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07.01.07

Permalien 07:29:18, par Denis Email , 711 mots   French (FR) latin1
Catégories: Des hauts et des bas (débats ?) d'humeur

Après le Conseil des Ministres télévisé, le droit au logement opposable ?

Je dois avouer que l’annonce par le gouvernement de la création d’un droit au logement opposable m’a profondément hérissé. Non pas évidemment que je considère la question des sans-logis comme étant sans importance. Pour ceux qui le subissent, c’est un drame humain qui doit faire honte à chacun d’entre nous, et pas seulement au moment des agapes de fin d’année… Non, cela m’a hérissé parce que l’annonce faite par le gouvernement est symptomatique des travers de modes de pensée et d’action (ou plutôt d’inaction) qui nous plombent depuis vingt ans.

Travers des modes de pensée : plutôt que de s’attaquer aux causes (qu’est-ce qui fait qu’il y a des sans-logis, même pas tous chômeurs ? Qu’est-ce qui pourrait faire que notre économie permette à celui qui travaille de vivre décemment), le gouvernement se place dans une logique de traitement social et d’assistanat. Comme pour le chômage, où le gouvernement préfère payer des allocations et partager le travail en réduisant sa durée à 35 heures plutôt que de se demander pourquoi il y a du chômage et comment l’éviter. Comme toujours, la redistribution prend le pas sur la production de richesses et on préfère répartir le gâteau avant même de se demander si on ne pourrait pas plutôt faire grossir le gâteau pour que tout le monde en profite. Et avec la création de ce droit au logement opposable, le gouvernement ne fait-il pas autre chose que de considérer implicitement comme une fatalité l’existence des sans-logis et la stagnation des revenus du travail ?

Travers des mode d’action : alors que le problème des sans-logis existait bien avant la première élection de Jacques Chirac à la Présidence de la République, il faut que la mobilisation d’une association prenne de l’ampleur médiatique, en pleine période de Noël et à moins de six mois de l’élection présidentielle, pour que nos gouvernants réagissent et nous concoctent dans la précipitation une solution mal ficelée, en espérant nous faire croire qu’ils travaillent et se soucient d’autre chose que d’occuper les palais de la République. Et si on logeait les SDF à l'Elysée et dans les ministères jusqu’à la fin de l’hiver ?

NB : Pour ce qui est de la définition exacte de ce droit au logement, des difficultés que sa mise en œuvre risque de soulever et des critiques, apparemment légitimes, que l’avant-projet de loi suscite déjà, on se référera utilement aux analyses d’éminents juristes comme Frédéric Rolin ou Maître Eolas.

Mise à jour du 7/01 à 20 h 6

Lu dans Télérama de cette semaine, Martin HIRSCH (président d'Emmaüs) :

"[...] Cette situation est invraisemblable, compte tenu de la richesse de la société française, de ses services publics et de ses dépenses sociales.

Pourquoi, avec un système d’aide sociale très sophistiqué, obtient-on d’aussi mauvais résultats ?

Parce que ce système est d’une sophistication pathologique ! Il intervient pour compenser les effets de la pauvreté, pas pour les prévenir.
[...]
Certains disent aujourd’hui qu’il faudrait être un peu moins généreux avec les assistés, et plus avec ceux qui travaillent pour de bas salaires…

Quand on est de droite, on dit qu’il faut baisser le RMI pour creuser l’écart avec le salaire minimum ; et quand on est de gauche, qu’il faut augmenter le salaire minimum. On a tort dans les deux cas. Imaginer que pour aider les pauvres il faut baisser le RMI est une obscénité. Mais croire qu’il suffit de décréter une hausse du smic pour venir à bout de la pauvreté est une illusion. On a beau avoir en France un salaire minimum plus élevé que dans d’autres pays, ça n’a pas empêché qu’il y ait des travailleurs pauvres et du chômage. Il faut donc changer de logique.
"

Même le président d'Emmaüs le dit...

04.01.07

Permalien 23:31:11, par Denis Email , 12 mots   French (FR) latin1
Catégories: Catherine Médicis

Non-évènement

Corinne Lepage vient de révéler qu'elle est Catherine Médicis.

03.01.07

Permalien 21:52:58, par Denis Email , 42 mots   French (FR) latin1
Catégories: Liberté, inégalités, rentabilité

Liberté, inégalités, rentabilité…

semble être devenue la nouvelle devise de la France en ce début de troisième millénaire.

Peut-être le premier billet d'une série à venir sur les fractures civiques, sociales et économiques qui gangrènent la société française.

