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24.11.09

Permalien 06:30:19, par Denis Email , 434 mots   French (FR) latin1
Catégories: Des hauts et des bas (débats ?) d'humeur

Vaccination contre la grippe A : selon où tu résides…

Pour ceux qui auraient décidé de se faire vacciner contre la grippe A / H1N1 (je ne ferai pas de prosélytisme dans un sens ou dans l’autre, chacun doit décider en son âme et conscience me semble-t-il), on peut d’ores et déjà prévoir une rupture d’égalité dans l’accès au vaccin selon que l’on réside à Paris ou ailleurs.

A titre d’exemple, voici une comparaison des horaires d’ouverture des centres de vaccination mis en place par le gouvernement à Paris et dans les Hauts-de-Seine (mais on peut multiplier les exemples en cliquant sur la carte de France).

Selon les chiffres de l’Insee, les Hauts-de-Seine sont le quatrième département le plus peuplé de France (plus de 1,5 millions d’habitants) après Paris (2.181.371 habitants), les Bouches-du-Rhône et le Rhône.

Les horaires d’ouverture des centres de vaccination pour le mois de novembre dans les Hauts-de-Seine sont les suivants :

- jeudi 12 novembre de 15 h à 17 h 30
- Vendredi 13 novembre de 14 h à 19 h 30
- Samedi 14 novembre de 10 h à 12 h 30
- Vendredi 20 novembre de 14 h à 19 h 30
- Samedi 21 novembre de 10 h à 12 h 30
- Vendredi 27 novembre de 14 h à 19 h 30
- Samedi 28 novembre de 10 h à 12 h 30

Soit pour 36 centres, un total d’heures d’ouverture de 26,5 heures x 36 centres = 954 heures sur le mois de novembre.

Pour les habitants de Paris (on ne peut se faire vacciner que dans sa commune de résidence), les horaires d’ouverture des centres de vaccination pour le mois de novembre sont les suivants

- jeudi 12 novembre de 12h00 à 19h30
- vendredi 13 novembre de 11h à 19h30
- samedi 14 novembre de 13h30 à 16h30
- à compter du lundi 16 novembre : les lundis de 12h15 à 19h30, du mardi au vendredi de 8h15 à 19h30 et les samedis de 10h00 à 13h00

Soit pour 12 centres, un total d’heures d’ouverture de 136,75 heures x 12 centres = 1.641 heures.

En d’autres termes, avec une population inférieure de seulement 30 %, les Hauts-de-Seine ont droit à des centres de vaccination ouverts à 42 % moins longtemps. Sans parler de l’incommodité des horaires.

En sachant que cela commence à être la cohue en ce début de semaine dans les centres de vaccination parisiens maintenant que la petite phrase lâchée par Roselyne Bachelot («Des gens vont mourir parce qu'ils ne seront pas vaccinés.») fait son effet, les centres de vaccination des Hauts-de-Seine (et d’ailleurs), qui ne seront désormais ouverts que vendredi après-midi et samedi matin prochains risquent fort d’être pris d’assaut. Brice Hortefeux peut prévoir d’y dépêcher quelques CRS pour éviter des bousculades prévisibles.

11.11.09

Permalien 20:32:49, par Denis Email , 574 mots   French (FR) latin1
Catégories: Déficits publics

De l’emploi dans les collectivités locales

Je referme le supplément Economie du Monde, journal que j’ai délaissé depuis quelques années pour la lecture quotidienne des Echos. Ce n’est pas que ce soit moins chiant les Echos, mais c’est de meilleure tenue pour tout ce qui est économique et social.

Je dois avouer que je suis assez étonné (effaré serait même plus juste) par ce que révèle la lecture attentive des pages Emplois de ce supplément Economie.

