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30.03.08

Permalien 23:29:01, par Denis Email , 608 mots   French (FR) latin1
Catégories: Faillite des retraites et fracture générationnelle

Ce n’est pas toujours dans les vieux pots…

Le rendez-vous sur les retraites qu’a commencé de préparer Xavier Bertrand cette semaine ne laisse pas augurer d’une grande créativité. Les vieilles recettes ont la vie dure. Hausse des cotisations (un véritable épouvantail parce qu’immédiatement douloureuse), baisse des prestations et allongement de la durée de cotisation (la plus prisée parce que la plus indolore) sont au menu des discussions sans, encore une fois, qu’une réflexion globale ait menée sur les modes de financement de notre protection sociale en y intégrant une remise à plat de la fiscalité (un enjeu de taille). Autrement dit, sans qu’ait été achevée au préalable la Revue Générale des Prélèvements Obligatoires (RPGO) en cours. A quoi peut bien mener cette RPGO si les sujets sont traités ainsi de façon cloisonnée, déconnectés les uns des autres ? Si des choix sont faits par ailleurs en matière d’assurance-vieillesse, qui constitue une part non négligeable de ces prélèvements obligatoires ? Tout cela manque encore une fois de vision d’ensemble et il est regrettable que de nouvelles sources de financement comme la TVA sociale fasse l’objet d’un renoncement sans expérimentation (plutôt que de consacrer des milliards d’euros au paquet fiscal, il aurait été peut-être plus ingénieux de les consacrer à expérimenter une TVA sociale "à prélèvements constants"). Cela manque aussi de cohérence à tout le moins. Le gouvernement veut mettre sur la table des négociations les avantages familiaux (majoration de 10 % pour les parents de 3 enfants et plus, majoration de la durée de cotisation de 2 ans sous réserve d’interruption d’activité). Je m’étonne (c’est un euphémisme) d’une telle contradiction. Alors que la réforme de 2003 a confirmé le choix de la répartition pour nos régimes de retraite, il serait pour le moins paradoxal et même scandaleux qu’un système qui se réclame de la solidarité entre les générations (la définition même du régime par répartition) rogne les avantages de ceux qui contribuent de façon essentielle à cette solidarité en assurant le renouvellement desdites générations. Finalement, ces régimes de retraite par répartition prennent un tour de plus en plus totalitaire. Même si le terme paraîtra excesiif à certains, je pèse évidemment mes mots, en l'occurrence le mot. Selon la définition qu'en donne par exemple Wikipedia, "le totalitarisme est le système politique des régimes à parti unique, n'admettant aucune opposition organisée, dans lequel l'État tend à confisquer la totalité des activités de la société". Par leur coté unique, obligatoire et de plus en plus confiscatoire pour une majorité de salariés qui n’ont guère d’autre choix (sauf à s’expatrier ou à s’installer en indépendant mais ce n’est guère possible dans beaucoup de métiers), les régimes de retraite par répartition ne s’y apparentent-ils pas de plus en plus ? Je reste pourtant un farouche adversaire de la retraite par capitalisation individuelle (tout comme de la protection maladie individuelle) qui consisterait purement et simplement à revenir deux siècles en arrière. Pour autant, le régime de répartition tel que le conçoivent nos gouvernants (des prestations en baisse et des contributions en hausse) ne pourra susciter qu’un rejet de plus en plus massif de ceux qui y contribuent le plus. NB :La fonction "Prévisualiser" pour les commentaires ne fonctionne toujours pas... Pensez à l'éviter.

20.03.08

Permalien 13:48:30, par Denis Email , 1460 mots   French (FR) latin1
Catégories: Liberté, inégalités, rentabilité, Chez les libraires

