AUTHOR: TITLE: Itinéraire d'une escort girl - 1. Initiation BASENAME: itineraire-d-une-escort-girl DATE: Sat, 27 Oct 2012 07:04:00 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Chez les libraires CATEGORY: TAGS: ----- BODY:

Que l'on réprouve ou qu'on s'en accommode, le sexe et l’argent sont deux moteurs qui ont toujours fait avancer le monde.
Entre les folies des banquiers et la prolifération du sexe sur Internet, la dernière décennie avec son cortège d’excès en tout genre en a été un exemple frappant.
Ces années d’argent facile, de sexe omniprésent et de dictature du consumérisme m’ont inspiré l’histoire de l’ascension professionnelle et sociale d’une jeune femme, à la fois "Nana" du troisième millénaire et "Bel-Ami" au féminin, qui cherche dans une activité parallèle d’escort girl à gagner l’argent qui s’étale partout autour d’elle sans qu’elle puisse y prétendre par son travail de simple assistante au sein de la filiale française d’une banque suisse.
Un parmi d’autres, le roman d’une époque.
Le pitch en quelques mots :
Après une enfance modeste sous le soleil de Cannes, Zora débute comme assistante dans la filiale à Paris d’une banque privée suisse. Elle prend assez vite conscience du fossé qui la sépare des traders et gérants, dont les bonus se comptent en centaines de milliers d'euros et désespère de profiter un jour du luxe qui s'étale partout autour d'elle. Jusqu'au jour où elle rencontre fortuitement une ancienne collègue devenue escort-girl…
Le livre est disponible en version papier :
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ou en version e-book :
- chez l'éditeur,
- chez Amazon,
- dans itunes,
- sur fnac.com.
Vous pouvez en découvrir un extrait ici.
Peinture de couverture :
Florence Liger d’Avignon, Una historia de Amor, 2009
www.flo-l.com © Florence Liger d’Avignon

Copyright Freaky
AFP le 15/10/2012 à 20:28 :
« La ministre déléguée aux PME, Fleur Pellerin, nie l'existence d'un exode fiscal des entrepreneurs français après la décision du gouvernement de taxer les revenus du capital comme ceux du travail, dans un entretien aux Echos à paraître mardi.
"Pour l'instant, il n'y a pas de signe d'un quelconque exode fiscal", affirme la ministre, avant l'ouverture du débat mardi à l'Assemblée nationale du projet de budget pour 2013. »
Les Echos du 11/10/2012 :
Interview de Jean-Yves Mercier, avocat associé CMS Bureau Francis Lefebvre
« Assistez-vous à une intensification des départs de contribuables français depuis l'élection présidentielle ?
Oui. L'accélération des départs est même très prononcée. Depuis le début de l'année, nous avons dû traiter une centaine de cas, nettement plus qu'en temps normal. Et je pense que sur l'ensemble de l'année 2012, nous aurons facilement dix fois plus de demandes d'accompagnement que l'an passé. Le mouvement a crû nettement à partir du mois de juin, et s'est confirmé et amplifié après la présentation du projet de loi de Finances fin septembre. Les gens qui se posaient la question de partir depuis plusieurs mois passent finalement à l'acte. Souvent, ceux-là ne pensaient pas que le gouvernement irait si loin, et attendaient des signes tangibles de sa part. […]
Quels sont les profils de ceux qui partent, et où vont-ils ?
C'est très varié. On trouve aussi bien des artistes, des auteurs à succès qui se retrouvent taxés à 75 %, que des dirigeants ou des professions libérales. Il y a par exemple de nombreux cas de managers de sociétés sous LBO, ou des cadres ayant de gros portefeuilles d'options ou d'actions gratuites. »
AFP le 11/10/2012 à 17 :15 :
« L'ancien ministre de la culture, Jack Lang, soutient Aurélie Filipetti et annonce que la mesure [l’imposition des œuvres d’art à l’ISF au-delà de 50.000 €, NdA] est "une faute contre la culture". "Elle provoquerait une hémorragie des oeuvres d'art et l'exil des collectionneurs vers d'autres pays plus accueillants. »
Quelques questions et commentaires :
1/ Qui dit vrai entre Fleur Pellerin et Jean-Yves Mercier ?
2/ Parmi les artistes à succès qui partent, combien ont voté pour François Hollande en mai 2012 ? (à moins qu’ils ne soient partis…avant !)
3/ le gouvernement a-t-il plus peur de l’exil fiscal des collectionneurs d’art que de celui des entrepreneurs ?
Pourtant, les collectionneurs d’art, combien de divisions ? En termes de création d’emplois s’entend. Parce qu’à part enrichir une minorité de bobos snobinards du ciboulo…
4/ J’ai régulièrement dénoncé dans le passé, ici, là ou encore là, les rémunérations excessives quelles qu’elles soient (grands patrons, traders ou joueurs de foot). Mais c’était quand même une autre époque. On peut évidemment déplorer l’absence de civisme et de sens de l’intérêt général de nos élites économiques, sportives et artistiques qui s’installent en Suisse ou en Belgique. Mais le choc fiscal qui approche souffre d’un tel déficit de contrepartie en termes de réductions des dépenses publiques qu’il ne peut qu’accélérer les exils fiscaux. Et sans éviter la catastrophe qui s'annonce. Car trop d’impôt tue l’impôt, j’y reviendrai.
----- -------- AUTHOR: TITLE: « Good luck, Mister President ! » (ou "Le corps électoral est-il efficient ?") BASENAME: 11909-jpg DATE: Sun, 20 May 2012 02:24:00 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: En quête de rupture CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Hypothèse d’efficience du marché financier : un marché est réputé informationnellement efficient si le prix d’un actif coté sur ce marché intègre l’ensemble de l’information disponible (passée, présente, future). (Eugène Fama, 1965)
Comme dans une (mauvaise ?) pièce de théatre, la vie politique française s’offre un nouveau rebondissement avec l’élection de François Hollande à la Présidence de la République (une pensée pour Laurent Fabius qui espère peut-être encore qu’il va se réveiller et que ce mauvais rêve va prendre fin…).
