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21.06.08

Permalien 20:13:52, par Denis Email , 189 mots   French (FR) latin1
Catégories: Ma petite personne

Putain, 40 ans déjà !

Comme tous les ans à la même époque, le 21 juin, c’est le jour de l’été, la fête de la Musique et … mon anniversaire ! Cette année, il est un peu plus marquant que les autres puisque je passe le cap des 40 ans. Bon d’accord, je ne les fais pas. Enfin pas trop, malgré quelques cheveux blancs de ci de là. L’étape est symbolique (la fin définitive de la jeunesse et l’entrée irréversible dans l’âge mûr ?), mais elle me laisse assez stoïque. Le fait de vieillir en soi ne me travaille guère, contrairement à d’autres (ma chère et tendre par exemple), puisque c’est assez inéluctable. Je suis plus sensible à la comparaison entre le temps écoulé et mes réalisations, personnelles et surtout professionnelles. Quand je vois ce que d’autres plus jeunes ont déjà réalisé… Je ne vous infligerai pas plus avant le bilan des 4 décennies qui s’achèvent, mon psy est là pour supporter toutes les semaines mes états d’âme à ce sujet, et lui, il est payé pour.

18.06.08

Permalien 22:19:47, par Denis Email , 250 mots   French (FR) latin1
Catégories: En quête de rupture

Réformisme équitable

Alors que la blogosphère politique plus ou moins indépendante semble frappée d’une glaciation progressive (certains blogs subsistent encore mais sont aussi animés que les rues d’une station balnéaire bretonne en plein hiver – Décryptages, Frednetick ou Jusqu’ici, tout va bien –, d’autres ont tout bonnement disparu – Laurent Poujol, Potage Pékinois ou What's next – pour ne citer que ceux qui figuraient en lien sur ce site), trois irréductibles, ex-fidèles de Christian Blanc, ne se sont pas résignés et aspirent toujours à mettre en œuvre un réformisme à la fois équitable et qui ne soit pas de simple façade.

Les trois compères, que j’ai fréquentés quand mon activité professionnelle m’en laissait encore le temps, ont créé il y a quelques temps le site Libr'acteurs, poussant même la motivation et le désintéressement jusqu’à en faire un véritable mouvement sous forme d’association officiellement enregistrée et en mesure de recevoir les cotisations des adhérents. A ceux que désopilent, voire désolent, l’infaillibilisme sarkozien (oh, le joli néologisme, il faudrait le déposer celui-là), le vaudeville socialiste, l’isolement bayrouiste et la démagogie besancenote, et que démangerait l’envie de s’engager dans la recherche d’une nouvelle façon de penser et d’agir en politique, à la recherche de plus d’équité et de solidarité, la lecture de leur charte ouvrira peut-être des perspectives.

07.06.08

Permalien 19:05:06, par Denis Email , 765 mots   French (FR) latin1
Catégories: Liberté, inégalités, rentabilité

En attendant les loups ?

Dans un billet consacré au libéralisme (thème à la mode s’il en est en ce moment, surtout au Parti Socialiste…), un de mes camarades blogueurs, Honorgate, "[s]'autorise malgré [sa] modeste (dit-il, NdA) compréhension de ce monde, à constater que l'économie commande au politique" et se demande "qui gouverne actuellement le monde si ce n'est l'argent ?". Ces réflexions m’ont amené à ressortir du fatras de papiers qui peuplent ma sacoche, une pleine page des Echos que j’avais découpée et griffonnée de quelques annotations. Sous le titre "L’Europe va devenir supercapitaliste", Robert Reich, professeur à l’université de Berkeley et ancien ministre du Travail de Bill Clinton, y donnait une interview à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage. Il y livre sa vision (assez sombre, assez peu encourageante et que je partage largement) de l’évolution du capitalisme, et notamment de la façon dont les entreprises font de moins en moins de cas de tout ce qui peut être un obstacle (prix des fournisseurs, rémunérations des salariés lambda, impôts et charges sociales, protection de l’environnement) à la maximisation de leurs bénéfices.

