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18.10.07

Permalien 15:49:46, par Denis Email , 279 mots   French (FR) latin1
Catégories: Nicolas Sarkozy

Vie privée, affaire publique ?

Un communiqué de l’Elysée (qui ne figure d’ailleurs pas encore sur le site de l’Elysée) a donc mis fin aux rumeurs de séparation de Nicolas et Cécilia Sarkozy en les confirmant. Cette rupture (sans mauvais jeu de mot...) est à mon sens un non-sujet en soi sur le fond (d’autant que contrairement à beaucoup d’autres couples qui se séparent, Cécilia et Nicolas ne subiront guère les habituelles complications matérielles, notamment en termes de logement), mais appelle quand même deux remarques : * Après plusieurs jours de rumeurs croissantes, la confirmation officielle du divorce des époux Sarkozy intervient au beau milieu de la journée d’action contre la réforme des régimes spéciaux de retraite. En excellent communiquant qu’il est, Nicolas Sarkozy n’aura pas pu s’empêcher de continuer à instrumentaliser sa vie privée. * Il faut se rappeler les commentaires de la presse (et pas seulement de la presse people…) lors de l’élection et de l’investiture du nouveau Président, sur la nouvelle "Jackie Kennedy" et ses robes Prada, sur l’installation à l’Elysée d’une famille recomposée presque modèle qui devait être le symbole d’une nouvelle ère. Moins de 6 mois après, boum badaboum. Comme quoi il est possible de noircir des pages et des pages d’élucubrations et de se trouver ensuite contredit par la réalité des faits sans en supporter aucune conséquence. Pourrait-il en être de même d’ici quelques mois en cas d’absence de résultats des "réformes de structure" que Nicolas Sarkozy revendique mener depuis son élection ?
Permalien 07:59:30, par Denis Email , 205 mots   French (FR) latin1
Catégories: En quête de rupture

Journée nationale du système D

7 h 45 : je suis déjà à pied d'oeuvre au bureau et je ne suis pas le seul à être arrivé aux aurores dans le quartier, plus aucune place de stationnement n'étant libre dès 7 h 15. Mon épouse ayant la possibilité de travailler depuis la maison, elle s'occupe d'emmener les trois enfants à l'école et j'ai donc pu partir à 6 h 45 de Meudon. En voiture, aucun train ne circulant sur la ligne C du RER. Les choses risquent de se compliquer dans 1 heure 30, quand il me faudra reprendre ma voiture pour me rendre à une réunion au siège. A suivre... MàJ 9 h 45 : C'est surtout la fête nationale des lève-tôt, des RTT et des vélos : le parking public de Saint-Emilion était blindé de façon totalement inhabituelle dès 9 h 15, pour autant les bureaux sont aux trois quarts vides et dans les rues de Paris, je n'ai jamais vu autant de vélos de toute sorte. Il faut dire que la météo s'y prête. Ambiance donc plutôt bon enfant d'école buissonnière en fin d'année scolaire. Tant que la grève ne dure qu'une journée. MàJ 16 h : , ça risque de devenir moins drôle...

15.10.07

Permalien 21:58:06, par Denis Email , 430 mots   French (FR) latin1
Catégories: Liberté, inégalités, rentabilité