Gladiator au pays des LBO et des hedge funds

"Etant les ignorants, ils sont les incléments, Hélas combien de temps faudra-t-il vous redire A vous tous que c’est à vous de les conduire, Qu’il fallait leur donner leur part de la cité Que votre aveuglement produit leur cécité ! D’une tutelle avare, on recueille les suites, Et le mal qu’ils vous font, c’est vous qui le leur fîtes. Vous ne les avez pas guidés, pris par la main Et renseignés sur l’ombre et sur le vrai chemin. Vous les avez laissés en proie au labyrinthe, Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte. C’est qu’ils n’ont pas senti votre fraternité. Comment peut-il penser, celui qui ne peut vivre ?" Dans le droit fil de ces vers inspirés à Victor Hugo en juin 1871 par les Communards (à ne pas confondre avec le groupe homonyme fondé par Jimmy Sommerville quand je n'étais encore qu'un ado), le dernier roman de Gérard Mordillat, "Notre part des ténèbres", paru chez Calmann-Levy, est à la fois un thriller haletant, qui n’a rien à envier aux romans de Tom Clancy ou de Frederic Forsyth, et une critique féroce des dérives et des excès du capitalisme financier et médiatique. Un roman d’action qui vous tient jusqu’à la dernière page Anciens salariés de l’entreprise Mondial Laser, Gary et une poignée de salariés aux noms improbables (une manie de Mordillat déjà notable dans "Les vivants et les morts") organisent le détournement d’un paquebot de luxe. A bord sont rassemblés pour fêter le Nouvel An et une année de bénéfice record, les actionnaires du fond d’investissement qui, après une opération de LBO sur Mondial Laser, a organisé son dépeçage et le transfert de sa technologie et des ses contrats au profit d’un concurrent indien, laissant des centaines de salariés sur le carreau. Narré en courtes scènes parallèles (le paquebot, la capitainerie, le bureau du Premier ministre où se réunit la cellule de crise, les hélicoptères où ont pris place les hommes du GIGN) et alternant les flash-backs relatant la maturation de la décision de détourner le navire et les préparatifs de l’opération, cette fiction est aussi plausible sur le plan des mécanismes économiques et financiers que dans la description des scènes d’action. Bref, même si l'on peut regretter parfois des dialogues plus écrits que parlés, ça se lit avec plaisir et sans effort, comme un bon polar (c’était aussi le cas pour "Les vivants et les morts", paru depuis en collection de poche). Je ne révèlerai rien de plus des ressorts qui amènent Gary et ses acolytes à la révolte, ni du déroulement et du dénouement de l’action (la bassesse humaine qui conduit Gary, mélange de Spartacus et du Gladiator de Ridley Scott, à la vengeance est glauque mais malheureusement tellement vraisemblable). Une charge violente contre les dévoiements de l’économie de marché En imaginant et en mettant ainsi en scène cette possible radicalisation des luttes sociales, cette révolte des salariés, ce recours à la violence voire à ce qu’il faut bien appeler le terrorisme par ceux qui ont perdu tout espoir de lendemains meilleurs, "Notre part des ténèbres" est à la fois une mise en accusation en règle des pratiques du capitalisme financier, de sa déshumanisation et du règne de la rentabilité financière à tout prix, et une mise en garde quant aux conséquences du fossé grandissant entre détenteurs du capital et salariés du bas de l’échelle exposés à la précarité et à une paupérisation grandissante. Quand une partie de ceux-ci, condamnés à vivre et même à survivre des miettes du système ou de subsides étatiques, en arriveront à se poser la question "Est-ce que nous avons quelque chose à perdre qui vaille d’attendre le coup de grâce ?" (à court terme, l’écran plat avec abonnement à Canal + pour les matchs de Ligue 1, mais à moyen terme ?), nous risquons fort de connaître ce jour-là le même genre d’action