L’alternance en cours depuis dimanche soir est déjà la preuve de la bonne santé et du fonctionnement intact de la démocratie et la République en France, contrairement à ce qu’ont essayé de faire croire certains depuis cinq ans.
N’en déplaise aux inconditionnels de l’UMP et aux détracteurs du candidat socialiste (qui sont bien souvent les mêmes), Nicolas Sarkozy ne méritait pas d’être réélu.
Il n’a certes pas été aidé (c’est un euphémisme) par le contexte économique où il a dû affronter la plus grave crise économique et financière des soixante dernières années et il n’a pas démérité dans la gestion de cette crise.
Mais, au-delà des maladresses commises au début de son quinquennat et de l’agacement légitime que suscitaient ses excès d’infaillibilité et de confiance en lui, il n’a pas su concrétiser les espoirs qu’il avait su faire naître avant son élection.
Les réformes trop timides et trop partielles (la révision des politiques publiques et des prélèvements obligatoires) ou trop tardives (la TVA sociale) n’ont pas pu provoquer la rupture promise. La révolution copernicienne dont a besoin la France pour favoriser la création de richesses avant de penser à les redistribuer, n’a pas eu lieu. Elle est restée dans les limbes (ou dans les oubliettes, au choix) de la bureaucratie décrite par Max Weber et ses zélateurs ont été broyés par les mammouths administratifs.
Après les improbables péripéties strauss-kahniennes qui ont fait de François Hollande le candidat du PS, ce rejet tout à la fois de la politique de Nicolas Sarkozy et de sa personnalité en font-ils le Président qu’il faut à la France ?
Il lui incombe maintenant de répondre aux attentes de ces millions de Français convaincus que la croissance peut se décréter et surtout que leur pouvoir d’achat va augmenter dans les prochains mois grâce à sa politique de taxation des plus riches. Et cela sans effrayer les vilains marchés financiers qui continuent de financer notre excès de dépenses publiques à des taux bien plus doux que ceux que doivent supporter l’Italie.
Tous les caciques du PS vivent dans la croyance qu’entre 1997 et 2002, ils ont su créer les conditions de la croissance grâce aux mesures prises par le gouvernement Jospin, notamment les 35 heures et les 150.000 emplois-jeunes. Ils ne voient donc pas pourquoi il n’en serait pas de même en 2012.
N’importe quel observateur avisé et un tant soit peu objectif en aura une interprétation inversant les causes et les effets : entre 1997 et 2002, malgré les chocs économiques qu’ont été les 35 heures et les 150.000 emplois-jeunes, la croissance est restée forte grâce au boom des nouvelles technologies de l’information et de la communication (internet, téléphonie mobile).
On peut donc sans trop se tromper prédire un retour aux réalités qui risque d’être douloureux si notre nouveau Président et son gouvernement s’en tiennent aux mesures annoncées durant la campagne.
Même si l’accroissement des inégalités de revenus et de patrimoine et les excès de certains patrons et joueurs de foot en matière de rémunération rendent nécessaire une autre politique (on n’aurait pas sinon la moitié des électeurs qui se réfugient dans l’abstention ou le vote protestataire en faveur des frère et sœur ennemis Jean-Luc et Marine), la solution ne peut en aucun cas se trouver dans une augmentation parallèle des impôts et des dépenses publiques.
Car l’augmentation des impôts et taxes, qui sont déjà à un niveau très élevé dans notre pays, se traduira immanquablement par un ralentissement de la consommation, une fuite des capitaux, et donc au final moins de croissance, moins d’emploi, moins de pouvoir d’achat.
Et celle des dépenses publiques accroîtra la méfiance des investisseurs qui achètent encore la dette publique française.
La seule question qui se pose encore si Monsieur Hollande applique son projet à la lettre est de savoir quelle forme prendra la crise : délitement à petit feu jusqu’à un succès des extrêmes de droite et/ou de gauche aux prochaines élections majeures ? Ou crise financière suivie d’une explosion sociale ?
Une comparaison avec le cas de la Grèce qui commence de plus en plus à ressembler à la République de Weimar, paraît sans doute exagérée voire irréaliste à de nombreux Français. Mais qu’en sera-t-il dans deux ou trois ans ?
Répétons-le : sans être du tout un partisan du libéralisme économique, la seule politique qui n’a jamais été tentée en France mais qui a été expérimentée avec succès par le Canada , la Suède ou encore l’Australie, consiste à réduire les dépenses publiques et les déficits pour pouvoir ensuite baisser les prélèvements fiscaux et sociaux et relancer durablement la croissance à un niveau que l’on ne connaît plus depuis bientôt un demi-siècle.
Et si finalement, comme les marchés financiers, l’électorat était efficient, en tout cas à moyen terme ?
Si le corps électoral, dans une sorte de sagesse immanente, savait ce qui est bon pour la France ?
Si les électeurs avaient intuitivement compris que seul un Président et un gouvernement de gauche peuvent dans ce pays mener des réformes douloureuses ?
Dans douze, dix-huit mois ou vingt-quatre mois, si les marchés attaquent la dette publique française, si les taux auxquels emprunte la France grimpent à 6, 8 voire 10 %, François Hollande mettra alors peut-être en œuvre sous la pression le vaste plan d’économies budgétaires qui s’impose. Et sans mettre toute la France dans la rue comme Juppé en décembre 1995, simplement parce qu’il est un Président de gauche.
Et s’il a un peu de chance, il sera peut-être aidé alors par un contre-choc pétrolier ou une baisse de l’euro.