Un cœur de pierre

C’est le qualificatif qui m’est venu à l’esprit à propos de Pascal Salin, à la lecture de sa tribune parue dans les Echos du 12 octobre. Je savais bien qu’il n’y avait rien à attendre de cet ultralibéral (dans son cas, le terme mériterait presque la diabolisation qui en faite), mais quand même. Jugez plutôt : "Et si l’on décide de choisir un métier que l’on considère comme pénible et peu compatible avec une durée d’activité élevée, on doit s’assurer que la rémunération en est suffisante pour pouvoir accumuler plus rapidement un capital et permettre une retraite précoce." Mais bien sûr. Il est bien connu que les ouvriers du bâtiment ou les gardiens de nuit ont choisi leur métier en toute connaissance de cause et pas du tout par défaut du fait d’un manque de qualification. Comme il est avéré qu’ils ont toute possibilité de négocier leur salaire pour compenser la pénibilité de leur travail, mais ne le font pas par manque de temps. Je ne peux guère être suspecté de gauchisme avéré ou même rampant, mais j’en arriverais presque à comprendre qu’on puisse voter Olivier Besancenot après avoir lu une phrase pareille. On commence avec la retraite en fonction des capacités d’épargne de chacun, on poursuit avec les soins (pour responsabiliser chaque patient, ne serait-il pas souhaitable qu’il paie l’intégralité de ses soins ?) et tout ça finit par un retour deux siècles en arrière. La société que nous promet Pascal Salin érige l’individualisme et le chacun pour soi en valeurs suprêmes et fait fi du minimum de solidarité nécessaire à la cohésion sociale. La société idéale aux yeux de Monsieur Salin, ce sont des gueux réduits à vivre de l’aumône que veulent bien leur consentir les riches à la sortie de l’église le dimanche matin. Je dois avouer que j’ai hésité avant d’écrire ce billet, me demandant si l’indifférence ne devait pas l’emporter sur l’indignation et ne serait pas la meilleure réponse aux outrances théoriques de Monsieur Salin. Mais dès lors qu’il se trouve en mesure d’endoctriner des générations d’étudiants et voit ses élucubrations avoir les honneurs du premier quotidien économique français, une mise au point s’imposait. Allez, Olivier Besancenot a encore de beaux jours devant lui…

12.10.07

Permalien 05:42:13, par Denis Email , 498 mots   French (FR) latin1
Catégories: Faillite des retraites et fracture générationnelle

Retraites et humeurs en vrac

* Que les banlieusards se rassurent, la grève de jeudi prochain ne risque guère de se prolonger dès lors que le gouvernement laisse en vigueur jusqu’en 2025 pour les salariés recrutés avant le 31 décembre 2008 le système de bonification d’annuités (un an tous les quatre ans à la SNCF pour les postes "pénibles") qui permet de d’atteindre les 37,5 années de cotisation (40 années en 2012) avec seulement 30 années de travail effectif. Malgré les rodomontades de certains syndicats de cheminots qui appellent à la grève reconductible, la grève du 18 octobre prochain pourrait bien n’être qu’un baroud d’honneur pour laisser croire à la galerie que les bénéficiaires de régimes spéciaux sont contraints de consentir des sacrifices inhumains. Il suffira ensuite de quelques concessions et les syndicats de cheminots laisseront le gouvernement se glorifier d’une réforme a minima. Surtout si Denis Gautier-Sauvagnac acceptait en plus d’aller retirer quelques millions d’euros en liquide à la banque pour les répartir entre les syndicats de cheminots... * Dans Le Point n° 1827 du 20 septembre (oui, je sais, ce n’est pas récent mais j’ai un peu de retard dans la lecture de la presse…), on trouve page 16 l’encadré suivant intitulé "Le chiffre de Jacques Marseille" : "26,4 ans c’est la durée moyenne de la retraite d’un agent de la SNCF. Un record talonné de près par la performance d’un agent de la RATP (24,8 ans) et celle d’un agent d’EDF-GDF (23,9 ans). Derrière se classent les fonctionnaires (22,3 ans) et enfin les salariés du privé (17,7 ans). A croire que la pénibilité du travail qui, historiquement, justifiait les régimes spéciaux entretient la bonne santé de ceux qui touchent, à la retraite, 75 % de leur dernier traitement brut." Là, le lecteur de base du Point que je suis se dit : "Ça y est, je vais enfin connaître l’espérance de vie de ces enfoirés de cheminots qui prennent leur retraite à 50 ans aux frais du contribuable." Sauf qu’il me manque l’âge moyen de départ en retraite. Comme l’âge moyen de fin d’activité des agents de la SNCF et de la RATP est de 55 ans, on arrive quand même à une espérance de vie implicite de 81,4 années pour les premiers et de 79,8 années chez les seconds. * Pendant ce temps-là, quelques députés en sont quand même arrivés à s’interroger sur la légitimité de leur régime "particulier" de retraite (ça ressemble à un régime spécial, ça a le goût d’un régime spéciale mais ce n’est pas un régime spécial). La première question qui vaille et dont on aurait aimé trouvé la réponse dans les comptes budgétaires grâce à la LOLF, c’est de savoir combien il coûte à la collectivité ce régime "particulier" de retraite.