de violence désespérée. Le roman de Gérard Mordillat met en exergue deux autres aspects tout aussi préoccupants pour la santé démocratique :  le quasi lavage de cerveau pratiqué par les médias à l’égard du grand public (dont il faut bien dire qu’il s’en contente volontiers et l’accepte sans broncher). La vision qu’en livre le personnage du Directeur général de la chaîne de télévision TFM (cherchez la ressemblance) est à cet égard édifiante : "Notre public se fout des types de Mondial Laser ! Ce qu’ils veulent, c’est savoir ce qui se passe à bord, que font Depardieu, Marceau et les autres. Ils veulent qu’on les embarque avec le GIGN, suivre l’attaque en direct. Etre aux premières loges sans bouger le cul de leur salon. Les paumés qui ont fait le coup, ils s’en branlent. Au mieux, ils les plaignent, au pire ils espèrent les voir alignés dans leur sang comme un trophée de chasse. […] Dans les familles, l’écran c’est le buisson-ardent ! C’est l’image et la parole divines. Personne ne peut aller contre." (NB : pour les mécréants comme moi, je rappelle que le buisson ardent symbolise dans la Bible la révélation de Dieu à Moïse).  De façon plus implicite, le livre pose la question de l’asymétrie de l’Etat de droit ("Sur le Nausicaa, c’est le monde à l’envers. La sécurité sera pour les salariés, le risque pour les actionnaires."), d’une part quant à l’inégalité de traitement dans les faits du droit de propriété et du droit du travail (les codes et les lois existent pour protéger tant les droits des actionnaires que ceux des salariés mais avec des efficacités et des résultats très différents en pratique : "J’espère que vous appréciez comme moi l’ironie de ce terme, « plan social »") et d’autre part quant à la justification morale de la répression par les forces de l’ordre de l’action des salariés en révolte contre le détournement des lois censés les protéger. J’en suis même arrivé à me poser la question, après m’être longtemps gaussé de la fameuse déclaration de Jacques Chirac ("Le libéralisme représente aujourd’hui pour la démocratie une menace comparable à ce que fut le communisme du temps de la guerre froide.") si celui-ci ne faisait pas preuve là d’une clairvoyance géniale à l’égard de l’évolution ultime de cette forme dévoyée de l’économie de marché qu’est le libéralisme non régulé. Laissons à Gary le mot de la fin (de la fin de ce billet, pas de la fin du livre, je vous laisse découvrir par vous-même le dénouement de cette fiction ancrée dans nos réalités économiques et sociales) : "Personne ne me fera croire qu’il est le seul monde possible, que l’histoire est terminée, que le marché scelle le stade ultime de l’organisation humaine. Peut-être suffit-il de dix hommes décidés sur un navire de croisière pour que la peur change de camp ? Qu’est-ce qu’il faut pour faire tomber la Bastille ou guillotiner un roi ? Du courage et un excès de désespoir…" Je ne crois pas non plus que le monde dans son ensemble puisse rester en l’état à moyen et long terme, que la situation actuelle soit un horizon indépassable (même si je reste convaincue que l’économie de marché est "le pire des systèmes à l’exception de tous les autres") et qu’elle puisse perdurer sans explosion, conflit, épidémie et catastrophe naturelle qui viendront réguler les excès actuels que ce soit en terme de course à la rentabilité, de pollution ou de démographie. Et quant à la situation particulière de la France et à la possibilité de tels soubresauts, cela dépendra notamment de la capacité de notre Président à réformer sa vision économique et à expliquer que les résultats, en termes de pouvoir d’achat et d’emploi, des réformes qui restent à engager véritablement ne peuvent pas être immédiats. Au commencement est toujours le Verbe. NB : L’utilisation de la fonction "Prévisualiser" des commentaires est toujours à éviter.

