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13.02.08

Permalien 22:42:15, par Denis Email , 247 mots   French (FR) latin1
Catégories: Des hauts et des bas (débats ?) d'humeur

Spéculateur n'est pas (toujours) synonyme de parasite

Citation de Daniel Bouton en une du Monde daté du 13 février : "Nous ne sommes pas des spéculateurs". Un peu quand même, Monsieur Bouton. Ce qui ne signifie pas pour autant que vous soyez inutiles. La déclaration exacte eût été "Nous ne sommes pas des parasites". Mais bon, tout lecteur du Monde qu'il soit, le lecteur du Monde reste un citoyen en moyenne assez mal informé de tous ces mécanimes de marchés.

En très résumé, tout ce qui relève des activités dites "pour compte propre" des banques relève plus ou moins de la spéculation (moins pour le market-maker qui donne un prix en se couvrant que pour le trader). Cela n'en reste pas moins indispensable à la liquidité des marchés. Pour 25 % des opérations s'appuyant sur l'économie "réelle" (couverture d'un risque de change ou de taux d'intérêt, élaboration de produits financiers pour la gestion de trésorerie des entreprises ou l'épargne des particuliers), il faut 75 % de "spéculateurs" qui assurent l'efficience du marché. Cela ne les rend donc pas inutiles voire nuisibles.

La question est plutôt de savoir si les opérations liées à l'économie réelle représentent encore 25 % des transactions sur les marchés à terme et les dérivés ou si elles n'en représentent plus que 5 % à la liquidité assurée par 15 % des volumes, les 80 % restant constituant un vaste casino entre banques et établissements financiers...

12.02.08

Permalien 22:01:31, par Denis Email , 103 mots   French (FR) latin1
Catégories: Nicolas Sarkozy, Médias

Sarkozy et les médias

Excellente analyse par Versac de l'évolution de la relation entre Sarkozy et les médias. Celui qui a vécu par l'épée périra par l'épée...

La conclusion me paraît toutefois un peu optimiste. Avant que les médias sachent traiter d'autre chose que de la vie privée des people, il y a le temps. Il est vrai qu'il y a un public grossissant pour avoir sa tranche quotidienne de vie rêvée de star sur écran ou sur papier plus ou moins glacé. Et qui dit public dit audience et dit donc recettes publicitaires...

09.02.08

Permalien 11:30:32, par Denis Email , 746 mots   French (FR) latin1
Catégories: En quête de rupture

New York, les taxis, les 35 heures et le pouvoir d'achat

Non, il ne s’agit pas sur cette photo d’une opération escargot organisée par les taxis new-yorkais, à la célèbre couleur jaune, en soutien à leurs collègues français. Juste un jour de trafic normal immortalisé lundi matin dernier par un de mes collègues depuis le sommet de l’Empire State Building.

Loin de moi l’idée d’ériger cette ruche financière et commerciale qu’est New York en modèle ou en benchmark. Mais il n’empêche. 4 jours d’immersion dans une ville qui est à la fois la capitale de l’industrie financière mondiale, le temple de l’hyperconsommation et le symbole de la réussite ouverte à tous à force de travail, fournissent forcément matière à comparaison et donnent à réfléchir sur les revendications françaises actuelles et leur cohérence.

Ainsi des taxis. Il faut se rendre à l’évidence : à toute heure du jour et de la nuit et en tous points de Manhattan, des taxis libres circulent. Bien sûr, il faut à certains moments patienter quelques minutes, le dimanche en fin d’après-midi pour revenir de Soho par exemple. A la lecture de certains articles, il semble pourtant qu’il n’y ait proportionnellement pas plus de taxis à New York qu’à Paris et surtout, que les propositions avancées sur ce sujet par la commission Attali ne soient pas de nature à remédier à la situation. Mais n’y-a-t’il pas une solution intermédiaire entre un statu quo insatisfaisant et une déréglementation anxiogène ?

Ainsi des horaires d’ouverture des magasins. Entre les chaînes de supermarchés ouverts 24 heures sur 24 (Duane & Reade etc), l’ouverture de tous les magasins le dimanche de 11 heures à 18 heures voire 21 heures, et l’ouverture tous les jours dès 6 heures (j’ai vérifié, j’allais faire mon footing à cette heure) et jusqu’à minuit de nombreux magasins et échoppes de Manhattan, la machine économique tourne à plein régime. Au même moment, la justice française invalide les arrêtés préfectoraux qui autorisaient l’ouverture dominicale dans la zone commerciale de Plan de Campagne (on notera au passage le collusion de la CGPME, de la CGT et de la CFDT pour défendre ce qu’il faut bien appeler du conservatisme). Combien de salariés, permanents ou occasionnels, trouvaient leur compte à travailler le dimanche pour dépenser ensuite le supplément de rémunération qui en résultait ?