03.10.07

Permalien 19:15:36, par Denis Email , 26 mots   French (FR) latin1
Catégories: Divers

Absent jusqu'à vendredi soir

Je pars à Lyon pour la grand messe annuelle de ma profession, deux journées pendant lesquels les contacts professionnels se nouent sur les stands ou en-dehors.

02.10.07

Permalien 22:06:08, par Denis Email , 1688 mots   French (FR) latin1
Catégories: En quête de rupture

Finances publiques : quels leviers pour la "rupture" ?

Alors que se pose, de façon de plus en plus brûlante, la question du financement de notre modèle social, en termes de dépenses publiques comme de dépenses sociales, alors que chacun ressent bien, intuitivement ou non, que le cortège de prélèvements obligatoires qui financent ces dépenses, sont autant de freins qui pèsent sur la croissance, l’emploi et le pouvoir d’achat, quels pourraient être les leviers de la "rupture", si cruellement absente des projets de Loi de Finances et de Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2008 ? En matière de dépenses sociales, les économies possibles paraissent difficiles ou alors lointaines. Les deux principaux déficits qui font le trou de la Sécu sont ceux de l’assurance-maladie et de l’assurance-vieillesse. Sur l’assurance-maladie, il semble difficile de réaliser des économies significatives compte tenu des effets du vieillissement (Cf. l’effet limité du plan Douste-Blazy de redressement de la Sécu en 2004), sauf à encadrer les revenus des médecins ou bien à privatiser les soins (moins on est riche, moins on est bien soigné, je vous laisse imaginer les conséquences en termes de cohésion sociale…). Sur l’assurance-vieillesse, les économies ne peuvent se faire sentir qu’à long terme avec l’allongement de la durée de cotisation. (sauf, mais cela concerne les recettes, à augmenter les cotisations salariales et/ou patronales, ce qui serait totalement contradictoire avec l’objectif d’augmenter le pouvoir d’achat et de diminuer le coût du travail). En matière de dépenses publiques (Etat et collectivités territoriales), les économies semblent là encore lointaines. A titre d’exemple, les effets du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux se feront sentir lorsque les fonctionnaires non remplacés auront cessé de toucher leur pension de retraite (pas besoin de vous faire un dessin…). Sauf à envisager des réformes à la hache - un plan social dans la fonction publique d’Etat pour licencier ceux dont le boulot est maintenant fait dans les collectivités locales qui ont recruté à tour de bras pour assurer les missions nouvellement décentralisées (merci Jean-Pierre !) ? – le déficit de l’Etat ne sera pas résorbé tout de suite… Pour ce qui est des recettes, qu’elles soient fiscales ou sociales, on imagine mal augmenter un tant soit peu nos prélèvements obligatoires qui atteignent déjà des records (sauf évidemment à avoir eu la chance d’être tombé tout petit dans la marmite du trotskisme révolutionnaire et de pouvoir baigner ainsi avec insouciance dans le déni des réalités économiques et financières de ce bas monde). Pour la faire courte et schématique (vu l'aridité du sujet et la longueur des premiers paragraphes, j'ai dû perdre même mes lecteurs les plus motivés et les plus masochistes) : l’allongement de l’espérance de vie et le vieillissement des populations occidentales, le rééquilibrage de l’économie-monde au profit de l’Asie avec l’émergence de la Chine et l’Inde parmi les premières puissances économiques mondiales, et la suprématie acquise dans ce contexte par les capitaux en circulation au détriment du facteur travail, ont été autant de coups de boutoir qui ont mis à mal le financement de nos Etats-providence et de nos systèmes de protection sociale bâtis dans l’immédiat après-guerre sur le modèle bismarckien. Comme le mettait en évidence Daniel Cohen (de façon bien plus limpide et brillante que je ne saurais le faire – en même temps, c’est son métier de réfléchir à ce genre de truc) dans une interview croisée avec François Lenglet (« Les Echos » du 6 juin), nous vivons une époque de transition : "Le parallèle (avec les années 1930, NdA) est passionnant. […] Avec l'urbanisation et l'industrialisation, les régulations anciennes ont été détruites sans que de nouvelles apparaissent - il faudra attendre l'après-guerre pour voir émerger à grande échelle la protection sociale et la régulation macroéconomique. Aujourd'hui, nous passons de cette société industrielle à une société post-industrielle. La protection sociale mise en place il y a plus d'un demi-siècle se délite à son tour et les régulations du futur n'existent pas encore. […] La tentation du repli est forte dans une société qui n'a pas l'intelligibilité d'elle-même. L'extérieur devient le bouc émissaire habituel. On se renferme alors sur ce que l'on connaît. Ceux qui veulent une politique industrielle dans la France d'aujourd'hui en attendent beaucoup trop, ils ont le même comportement que ceux qui prônaient le retour à la campagne dans les années 1930 !" A l’heure où les plus-values mobilières et immobilières, les dividendes et les revenus locatifs, les