Dans les trois maigres pages d’offres d’emploi (c’est pire dans les Echos) comptant une quinzaine d’offres d’emploi , on n’en trouve pas moins de douze émanant de collectivités locales (ou d’établissements publics en dépendant) :

- Ville de Mâcon : un Responsable de la Communication Ecrite

- Communauté de communes d’Haguenau : un Directeur Général Adjoint (H/F) en charge du pôle Aménagement et Territoire Durable

- Région Rhône-Alpes : un Directeur(trice) de l’Enseignement Supérieur

- Conseil Général de la Sarthe : un journaliste H/F

- Conseil Général d’Indre-et-Loire : un Directeur Général des Services H/F

- Opéra de Lille : un Directeur Administratif et Financier (H/F)

- Ville de Bagnolet : un Directeur(trice) Financier

- Collectivité du Grand Ouest non précisée : Directeur(trice) des Affaires Culturelles

- Conseil Général non précisé : Directeur(trice) des Infrastructures et des Déplacements

- Ville de Laval : Directeur des Ressources Humaines H/F

- Ville de Laval : Directeur Général Adjoint Développement solidaire H/F

- Office franco-allemand pour la jeunesse : un Chargé de projet « Recherche et Evaluation » (H/F)

Il faut évidemment se réjouir qu’il y ait encore quelques recrutements dans le pays, mais leur concentration dans les collectivités locales ne va pas sans susciter quelques questions et réflexions. En vrac :

=> Le Monde ne serait-il plus lu que par les cadres du secteur public ?

=> S’agit-il de créations de poste ou de remplacement ? Dans le second cas, où sont donc partis ceux qui occupaient ces postes ?

=> Quid de la promotion interne ?

=> Je ne savais pas qu’il y avait autant de mobilité professionnelle en permanence dans la fonction publique territoriale…

=> Que reste-t-il aux élus ? A Bagnolet par exemple, que fera l’adjoint au Maire en charge des Finances une fois qu’il aura recruté un Directeur Financier ? Il convient certes que les élus puissent s’appuyer sur l’expertise d’une administration, mais la gestion financière de Bagnolet est-elle si complexe qu’il faille un spécialiste en plus de l’adjoint en charge des Finances ?

=> Ce foisonnement d’offres est symptomatique des recrutements massifs effectués par les collectivités locale, au prétexte des missions transférées par l’Etat (mais alors, les personnels concernés n’ont pas tous été transférés ?).

Et il illustre bien pourquoi le gouvernement cherche à mettre à la diète les collectivités locales en réformant la taxe professionnelle.

A l’heure où les entreprises sont à la diète en matière de recrutement et où les ressources fiscales se tarissent pour cause de crise économique et financière, les collectivités locales continuent de mener grand train, notamment en matière de recrutement, annihilant de fait les efforts de Monsieur Woerth en matière de réduction des effectifs…

05.11.09

Permalien 06:07:30, par Denis Email , 409 mots   French (FR) latin1
Catégories: Liberté, inégalités, rentabilité

Business as usual…?

Une citation à méditer avant une nouvelle pause pour une durée indéterminée ? :

"L’esprit de révolte fait des progrès et je m’étonne que les misérables ne brûlent pas plus souvent la cervelle aux millionnaires qu’ils rencontrent."

C’était en …1891, dans une interview donnée par Octave Mirbeau
à Jules Huret et parue dans l’Echo de Paris du 22 juin de cette année-là.

1891, c’est aussi l’année de la publication de L’Argent par Emile Zola…

C’était il y a plus d’un siècle donc, à une époque de scandales financiers en tout genre, d’affaires de corruption et de spéculation effrénée : canal de Panama, krach de l’Union Générale, scandale des décorations etc.

Les effets de la première mondialisation ?

Toute ressemblance d’évènements ultérieurs au début du troisième millénaire ne pourrait être que fortuite…

Plus d’un siècle plus tard, Michael Moore a pris le relais d’Octave Mirbeau pour dénoncer les travers du capitalisme bourgeois dans son dernier film Capitalism : A love story (dans les salles le 25 novembre), et semble y déceler le même esprit de révolte chez ses compatriotes du bas de l’échelle américaine ruinés par la créativité financière de certains banquiers.

Ces mêmes travailleurs du bas de l’échelle devraient l’avoir encore plus mauvaise à l’annonce des bonus qui seront versés au titre de 2009 aux banquiers qui ont provoqué faillites et licenciements en masse.

N’est pas Beaumarchais qui veut. Comme pour Octave Mirbeau, les dénonciations de Michael Moore risquent fort de rester lettre morte tant le système a tendance à l’emporter sur des individus résignés sur leur sort. Et les rares fois où ce n’est pas le cas, on a à faire à des cataclysmes comme en 1789 ou en 1917.

