un éventuel sujet de billet. Il a suffi que j’assiste jeudi dernier à une conférence professionnelle organisée par une société de multigestion alternative (en gros et en décodé, une société de gestion – asset management - qui sélectionne des fonds traditionnels et des hedge funds et y répartit ses investissements de façon à en réduire la volatilité à performance équivalente) pour qu’elle revienne me tarauder.

Dans le grand bazar (au sens de lieu d’échange et de commerce) qu’est devenue l’économie mondiale, le Président de cette filiale d’un acteur de renom de la gestion identifiait trois groupes plus ou moins homogènes disposant chacun d’un avantage concurrentiel spécifique :

* un premier groupe de pays, composé des Etats-Unis, des pays d’Europe (occidentale surtout) et du Japon, qui sont encore aujourd’hui les principaux détenteurs, développeurs et pourvoyeurs de savoir-faire industriels et de technologies (médicales, informatiques etc).

* un deuxième groupe de pays disposant des réserves significatives de ressources naturelles (matières premières agricoles, énergétiques ou minières) : la Russie, le Brésil, les membres de l’OPEP.

* un troisième et dernier groupe constitué des réservoirs de main d’œuvre bon marché que sont la Chine et l’Inde, et accessoirement les pays du Maghreb et d’Asie du Sud-Est.

Surtout, il s’interrogeait sur ce qu’il qualifiait de "contrecoup de 2015", quand arriveront à maturité les centaines de milliers (millions ?) de PdD, ingénieurs et doctorants chinois et indiens capables de rivaliser avec nos meilleurs chercheurs et donc de remettre en question l’avantage concurrentiel en matière de technologies dont disposent nos économies développées.

Nous n’avons déjà pas su nous préparer ni même nous adapter, tout du moins en France, aux deux premiers chocs qu’ont été le vieillissement démographique et la concurrence de la main d’œuvre peu qualifiée et des bas salaires. Ce troisième choc, qui verra nos activités à forte valeur ajoutée, les plus créatrices de richesse, celles qui inondent ensuite le reste de nos économies, concurrencées par deux pays représentant presque la moitié de la population mondiale, pourrait bien avoir des conséquences sans précédent sur notre niveau de vie et la répartition des richesses au sein de nos sociétés développées. Ce nouveau coup de boutoir fera-t-il basculer à leur tour des bataillons de cols blancs dans la précarité ?

Cela rejoint d’ailleurs une interrogation quant à l’évolution possible du capitalisme financier, interrogation qui m’avait inspiré il y a quelques temps l’idée d’un autre roman d’anticipation économique que j’avais projeté d’intituler "No future". Un projet resté mort-né faute de temps, mais dont je vous livre quand même les quelques lignes qui en existent, aussi incomplètes et imparfaites soient-elles, en guise d’invitation à la prospective et au débat :

" Le rat s’était immobilisé et fixait Luigi de son œil rond. Il était apparu au sommet de la montagne de détritus où Luigi tentait de trouver quelques déchets de nourriture. Il semblait avoir surgi de nulle part. Toujours accroupi, sans faire de geste brusque pour ne pas l’effrayer, Luigi serra plus fort le manche du couteau de cuisine rouillé qui lui servait d’arme de chasse.
Luigi vivait dans le no man’s land de ce qui se trouvait être l’ancien territoire de la France. Les anciens pays étaient devenus autant de provinces dépendant chacune d’une Autorité Centrale, et leur territoire était désormais divisé en trois zones de vie : la "zone résidentielle", le "mittelstand" et enfin le "no man’s land". La zone résidentielle, réservée aux classes sociales supérieures, était elle-même composée de trois secteurs. En secteur A étaient autorisés à s’installer les personnes pouvant justifier auprès de l’Autorité Centrale d’un patrimoine net au moins égal à 5 millions de dollars, les cadres dirigeants de la cinquantaine de groupes financiers contrôlant l’économie mondiale et les fonctionnaires de classe alpha de l’Autorité Centrale. En secteur B résidaient les détenteurs d’un patrimoine net compris entre 1 et 5 millions de dollars, les cadres supérieurs des groupes financiers et les fonctionnaires de classe bêta. Le secteur C était habité par ceux qui possédaient un patrimoine net compris entre 100.000 et 1 million de dollars, les cadres subalternes des groupes financiers et les fonctionnaires de classe gamma. Venaient ensuite les deux autres zones de vie : le mittelstand, où trouvaient refuge les couches intermédiaires de la population, et le no man’s land, où étaient consignés tous ceux auxquels l’accès aux autres zones était interdit, ceux qu’on aurait pu qualifier d’intouchables à l’instar de la caste qui avait existé dans le sous-continent indien avant l’avènement du Gouvernement Mondial. Après attribution, la zone de vie de chaque individu était consignée dans le Fichier Central.
"

1 commentaire

Commentaire de: JBB [Visiteur] Email
JBBC'est gai tout ça. On voit que c'est bientôt la Toussaint. On se suicide collectivement maintenant ou on attend un peu ? ;-)
28.10.07 @ 20:25

A propos de l’auteur

Contact : denis@deniscastel.fr

"Le premier devoir, c'est la franchise. Informer le pays, le renseigner, ne pas ruser, ne pas dissimuler, ni la vérité ni les difficultés ; ne pas éluder ou ajourner les problèmes, car dans ce cas ils s'aggravent." Pierre Mendès-France

"Ras-le-bol" : un roman de politique-fiction qui met en scène une faillite de la France : une agence de notation dégrade la dette de la France et déclenche une tempête financière qui se transforme en révolte sociale...

Mentions légales : Ce site est hébergé par Strato AG, Pascalstrasse 10, D-10587 BERLIN. Adresse postale : 68, rue du Faubourg Saint-Honoré -75008 Paris Site dispensé de déclaration CNIL en vertu de la "délibération n°2005-284 du 22 novembre 2005"

Paperblog : Les meilleurs actualités issues des blogs

Politique & Economie :

* Au réveil

* Authueil

* David Mourey

* Débat & Co

* Décryptages

* Diner's Room

* Embruns

* Frednetick

* Front Commun

* Honorgate

* Jusqu’ici, tout va bien

* Koz

* Laurent Grandsimon

* Libr'acteurs

* Laurent Guerby

* L’éternité plus un jour

* Meilcour.fr

* Pas Perdus

* Pierre Bilger

* Pierre Catalan

* Pierre Ratcliffe

* Radical Chic

* Toréador

* Tropical Boy

* Versac.net

* Verel

Art, culture et shopping :

* Galerie Art’ et Miss

* Patrice Servage

* Un jour un sac

Bien-être & développement personnel :

* Art oratoire

* BBC

* Coaching

* English, baby !

* English Toolbox

* Formation en gestion

* No smoking

Rechercher

blog tool