Permalien 15:55:03, par Denis Email , 115 mots   French (FR) latin1
Catégories: Catherine Médicis

Mmouais...

Selon le Canard Enchaîné, la candidate-mystère Catherine Médicis, qui doit révéler son identité le 5 janvier, ne serait autre que Corinne Lepage.

Cela n’aurait rien d’étonnant puisque, selon une info glanée à une République des Blogs, elles ont toutes les deux la même "chargée de com"…

Si tel est le cas, voilà une annonce qui ne risque guère de perturber le duel Ségo-Sarko.

Mise à jour à 21 h 56 : D'autant que le site donne de nouveau des signes de faiblesses (c'est à nouveau une vieille version ?!). Je ne pensais pas que c'était posible, mais CM a choisi un hébergeur encore plus déficient que le mien.

02.01.07

Permalien 06:52:17, par Denis Email , 415 mots   French (FR) latin1
Catégories: Ségolène Royal, Chez les libraires

Mignonne, allons voir si la rose...

Plus qu’un livre sur Ségolène, et a fortiori qu’une biographie de la "Zapaterra", le dernier ouvrage de Marc Lambron, publié chez Grasset sous le titre "Mignonne, allons voir…", est une analyse sans concessions des tourments (conscients ou inconscients...) et des contradictions de la gauche depuis 30 ans.

Court (à peine 200 pages qui se lisent facilement), agréable à lire, parfois un peu décousu mais souvent drôle et émaillé d’expressions délicieuses, cette sorte d’essai revient aux personnages de Mitterrand et Jospin pour expliquer le phénomène Ségolène. Marc Lambron pointe d’une part une filiation spirituelle avec l’homme de droite qui s’était dissimulé sous les traits du Président socialiste ("Elle est peut-être la meilleure production de la droite française depuis François Mitterrand", "Avec Ségolène, la gauche avoue son immense désir de droite", elle est "l’expression de l’inconscient de droite de la gauche"), et fait d’autre part de Ségolène l’antithèse de l’ex-trotskyste devenu Premier Ministre.

Marc Lambron attribue aussi à trois moules successifs les valeurs de référence qui ont fait le succès de la candidate socialiste : la vie quotidienne dans une famille d’officiers, l’école de la République qu’est l’ENA et son rôle de "Petite Chose" au PS (sans que sa qualité d’énarque et vingt-cinq années d’appartenance à l’appareil socialiste l’aient empêché d’apparaître comme un symbole du renouvellement de la classe politique).

Et il sait trouver les mots justes pour dire comment Ségolène a su saisir l’air du temps et la demande d’un discours politique renouvelé, fût-ce au prix de la mise au rebut des vieux dogmes socialistes. Ce qui ne prouve pas que Ségolène Royal serait capable, en cas de victoire en mai prochain, de traduire en actes son discours de renouveau. L’ouvrage laisse d'ailleurs la question ouverte, mais le commentaire attribué par l'auteur en début d'ouvrage à un hiérarque (imaginaire ?) du PS ne laisse guère d’espoir : "Une élection, c’est le choix d’un directeur du personnel. […] Je ne te dis pas comment les jeunes énarques du Parti piaffent…".

NB : Particulièrement savoureuses sont les 30 "tables de la loi" de la génération Jospin (pages 127 à 132). En très résumé : je m’insurge contre la mondialisation, mais je me gave de ses produits.

01.01.07

Permalien 00:00:00, par Denis Email , 5 mots   French (FR) latin1
Catégories: Divers

Bonne et heureuse année 2007 à tous

Merci à aufeminin.com pour l'illustration.

31.12.06

Permalien 16:03:49, par Denis Email , 170 mots   French (FR) latin1
Catégories: International

Peine de mort

Plutôt opposé à la peine de mort, notamment à cause du risque d'erreur judiciaire, je n'arrive pas à m'indigner de l'exécution de Saddam Hussein. Au-delà de la question de la légitimité de ses juges (ou plutôt de ceux qui les ont installés), les atrocités dont il s'est rendu coupable à Doujaïl ou au Kurdistan irakien justifient pleinement à mes yeux le châtiment, à l'instar des peines capitales prononcées et exécutées à Nuremberg il y a 60 ans. Je suis bien conscient des problèmes que posent ce "relativisme" (à partir de combien de morts ou de récidives la peine de mort se justifie-t-elle ? etc), mais la position officielle de certains pays selon lesquels "la peine de mort n'est pas justifiable, même pour les crimes les plus graves" ne me paraît pas non plus complètement satisfaisante... Et je rejoins Mounir Haddad, juge de la Cour d'appel du Haut tribunal pénal irakien, dans sa réponse à la question "Que pensez-vous de la peine de mort ?".