Alors qu’en sera-t-il cette fois ? Les classes moyennes et populaires avaleront-elles la très très grosse couleuvre de la privatisation des profits (sous forme de bonus, stocks-options, golden parachutes, retraites chapeau) au bénéfice d’une petite minorité et de la collectivisation des pertes et des déficits (au travers des faillites, plans sociaux, déremboursements de soins et bientôt sans doute hausse des impôts sur les ménages) mises à la charge du plus grand nombre ?

A suivre au prochain épisode…

23.10.09

Permalien 06:41:09, par Denis Email , 545 mots   French (FR) latin1
Catégories: Situation économique

Considérations incongrues sur la crise économique et financière (3)

Troisième considération incongrue : malgré l’activisme (louable) dont a fait preuve notre Nicolas Sarkozy de Président en vue du G20 de Pittsburgh pour limiter les excès en matière de bonus bancaires, la question reste posée de la pertinence de la réglementation bancaire et financière actuelle.

En effet, si la présence de « spéculateurs » (intervenant dans la sphère financière indépendamment d’une quelconque activité dans la sphère réelle) est indispensable pour assurer la liquidité et l’efficience des marchés financiers, il n’est plus concevable, dans des économies dont un des fondements est la confiance, que les banques continuent de jouer au poker l’argent de leurs clients entreprises et particuliers qui n’ont rien demandé et qui doivent ensuite éponger les pertes de jeu de leur banque en tant que contribuables.

Et il est temps de se poser la question d’une stricte séparation des activités bancaires entre les activités pour compte de tiers (banque de détail et banque de financement et d’investissement pour le compte des entreprises) et les activités pour compte propre que sont le trading et l’arbitrage directionnel.

A l’instar de ce qui existait à une époque sur le Marché à Terme d’Instruments Financiers de Paris (le Matif), des Négociateurs Individuels du Parquet, les NIP, qui intervenaient pour leur compte personnel et assuraient la liquidité en se portant contrepartie sur leurs deniers propres, pourquoi ne pas réserver le trading et l’arbitrage directionnel à des établissements spécialisés dont le capital social ne pourrait être détenu que par des personnes physiques ?

Les traders et autres arbitragistes transformés en actionnaires pourraient ainsi encaisser les profits de leur activité en toute tranquillité dès lors qu’ils assument aussi les pertes éventuelles.

Par ailleurs, nombre de particuliers fortunés qui ont investi leur patrimoine dans le private equity ou dans les fonds Madoff doivent avoir envie de se refaire et pourraient trouver un intérêt à faire partie du tour de table de ces établissements.

Enfin, cela éviterait aux banques, cantonnées à leurs activités traditionnels de crédit et de services aux entreprises et aux particuliers, de reproduire leurs errements récents et de mettre une nouvelle fois en péril l’économie de la planète.

Faute de réponse appropriée évitant que la spéculation effrénée reprenne comme si rien ne s’était passé, les excès en matière de profits et de bonus bancaires continueront d’alimenter le fonds de commerce d’un Olivier Besancenot ou de tout autre extrémiste charismatique du même acabit qui réussira à attiser le ressentiment des millions de salariés qui n’ont pas profité de la bulle financière mais qui ont pâti de son éclatement.

Ce qui est bien dommage car, quels que soient l’avidité et la cupidité de quelques-uns, l’économie de marché reste, pour paraphraser Winston Churchill, le pire des systèmes à l’exception de tous les autres. Et celui qui a assuré la prospérité qui permet encore à beaucoup d’entre nous de s’offrir un Iphone et d’aller voir Mylène Farmer en concert.

20.10.09

Permalien 05:41:17, par Denis Email , 569 mots   French (FR) latin1
Catégories: Situation économique

Considérations incongrues sur la crise économique et financière (2)

Deuxième considération incongrue : alors que le gouvernement s’inquiète non sans raison des dégraissages en cours et à venir dans les entreprises, et de leurs impacts en termes de consommation des ménages (un des seuls moteurs de la croissance restés allumés en France), certaines répliques qui restent à venir semblent ignorées ou passées sous silence.

Il faut concéder qu’elles ne devraient pas produire les mêmes drames humains que les plans sociaux dans des bassins d’emploi mono-activité sur le déclin...