Allez, bonne chance, Monsieur le Président…
----- -------- AUTHOR: TITLE: Le fond du problème... BASENAME: le-fond-du-probleme DATE: Wed, 02 May 2012 11:56:00 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: En quête de rupture CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Source : COE Rexecode
Cela se passerait presque de commentaires…
Il faut juste se rappeler que pour l'instant, ce sont la Grèce et le Portugal, l'Espagne et l'Italie qui ont été les cibles de la défiance des "marchés" qui ont fait grimper les taux d’intérêt auxquels ces pays empruntent.
La majeure partie des Français ne veut pas l'entendre. Ou tout du moins fait semblant de ne pas vouloir l’entendre. Mais les faits sont têtus. Ils risquent de l’être de plus en plus. Et ils finiront par avoir raison. La majeure partie des Français se croient donc plus en sécurité avec un Etat qui dépense à tout va. Comme ils se croyaient à l’abri de la ligne Maginot en 1940. On connaît le résultat… Les « marchés » dans le rôle des Panzer en 2012 ?
Ils ont en grande partie raison : notre Etat est un des plus protecteurs au monde et c’est bien ainsi. Mais c’est aussi un des plus dispendieux et c’est bien là la source principale de tous nos maux : chômage de masse, délocalisations, précarité et j’en oublie.
Les prestations indispensables en matière de missions régaliennes (police, armée, justice etc), de services publics (éducation, transports etc), et de protection sociale (santé, chômage, retraite etc) sont particulièrement bien assurées en France. Et on ne le dira jamais assez, c’est bien ainsi.
Mais ces prestations sont assurées avec un tel surcoût financier, avec de tels abus, gâchis et déperditions que cela nécessite :
1/ de prélever des impôts et charges qui finissent par être insupportables à ceux qui s’en acquittent (en tout cas pour ce qui est des prélèvements directs, pour la TVA, c’est plus indolore),
2/ comme ce n’est pas suffisant, de financer le solde (le déficit public) par recours à la dette publique.
Le cercle vicieux est donc le même depuis quarante ans : les riches particuliers se font domicilier fiscalement en Suisse ou en Belgique et les entreprises licencient ou se délocalisent pour échapper à des charges sociales qui n’en finissent plus d’augmenter. Comme cela diminue les rentrées d’argent pour l’Etat, les collectivités locales et les organismes sociaux, il faut augmenter les taux des prélèvements existants ou en créer de nouveaux. Et d’autres entreprises moins grandes commencent à licencier ou à délocaliser elles aussi. Et des retraités simplement aisés partent s’acheter une résidence au Marco pour s’y faire domicilier fiscalement. Etc etc…
Dans les faits, le remède ne consiste pas à rogner sur notre Etat-providence, son système de santé et ses filets de protection sociale. Cela plomberait une croissance déjà anémique et ce remède-là tuerait le malade plutôt que de le guérir.
Le remède ne consistera pas non plus à augmenter encore les impôts, prélèvements et charges sociales. Ce remède-là aussi réduira encore la croissance et finira par transformer la France en République Populaire digne de l’époque du Rideau de Fer.
Il s’agit juste de mieux gérer l’Etat et ses émanations pour mettre fin aux abus, gâchis et déperditions.
Quelques exemples :
* combien d’enseignants ne sont pas en poste mais affectés à des missions ou simplement payés à ne rien faire car déclarés inaptes (j’en connais au moins un qui vaque à ses loisirs aux frais mensuels de l’Education Nationale) ?
* combien d’organismes et de commissions Théodule qui pondent des rapports et servent surtout à donner à une place et un revenu à un copain ?
* quels effectifs pour l’administration des anciens combattants ?
* combien de directeurs de la communication avec quels effectifs et quels budgets dans les collectivités locales ?
Si ce travail là n’est pas fait, ce sont les « marchés » qui nous acculeront à tailler à chaud et sans discernement dans les prestations sociales. Avec l’injustice que cela représentera car ce sont les plus faibles et les accidentés de la vie qui en pâtiront. Avec les risques politiques que cela impliquera dans la rue. Au mieux, un nouveau décembre 1995. Au pire, une guerre civile, un nouveau 1789 qui finira comme toujours dans le sang comme en 1793. La croyance dans un idéal de justice qui finira par donner lieu à une police.
Ou bien on aura Marine ou Jean-Luc comme Président de la République en 2017.
Tout cela pue comme dans les années trente.
NB :
1/ Ce graphique retient une moyenne sur la période 2005-2010. Mais on pourrait le faire sur une période 1976-2012 avec le même résultat. Car cette situation résulte de la légèreté et de la lâcheté dont on fait preuve les gouvernements de gauche comme de droite depuis quarante ans. C'était tellement plus simple et confortable de financer par le déficit et donc par la dette des dépenses que de dire des
2/ Derrière le terme anonyme de « marchés » (financiers) se cachent des hommes et des femmes dont le travail consiste à investir l’argent des autres, caisses de retraite/fonds de pension et épargnants. Des vilains Américains et des gentils Français…
----- -------- AUTHOR: TITLE: Ne dites pas à mes proches que je suis homme politique, ils me croient journaliste ! BASENAME: ne-dites-pas-a-mes DATE: Fri, 20 Apr 2012 19:56:00 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Médias CATEGORY: TAGS: ----- BODY:C’est la réflexion que m’avait inspiré la conclusion d’un édito de Laurent Joffrin dans un numéro du Nouvel Obs il y a six mois. Une éternité à l’heure numérique…Mais je n’ai trouvé ni le temps ni surtout l’envie d’une modeste contribution à cette campagne qui se révèle assez peu à la hauteur des enjeux (hormis la percée de Jean-Luc Mélenchon même si cela ne va pas vraiment dans le bon sens).