Ainsi de l’acceptation du changement et de l’évolution, des activités économiques condamnées disparaissant pour laisser la place à de nouvelles. Une partie de l’ancienne gare maritime a été transformée en studios de télévision et en parc d’activités sportives indoor pour les enfants, quand nos collectivités locales auraient investi des milliards d’euros de subventions publiques pour maintenir en l’état une activité condamnée à se réduire.

Comparaison n’est certes pas raison et New York n’est certainement pas un paradis terrestre. Mais en faisant un raccourci entre le rythme de l’activité et la taille des magasins à New York et sans pour autant être devenu un zélateur du sarkozysme, trois constats s'imposent :

1/ l’accélération de la croissance et l’augmentation des revenus et du pouvoir d’achat passent bien par une libéralisation du travail.

2/ on peut difficilement avoir en même temps la sécurité de l’emploi, les 35 heures et des gains substantiels de pouvoir d’achat.

3/ ce n’est pas en défendant envers et contre tout à coup de subventions publiques des activités condamnées que la situation s’améliorera mais bien en anticipant et en accompagnant la disparition des activités soumises à la concurrence des pays émergents pour en faire apparaître de nouvelles, à plus forte valeur ajoutée à partager entre entreprises et salariés.

Ensuite, c’est à chacun de choisir ce qu’il veut.

PS : Signalons la parution du rapport sur la mesure du pouvoir d’achat, qui avance un certain nombre de préconisations (calcul par unité de consommation, pouvoir d’achat par catégories etc) déjà réclamées ici. On regrettera juste l’insuffisante prise en compte des dépenses liées au logement, toujours considéré par l’INSEE comme une opération d’investissement…

Mise à jour du 13/02 à 8 h 30 : à Times Square après la victoire des Giants de New York lors de la finale du Superbowl

01.02.08

Permalien 08:56:45, par Denis Email , 93 mots   French (FR) latin1
Catégories: Le Temps d'Agir

Parti en "séminaire professionnel"

Donc pas de billet ce week-end contrairement à ce que pouvait laissait augurer mon nouveau rythme (pour ceux qui auraient remarqué).

PS : Ce serait gentil d'avoir dans vos éventuels commentaires une marque d'attention pour ma femme (du style "Bon courage Cécile" ou "Quel sens du sacrifice, Cécile"), que je laisse se débrouiller seule avec les trois enfants alors que le plus gros de mon activité pendant ces 4 jours consistera à refaire le monde de la gestion de patrimoine avec les commerciaux en buvant des pintes jusqu'à point d'heures. Merci d'avance pour elle.

28.01.08

Permalien 06:18:47, par Denis Email , 810 mots   French (FR) latin1
Catégories: En quête de rupture

Trickle-down Economics

Nicolas Sarkozy a semblé plus préoccupé ces dernières semaines par son nouveau bonheur avec Carla Bruni (1) que par les résultats de sa politique économique. Ses déclarations lors de sa dernière conférence de presse ("S'agissant du pouvoir d'achat, qu'est-ce que vous attendez de moi? Que je vide des caisses qui sont déjà vides? Qu'il faut que je donne des ordres à des entreprises à qui je n'ai pas à donner d'ordres ?") sont bien loin des affirmations péremptoires et tonitruantes de début de mandat sur le "choc de confiance" qu’était censé créer le paquet fiscal.

Il est vrai que le paquet fiscal, et la logique qui le sous-tendait, dite de "trickle-down", sont loin de produire les résultats escomptés. La faute sans doute, dans l'esprit du Président, à la conjoncture internationale (2) et aux Français qui ne travaillent toujours pas assez et n’ont donc que le pouvoir d’achat qu’ils méritent…

Comme c’était pourtant prévisible, enrichir les déjà riches ne profite pas aux plus pauvres. La Trickle-Down Economics, cette théorie, en vogue sous les présidences Reagan et Bush Jr, et selon laquelle les cadeaux fiscaux faits aux riches auraient un effet positif sur toutes les couches sociales ("Wealth trickles down from the rich to the poor") se trouve une nouvelle fois infirmée par la réalité (comme l’avait déjà souligné Robert Franck), parce que (comme l’explique fort justement Robert Reich) "in a global economy, investments don’t trickle down; they trickles out to wherever on the planet the rich can get the highest return" (3).