Ainsi, manifestation symptomatique des excès induits par la bulle financière des années deux mille, les galeries d’art avaient fleuri un peu partout dans les sites touristiques, d’abord sur la Côte d’Azur, puis en Dordogne et dans le Lubéron avant de gagner la Bretagne à Dinard et Saint-Briac (il s’en est même ouverte une à Saint-Jacut de la Mer, qui connaît Saint-Jacut de la Mer ?).

Il fallait bien que les monceaux de capitaux produits par la situation d’hyperliquidité mondiale trouvent à s’employer et à s’investir. Après que les prix de l’immobilier, des actions et des obligations, des matières premières eurent été poussés à la hausse de 2003 à 2008 par l’afflux de liquidités, ce fût au tour des œuvres d’art, des grands crus ou encore des droits de retransmission télévisée de voir leur prix s’envoler.

Les galeries qui arrivaient à vendre les croûtes du premier Gribouille venu, surtout quand elles étaient installées à Saint-Paul de Vence ou à Gordes, et la reconnaissance accordée à certains de ces prétendus artistes risquent fort de ne pas survivre à l’éclatement de la bulle financière.

Autre conséquence symptomatique de la transformation en vaste casino de la planète bancaire et financière et de l’argent dégoulinant : les escort-girls ont proliféré ces dernières années (trente cinq mille pages recensées par Google pour les termes de recherche « escort girl Paris » avec les guillemets) grâce à la fois à la diffusion d’Internet et aux rémunérations exorbitantes qui permettaient à certains de payer trois cents euros (presque un tiers de SMIC mensuel…) pour passer une heure avec une escort girl.

Conséquence certes moins visible que les gros 4 x 4 qui ont envahi les rues ces dernières années, sans doute parce que moins avouable...

Il ne s’agit pas ici de porter un jugement moral sur ce phénomène (la prolifération des escort girls, pas celle des 4 x 4...) Je laisse cela aux autorités bien-pensantes. Il s'agit seulement de faire le constat et l’analyse sur le strict plan économique de cette augmentation de l’offre dans le plus vieux métier du monde. Heureusement, les vicissitudes de la conjoncture économique devraient venir au secours des tenants de l’ordre moral en décourageant un certain nombre de vocations d’escort girls.

Voire. Parce qu’à voir ce que continuent de gagner les joueurs de foot, dont les salaires mirobolants ne semblent pas subir l’effet de la crise (peut-être après la prochaine attribution des droits de retransmission…) ou les bonus que s’apprêtent à encaisser de nouveau les traders et autres arbitragistes pendant que le chômage ne finit pas d’augmenter, on peut se demander si la crise a servi à quelque chose.

17.10.09

Permalien 18:24:44, par Denis Email , 611 mots   French (FR) latin1
Catégories: Situation économique

Considérations incongrues sur la crise économique et financière (1)

Réouverture temporaire de ce blog le temps de deux ou trois réflexions sur la pire crise économique et financière depuis la Grande Dépression des années 1930. Quelques observations manifestement incongrues semblent en effet ne pas (pas encore ?) avoir été faites par nos illustres experts qui s’échinent à expliquer les origines d’une crise que la plupart d’entre eux n’ont pas su prévoir.

Première considération incongrue : et si la crise financière, avec le cortège de faillites et de suppressions d’emplois qui s’en est ensuivi, n’avait finalement constitué que le coup de grâce pour des activités condamnées et maintenues en survie artificielle depuis plus de vingt ans à coup de subventions publiques et d’exonérations de charges face à la concurrence des pays émergents à bas coût de main d’œuvre ?

Car, sur la même période qui a vu General Motors frôler la liquidation, des centaines de PME disparaître et des centaines de milliers d’emplois détruits, pour beaucoup dans les industries dites traditionnelles (sidérurgie, mécanique, automobile), les ventes de netbooks, ces mini-PC avec un abonnement Internet sans fil, ont doublé, Apple a écoulé 26 millions d’Iphone et Mylène Farmer a vendu en moins de deux heures les 150.000 places d’une deuxième date de concert au Stade de France.