Donc, dans le n° 2454 du 17 novembre 2011 (édito qui n’est bizarrement pas disponible en ligne : pour cause de mauvaise interprétation de ses premières lignes ?), Laurent Joffrin écrit :
"La droite française a systématiquement creusé les déficits depuis dix ans mais elle se pose en gardienne de l’orthodoxie, invoque le pouvoir des marchés et récuse toute autre politique que la sienne. Pourtant le dernier gouvernement français qui ait stabilisé la dette publique était dirigé… par Lionel Jospin."
Et quelques jours plus tard le 6 décembre 2011, sur le site du Nouvel Obs, re-belote :
"Au pouvoir depuis dix ans, la droite française a pratiquement fait doubler l’endettement du pays, alors que le gouvernement de Lionel Jospin (chacun peut vérifier les chiffres) l’avait légèrement réduit."
Oui, c’est vrai, la dette publique s’est stabilisée entre 1997 et 2002 mais cela ne doit rien à la politique du gouvernement Jospin. C’est juste parce que Jospin et son gouvernement ont eu un énorme coup de bol : revenir au pouvoir en 1997 en pleine troisième révolution industrielle, celle des nouvelles technologies de l’information et de la communication (téléphone mobile, Internet) qui a généré la plus forte croissance économique des économies occidentales depuis la seconde guerre mondiale. Une croissance économique qui a généré naturellement et sans intervention de quiconque, une forte hausse des recettes fiscales qui ont permis d’absorber les mesures plutôt dispendieuses du gouvernement Jospin (les emplois-jeunes notamment, qui pour le coup ont contribué à entretenir cette croissance) tout en laissant un surplus, la fameuse « cagnotte » qui a permis de stabiliser la dette publique.
Et oui, c’est vrai, la dette publique a fortement augmenté entre 2007 et 2012. Je suis loin d’être un admirateur inconditionnel de la politique menée par Nicolas Sarkozy (il suffit de lire les billets que je lui ai consacrés), mais il faut rappeler qu’il a été aux prises avec la pire crise économique et financière depuis celle des années Trente.
Autrement dit, nul ne sait si droite n’aurait pas elle aussi stabilisé la dette publique avec le renfort de la très forte croissance économique de la période 1997-2002 et si la gauche aurait réussi cette prouesse si elle avait été commandes au cours des cinq dernières années.
Peu importe de toute façon, ce qui compte est ce qui sera fait (ou pas…) au cours des prochaines années.
Les éditos de Laurent Joffrin soulèvent deux questions :
1/ la responsabilité des journalistes français dans l’indigence de l’offre politique qui fait qu’on devrait avoir dimanche un électeur sur deux qui se sera abstenu ou qui aura voté pour Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon.
Qu’ils soient de gauche ou de droite (j’en ai autant au service d’une Laurence Ferrari dont chaque interview du Président de la République s’est bornée à la recherche d’un scoop : « Faut-il changer de Premier Ministre » ? « Serez-vous candidat à la prochaine élection présidentielle ? »), de trop nombreux journalistes font passer leurs convictions politiques personnelles, leurs ambitions et leurs accointances avant les exigences professionnelles de leur métier.
Le livre "Sexe, mensonges et médias" de Jean Quatremer est à cet égard assez instructif…
2/ L’ignorance et l’aveuglement que ces discours entretiennent dans l’opinion publique
L’antienne de Laurent Joffrin sur l’évolution de la dette publique laisse croire à des électeurs peu à l’aise avec l’économie (y compris les plus éduqués) que les socialistes, parce qu’ils ont stabilisé la dette il y a quinze ans grâce à une conjoncture favorable, renouvelleront forcément cet exploit.
Peut-être. Mais je ne vois pas bien pourquoi une politique menée par tous les gouvernements de droite comme de gauche, qui consiste à toujours augmenter les dépenses publiques et du coup les prélèvements obligatoires et qui n’a donné aucun résultat depuis quarante ans, marcherait mieux tout d’un coup.
----- -------- AUTHOR: TITLE: Merci Loïc ! BASENAME: soulwwx_1318886570_18-jpg DATE: Sun, 26 Feb 2012 15:15:00 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Le Temps d'Agir CATEGORY: TAGS: ----- BODY:J’avais dû me résoudre l’été dernier à fermer les commentaires sur ce blog pour cause de spamming intensif. Mon activité de blogueur n’étant plus que très épisodique, cela n’a sans doute eu comme effet que de faire fuir mes derniers aficionados.Rien de bien grave donc, mais rien de très satisfaisant non plus.
Ces commentaires indésirables n’étaient pas filtrés pour cause d’utilisation d’une ancienne version de B2 Evolution.
Je ne sais pas à qui en revient la faute :
- à mon choix initial de Lycos Hébergement, repris depuis par Strato, qui proposent tous les deux des outils assez primaires me semblent-ils pour la gestion des sites qu’ils hébergent pour un prix quand même non négligeable…
- à mes compétences plus que limitées en matière de webmastering (et le manque de temps pour les renforcer) ?
Quoi qu’il en soit, j’ai heureusement trouvé chez un de mes anciens étudiants de l’IAE devenu un ami, un sauveur en la matière.
C’était déjà lui qui avait réalisé le transfert à la dernière minute des données de ce blog chez Strato quand ils avaient repris les activités d’hébergement de Lycos (parce qu’il revenait aux clients d’assurer eux-mêmes le transfert de leur base de données, c’était quand même lunaire).
Un garçon débrouillard passionné par les nouvelles technos dont l’employeur actuel n’utilise pas toutes les capacités. Donc si quelqu’un cherche un profil mixte contrôleur de gestion / informaticien avec de l’énergie à revendre, voilà un bon candidat.
Encore un grand merci Loïc !
----- -------- AUTHOR: TITLE: Le flic et les banquiers BASENAME: le-flic-et-les-banquiers DATE: Tue, 18 Oct 2011 19:35:11 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Liberté, inégalités, rentabilité CATEGORY: TAGS: ----- BODY:
Si La Fontaine était un de nos contemporains, peut-être en aurait-il fait une fable ?