Finalement, dans cette affaire de paquet fiscal, c’est la célèbre réplique du personnage de Don Salluste, immortalisé par Louis de Funès dans "La Folie des Grandeurs", qui s’impose en guise de conclusion : "Les pauvres, c’est fait pour être très pauvres, et les riches très riches" (4).

C’est là que le rapport Attali devrait prendre tout son sens. En dénonçant "une société de connivence et de privilèges" et en préconisant les mesures idoines pour y remédier, la commission Attali met le doigt là où ça fait mal, surtout pour les bénéficiaires de toutes les rentes de situation où la concurrence se trouve limitée au profit du plus petit nombre. A titre d’exemple, grâce à leur monopole d’intervention sur les transactions immobilières et à leur barème d’émoluments non négociables, les notaires perçoivent une rémunération très confortable pour une prestation de qualité assez médiocre en moyenne (essayez donc de joindre un notaire pour une question urgente). Qui plus est, sans que leur salariés profitent eux de cette situation et bénéficient de conditions de rémunération particulièrement favorables. Un exemple de plus s’il en était besoin l’inanité de la théorie du trickle-down

(1) Si je peux comprendre que l’homme Nicolas Sarkozy connaisse de nouveau les émois liés à la passion amoureuse, l’étalage depuis plus d’un mois par le Président Sarkozy de sa relation avec Carla Bruni me semble particulièrement malvenu et me stupéfie par son indécence (plus de discrétion quant aux deux bagues qu’il lui a offertes aurait été de bon ton, alors que de nombreux Français galèrent pour se loger, trouver un emploi ou acheter du poisson et des fruits et légumes frais) et par la puérilité que cet étalage semble révéler (j’ai l’impression de voir un ado se pavaner dans la cour de récréation parce qu’il a réussi à se faire la plus jolie fille du lycée). On atteint le summum du ridicule avec la déclaration présidentielle selon laquelle "avec Carla, c’est du sérieux". On espère bien, qu’à son niveau de responsabilité et à 53 ans (il les a aujourd’hui – bon anniversaire, Monsieur le Président ! - et j’ai peur que le cadeau que lui fera Carla à cette occasion ne soit le principal sujet de politique intérieure de ce début de la semaine), il n’officialise une liaison que si elle lui semble suffisamment solide et porteuse d’avenir.

(2) Pour ceux qui souhaitent avoir des explications détaillées sur le mécanisme de la crise des subprime, je recommande ce blog, particulièrement précis et documenté, même si l’apocalypse financière qu’il nous promet dans les prochaines années ne me semble pas aussi évidente à ce jour (donc, âmes anxieuses s’abstenir).

(3) Ça se voit que j'ai pris des cours d'anglais dans le cadre du DIF, non ?

(4) A l'ouverture de ce blog, j'avais d'ailleurs hésité à le baptiser "Le Journal de Blaze".

27.01.08

Permalien 09:59:59, par Denis Email , 268 mots   French (FR) latin1
Catégories: Divers, Médias

Une "fraude" qui tombe à pic ?

La communication de la Société Générale à propos de la "fraude" dont elle se prétend victime me laisse pour le moins circonspect et je ne semble pas être le seul.

Au-delà des interrogations quant aux motivations du coupable désigné (sauf graves troubles psychiatriques, on ne voit pas très bien ce qu'il pouvait y gagner), les modalités de l'opération telles qu'elles sont relatées dans les médias suscitent quelques interrogations.

Même si Jérôme Kerviel, le trader impliqué, a utilisé des options ou des contrats futures, des produits dérivés qui permettent d’amplifier les variations des marchés, il l’a fait sur des marchés dits organisés, où la chambre de compensation procède chaque jour à des appels de marge ou à des appels de couverture pour couvrir les pertes latentes des intervenants. Avant d’arriver à 5 milliards d’euros de pertes, la Société Générale a dû sortir plusieurs centaines de millions d’euros pour répondre aux appels de marge. Et personne ne se serait aperçu de ces sorties de trésorerie en pleine crise des subprime, alors que les banques surveillent leur trésorerie comme le lait sur le feu ? Byzarre…

Mise à jour du 27/01 à 23 h : A la réflexion, Jérôme Kerviel souffre peut-être du syndrome du joueur qui s'illusionne de faire sauter la banque en ayant raison seul contre tous (et la Société Générale n'a peut-être du coup rien dissimulé). Cela relève du pathologique mais ça peut se soigner. Avec un bon psy.