Ce thème de la déviance du capitalisme, un éditorial des Echos, pourtant peu suspect de gauchisme échevelé, l’abordait encore cette semaine en se demandant qui sera le Karl Marx du XXIe siècle. Cela rejoint aussi une discussion que j’avais avec un de mes proches amis, élu récemment conseiller municipal (de gauche…) d’une ville de province et qui, de par ses compétences en matière économique et financière, se retrouve placé en première ligne dans les relations avec les entreprises. Il m’expliquait comment une entreprise ayant repris un site de production sur la ville moyennant force subventions des collectivités locales menaçait de fermer le site pour aller chercher ailleurs de nouvelles subventions et le dilemme qui s’ensuivait pour les élus locaux : céder au chantage à la délocalisation ou résister au prix de pertes d’emplois et donc de combustible pour le tissu économique local.

Pour que l’action et le pouvoir politiques ne se réduisent pas de plus en plus, dans les années à venir, au fatalisme et à la résignation face aux puissances économiques et surtout financières que sont les entreprises et les fonds d’investissement, qu’ils soient souverains ou spéculatifs, il est de plus en plus indispensable et urgent de donner une nouvelle dimension à la virtù qualité politique essentielle chère à Nicolas Machiavel (si injustement réduit à un théoricien du cynisme en politique).

Face à la fortuna de la mondialisation, opportunité autant que menace, et au pouvoir des détenteurs de capital, la seule lucidité quant à la nécessité d’agir et de prévenir les difficultés ne suffisent plus à nos Princes modernes. Et c’est là que la construction européenne pourrait (aurait déjà dû ?) prendre tout son sens et emporter l’adhésion de citoyens si défiants à son égard (non sans raison, tant cette construction communautaire peut apparaître depuis une vingtaine d’années comme ayant facilité l’émergence du capitalisme financier, que ce soit en instaurant la libre circulation des capitaux en 1990 ou au travers de la mise en place de l’euro et de l’Union Economique et Monétaire). Par exemple en limitant le dumping fiscal pratiqué par certains Etats membres (sans que pour autant, le laxisme budgétaire d’autres Etats membres – suivez mon regard – puisse s’en trouver légitimé). Ou en adoptant une imposition unique (il y a bien une monnaie unique) des rémunérations des grands patrons et des cadres dirigeants, ce qui permettrait d’éviter le chantage à la délocalisation des sièges sociaux, ainsi que des revenus du patrimoine et des plus-values en capital. Seul un front commun des gouvernements européens pourrait permettre de contrebalancer les nouveaux maîtres politiques que sont les puissances économiques et financières. On cherche pourtant vainement ce genre de préoccupation et les préconisations qui pourraient en découler dans le rapport Think Global – Act European que viennent de publier treize think tanks pour relancer la construction européenne. Avec le risque d'en arriver à chanter un jour comme l’a fait Serge Reggiani à propos d'une autre époque :

"Attirés par l'odeur du sang
Il en vint des mille et des cents
Faire carouss', liesse et bombance
Dans ce foutu pays de France
Jusqu'à c'que les hommes aient retrouvé
L'amour et la fraternité.... alors
"

31.05.08

Permalien 18:00:36, par Denis Email , 624 mots   French (FR) latin1
Catégories: Rémunérations des patrons

Magie du capitalisme financier

Patricia Russo, la Directrice Générale d’Alcatel-Lucent, se serait vue attribuer 800.000 stocks-options à un prix d’exercice de 3,80 euros. Information tout à fait plausible, le cours de bourse d’Alcatel-Lucent étant descendue largement sous les 4 euros en mars et l’autorisation donnée au Conseil d’Administration par l’Assemblée générale du 20 mai 2005 à consentir des options de souscription ou d’achat d’actions prévoyant que "le prix d’émission ou d’achat des actions […] ne pourra être inférieur à la moyenne des premiers cours cotés de l’action sur le marché Euronext Paris au cours des vingt séances de bourse précédant le jour de la décision de consentir les options, soit sans décote".