Michel Neyret, numéro deux de la police judiciaire lyonnaise, a donc été mis en examen et incarcéré, à tout le moins pour avoir préféré les bonnes vieilles méthodes qui ont fait leurs preuves en matière de rémunération des indics, au système de rémunération officielle(une monstruosité réglementaire comme nous savons en produire ; on peut craindre le pire le jour où l’euthanasie en fin de vie sera réglementée).
Peut-être Michel Neyret a-t-il en fait commis des actes beaucoup plus répréhensibles, mais c’est à la justice de le dire.
A en croire les portraits qui en ont été faits , c’était un flic qui aimait peut-être un peu trop l’argent et ce qui va avec, voitures de sport et soirées people…
Pourquoi devrait-il en être autrement dans une société qui valorise par-dessus tout l’enrichissement personnel ?
La même semaine, on apprenait le démantèlement de Dexia qui va coûter quelques milliards d’euros supplémentaires que nous sommes sans que personne ne s’en émeuve trop, a fortiori dans les milieux financiers spécialisés.
Pour mémoire, Dexia, c’est la banque qui a mis au bord du dépôt de bilan un certain nombre de collectivités locales et d’hopitaux publics en leur vendant des emprunts devenus toxiques parce qu’indexés sur le franc suisse ou le yen.
A l’origine, c’était le Crédit Local de France, un établissement public dépendant de la Caisse des Dépôts et Consignations qui sera introduit en Bourse (combien de stocks-options attribuées à cette occasion ?).
Et pendant ce temps-là aussi, des milliers de traders et de banquiers qui ont achevé de nous ruiner (les gouvernements avaient commencé en laissant filer les déficits publics depuis le début des années quatre-vingt) ont repris leurs bonnes vieilles habitudes et spéculent à tout va pour décrocher leur bonus de fin d’année à plusieurs dizaines voire centaines de milliers d’euros, pendant que des millions de contribuables, les Grecs au premier rang, se voient présenter une addition plus que salée et qu’ils n’ont pas fini de payer.
Michel Neyret a peut-être fait preuve de cynisme. Mais pas assez. Sinon il aurait fait banquier et pas flic comme métier… Et il aurait gagné beaucoup plus d’argent sans prendre de risques.
La morale de cette histoire sera-t-elle qu’il vaut mieux être un banquier qui a ruiné son prochain avec des produits financiers douteux qu’un flic qui utilise des méthodes douteuses pour le protéger ?
----- -------- AUTHOR: TITLE: Sortir de l’euro ? (version revisitée) BASENAME: sortir-de-l-euro-version-revisitee DATE: Mon, 03 Jan 2011 17:12:01 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Dette publique CATEGORY: Situation financière de l'Etat CATEGORY: Déficits publics TAGS: ----- BODY:C’était il y a un an, dans ces colonnes comme on dit dans les journaux. A l’occasion de la nouvelle année et de l’exercice traditionnel et un peu convenu des vœux, je me demandais si le risque souverain ne constituerait pas la principale préoccupation de l’année 2010. Finalement, cela risque fort d’être celle aussi de 2011. Et des années suivantes…
Alors après la Grèce et l’Irlande, à qui le tour ? Le Portugal, l’Espagne, voire l’Italie ou la France ?
A en croire les statistiques de ce blog, où "Sortir de l’euro" et "Faillite de la France" sont devenus les termes de recherche les plus fréquents ces dernières semaines, nombreux sont ceux qui sont curieux (ou qui s’inquiètent…) des conséquences d’une sortie de l’euro ou d’une faillite du pays.
En cette période où les Etats les moins solides financièrement se font malmener sur les marchés financiers, comment peut-on résumer les perspectives envisageables à l’intention de ceux qui ont choisi de ne pas s’infliger la lecture quotidienne des Echos ?
Schématiquement, trois cas de figure apparaissent possibles :
1/ L’Allemagne sort de l’euro
Bah oui. Parce que s’il y a bien un pays qui pourrait avoir un intérêt objectif à sortir de l’euro, ce n’est pas la Grèce ou l’Irlande. Mais c’est bien l’Allemagne. Pour ne plus avoir à financer les fonds de stabilité en tous genres destinés à sauver les mauvais élèves de la zone euro.
Heureusement, car on ne serait quand même pas bien, ce n’est pas le scenario le plus probable. Mais on ne peut pas totalement l’écarter non plus.
2/ Le retour au calme et la disette au long cours
C’est ce que certains commencent à appeler le "chemin de croix" :
Les craintes s’apaisent sur les marchés financiers, les Etats de la zone euro restent avec leurs montagnes de déficits et de dettes publiques. Les mesures d’austérité budgétaire devenues incontournables pour résorber cette montagne de dettes et conserver un minimum de confiance des marchés financiers plombent la reprise. La croissance économique reste anémique, le pouvoir d’achat stagne, le chômage augmente, les inégalités se creusent encore.
Ce scenario de mort lente a aujourd’hui toutes les chances de se réaliser du fait du refus farouche des gouvernements et des autorités européennes d’éviter un défaut ou une restructuration de la dette d’un pays de la zone euro au prétexte que ce serait signer la mort de l’euro (et au motif du risque de faillite systémique des banques porteuses d’obligations souveraines).
A terme, c’est évidemment la porte ouverte à toutes les aventures politiques, que ce soit dans les urnes ou dans la rue. Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon à l’Elysée en 2017 ? Olivier Besancenot porté au pouvoir par la rue ?
Ce cas de figure pourrait se présenter dans d’autres pays à plus court terme : sous la pression d’une opinion publique aveuglée par les mirages d’une sortie de l’euro, le gouvernement d’un des pays de la zone euro pourrait décider d’en sortir de sa propre initiative.