rémunérations différées (si elles le sont suffisamment) telles que stocks-options, participation et intéressement, sont autant de revenus qui échappent aux cotisations sociales et ne supportent que les prélèvements sociaux (CSG-CRDS), mais qui concourent autant que les salaires traditionnels, si ce n’est plus, à l’enrichissement d’une large partie de la population, il devient urgent de trouver des relais de financement de la protection sociale, qui ne pèsent pas sur la compétitivité des entreprises et donc sur l’emploi. Sans vouloir en faire une panacée, la TVA sociale, seule idée véritablement en rupture envisagée jusqu'ici dans le débat politique, pourrait participer de ces expérimentations qui permettront d’identifier ces "régulations du futur". En effet, au regard de cette ardente nécessité qu’est devenue la recherche d’une diversification des sources de financement de notre protection sociale, la TVA sociale ne va pas sans présenter quand même quelques avantages. Si l’effet désincitatif sur les délocalisations reste effectivement des plus incertains, si le "tee-shirt chinois" ne risque guère de perdre les faveurs des consommateurs à cause de quelques points de TVA supplémentaires et si l’amélioration de la compétitivité des produits français à l’exportation dépendra de l’arbitrage que feront les entreprises entre prix de vente et marge, il n’en reste pas moins que la TVA sociale présente le triple avantage, par la taxation des revenus consommés, de mettre à contribution l’économie souterraine (travail au noir, activités illicites), de faire contribuer au financement de la protection sociale les bénéficiaires de revenus et de plus-values de nature financière et immobilière, et ce de façon relativement indolore (en tout cas beaucoup moins douloureuse qu’avec les impôts et prélèvements directs), et enfin d’instaurer un minimum de solidarité dans la contribution à certains régimes de protection sociale qui profitent à tous (assurance-maladie, allocations familiales, RMI et allocations diverses aux handicapés) en taxant la consommation de tous les Français, qu’ils soient salariés du privé, fonctionnaires, retraités, professions libérales, artisans, commerçants, chefs d’entreprises, sans profession ou rentiers. Au chapitre des désagréments pointés par les détracteurs de la TVA sociale, figure notamment le risque d’un surcroît d’inflation qui pèserait sur le pouvoir d’achat et la demande des ménages, principal moteur de la croissance en France, et notamment sur les bas salaires et les retraités. Une telle occurrence dépend largement du point de savoir sur quels taux serait appliquée une majoration au titre de la TVA sociale : sur le taux particulier de 2,1 % (applicable notamment à la presse et aux médicaments remboursables) ? Sur le taux réduit de 5,5 % (qui concerne entre autres les produits alimentaires, les transports, les médicaments non remboursables, les prestations des maisons de retraite et des établissements pour handicapés) ? Sur le taux normal de 19,6 % (qui s’applique à toutes les opérations ne relevant pas d’un taux réduit) ? Sur les trois ? Si une majoration de 5 points était appliquée au seul taux normal de 19,6 %, elle ne concernerait guère, parmi les principaux postes de dépenses des ménages, que l’habillement, les primes d’assurance, l’essence et la consommation de gaz et d’électricité. Et elle n’aurait aucun impact sur les postes essentiels de dépenses que sont l’alimentation, les soins et le logement (les loyers et les intérêts d’emprunt immobilier n’étant de toute façon pas soumis à la TVA), ce qui, du même coup, désamorce en partie le procès en non-progressivité fait à la TVA sociale, mais en montre aussi les limites. Par ailleurs, la question se pose de savoir quelles seraient les cotisations sociales réduites en contrepartie d’une majoration du taux de TVA : celles à la charge des employeurs ? Des salariés ? Les deux ? Là encore, de la réponse à cette question dépendent les effets en matière d’évolution relative de la profitabilité des entreprises et du pouvoir d’achat des salariés. La TVA sociale n’est donc ni la recette miracle qui ferait disparaître les déficits sociaux et le chômage structurel, ni l’hérésie économique qui nous plongera dans la récession. Mais à défaut de TVA sociale, quelles seraient les alternatives en matière de financement de la protection sociale : une augmentation de la CSG, cet impôt en partie non déductible (qui fait donc payer de l’impôt sur l’impôt) ? Une taxe sur la valeur ajoutée produite par les entreprises ? L’idéal serait sans doute l’instauration d’une "TVA sociale à taux constant", qui consisterait à ce que le gouvernement, sans modifier les taux actuels de TVA (ce qui désamorcerait les procès en sorcellerie faits à la TVA sociale) affecte une partie des recettes de TVA actuelle au financement des allocations familiales et de l’assurance-maladie, mécanismes qui profitent à tous indépendamment de la situation professionnelle. Mais cela suppose que le gouvernement attaque à la hache le chantier de la rationalisation et de la réduction des dépenses publiques…