Pour mémoire, les options de souscription ou d’achat d’actions, communément appelées stocks-options, permettent à son détenteur d’acheter, généralement à l’issue d’un délai de 5 ans, autant d’action qu’il a d’options à un prix convenu à l’avance et qualifié de prix d’exercice, d’émission ou d’achat. Autrement dit, Patricia Russo aura la possibilité d’acheter en 2013 800.000 actions Alcatel-Lucent à un prix de 3,80 euros. Si le cours de l’action Alcatel-Lucent à cette date est supérieur à 3,80 euros, elle aura intérêt à lever ses options et elle fera une plus-value immédiate égale à la différence entre le cours à cette date et 3,80 euros. Si en revanche, le cours d’Alcatel-Lucent est inférieur, elle pourra renoncer à bénéficier de ses options d’achat. Pourquoi en effet aller acheter 3,80 euros une action qui vaut moins que ce prix ?

Au-delà de la question de savoir si Patricia Russo mérite ses stocks-options au regard des résultats de la fusion Alcatel-Lucent, la question qui devrait faire débat me semble-t-il est celle de ce prix d’exercice de 3,80 euros. En effet, l’action Alcatel-Lucent cotait hier 4,86 euros. Où est l’enjeu pour Madame Russo ? Eviter que l’action Alcatel-Lucent ne connaisse une descente aux enfers vers ce plus bas à 2 euros déjà frôlé en 2002 ? On serait en droit d’attendre, au moins de la part des actionnaires qu’ils exigent de Madame Russo des résultats qui se traduisent dans le cours de l’action, et qu’en conséquence le prix d’exercice soit fixé à 9 ou 10 euros compte tenu de l’échéance des options en 2013. Et on pourrait s’étonner que le Comité des rémunérations mis en place par Alcatel-Lucent autorise de tels dévoiements.

On pourrait s’étonner, mais on ne le fera pas, car cet exemple du prix d’exercice ridiculement bas des stocks-options attribuées à Patricia Russo montre bien d’une part à quel point les patrons ont toujours aussi peu de contre-pouvoirs à subir (ce ne sont pas les comités de gouvernance ou de rémunérations plus ou moins fantoches qui les gênent beaucoup), et d’autre part de quelle façon les stocks-options sont devenues un complément de salaire déguisé.

Ce mode de rémunération différée que sont les stocks-options devrait d’ailleurs n’être utilisé que pour fidéliser les salariés (cela oblige à rester dans l’entreprise), en profitant de l’exonération de charges sociales qui subsiste encore. Les cadres dirigeants de l’entreprise devraient bénéficier quant à eux d’une rémunération variable, quitte à ce qu’elle soit majorée, assise sur des critères de performances financières, mais aussi sociales et environnementales, afin que les entreprises assument leur part de responsabilité dans la vie de la cité (au sens grec du terme). Un vrai défi pour les comités de rémunérations de tous les pays !

23.05.08

Permalien 07:49:27, par Denis Email , 522 mots   French (FR) latin1
Catégories: Coups de coeur

Nécessité du quotidien fait loi

"Mairie centre piétonnier. Pavillon meulière parfait état. terrain 221 m². Salon/séjour 40 m², cuisine équipée 12 m², 3 chambres, bureau, salle d'eau, wc. Exposition sud-ouest, grande terrasse plain pied sur cuisine. Combles aménageables, sous-sol total, garage. Proximité commerces, écoles, bois."

Nous voilà accaparés mon épouse et moi, comme l'année dernière à la même époque, par une possible acquisition de résidence principale. Je croise les doigts car si nous avons fait une proposition qui semble convenir aux vendeurs, tant que rien n'est signé, ils peuvent toujours être tentés par une proposition mieux-disante.

Je suis toujours effaré par l'inefficience informationnelle du marché immobilier. Alors que l'achat d'une maison ou d'un appartement est le plus souvent l'investissement majeur dans la vie d'un individu ou d'un couple, il faudrait se décider sur une visite voire deux visites d'une trentaine de minutes. En tout cas dans les coins de la proche banlieue sud-ouest où nous prospectons (et cela doit être la même choses dans d'autres régions ou quartiers particuilièrement prisés) et où les joiles maisons au juste (?) prix peuvent partir dans le journée parce que les acquéreurs font une proposition de quelques centaines de milliers d'euros à la fin de leur première visite. Sans avoir le temps de vérifier l'état du toit et de l'installation éléctrique.