Hormis pour les pays vertueux comme l’Allemagne, un pays qui sortirait de l’euro verrait sa monnaie d’origine immédiatement attaquée sur les marchés et se dévaluer rapidement par rapport à l’euro et aux autres devises.
Si sa dette publique reste libellée en euros, ce pays se condamnerait à des efforts financiers encore plus lourds que sur le chemin de croix évoqué précédemment du simple fait de la perte de valeur de sa monnaie (et malgré le supplément de croissance procuré par une devise plus compétitive). Avec le risque de faire défaut à plus ou moins longue échéance…
Et si la dette publique est convertie autoritairement dans la monnaie d’origine, ce sont les détenteurs de ses titres de dettes qui verraient la valeur de leurs avoirs fondre. Le pays considéré n’aurait théoriquement pas d’effort financier supplémentaire à fournir pour rembourser la dette et payer les intérêts.
Mais compte tenu de cette spoliation ouverte des détenteurs de ses emprunts d’Etat, il n’y aurait plus guère de candidats pour en acheter de nouveaux. Le pays en question se trouverait alors condamné à l’autarcie financière avec deux solutions pour l’Etat : revenir immédiatement à une situation d’excédent budgétaire pour ne plus avoir à emprunter, ou emprunter autoritairement auprès des citoyens.
Un pays de la zone euro qui choisirait de faire défaut seul (en ne remboursant pas sa dette) risquerait de connaître le même sort que s’il sortait de l’euro en convertissant sa dette dans sa monnaie d’antan, drachme ou autre. Quoique, le pire n’est jamais sûr. Les marchés financiers pourraient lui savoir gré d’affronter la réalité en face.
3/ Seule solution : la restructuration générale des endettements publics ?
Parce qu’il faudra bien affronter cette réalité un jour ou l’autre et prendre acte que les dettes publiques sont devenues excessives, insoutenables même, en grande partie pour cause de lâcheté politique pendant trois décennies, mais aussi du fait des plans de relance budgétaire massifs mis en place à partir de 2008 pour contrer les effets de la crise financière. Une crise financière qui soldait une période d’euphorie financière qui a surtout profité aux établissements financiers et aux détenteurs de capital (actionnaires, propriétaires fonciers etc).
Les mesures prises par les pays de la zone euro pour mettre à contribution les détenteurs des dettes souveraines qui seront émises à partir de 2013 ne sont pas à la hauteur des enjeux.
Si l’on ne veut pas se condamner à une décennie de vaches maigres pour le plus grand nombre avec les risques politiques que cela comporte (surtout dans un pays comme la France où privilèges et inégalités mettent suffisamment à mal la cohésion sociale), il est à craindre que la seule solution consiste à ce que les Etats concernés (des Etats-Unis à la Grèce) décident collectivement de raboter une partie de leur dette publique. Cet "haircut" comme disent les anglo-saxons pourrait se faire à hauteur des déficits publics supplémentaires générés par la crise économique et financière née en 2008.
Ce qui aurait pour effet de faire solder les comptes par les bénéficiaires de l’euphorie financière de la décennie précédente, établissements financiers et détenteurs de capital et ne serait que justice. Plutôt que de faire supporter comme actuellement à des contribuables et assurés sociaux qui n’ont rien demandé les conséquences des errements passés d’une minorité. Plutôt que de rogner sur les dépenses d’éducation, d’investissement, de recherche.
Cette restructuration des endettements publics ne peut être décidée que collectivement, au niveau de l’eurogroupe ou peut-être du G20. Elle n’est pas sans risque compte tenu de l’appauvrissement des banques et des patrimoines qu’elle implique. Et la restructuration est à double tranchant en ce qu’elle peut inciter les gouvernements à retomber dans la facilité des déficits publics et de l’endettement. C’est pourquoi elle ne pourra s’accompagner que d’engagements à l’égard des créanciers mis à contribution, sous forme notamment de règles budgétaires encadrant strictement les cas de déficit public.
Mais cette restructuration des endettements publics sous forme de décote pour les créanciers apparaît inéluctable à terme. Ce ne serait pas la solution la plus juste pour ceux des pays qui auront fait les efforts nécessaires pour rester vertueux. Mais cela ne fera pleurer personne et si cela peut éviter que l’Histoire ne bégaye, ce sera un moindre mal.
Allez bonne année 2011 quand même…
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Tue, 04 Jan 2011 17:02:19 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Je ne prête pas à JLM la volonté de sortir de l'euro. Je m'inquiète juste de le voir un jour au pouvoir (ce qui ne devrait pas vous déplaire ?). Car s'il est plus réaliste que Besancenot et s'il a rai ----- COMMENT: AUTHOR: Choupinette [Visiteur] DATE: Tue, 04 Jan 2011 15:00:20 +0000 URL: Bonjour,La question de la dette et du risque de faillite des Etats revenant sur le devant de la scène avec l’Irlande, et peut-être demain le Portugal ou l’Espagne, un peu de pub ne fait pas de mal.
A tous les non-initiés de la finance, qui ont envie de comprendre les mécanismes et les enjeux de la crise actuelle des dettes souveraines sans avoir à se plonger dans d’austères manuels d’économie financière, je conseille la lecture de "Ras-le-bol" (oublions ce titre racoleur choisi par l’éditeur…).
Sous la forme plus ludique du roman, "Ras-le-bol" décrit, en l’appliquant à la France, l’engrenage infernal et la tempête financière, économique et finalement sociale qui menacent les Etats suspectés d’être en mauvaise posture financière : défiance des marchés financiers (en fait des investisseurs) face à la dégradation des finances publiques, tension sur les taux d’intérêt de la dette publique, difficultés à lever de nouvelles dettes et donc à régler les dépenses (salaires et pensions de retraite des fonctionnaires notamment) etc etc...