30.09.07

Permalien 10:09:55, par Denis Email , 761 mots   French (FR) latin1
Catégories: En quête de rupture

Elle court elle court la rupture

Qui ne connaît le fameux jeu du furet, où plusieurs joueurs faisant cercle font glisser un anneau le long d’une corde de main en main en fredonnant la célèbre comptine, tandis qu’un joueur placé au centre doit deviner dans quelle main se trouve l’anneau ? Après une semaine chargée en déclarations fracassantes du Premier Ministre et en annonces (habituelles à cette époque de l’année) de déficits en tout genre (déficit budgétaire inchangé et trou de la Sécu qui se creuse), et alors qu’entrera en vigueur lundi la défiscalisation des heures supplémentaires, dont on peut légitimement se demander si elle aura un impact autre qu’un simple effet d’aubaine pour les entreprises et salariés concernés, la rupture sarkozyenne a tout, à entendre journalistes, députés du Nouveau Centre et même certains députés UMP, de l’anneau dissimulé que se passent et repassent le Président, ses conseillers, son Premier Ministre, les membres du gouvernement et les figures de la majorité présidentielle, sans que personne ne sache vraiment dans quelles mains elle se trouve. Le Président et ses affidés ont certes beau jeu de nous expliquer que la rupture ne saurait être réduite à l’apurement des déficits budgétaire et sociaux, qu’elle tient aussi aux réformes de structure telles que la révision de la carte judiciaire, l’autonomie des universités, l’assouplissement de la législation du travail, que ces réformes ne sauraient produire leurs effets immédiatement et que le budget 2008 est un budget de transition. Il n’empêche. Les mesures annoncées dans le cadre des projets de Loi de Finances et de Loi de Financement de la Sécurité Sociale sont révélatrices des limites de la rupture sarkozyenne : * sur un plan que l’on pourrait pompeusement qualifier de "conceptuel", notre Président ne démord pas du fait que l’assainissement des finances publiques résultera de la croissance retrouvée et qu’une réduction des déficits ne ferait qu’étrangler la croissance. Pourtant, au-delà de l’effet d’éviction cher à la théorie économique (le recours de l’Etat aux marchés financiers pour financer le déficit budgétaire réduit d’autant les ressources disponibles pour le financement de l’investissement privé), effet rendu caduc à mon sens par la facilité d’accès au crédit de tous les agents économiques depuis plusieurs années, c’est oublier que le niveau trop élevé de nos prélèvements obligatoires est le premier frein à la croissance. Faut-il rappeler, encore une fois et sans entrer dans les détails, que les prélèvements de toutes sortes qui pèsent sur les entreprises les amènent à comprimer leurs effectifs pour compenser la hausse continue des sommes qu’elles doivent reverser à la collectivité et limitent leurs dépenses d’investissement ? Faut-il rappeler que les pays qui, à l’exemple du Canada, ont commencé par assainir leurs finances publiques, ont connu une embellie de leur situation économique dans les années qui ont suivi (accélération de la croissance, hausse du pouvoir d’achat, baisse du chômage) ? * sur un plan plus opérationnel, sans même parler de l’hypothèse de croissance sujette à controverse retenue pour la construction du budget 2008, les mesures annoncées à l’occasion de la présentation des budgets de l’Etat et de la Sécu relèvent plus d’une gestion comptable un peu renforcée que de la nécessaire révolution copernicienne de nos finances publiques. Le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite fût pratiqué par Dominique de Villepin et ne produira de toute façon des économies que lorsque les partants auront cessé de toucher leurs pensions de retraite. Les franchises médicales ont été inaugurées par Philippe Douste-Blazy dès 2004 et ne constitueront au mieux qu’un replâtrage, les dépenses supplémentaires générées chaque année par le vieillissement de la population étant largement supérieures aux économies réalisées. Quant à l’application du prélèvement libératoire aux dividendes, ce sera autant de recettes en moins l’année suivante. Tout cela a donc plus pour l'instant un air de bouts de ficelle et de fusils à un coup auxquels nous ont habitué les gouvernements Raffarin et Villepin, que le goût de la "rupture" qu’attendent nombre de citoyens.