20.01.08

Permalien 06:41:47, par Denis Email , 359 mots   French (FR) latin1
Catégories: Liberté, inégalités, rentabilité, En quête de rupture

Lutte des classes

Gérard Mordillat vient de publier un nouveau roman sur les thèmes qui lui sont chers des méfaits du capitalisme financier et de la désespérance sociale.

Je n’ai pas encore eu le temps de lire "Notre part des ténèbres", mais je ne désespère de le faire dans les semaines à venir pour en faire un compte-rendu ici-même.

J’avais en effet particulièrement goûté le précédent roman de Gérard Mordillat, "Les vivants et les morts", que j’avais lu à sa sortie en 2005 et qui est paru depuis en collection de poche (il ne faut pas se fier à la photo de couverture qui fait un peu années cinquante, l’action se situe bien à l’heure de la mondialisation – que j’éviterai de qualifier, de façon journalistique, de galopante ou triomphante, ce qui serait un jugement négatif en creux – et des ravages de la concurrence des pays à bas coût de main d’œuvre pour les salariés qui y sont exposés).

Au-delà du plaisir que procure la lecture de ce roman (par sa trame et son rythme, il n’a rien à envier à un bon polar), il aborde, de façon parfaitement réaliste et plausible, le thème des excès du capitalisme financier et du fossé grandissant entre détenteurs du capital et simples salariés, qui sont, à mon humble avis aussi, d’une cruelle actualité pour une fraction de la population.

Surtout, je partage avec Gérard Mordillat le sentiment que les dérives actuelles risquent effectivement de produire le genre d’explosions de violence et d’explosions sociales mis en scène dans ses deux derniers romans.

Je ne suis pas sûr en revanche que nous soyons en phase sur les possibilités de remédier à la situation et là résidait à mon sens la limite de l’exercice que constitue "Les vivants et les morts" : aucune possibilité d’en sortir n’y était ne serait-ce que suggérée. Mais peut-être Gérard Mordillat ne voit-il justement la solution que dans la révolte et la violence ?

15.01.08

Permalien 22:54:07, par Denis Email , 230 mots   French (FR) latin1
Catégories: Le Temps d'Agir

Une page se tourne

Non pas sur ce blog (en tout cas pas encore tout de suite…), mais dans mon parcours professionnel : j’ai quitté ce soir (au bon moment ?) l’établissement qui m’employait depuis 5 ans (sans que ce soit complètement de mon plein gré pour ce qui concerne la deuxième moitié de la période…).

Ceci (le changement de job et d’employeur) expliquant en grande partie cela (mon relatif silence depuis plusieurs semaines) : beaucoup trop de choses à terminer au cours d’un préavis réduit de moitié (voire des deux tiers si je tiens compte des congés entre Noël et le Jour de l’An et d’un week-end en amoureux à Prague).

Pour la suite, il faudra voir. La notion du temps propre à une banque restée un siècle et demi dans le secteur public et la disponibilité que me procurait ces deux dernières années la légitimité acquise dans mon domaine d’activité (presque une rente de situation…), me laissaient le loisir de m’exprimer à satiété sur ce blog. Il n’en sera peut-être plus de même à l’avenir. Il va me falloir faire de nouveau mes preuves, apprendre à connaître d’autres interlocuteurs, nouer des liens, appréhender de nouveaux process etc. Un beau challenge, mais un challenge chronophage. Sans doute un peu au détriment du reste.

09.01.08

Permalien 14:24:39, par Denis Email , 14 mots   French (FR) latin1
Catégories: Le Temps d'Agir

Parti pour un grand week-end...

...et plus encore si affinités.

Copyright image : Le Monde & Maurice Rougemont (Gamma)

31.12.07

Permalien 19:08:28, par Denis Email , 19 mots   French (FR) latin1
Catégories: Le Temps d'Agir

Bonne année 2008 !

Bonne année 2008 à tous. D'autant plus que, pas encore entamée, elle s'annonce pleine d'incertitudes. Plus incertaine finalement que 2007...

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