=> Lire un résumé du roman
=> Lire les 50 premières pages
=> Commander le livre sur fnac.com
A suivre, une version revisitée de "Sortir de l'euro ?", un article qui semble avoir un franc succès depuis quelques jours...
----- -------- AUTHOR: TITLE: Entracte... BASENAME: entracte-1 DATE: Mon, 24 May 2010 19:28:48 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Le Temps d'Agir CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Une troisième fois. Et à nouveau pour une durée indéterminée.
Les marchés financiers, cette sorte de Moloch sans visage constitué des milliers ou dizaines de milliers d’acteurs de l’industrie financière qui décident des investissements et des arbitrages à réaliser, se réveillent et s’inquiètent, enfin et non sans raison, des déficits publics et de l’endettement accumulé par les Etats.
Des déficits et de l’endettement accumulés depuis trente ans, que ce soit en Grèce ou en France, du fait d’une double lâcheté :
Une lâcheté face aux gestionnaires de la dépense publique, aux syndicats de la fonction publique, aux groupes de pression et aux intérêts corporatistes de toute sorte, qui ont obtenu moyens et effectifs supplémentaires, subsides et sinécures,
Une lâcheté face aux impacts largement prévisibles sur les régimes de retraite du vieillissement démographique et de l’allongement de l’espérance de vie.
Et la facilité avec laquelle nos gouvernants ont pu laisser filer les déficits publics et les financer auprès des marchés financiers par le recours à l’endettement n’était pas non plus pour les inciter à cesser de se vautrer dans leur lâcheté et le court-termisme électoral.
Des déficits et de l’endettement démultipliés ensuite par les effets de la crise financière, qui a contraint les Etats à intervenir massivement pour soutenir des économies en situation d’infarctus après la faillite de Lehman Brothers.
Après trois décennies passées à acheter sans barguigner des emprunts de n’importe quel Etat pour investir les derniers excédents des caisses de retraite et l’épargne des contrats d’assurance-vie en euros, les marchés financiers ouvrent les yeux et poussent les Etats les moins vertueux (la Grèce, le Portugal et l’Espagne aujourd’hui ; la France demain quoi qu’en dise 20minutes ?) aux mesures d’austérité que les dirigeants politiques n’ont pas eu le courage de prendre.
Mais, en faisant ainsi la preuve de leur toute-puissance, les marchés financiers ne risquent-ils pas de causer leur propre perte ?
A l’instar d’un vassal dont la richesse et la puissance susciterait l'envie de son suzerain désargenté, et aussi improbable que cela puisse paraître aujourd’hui, il n’est pas du tout inimaginable que les Etats, sous la double pression des opinions publiques (Cf. la crise sociale qui s’amorce en Grèce) et de la contrainte financière, en viennent à prendre des mesures d’exception visant entre autres à durcir la réglementation pour dompter ces marchés.
Et l’arme ultime pour un gouvernement pourrait consister à nationaliser les banques et établissements financiers. La question de l’efficacité d’une telle mesure reste posée, mais chacun sait que les passions humaines s’embarrassent rarement de rationalité.
Et il suffirait de dédommager les actionnaires des banques avec des emprunts d’Etat spécialement émis, voire des titres de rente perpétuelle au taux du livret A. Il y aurait une certaine ironie (pour ne pas dire une justice ?) à voir les actionnaires des établissements qui nous ont placés au bord du gouffre, voire y ont fait tomber quelques charrettes de salariés qui n’avaient rien demandé, devoir se satisfaire d’un intérêt annuel de 1,25 %.
N’oublions pas enfin que les pays actuellement soumis à la pression des marchés financiers sont des démocraties où se tiennent régulièrement des élections, avec toutes les (mauvaises) surprises que cela peut réserver parfois…
PS : Finalement, c’est en Grèce que j’aurais dû situer l’action de « Ras-le-Bol », le scenario y est rigoureusement identique.
----- -------- AUTHOR: TITLE: Tempête financière sur les emprunts d'Etat BASENAME: tempete-financiere-sur-les-emprunts-d-et DATE: Wed, 28 Apr 2010 08:22:05 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Dette publique CATEGORY: Situation financière de l'Etat CATEGORY: Déficits publics TAGS: ----- BODY:Je ne résiste pas à la tentation de me faire un petit plaisir et de livrer ici un extrait de « Ras-le-Bol » (ce titre choisi par l’éditeur m’horripile toujours autant, Grrrr, et le titre original « Faillite d'Etat » aurait été bien plus adapté et moins racoleur), qui décrivait dès 2005 en l’appliquant à la France, l’engrenage infernal et la tempête financière que connaît la Grèce et que subira peut-être demain le Portugal : défiance des investisseurs face à la dégradation des finances publiques et au risque de faillite des Etats, forte tension sur les taux d’intérêt à servir sur les nouveaux emprunts à émettre, dégradation du rating par les agences de notation etc. Pour connaître la suite, lisez le roman.
« La première réplique du séisme n’a d’abord touché que le microcosme des salles de marchés des établissements financiers. Dès le lendemain de la parution de l’interview dans Paris-Match, la rumeur s’est rapidement répandue chez les différents intervenants du marché obligataire français que la note AAA de l’État français avait fait l’objet d’une controverse au sein d’une des trois agences de notation financière. Tous les gros détenteurs d’obligations du Trésor, SICAV, compagnies d’assurance, fonds de pension anglo-saxons, ont commencé à alléger leurs positions en emprunts d’État. Cela n’avait rien d’étonnant de la part de ces investisseurs sur les marchés financiers qui, tels des moutons de Panurge, ont la mauvaise habitude de surréagir à la moindre rumeur de mauvaise nouvelle. Mais cela n’était pas sans conséquence pour l’État français. Les ordres de ventes massives d’obligations d’État ont provoqué une baisse brutale des cours. Le taux de rendement des emprunts d’État, qui correspond à la fois à la rémunération exigée par les investisseurs pour acheter des obligations du Trésor et au taux d’intérêt que doit verser l’État pour emprunter sur une durée de 10 ans, évolue strictement à l’inverse des cours des obligations. Alors qu’il naviguait entre 4 et 4,5 % depuis plusieurs années, il a brutalement augmenté, passant en quelques jours de 4,4 % à presque 6 %, traduisant ainsi les craintes des investisseurs à l’égard d’une détérioration de la qualité de signature de l’État français.