Il peut paraître assez hasardeux d'acheter un bien immobilier alors que le marché semble ralentir pour cause de crise des subprime et de durcissement des conditions de crédit. Certes, mais le raisonnement doit prendre en compte d'autres paramètres lorsqu'il s'agit de l'achat de la résidence principale.

Quoi qu'il en soit, l'affaire m'occupe suffisamment en plus de mon nouveau rythme professionnel effréné, ce qui me fait délaisser encore un peu plus ce blog déjà un peu en jachère ces derniers temps. Et cela apportera de l'eau au moulin d'une de mes plus fidèles lectrices qui me faisait remarquer dans un mail que "les blogs sont mous en ce moment, peu réactifs". Même "Versac est aussi mou que les autres" d'après elle. C'est dire.

Il est vrai que la frénésie de la campagne présidentielle est retombée, et même si les réactions de dizaines de blogueurs ont sans doute une influence, celle-ci est trop intangible pour entretenir de façon permanente la motivation. Et puis le blog ne nourrit pas son homme, a fortiori sa femme et ses enfants. Les préoccupations de la vie quotidienne finissent par reprendre le dessus. Ses charmes et ses petites joies aussi. C'est vrai qu'actuellement, je consacre plus de temps à mes enfants qu'à mon blog. C'est important aussi. Ce diktat du quotidien, cette nécessité de subsistance, c'est peut-être aussi ce qui explique que la situation n'est pas plus explosive qu'elle ne semblerait devoir l'être alors que se cotoient des propriétaires de montres d'un prix exorbitant et des "déchétariens" réduits à vivre des rebuts alimentaires des supermarchés (Paris-Match a aussi consacré récemment un reportage à ce sujet).

16.05.08

Permalien 06:25:42, par Denis Email , 108 mots   French (FR) latin1
Catégories: En quête de rupture

Où veut-il en venir ?

Que cherche donc Nicolas Sarkozy à agiter ainsi le chiffon rouge d'une loi sur le service minimum sous le nez des enseignants ? A déclencher un "mai 2008" qui se finira par une grande manifestation de droite sur les Champs-Elysées ? Et avec 30 % d'augmentation des salaires ? Cela ne correspond guère à la méthode de fausse concertation et de vraies concessions adoptée avec les syndicats de la SNCF et de la RATP sur le service minimum dans les transports et sur la réforme des régimes spéciaux de retraite. Etonnant.

On trouve chez Jules une analyse juridique rigoureuse de ce projet de service minimum dans les écoles.

13.05.08

Permalien 06:39:48, par Denis Email , 972 mots   French (FR) latin1
Catégories: Chez les libraires

De l’argent facile au risque d’une ruine de l’âme

"La prostitution et ses tarifs faramineux sont une tentation bien trop grande lorsqu’on manque d’argent et qu’il faut le trouver dans l’urgence" résume Laura D, qui livre, dans un ouvrage rédigé avec l’aide de Marion Kirat et publié chez Max Milo, "Mes chères études - Etudiante, 19 ans, job alimentaire : prostituée", son témoignage d’étudiante amenée à se prostituer pour payer son loyer et ses repas.

Laura est donc étudiante en première année de Langues Etrangères Appliquées, espagnol et italien, dans une ville de province dont on saura seulement qu’elle est située à deux heures de train de Paris. Entre des parents à la situation trop modeste pour pouvoir l’aider financièrement mais pas assez pour qu’elle puisse bénéficier d’une bourse, un petit copain plutôt à l’aise financièrement grâce aux siens mais trop égoïste (ou pas assez amoureux ?) pour concevoir de contribuer plus qu’elle aux charges de logement et d’alimentation, et un petit boulot dans une société de télémarketing qui lui rapporte un salaire trop dérisoire pour le temps qu’elle doit y consacrer, Laura se trouve vite asphyxiée et condamnée à rogner sur tous les postes de dépenses, y compris son alimentation, allant jusqu’à mettre en péril sa santé.