Tout le monde n’est donc pas concerné de la même façon par la crise. Les destructions d’emplois sont évidemment dramatiques pour ceux qui en sont les victimes. La perspective de voir les traders toucher à nouveau des bonus pharamineux en apparaît d’autant plus scandaleux (tout comme le bouclier fiscal d’ailleurs, qui évitera aux plus aisés de payer l’addition quand viendra l’heure des hausses d’impôts, faut-il le rappeler à notre Président qui s’est fait fort à propos le héraut de la légitime croisade anti-bonus ?). Comme l’a fort justement souligné Juan SOMAVIA, Directeur Général de l’Organisation Internationale du Travail, "les conséquences de la crise sont largement mutualisées, alors que les bénéfices de la croissance précédente, eux, étaient très concentrés". Il semble que les bénéfices de la reprise soient eux aussi très concentrés…

Il n’en reste pas moins que les destructions d’emplois industriels résultent aussi d’un ajustement inéluctable à la nouvelle division mondiale du travail qui voit les économies émergentes prendre le pas dans les activités industrielles traditionnelles de base tandis que les économies des pays de l’OCDE s’orientent de plus en plus vers les industries de pointe ou à forte valeur ajoutée, l’information, la communication et l’entertainment. En d’autres termes, si des entreprises (certaines des agences immobilières par exemple ?) qui ont sombré avec la récession, pourront renaître un jour de leurs cendres avec le retour de l’expansion économique, il est à craindre que les sites de productions industrielles de base qui ont dû fermer leurs portes ne les rouvrent jamais.

Il aurait peut-être été préférable, au cours des deux dernières décennies, d’investir une partie des dizaines de milliards d’euros engloutis pour mettre sous perfusion des activités condamnées à disparaître du fait de la concurrence des pays à bas coût de main d’oeuvre, dans des actions de formation lourde permettant de préparer la reconversion des salariés concernés. Et l’idée de grand emprunt pour financer des dépenses d’avenir devrait du coup sembler moins incongrue.

09.07.08

Permalien 22:26:24, par Denis Email , 334 mots   French (FR) latin1
Catégories: Le Temps d'Agir

Mise en veille prolongée

Ce n’est pas la tentation de Venise mais celle de Capri qui l'a finalement emporté pour une durée indéterminée. Presque deux ans et demi après l’ouverture de ce blog, je me résous à le mettre en sommeil sans toutefois le fermer.

Ce fût un vrai plaisir que de pouvoir apporter une modeste contribution au débat à l’occasion de la dernière élection présidentielle, et ce même si ce débat reste à mon sens très largement inachevé voire même à peine entamé, notamment en ce qui concerne les questions de l’assainissement des finances publiques et de la répartition et redistribution équitables des richesses créées par les entreprises.

Merci donc à tous ceux qui prirent le temps, régulièrement ou plus ponctuellement, de me lire, voire de réagir quitte à me contredire, contribuant ainsi à alimenter le débat par leurs commentaires.

Depuis quelques mois, les nécessités du quotidien et surtout de nouvelles fonctions professionnelles ne me laissaient plus le loisir de décortiquer l’actualité politique, économique et sociale pour mieux la décrypter. La fréquence et la qualité de mes billets s’en ressentaient. La fréquentation de ce blog aussi. J’ai en outre un deuxième projet d’écriture, dont je ne sais pas s’il aboutira (il y a peu d’élus en matière littéraire), mais je ne veux pas regretter un jour de ne pas l’avoir tenté.

Je délaisse donc ce blog pour une durée indéterminée, mais je le laisse ouvert car je reste convaincu que la situation ne pourra rester en l’état. Trop de déséquilibres dans les finances publiques et trop d’inégalités voire d’injustices dans le partage des richesses sont autant de réalités, financières pour les uns, sociales pour les autres qui finiront un jour ou l’autre par se rappeler à notre bon souvenir.

Portez-vous bien.

08.07.08

Permalien 22:32:05, par Denis Email , 189 mots   French (FR) latin1
Catégories: Le Temps d'Agir

Clap, clap, clap

Personne n’est parfait ni inébranlable. Versac pas plus que les autres. Peut-être a-t-il mal interprété une ironie mi-figue mi-raisin de la part de Jean-Michel Apathie en guise d'introduction à un de ses billets. Peu importe. Le terreau était sans doute propice depuis quelques temps à la décision qu’il vient d’annoncer de cesser de publier sur versac.net. Lassitude du blogueur, surcharge de travail de l’entrepreneur sont des circonstances suffisamment atténuantes pour expliquer que deux méprisables étincelles médiatiques aient pu produire une décision aussi brusque qu’apparemment irrévocable. Quoi qu’il en soit et quoi qu’il puisse arriver (qui sait, les circonstances ramèneront peut-être Versac à son clavier un prochain jour), il faut saluer et remercier celui qui fût un des primus inter pares à contribuer à faire émerger une blogosphère politique indépendante, que ce soit en relayant d’autres blogs que le sien dans ses billets, par la fulgurance de ses analyses ou encore au travers de l’organisation d’un évènement comme la République des Blogs. Merci Versac, et portes-toi bien Nicolas.