19.03.08

Permalien 22:19:19, par Denis Email , 129 mots   French (FR) latin1
Catégories: Situation économique

Level three

Vous êtes maintenant familier avec les subprime, CDO (Collateral Debt Obligation) et autres CDS (Credit Default Swaps) et et vous avez aimé ? Vous allez adorer les level three... Le level one correspond aux actifs financiers qui ont un prix de marché, i.e. une valeur de négociation. Au level two, on trouve les actifs financiers dont la valeur est fournie par un modèle mathématique sur lequel les établissements financiers sont (plus ou moins ?) d'accord. Et au level three, on trouve les actifs dont aucune valeur n'est donnée par un prix de marché ou par un modèle. Et certains établissements financiers US en ont en portefeuille pour plus que leurs fonds propres... NB : L’utilisation de la fonction "Prévisualiser" des commentaires est toujours à proscrire.

16.03.08

Permalien 08:09:09, par Denis Email , 572 mots   French (FR) latin1
Catégories: En quête de rupture

Je suis un doux naïf

Je n’ai pas commenté sur ce blog la campagne et les résultats des élections municipales. D’abord parce qu’à mon sens, les enjeux de ces élections sont avant tout locaux, même si les listes et les candidats, se réclament dans la plupart des villes et villages, de telle ou telle étiquette politique. Du coup, et pour paraphraser Tony Blair, j’ai le sentiment qu’il n’y a pas des maires de droite et des maires de gauche, il n’y a que des bons et des mauvais maires. Ensuite, parce que, dans mes domaines de prédilection que sont l’économie, la finance ou la fiscalité, je ne me sens pas suffisamment compétent pour ce qui est de leur dimension locale (je ne maîtrise pas bien, voire pas du tout, les arcanes des finances municipales ou de la fiscalité locale). Enfin parce que les vrais sujets de conflit voire de polémique (l’intégrisme de Denis Baupin en matière de circulation à Paris par exemple) ne concernent finalement qu’assez peu de gens (les banlieusards qui ont la mauvaise idée de vouloir emmener leurs enfants à Paris en voiture pour visiter un monument ou assister à un spectacle). La plupart des commentateurs ne manqueront pas d’interpréter les résultats de ce soir pour en faire un test à l’échelon national. Les dirigeants politiques qui feront le tour des plateaux de télévision, déclareront pour les uns que les résultats traduisent un vote-sanction à l’égard de la politique du gouvernement, pour les autres que les électeurs n’ont pas exprimé une opposition aux (maigres) réformes menées depuis dix mois. Et moi, devant mon écran de télévision, je me ferai encore l’effet d’un doux naïf, attendant vainement qu’un dirigeant socialiste batte sa coulpe en direct et dénonce les deux erreurs historiques du Parti Socialiste (la retraite à 60 ans pour alors que l’espérance de vie s’allongeait pour une majorité de la population, les 35 heures alors que la Chine se transformait en atelier du monde), et qu’un membre du gouvernement, au risque de se faire démissionner dès le lendemain, nous avoue que les réformes menées depuis dix mois n’en sont guère et relèvent avant tout de la mayonnaise médiatique et que les milliards d’euros du paquet fiscal auraient été mieux utilisés à baisser la taxe professionnelle. Des discours de vérité et des éthiques de responsabilité en quelque sorte. Je me rassure, nous sommes au moins deux à être ainsi au mieux dix ans en avance (mais avoir raison trop tôt, c’est avoir tort), au pire de doux naïfs sur ce sujet de l’éthique et de la gouvernance politique. Niels Arestrup fait rompre à son "Candidat" les codes du discours politique. La critique a pu être sévère, non sans raison, avec ce film (les personnages secondaires y sont inconsistants ou caricaturaux, la dénonciation des collusions entre politique, business et médias est assez convenue et les clichés – demeures de luxe, limousines etc – jalonnent le film), mais la fin, où l’on voit le personnage du candidat joué par Ivan Attal s’écarter des dogmes du débat télévisé, est plutôt encourageante. NB : L’utilisation de la fonction "Prévisualiser" des commentaires est toujours à proscrire.

15.03.08

Permalien 08:16:33, par Denis Email , 133 mots   French (FR) latin1
Catégories: Le Temps d'Agir, Divers

Message aux passants

A ceux qui seraient tentés, par indignation, sur un malentendu ou pour toute autre raison, de laisser un commentaire sur ce blog, je préconise de ne pas utiliser jusqu'à nouvel ordre la fonction "Prévisualiser". Vous perdrez sans recours tout le texte que vous serez échiné à taper. Malgré ma totale incompétence en matière de webmastering, je me suis attelé à faire disparaître cet inconvénient propre à décourager même les plus motivés et les plus plus indulgents de mes lecteurs, mais sans succès jusqu'ici. A ma décharge, je ne suis pas aidé, entre mon hébergeur Lycos, dont le support technique répond à côté des questions que je pose et le "propulseur du blog, B2 Evolution, qui lui se garde bien d'y répondre...

07.03.08

Les mêmes dindons, encore et toujours...