28.12.06

Permalien 06:54:37, par Denis Email , 324 mots   French (FR) latin1
Catégories: Divers

Jacquou le Croquant et la campagne présidentielle

En emmenant mes deux aînés voir Eragon (un bon moment d'heroic-fantasy pour les enfants, moins élaboré que le Seigneur des Anneaux, mais du coup plus facilement accessible pour les plus jeunes) hier au cinéma, j'ai eu l'occasion de voir la bande-annonce du film Jacquou le Croquant, qui sort le 17 janvier prochain.

N'ayant jamais lu le livre d'origine, ce nom de Jacquou le Croquant évoquait depuis toujours dans mon imaginaire une légende pour enfants, du même style que le Petit Poucet (Croquant, croquer, ogre ?).

Quelle n'a pas été ma surprise de découvrir que ce roman d'Eugène Le Roy conte en fait la vengeance et la révolte contre les injustices sociales du XIXe, d'un descendant de "croquant", et que ce terme de "croquant" désigne en fait les paysans à l'origine de jacqueries dans le Sud-Ouest au XVIIe siècle.

Je ne sais pas ce que valent le livre et le film (réponse dans quelques jours, quant j'aurai lu le premier et vu le second ? ; à première vue, le style du livre est un peu vieillot et le ton du livre comme celui du film apparaissent assez mélodramatiques et manichéens), mais ce qui m'a frappé, c'est la coïncidence de la sortie de ce film avec une campagne présidentielle placée notamment sous le signe des injustices et des souffrances sociales. Une coïncidence réellement fortuite à mon avis, l'industrie du cinéma en général et celles des blockbusters en particulier ne s'embarrassant guère des contingences politiques. Mais une coïncidence dont il faut espérer qu'elle rappellera aux candidats à l'élection présidentielle que si rien ne change, nous pourrions bien voir surgir de nouveaux "croquants".

PS : Je ne suis pas favorable à la gratuité des oeuvres sur Internet, mais tout le monde n'a pas non plus les moyens d'acheter des livres. A noter donc la disponibilité du roman en format pdf.

26.12.06

Permalien 19:07:49, par Denis Email , 58 mots   French (FR) latin1
Catégories: République des Blogs

Pour ceux qui ne savent pas quoi faire demain soir...

la cinquième édition de la République des Blogs se tiendra mercredi 27/12 à partir de 19 heures au Pavillon Baltard, un café situé 9, rue Coquillière, Paris 1er, métros Louvre-Rivoli ou Les Halles.

L'ambiance devrait être intimiste et les quelques blogueurs inscrits encore plus accessibles que d'habitude.

Tous les blogueurs annoncés et toutes les infos pratiques ici.

24.12.06

Permalien 09:33:03, par Denis Email , 1007 mots   French (FR) latin1
Catégories: Statistiques économiques

Précision sur le partage de la valeur ajoutée


Copyright Les Echos

Le week-end dernier, je me suis trouvé, pour des raisons de démarche administrative, à ressortir mes feuilles de paye de 2001-2002. En les parcourant d'un oeil distrait, il m'a semblé que le rapport entre salaire brut et salaire net était plus favorable il y a 4 ans. Intrigué, je me suis lancé dans des comparaisons (un peu simplistes et donc forcément hasardeuses) qui ont donné le résultat suivant :

=> en 2002, pour 100 € de salaire brut, je percevais un salaire net (salaire brut - charges sociales "salariales") de 79 € et mon employeur décaissait au total 147 € (salaire net + charges sociales "salariales" + charges sociales "patronales")

=> en 2006, toujours pour 100 € de salaire brut, je perçois un salaire net (salaire brut - charges sociales "salariales") de 75 € et mon employeur décaisse au total 165 € (salaire net + charges sociales "salariales" + charges sociales "patronales")

J'ai voulu poursuivre cette étude (des plus empiriques et, j'en conviens, pas très scientifique) avec les bulletins de salaire de mon épouse. Résultats :

=> en 2002, pour 100 € de salaire brut, elle percevait un salaire net de 80 € et son employeur décaissait au total 140 €

=> en 2006, pour 100 € de salaire brut, elle perçoit un salaire net de 79 € et son employeur décaisse au total 150 €

Ces chiffres ne sont évidemment pas très significatifs et sont à prendre avec précaution, car ils varient d'une entreprise à l'autre (selon les régimes de prévoyance, les mutuelles etc) et en fonction des niveaux de rémunération. Mais ils me fournissent quand même un bon prétexte pour évoquer la question du partage de la valeur ajoutée, un sujet de débat récurrent à l'instar de celui concernant la mesure de l'inflation et l'évolution du pouvoir d'achat.