La solution, elle croit la trouver un soir sur Internet, dans des annonces où des hommes plutôt mûrs cherchent des jeunes femmes pour des "massages". Commence alors ce qui sera pour Laura une lente déchéance, faite de rendez-vous dans des hôtels glauques ou de passes dans des parkings. Autant le début du livre et les passages consacrés à sa vie d’étudiante sont convenus voire totalement plats, autant Laura, lorsqu’elle détaille quelques-uns de ses rendez-vous avec ses "clients" et la façon dont elle vit (mal) sa condition d’étudiante prostituée, arrive à nous faire sentir avec un certain souffle les affres qu’elle traverse, déchirée entre la tentation de cet argent vite gagné, et la culpabilité et le dégoût qui l'assaillent.

Il est vrai que, sur le plan strictement financier et nonobstant les jugements moraux, le calcul est vite fait. Pour une étudiante comme Laura, quinze heures au SMIC dans une entreprise de télémarketing, cela doit faire un salaire maximum de 450 euros à la fin du mois pour 60 à 70 heures de travail, autant de temps qu’elle ne pourra pas consacrer au travail personnel qui doit compléter les cours suivis à la fac. Dix passes à 150 euros l’heure, ce qui semble être le tarif moyen pris par Laura à ses clients, cela fait 1.500 euros à la fin du mois pour 10 heures de "travail". Vingt passes, cela fait 3.000 euros.

Mais cela relève du domaine du conceptuel. Parce que les dix ou vingt clients, il va quand même falloir a minima leur faire une fellation et se laisser pénétrer (et s’ils sont là, prêts à payer, c’est que la plupart d’entre eux doivent être loin de ressembler à George Clooney), voire plus (ou pire, chacun jugera) comme le raconte Laura. Et faire face, pendant et après, à la sensation de saleté et de souillure, au sentiment de dégoût de soi-même et à la culpabilité. En tout cas pour Laura, pour qui la prostitution n’est pas vraiment choisie et assumée mais plutôt contrainte. Je ne suis pas sûr qu’il en soit de même pour toutes les escort girls, étudiantes ou pas, qui offrent leurs services sur Internet. Il faut lire à ce sujet la très intéressante postface d’Eva Clouet, auteur chez le même éditeur d’un ouvrage consacré à prostitution étudiante sur Internet.

La plupart de ces escort girls qui affichent des tarifs à 300 euros l’heure (il suffit de chercher sur Google), semblent avoir un surmoi suffisamment atrophié pour vivre sans états d’âme leur condition de prostituée tout en en tirant de confortables revenus. Il est vrai qu’il s’agit là de prostitution plus haut de gamme que celle qui doit se pratiquer dans les bois de Boulogne ou de Vincennes.

Je laisse aux bonnes âmes les jugements moraux sur la prostitution et ses risques sanitaires et physiques. Il incombe plutôt à chacun de savoir jusqu’où il ou elle serait capable d’aller pour faire face au dénuement ou à la nécessité de nourrir ses enfants et les sentiments que cela lui inspirerait. Pour ma part, j’avoue que je ressentirais une profonde répulsion à aller sucer des mecs ou me faire sodomiser, même contre plusieurs centaines d’euros. Mais si l’homosexualité ne me choque pas, elle ne m’a jamais attiré non plus et je reste un pur hétéro. En ce qui me concerne, la question serait donc plutôt de savoir comment je vivrais (à l'instar du personnage incarné par Daniel Auteuil dans "Mauvaise passe") d’aller faire des cunnilingus à quelques grosses et moches sexagénaires ou septuagénaires en mal d’amour, que l’on dit pouvoir rencontrer dans une grande brasserie du boulevard du Montparnasse, sans me sentir ni sale ni coupable ?

Quoi qu'il en soit, et même si c'est un truisme que de le souligner, le témoignage de Laura, qu'il ait un effet de loupe ou qu'il ne soit que la partie émergée d'un phénomène de prostitution étudiante qui prendrait de l'ampleur, n'est pas moins éclairant que les statistiques de l'INSEE sur l'évolution du pouvoir d'achat.

NB : L’utilisation de la fonction "Prévisualiser" des commentaires est toujours à éviter si vous ne voulez pas voir disparaître ce que vous vous serez échiné à taper. Merci Lycos et B2 Evolution !