02.07.08

Permalien 07:04:51, par Denis Email , 485 mots   French (FR) latin1
Catégories: Situation financière de l'Etat

Valeur absolue, valeur relative

La dette publique de la France a augmenté de 41,1 milliards d’euros au premier trimestre 2008.

Heureusement, Christine Lagarde et Eric Woerth nous annonce vouloir "stabiliser la dette publique à 63,9 % du PIB à la fin de l’année" grâce à des cessions d’actifs non stratégiques (un peu comme le particulier qui vend sur e-bay ses biens superflus pour arrondir ses fins de mois).

A 1.209,5 milliards d’euros, la dette publique représentait 63,9 % du PIB à fin 2007, d’où un PIB égal à 1.209,5 / 0,639 = 1.892,8 milliards d’euros.

Compte tenu de la prévision de croissance de Madame Lagarde pour 2008 (entre 1,7 et 2 %), on notera qu’une dette "stabilisée" à 63,9 % du PIB correspond implicitement à une dette de l’ordre de 1.230 milliards d’euros (PIB à fin 2007 + estimation de croissance 2008 multiplié par 63,9 %, soit 1.892,8 x 1,017 x 63,9 %).

Donc une dette "stabilisée" à 63,9 % du PIB en valeur relative (encore faut-il que la prévision de croissance se confirme), mais tout de même en hausse de 21 milliards d’euros en valeur absolue*.

Les critères de Maastricht (dette publique inférieure à 60 % du PIB ; déficits publics inférieurs à 3 % du PIB) ont ceci de pratique qu’ils permettent ce genre de sophisme. Certes, il fallait bien définir des normes applicables à tous les pays candidats à l’euro. Mais ramener la dette et les déficits publics au PIB pour les mesurer ne rend pas compte de leur évolution réelle.

Qui plus est, le rapport au PIB n’est pas des plus pertinents, en ce qu’il ne constitue pas une mesure des revenus de la sphère publique. C’est un peu comme si vous alliez à la banque solliciter un crédit immobilier et que votre banquier vous répondait qu’il va tenir compte non seulement de vos revenus mais aussi de ceux de votre famille pour prendre sa décision. C’est confortable pour vous qui sollicitez le crédit, c’est moins favorable pour le banquier qui tient compte de revenus dont vous ne disposerez pas. Il eût mieux valu retenir des critères du type dette publique / recettes publiques (donnant un nombre d’années de remboursement) et déficits public / recettes publiques. Parce qu’on a quand même vu un pays comme la Grèce aller jusqu’à relever son PIB en tenant compte d’une économie souterraine évaluée à 30 % dans le seul but d’augmenter le dénominateur des ratios et ainsi les améliorer sans faire baisser ni ses déficits ni sa dette. Une idée à creuser pour Nicolas Sarkozy ?

* On rappellera que 21 milliards d’euros correspondent à 137,7 milliards de francs et à 350 euros par Français (1.230 milliards d’euros, c’est 20.500 € par Français ou encore 47.000 euros par actif comme le rappelait encore récemment la Cour des Comptes).

NB : L’utilisation de la fonction "Prévisualiser" des commentaires est toujours à éviter si vous ne voulez pas voir disparaître le commentaire que vous vous serez échiné à taper.

24.06.08

Permalien 06:19:28, par Denis Email , 69 mots   French (FR) latin1
Catégories: République des Blogs

Mercredi 25 juin 2008 : the place to be

Versac a concocté une édition spéciale pour le deuxième anniversaire de sa République des Blogs avec émission de radio en direct, personnalités politiques et médiatiques et tout le tintouin. Merci à lui et rendez-vous donc demain soir pour ceux qui le souhaitent.

Y verra-t-on les nouveaux amis de Koz (dont il faut saluer le billet consacré au petit facteur) ? Ambiance assurée dans ce cas.

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