La dernière idée de Nicolas Sarkozy en matière de réforme semble être passée relativement inaperçue : sous prétexte de redonner du pouvoir d'achat aux Français, Nicolas Sarkozy souhaite transformer les mécanismes actuels d'intéressement et de participation en "prime annuelle" et en profiter aux passage pour les soumettres aux cotisations retraite. Pour faire passer la pilule, les sommes ainsi taxées seraient prises en compte pour le calcul des droits à la retraite. Un tel projet mériterait pourtant un large retentissement tant il est révélateur des faux-semblants de la rupture, de l'absence totale de cohérence de la politique élyséenne et du cynisme clientéliste de son principal insparateur en passe de se transformer en un détonant mélange des Présidents Queuille et Chirac. En voici quelques illustrations : 1/ Le gain de pouvoir d'achat est un prétexte illusoire Il faut rappeler que, dans le régime actuel, si la participation ne peut être débloquée avant 5 ans que dans un nombre de cas limité de cas (acquisition de la résidence principale, mariage etc), l'intéressement peut en revanche déjà faire l'objet d'un versement immédiat en faveur du salarié (mais devient alors imposable à l'impôt sur le revenu alors qu'il est soumis aux seuls prélèvements sociaux si le salarié fait le choix du blocage pendant 5 ans). Dans le régime envisagé par notre champion du pouvoir d'achat, les salariés qui perçoivent déjà immédiatement leur intéressement ne gagneront rien en termes de pouvoir d'achat, mais au contraire en perdront, puisque la somme qui leur sera versée sera désormains amputée du montant des cotisations-vieillesse. Du coup, ils devraient payer un peu moins d'impôt sur le revenu. Maigre consolation... Quant à ceux qui bloquaient leur intéressement, ils perdront un quart des sommes perçues avec un décalage de 5 ans. La seule motivation du projet de réforme élyséen se résume donc en fait à tenter de taxer les quelques milliards qui échappaient encore au Moloch des charges sociales. 2/ Faut-il relever qu'un tel projet va totalement à l'encontre de l'objectif affiché de réduire de quatre points le taux de prélèvements obligatoires ? Ce dont l'économie française a besoin, c'est d'une réforme de sa sphère publique soit pour en améliorer l'efficacité à coût constant, soit pour en diminuer le coût à prestations constantes. C'est la seule voie possible pour restaurer l'investissement des entreprises et espérer voir disparaître le chômage structurel. On n'en prend pas le chemin avec de telles mesures. 3/ Nicolas Sarkozy joue cyniquement de la faible capacité de mobilisation des salariés Alors que le champion de la rupture a consenti aux cheminots et autres bénéficiaires de régimes spéciaux de retraite d'échanger des gains financiers immédiats contre des efforts lointains et incertains, Nicolas Sarkozy veut imposer aux salariés des efforts financiers immédiats en échange de gains lointains et incertains en tablant sur le fait qu'ils n'ont pas la capacité de bloquer le pays. Dans un grand numéro de foutage de gueule, Nicolas Sarkozy nous déclare qu'il souhaite que "les salariés ne puissent pas dire, on s'est moqué de moi, on me donne du pouvoir d'achat mais ça ne compte pas pour la retraite". Cela ne risque pas. Lors du premier versement d'interessement auquel s'appliquera le nouveau projet, ils pourront se dire : "On s'est bien foutu de ma gueule, on m'a piqué du pouvoir d'achat et en plus, je ne suis pas sûr d'en profiter pour ma retraite".

01.03.08

Permalien 07:34:15, par Denis Email , 40 mots   French (FR) latin1
Catégories: Le Temps d'Agir

Parti pour la semaine...

...avec ma clé 3G !!! Je skierai quand même la journée... Une devinette comme chez Versac ? C'est un endroit où on trouve des chèvres en été et qui doit être à cette époque aussi charmant qu'il l'est en hiver.

28.02.08

Permalien 06:10:12, par Denis Email , 624 mots   French (FR) latin1
Catégories: Des hauts et des bas (débats ?) d'humeur

La vérité des prix

Après l’enquête de 60 millions de consommateurs, qui fait apparaître des hausses de 40 à 50 % des prix de certains produits alimentaires, tout a sans doute été dit sur le sujet ou presque : que la méthodologie de l’enquête se justifie par le fait que les prix sur Internet facilitent les comparaisons par leur unicité au plan national pour chaque enseigne, qu’un supplément de prix sur Internet par rapport aux prix en magasin se justifie par le service rendu (il faudrait ajouter que la cible de clientèle est peut-être aussi plus aisée), que la hausse des prix des produits alimentaires s’explique en partie par la hausse des prix des matières premières etc. Invité hier soir de l’émission de C à dire sur France 5 (à visionner ici, ce n’est pas long), Serge Papin, le patron de groupement Système U, que j’apprécie habituellement au demeurant pour son franc parler, dénonçait, avec sa fougue habituelle, l’enquête de 60 millions de consommateurs et les "mauvais procès" faits aux distributeurs. Pour la défense de sa profession, il mettait en avant la faiblesse des marges ("Quand on fait 100 € de chiffre d’affaire à la caisse, il nous reste 2 € précisément dans notre poche.") et citait à l’appui de son propos, l’exemple du magasin des Les Herbiers dont le dernier bilan laisserait apparaître un bénéfice de 1,30 % du chiffre d’affaire, soit 400 € de bénéfice net par salarié. Ce qu’oublie de préciser M. Papin, c’est que, dans le cas d’adhérents de groupements de supermarchés comme Système U, Leclerc et Intermarché, cas du propriétaire du magasin des Herbiers, le seul bilan de la société d’exploitation du magasin ne veut rien dire. Il peut y avoir une société holding ayant servi au rachat qui facture des prestations de service de façon plus ou moins gonflée, diminuant d’autant le bénéfice net. Surtout, il existe dans la plupart des cas une société civile immobilière (SCI) détenue à titre personnel par le dirigeant du magasin et ayant servi à acheter les locaux du supermarché. Pour ce faire, cette SCI s'est endettée et, pour rembourser ce crédit, facture un loyer conséquent à la société d’exploitation. Enfin, ce que M. Papin passe sous silence, c’est que là où un dirigeant de supermarché gagne le plus sa vie, c’est lorsqu’il revend son magasin. Grâce à la loi Raffarin, qui limite l’ouverture de nouvelles grandes surfaces depuis 1996, le moindre supermarché à Vesoul ou à Toul se vend entre 10 et 15 millions d’euros (exploitation + murs). Mon propos n’est pas de jeter l’opprobre sur les acteurs de la grande distribution, mais simplement de faire apparaître, que s’ils dénoncent non sans raison les aberrations de la loi Galland et le poids des prélèvements obligatoires, les Serge Papin et autres Michel-Edouard Leclerc peuvent se montrer tout aussi démagos dans leurs interventions médiatiques que nos hommes politiques lorsqu’il s’agit de défendre leur profession. Serge aurait ainsi été plus crédible à mes yeux s’il n’avait pas tenté hier soir de faire passer les dirigeants de la distribution indépendante pour des adeptes de l’économie solidaire. Enfin, le plus risible dans cette histoire, c’est la réaction du gouvernement, qui s’en va chercher des coupables chez les industriels et les distributeurs, alors qu’il a entre ses seules mains la mère de toutes les solutions au problème du pouvoir d’achat au travers de la baisse à réaliser des prélèvements obligatoires.