10.05.08

Permalien 19:56:37, par Denis Email , 307 mots   French (FR) latin1
Catégories: Petits arrangements entre amis

Niché dans les détails...

Xavier Darcos supprime des postes d’enseignants… et recrute des inspecteurs.

Arnaud Teulé, candidat dissident malheureux à la mairie de Neuilly-sur-Seine, vient d’être nommé par décret du Président de la République en date du 2 mai 2008, inspecteur de l’Académie de Paris, une nouvelle dont certains s’étaient déjà fait l’écho.

De même qu’à l’automne 2007, Brigitte Le Brethon, alors maire de Caen, avait pris la précaution de prétendre à un poste d’Inspecteur Général de l'Education Nationale. Bien lui en a pris au vu des résultats des élections municipales en général et à Caen à particulier. Et puisque, à lire le décret de nomination, la commission concernée avait rendu un avis favorable. En toute objectivité à n’en pas douter.

Il ne s’agit pas de discuter ici le bien fondé des suppressions de postes d’enseignants (il faudrait d’ailleurs plutôt parler de non-remplacement, de non-renouvellement ou même d’économies de postes). Mais plutôt de s’étonner des signaux négatifs que constituent ces nominations de la part d’un gouvernement qui se prétend le champion de la réforme et de la rupture.

Nouvelle gouvernance de façade, vieilles méthodes éprouvées en sous-main. Comme pour le bouclier fiscal, ce ne sont pas tant les sommes en jeu qui importent (même si un Inspecteur de l’Education Nationale, qu’il soit Général ou d’Académie, ne doit pas émarger au SMIC, cela reste une goutte d’eau à l’échelle du budget de l’Etat et surtout de son déficit) que le symbole qui ôte tout sens à la notion d’exemplarité, pourtant la vertu première en matière de réforme.

NB : L’utilisation de la fonction "Prévisualiser" des commentaires est toujours à éviter.

30.04.08

Permalien 21:22:49, par Denis Email , 835 mots   French (FR) latin1
Catégories: En quête de rupture

Sarko à la télé : quel élan, quelles perspectives ?

Nicolas Sarkozy semble avoir pris la mesure du désenchantement des électeurs, au point d’en arriver à confesser des "erreurs" lors da sa prestation télévisée du 24 avril. On aurait aimé savoir lesquelles à son avis : le bling-bling ? la surexposition médiatique de sa vie privée ? la frilosité dans la rupture ? la sur-communication sur les réformettes ? On lui pardonnera complètement le jour où on l’entendra déclarer : "Le paquet fiscal était une grosse connerie. Il y a certes que ceux qui ne font rien qui ne font pas de conneries, mais c’était une connerie, je l’assume et je vais m’employer à en corriger les effets".

Pour autant, aura-t-il réussi à livrer un plan d’action clair et précis, à donner des perspectives au citoyen lambda, à créer un nouvel élan ? Je dois avouer que sa prestation m’a laissé à cet égard un sentiment des plus mitigés, et ce même si, sur certains points (la régularisation des sans-papiers – où il a confondu régularisation et naturalisation, octroi d’un permis de séjour et obtention de la nationalité française – et l’éducation), je l’ai trouvé plutôt percutant.

Je ne reviens pas sur les préliminaires et l’exercice d’autoglorification auquel il s’est prêté à propos des actions engagées depuis un an. La réforme des régimes spéciaux de retraite qu’il a mise en avant à titre d’exemple a fait l’objet de tellement de concessions sous forme de mesures de compensation que même Alain Juppé aurait réussi à la mener à bien sans bloquer le pays pendant un mois. De même sur l’amélioration sur les douze derniers mois des chiffres du chômage, qui restent un indicateur retardé de la conjoncture et qui tiennent plus à la création d’emplois précaires et sous-qualifiés qu’au développement d’une Silicon Valley à la française qui verrait éclore les Apple et les Google des années 2010.