29.09.07

Permalien 06:53:42, par Denis Email , 143 mots   French (FR) latin1
Catégories: Faillite des retraites et fracture générationnelle, Témoignages

Merci Réba

Merci d'avoir pris la peine et le temps sur tes moments de liberté et de loisir, de mettre par écrit ton vécu quotidien de "cheminot de base" au travers de ces cinq billets, qui nous ont fourni un éclairage moins subjectif que celui que les lecteurs de ce blog et moi-même pouvions avoir sur la SNCF. Les "colonnes" de ce blog te restent ouvertes dans les semaines et mois à venir au gré de l'actualité autour de la réforme des régimes spéciaux de retraite. N’hésite pas à venir nous faire part de tes réactions et de celles de tes collègues cheminots aux résultats de la négociation à la SNCF entre la direction et les organisations syndicales (maintenant que Xavier Bertrand a annoncé la parution d’un décret fixant le cadre de la réforme).

26.09.07

Permalien 16:44:40, par Réba Email , 964 mots   French (FR) latin1
Catégories: Témoignages

Témoignage d'un cheminot de base (5 et fin)

Bonjour Denis, Les hostilités ayant été déclenchées par le collaborateur de Sarko 1er, il est urgent que je termine mon propos. Voici donc ce que je pense des réformes à venir et du futur possible de la SNCF. Tout d'abord le service minimum. Comme je te l'ai dit la réforme telle qu'elle m'a été présentée ne répond en rien au vrai problème soulevé pour les usagers. Maintenant il est tout à fait possible que la direction de la SNCF ait menti dans son bulletin. On entend ainsi parlé de réquisition possible, que le vote après 8 jours de grève ne serait pas simplement "consultatif", etc... Autant de mises en garde émises, j'en suis convaincu, par les syndicats. De ce fait, étant donné que ma confiance ne va pas plus à la direction qu'aux organisations syndicales, il est difficile de se prononcer avec certitude. Ceci dit je maintiens ma position de dire que cette loi ne changera rien et que le problème a été, une fois de plus, pris de travers sans tenir compte de la diversité des activités SNCF. Ainsi, le souci majeur en cas de conflit sévère est, selon moi, les usagers du Transilien. Il fallait donc faire une loi sur une "obligation de service" concernant tous les agents travaillant en rapport avec le "train de banlieue", quitte à imaginer une compensation pour ces derniers. Mais au nom de la sacro-sainte égalité entre cheminot, cela n'a pas été envisagé. Le sujet du moment maintenant, les fameux régimes spéciaux. En préambule, je suis bien obligé de faire deux remarques qui primeront sur toute la suite : * Tout d'abord, je réfute le fait que les régimes spéciaux soient un problème important. Certes, ils sont largement déficitaires, soit ils peuvent donner le sentiment d'une inégalité, mais le problème que nous avons devant nous est celui de toutes les retraites, celles du régime général en premier ! Mais il est beaucoup plus facile pour le gouvernement de s'attaquer au petit groupe de "privilégiés" en les stigmatisant que de faire face à l'ensemble de la nation. * Seconde remarque, quand on parle régimes spéciaux pour les dénoncer c'est constamment la SNCF qu'on montre du doigt (surtout Fillon). Et les parlementaires, les clercs de notaire, EDF, etc ... eux n'auraient pas de privilèges ? Leurs régimes spécifiques n'existeraient donc pas ? Mon opinion concernant les retraites SNCF est que oui, il existe des injustices. Je ne vois aucune raison objective pour que tous ceux qui ont des horaires de travail classiques et/ou une pénibilité normale en bénéficient. Ça fait du monde ! Les régimes spéciaux, chiche supprimons-les ! Mais, dans le même temps, créons deux régimes généraux. Un pour les professions "normales" et un second pour les métiers pénibles. Traitons le problème dans son ensemble au lieu de monter des Français contre d'autres. Une dernière partie maintenant concernant l'avenir de la SNCF. Si pour ce que j'ai écrit plus haut, nombre de mes collègues partagent mon point de vue, il n' en est pas de même pour ce qui va suivre. A mon avis, le démantèlement de la SNCF est inévitable à terme. Petit état des lieux : * La SNCF n'est plus propriétaire de l'infrastructure. Elle loue à RFF des sillons (créneaux horaires) comme toutes les autres entreprises ferroviaires privées. Il semblerait d'ailleurs que ce poste soit devenu le plus important dans le budget global de l'entreprise (à vérifier). * A l'intérieur de l'entreprise, il existe déjà des "caisses" séparées pour le TGV, les grandes lignes, la banlieue, l'infrastructure, l'entretien, etc... Et chaque fois qu'un agent dépendant d'une caisse travaille pour une autre, cela donne lieu à des mouvements financiers compensatoires internes. * Le fret est déjà ouvert à la concurrence, l'activité voyageur c'est pour juillet 2010 je crois, sans parler des TER appartenant aux régions, des Eurostars et autre Thalys de droit privé. Depuis des années, les politiques et la direction préparent cet éclatement. Soit, allons-y et voilà comment je vois les choses : Tout d'abord, et c'est essentiel, rattachons tous les gens s'occupant de l'infrastructure à RFF. Cela concerne les agents des postes comme moi, les agents qui entretiennent la voie et les caténaires ainsi que les agents des quais. Aujourd'hui, tous ces agents travaillent aussi pour le privé même s'ils sont SNCF. Je m'explique : pour ma part, quand un train privé arrive dans ma zone, je le prends en charge exactement comme un train SNCF ; un agent de quai donne le départ aux trains privés comme pour ceux de la SNCF ; quant à ceux qui entretiennent, il y a longtemps qu'ils devraient être RFF (viendrait-il à l'idée de quelqu'un de demander aux transporteurs usagers des autoroutes de les entretenir ?). Et, par dessus tout, maintenons RFF public pour éviter les problèmes rencontrés en Grande-Bretagne. Concernant les autres services, je ne suis pas nécessairement le mieux placé pour savoir s’il faut les maintenir publics ou les privatiser... Mais pour prendre l'exemple de la maintenance des rames, avec le développement du privé, un marché va s'ouvrir. Le fait d'avoir une entreprise autonome bénéficiant de l'expérience acquise auprès de la SNCF me semble pertinent. Tout cela mérite bien entendu que l'on s'y penche en détai,l mais ce n’est pas le but de ce message. Toutefois, quand on regarde objectivement l'évolution de la SNCF et les projets actuellement programmés, il me semble que refuser ces évolutions serait comme croire encore au communisme... Bien sincèrement. Réba

25.09.07

Permalien 08:28:19, par Denis Email , 113 mots   French (FR) latin1
Catégories: Des hauts et des bas (débats ?) d'humeur

Travailler plus pour gagner plus

Jean-François Copé s'applique à mettre en pratique l'adage présidentiel en allant faire des heures supp pour le compte du cabinet d'avocat Gide-Loyrette-Nouel en plus de ses fonctions de député, patron du groupe UMP à l'Assemblée Nationale, maire de Meaux et prof de finances publiques à Sciences-Po, autant de fonctions qui ne suffisaient manifestement pas à l'occuper à temps plein. Rappelons par ailleurs que pour le seul mandat de député, M. Copé perçoit déjà une indemnité de 6.000 euros. Ce genre de cumul ne me paraît pas être le meilleur moyen de redorer le blason de nos politiciens. Qui plus est quand M. Copé s'étonne qu'on puisse s'offusquer d'un tel cumul.

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