Compte tenu de la stagnation des salaires et de l'envolée des profits des entreprises, certains se sont convaincus que le partage de la valeur ajoutée produite dans les entreprises s'est déformé ces dernières années au profit des actionnaires et au détriment des salariés. D'autres leur rétorquent, chiffres à l'appui, que le partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits est resté relativement stable (1), en tout cas depuis la fin des années quatre-vingt (Cf. graphique en haut de page).

Tous ont raison (c'est comme à l'école des fans avec Jacques Martin...), sauf qu'ils ne parlent pas de la même chose !

Il convient donc d'apporter une précision importante sur cette notion de partage de la valeur ajoutée, pour tenter de dissiper le gigantesque malentendu qui dresse un mur d'incompréhension entre salariés et dirigeants d'entreprises :

La valeur ajoutée produite dans les entreprises n'est pas partagée seulement entre les salaires perçus pas les salariés (le "salaire net") et les profits réinvestis ou distribués aux actionnaires. Cette valeur ajoutée est partagée entre le facteur travail (les salariés et les organismes sociaux) et le facteur capital (l'investissement et les apporteurs de capitaux : actionnaires, établissements de crédit).

Donc, quand il est dit ou écrit que la part de la valeur ajoutée produite qui revient aux salariés est stable aux environ de 65 %, ce n'est pas seulement le salaire net perçu par le salarié qui figure dans ces 65 %, mais aussi les cotisations sociales à sa charge et celles à la charge de l'entreprise. C'est-à-dire les environ 150 à 160 € que décaisse au total l'employeur pour un salaire brut de 100 € (Cf. mes exemples précédents). La précision figure d'ailleurs sur le graphique "emprunté" aux Echos (mention "y compris impôts sur la main d'oeuvre et les salaires"), mais les médias grand public ne vont malheureusement pas jusqu'à ce niveau de détail...

Autrement dit, sur les 65 % de la valeur ajoutée qualifiés de façon abusive et réductrice de "part des salaires", environ la moitié (cela dépend des entreprises et des niveaux de rémunération) revient directement et immédiatement aux salariés sous forme de salaire net, et l'autre moitié est redistribuée (aux retraités, chômeurs, malades etc).

J'en reviens aux gagnants de l'école des fans. Tout le monde a raison :

=> les dirigeants d'entreprise, parce que le partage de la valeur ajoutée est effectivement restée stable ces dernières années;

=> les salariés, parce que cette stabilité n'est due qu'à l'augmentation des prélèvements en faveur des organismes sociaux (2) et que la part des salaires nets perçus par les salariés dans la valeur ajoutée produite a elle sans doute baissé.

Il serait donc intéressant que les organismes d'études (Insee, Rexecode etc) fassent ce distinguo à l'avenir dans leurs livraisons sur l'évolution du partage de la valeur ajoutée.

Cela explique par ailleurs en partie pourquoi le taux de prélèvements obligatoires reste stable à 44 % du PIB.

Cela souligne enfin la nécessité impérieuse et urgente d'élargir l'assiette des prélèvements des organismes sociaux, en l'étendant par exemple à la consommation au travers de la TVA sociale ou aux revenus du patrimoine. Parce que l'excès de prélèvements sociaux sur le travail est la première cause d'abord du chômage, et ensuite de la stagnation des salaires.

(1) "Le partage entre salaires et profits est stable, mais le poids des dividendes a fortement progressé. Alors qu'en Allemagne, par exemple, le poids de la rémunération des salariés dans la valeur ajoutée est en forte baisse, il « apparaît remarquablement stable en France » ces douze dernières années. La hausse de la part des revenus allant aux actionnaires s'est faite au détriment de l'investissement." ("Le rapport du CERC corrige plusieurs idées reçues" dans Les Echos n° 19797 du 20 Novembre 2006). Voir aussi l'étude menée par Rexecode (Les Echos du 11 mai 2005).

(2) Pour 100 € de salaire brut, les employeurs doivent décaisser plus en 2006 qu'en 2002 (Cf. mes exemples). A titre d'exemple, entre 2002 et 2006, la cotisation chômage à la charge du salarié est passée de 2,10 % à 2,44 % et celle à la charge de l'employeur de 3,70 % à 4,04 %.

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