Sur les questions d’économie, il m’a semblé de très mauvaise augure d’entendre Nicolas Sarkozy se réfugier derrière la crise des subprime, la hausse du prix du pétrole et des matières premières et celle de l’euro pour justifier les piètres résultats économiques du gouvernement. Car c’est implicitement faire croire aux Français qu’ils pourraient s'affranchir des efforts à faire en matière d’assainissement des finances publiques et de compétitivité de l’entreprise France si la conjoncture internationale n’était pas aussi difficile.

De ce point de vue, les mesures annoncées auront à faire la preuve de leur efficacité. Les règles d’attribution d’un tiers des résultats des entreprises devront faire l’objet d’une vigilance active pour que la mesure ne reste pas un vœu pieux (il peut être aisé de minorer les bénéfices dans une entreprise), de même que les conditions qui obligeront les chômeurs à accepter une offre d’emploi.

Je dois avouer que j’ai écouté le reste d’une oreille distraite, tant la préoccupation majeure du Président et de son gouvernement me semble devoir être l’allègement des charges pesant sur l’investissement des entreprises et sur le coût du travail pour espérer faire repartir la croissance et ses corollaires, emploi et augmentation des rémunérations de toutes sortes, donc du pouvoir d’achat en dernier ressort. La loi de modernisation de l’économie n’est qu’un pas timide (et technocratique : pourquoi un prélèvement libératoire sur le chiffre d’affaires des entrepreneurs individuels ? Le chiffre d’affaires, ce n’est pas du bénéfice, c’est quand même le B-A-BA de la gestion d’entreprise) dans cette direction.

Et puis, de toute façon, moins d’une semaine après, notre bateleur national a replongé dans l’illusionnisme et la navigation à vue par l’intermédiaire de Christine Lagarde, qu’il a laissé maintenir contre vents et marées, et surtout contre l’avis de tous les prévisionnistes de France et d’Europe, une prévision de croissance exagérément optimiste pour ne pas avoir à reconnaître que la politique économique du gouvernement est totalement inadaptée à ce qu’exige la situation.

NB : Le renouvellement des journalistes s’est révélé, je trouve, plutôt utile malgré quelques couacs. Cela a au moins eu le mérite de rendre PPDA moins complaisant. En revanche, entendre Yves Calvi, plutôt bien parti dans ses premières questions, demander à Nicolas Sarkozy s’il confirmait aux lycéens les suppressions de postes d’enseignants m’a prodigieusement agacé. Qu’espérait-il là ? Déclencher un mai 2008 ?

NB bis : L’utilisation de la fonction "Prévisualiser" des commentaires est toujours à éviter, plus pour très longtemps j'espère, j'y travaille avec l'aide bienveillante de l'un de mes anciens étudiants de l'IAE.

27.04.08

Permalien 14:57:30, par Denis Email , 1009 mots   French (FR) latin1
Catégories: En quête de rupture

L’an I de la rupture : premier bilan

Avant d’essayer de décrypter et de remettre en perspective les déclarations de Nicolas Sarkozy jeudi soir dernier, un peu de rétrospective ne sera pas inutile (cela aurait sans doute été encore plus utile avant l’émission, mais mon nouveau rythme de travail ne m’en a pas laissé la possibilité).

Dès 2002, Nicolas Sarkozy a su saisir comme personne l’air du temps et l’aspiration au changement d’une majorité de Français. Au printemps 2007, il faisait naître pendant la campagne présidentielle pour toutes les couches sociales, depuis l’ouvrier jusqu’à son patron, des espoirs sans précédent de rénovation d’une situation économique et sociale sclérosée depuis deux décennies (la fameuse "rupture") et de déblocage de l’ascenseur social.

Elu avec une confortable majorité il y a presque un an, Nicolas Sarkozy a réussi en 12 mois à dilapider ce capital de confiance, à décevoir les espoirs que les Français avaient placés en lui et à devenir le plus impopulaire des Présidents de la Cinquième République. Comment un tel gâchis a-t-il été possible ? Trois principaux facteurs expliquent, à mon humble avis, ce désamour brutal, sans que la liste soit exhaustive :