27.02.08

Permalien 02:55:44, par Denis Email , 57 mots   French (FR) latin1
Catégories: République des Blogs

République des blogs

Toujours à l'initiative de Versac, toujours au même endroit (au Pavillon Baltard, un café situé 9 rue Coquillière à Paris Ier, métros Louvre-Rivoli ou Les Halles) et à la même heure (à partir de 19 heures), mais avec un peu moins d'inscrits que pendant la campagne présidentielle... Tous les détails (blogueurs annoncés, accès etc) ici.

24.02.08

Permalien 18:53:39, par Denis Email , 359 mots   French (FR) latin1
Catégories: Nicolas Sarkozy, Médias

Bidouillage de caniveau ?

Entendu à la radio, le nouvel éclat de Nicolas Sarkozy qui inonde la toile et les médias depuis hier ne me paraissait guère digne d'intérêt. D'un côté, un badaud irrespectueux (même si on n'aime pas Sarko, cela n'empêche pas de rester courtois), de l'autre un Président moins "présidentiel" que ses prédécesseurs et à qui les réactions instinctives font perdre un peu de dignité dans la fonction. Rien de bien nouveau. Jusqu'a ce que je visionne la vidéo incriminée. Là, le doute me saisit : je ne reconnais pas la voix de Sarko et les paroles ne semblent pas correspondre avec le mouvement des lèvres. Je ne peux pas l'affirmer (il faudrait quelqu'un capable de lire sur les lèvres pour confirmer l'hypothèse), mais cela me fait penser à un gros bidouillage. Même si le personnage est capable de ce genre de réaction non maîtrisée (on l'a vu au Guilvinec où la véracité des images filmées sous différents angles ne prêtait pas à discussion), je m'interroge fortement quant à la véracité des images et des paroles prêtées au chef de l'Etat et quant à la possibilité d'une vidéo truquée. Si d'aventure l'hypothèse se vérifiait, il y aurait là de quoi discréditer défintivement les médias qui ont repris en choeur cette information et les politiques qui ont condamné sans précaution les propos prêtés à Nicolas Sarkozy. Mise à jour du 24/02 à 21 h 05 : A lire "Histoire d'une vidéo", les propos échangés sont présentés comme dignes de foi. Décidément, cette histoire me laisse pantois. Mise à jour du 26/02 à 8 h 50 : Donc c'était bien lui et non un de ses gardes du corps qui a répliqué un peu vivement à un grincheux anti-Sarko au Salon de l'Agriculture. L'ironie aurait sans doute été préférable à ce lapidaire "Casse-toi pauvre con". Mais, sans être un partisan de notre Président bling-bling, qui peut prétendre être toujours parfaitement maître de ses réactions ? Cela justifiait-il un tel battage médiatique ? J'en doute.

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