1/ Avant même d’être investi, Nicolas Sarkozy a commis sa première maladresse. Si ses penchants pour le luxe et le clinquant et ses frasques sentimentales ont fait les délices de la presse people pendant les premiers mois de son mandat, de Wolfeboro à Petra, ils ont aussi fait naître et grossir l’irritation d’un nombre croissant de Français qui ne se reconnaissaient plus dans ce Berlusconi à la française. Ce qu’ils acceptent, et dont ils sont même friands, d’une vedette de cinéma, d’un animateur télé ou d’un chanteur de variétés, a rapidement fait désordre de la part d’un Président de la République censé remettre de l’ordre dans les affaires de la nation et redonner le goût du travail et du risque à un pays frileux et replié sur lui-même. Que Nicolas Sarkozy soit allé après l’élection prendre un peu de repos dans un hôtel quatre étoiles à Biarritz, Saint-Raphaël ou Dinard n’aurait choqué que les anti-Sarko primaires. Mais être l’invité d’un grand patron sur un yacht de luxe, il ne pouvait y avoir de plus mauvais signal pour ceux qui comptent leurs euros en vacances et ne peuvent pas acheter tous les après-midi les glaces sur leur réclament leurs enfants.

2/ Si de nombreux chantiers ont certes été ouverts pendant ces douze premiers mois de présidence Sarkozy, la plupart l’ont été en évitant les sujets qui fâchent vraiment, avec un souci de ne pas brusquer les parties prenantes et un luxe de précautions qui ont fini par vider les premières réformes de leur substance (la loi Pécresse sur les universités a soigneusement évité les questions de la sélection et des droits d’inscription), voire en consentant des compensations dont le coût diminue voit annihile entièrement les économies attendues (la réforme des régimes spéciaux de retraite en est le meilleur exemple). Et il est à craindre que d’autres chantiers de plus longue haleine (RGPP) soient autant de montagnes accouchant de souris à force de vouloir éviter les mécontentements. Du coup, sans même parler de constater des résultats immédiatement tangibles en termes de pouvoir d’achat, de réduction de la précarité ou d’assainissement des finances publiques, ce qui aurait été bien chimérique, il n’y aura même pas eu un élan de confiance, d’optimisme et de foi dans l’avenir qui se soit formé. Les Français continuent de broyer du noir et d’avoir peur de tout, l’avenir, la mondialisation, les OGM et j’en passe.

3/ La principale explication à mes yeux de la disgrâce présidentielle réside dans l’asymétrie dans les efforts à consentir. Sous le prétexte de redorer la valeur travail et de libérer les énergies et dans l’illusion des effets bénéfiques du trickle-down, les premières réformes de l’ère Sarkozy ont surtout profité à ceux qui en avaient le moins besoin. L’acte fondateur de la présidence Sarkozy, le paquet fiscal, en est encore une fois le meilleur exemple. Nicolas Sarkozy et son gouvernement nous ont ressassé que sur les 14 milliards d’euros investis dans le paquet fiscal ("investis" est-il vraiment le terme le plus approprié ? "partis en fumée" serait plus exact), plus de 5 milliards allaient à la détaxation des heures supplémentaires et seulement 250 millions au bouclier fiscal. Peut-être (il faudra vérifier sur la base de l’exécution du budget…), mais ces heures supplémentaires auraient de toute façon été effectuées. Là où il aurait fallu appeler à l’esprit de solidarité et à la contribution de chacun selon ses moyens à l’effort de redressement, on a eu droit à une politique de classes au motif que, dans une économie mondialisée et dans une Europe dont la libre circulation des capitaux semble désormais constituer le principe fondateur, on ne saurait empêcher les riches de s’expatrier à Londres, Bruxelles ou Genève. Une idée contre laquelle je m’inscris totalement en faux. Sans rétablir un contrôle des changes qui fleurerait bon l’union de la gauche, il y a des moyens (que n’hésitent pas à employer les Etats-Unis ou la Suisse) pour dissuader les citoyens les plus aisés de se dispenser de la solidarité nationale. Cette absence d’équité dans la réforme, dont les Gracques se sont aussi fait l’écho avec un talent certain, a été et risque de rester le principal obstacle aux changements structurels dont a besoin notre économie.

A suivre…

NB : L’utilisation de la fonction "Prévisualiser" des commentaires est toujours à éviter.

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