Le jeudi suivant avait lieu l’adjudication hebdomadaire des emprunts d’État. Chaque semaine, l’État procède à de nouvelles émissions d’OAT, les obligations assimilables du Trésor, qui lui permettront de procéder au remboursement des lignes arrivées à échéance. Le placement de ces nouvelles obligations auprès des investisseurs est assuré par un petit nombre de banques à qui l’État a conféré le statut de Spécialiste en Valeurs du Trésor, SVT en jargon financier. Alors qu’en temps normal, la demande excédait l’offre, permettant à l’État d’emprunter à un taux qui rendait supportable un endettement de plus en plus lourd, ce jeudi-là, la demande de papier était tellement faible que les nouvelles émissions n’ont pu être placées auprès des investisseurs qu’en proposant un rendement de 6,6 %. L’État français devait maintenant emprunter à un taux 50 % plus élevé, ce qui alourdirait d’autant la charge de la dette, donc les dépenses publiques et rendait désormais vain tout espoir de retour à l’équilibre des finances publiques dans un avenir proche. »
Se poser la question d’une sortie de l’euro (de gré, ou même de force si l’on écoute Angela Merkel) et de ses avantages et inconvénients comparés est devenue furieusement tendance ces derniers temps avec les déboires financiers de la Grèce. Le sujet était abordé une nouvelle fois samedi dernier dans le cadre de Good Morning Week-end, l’émission hebdomadaire sur BFM où Fabrice Lundy commente avec quelques invités les faits marquants de l’actualité politique et économique de la semaine (une émission que je recommande vivement pour la qualité des analyses des invités et leur absence de complaisance, surtout lorsque les invités en sont Marc de Scitivaux et François Heisbourg, Cf. par exemple l’émission du 6 mars dernier sur le même sujet de la faillite des Etats - dont traite aussi ce bide littéraire qu'a été "Ras-le-bol").
Donc dans l’émission de samedi dernier (pour n’écouter que le passage sur l’euro, télécharger en podcast et écouter de la 14e à la 21e minute environ), une phrase de François Lenglet a remis en cause quelques unes des certitudes ancrées de longue date dans mon cerveau de financier. J’en profite pour revenir de façon un peu iconoclaste sur le sujet d’une sortie de l’euro.
Sur ce sujet, les échanges des invités de Fabrice Lundy opposaient en gros les passions (au sens spinozien) des peuples et les réalités financières.
A la tentation soulignée par François Lenglet d’une dévaluation en Grèce aujourd’hui et en Espagne demain, Philippe Tibi (Président d’UBS en France) opposait, non sans raison, que la Grèce se financerait alors non pas à 6 %, mais à un taux prohibitif de 15 %.
Et François Lenglet de rétorquer alors que certes, mais qu’une dévaluation rassurerait les marchés par la promesse d’une croissance future (ça, j’y crois moyen mais j’y reviendrai), et surtout que l’euro était devenu le franc CFA de l’Europe du Sud, ce qui arrange les élites locales en préservant leur pouvoir d’achat international et en leur permettant de délocaliser leur épargne à l’étranger. Un argument qui, je dois l’avouer, a fait mouche dans mon esprit.
En d’autres termes et de façon un peu schématique, les milieux aisés (cadres dirigeants, professions libérales etc), dont on sait que les revenus, que ce soit en Grèce ou en France, pâtissent assez peu de la concurrence à bas coût de la main d’œuvre chinoise, tirent plutôt avantage de l’euro et de sa vigueur, par exemple lors de leurs séjours touristiques à l’étranger.
En revanche, le salarié d’un secteur d’activité exposé à la concurrence internationale subit lui les inconvénients de la monnaie forte qu’est l’euro (de façon simplifiée, les produits fabriqués par son entreprise coûtent encore plus cher et sont donc moins compétitifs par rapport à ceux en provenance des économies émergentes, d’où un risque de délocalisation). Et comme il y a assez peu de chances que ses moyens financiers lui permettent d’aller séjourner dans un hôtel quatre étoiles à Londres ou à New-York, il ne profite guère des avantages du niveau élevé de l'euro.
Une fois énoncé cet argument (dont on se demande comment Olivier Besancenot ou Marine Le Pen n’ont pas encore pensé à l’utiliser), un pays comme la Grèce (ou la France…) aurait-il pour autant intérêt à sortir de la zone euro ?
Pas facile de reprendre de façon simple les incidences d’une sortie de l’euro. Commençons par un petit rappel sur le passage à l’euro :
Au moment du passage à l’euro, la dette publique française a été convertie de francs en euros sur la base d’un taux de conversion de 1 € = 6,55957 FRF fixé de façon certes rationnelle mais néanmoins « administrée ».
Le 4 janvier 1999, après un week-end de bascule informatique, 3 680 milliards de francs de dette publique sont devenus 561 milliards d’euros (pour ceux qui s’étonneraient de ce montant, il s’agit de la dette publique négociable de l'époque).
Mis en circulation le 1er janvier 2002 sous sa forme fiduciaire (pièces et billets dans nos porte-monnaie), l’euro a en effet été utilisé dès le 1er janvier 1999 pour la cotation des actifs financiers (actions, obligations parmi lesquelles les emprunts émis par l’Etat français).
Dans l’hypothèse où un pays déciderait de sortir de l’euro à sa propre initiative, si la France décidait par exemple de revenir au franc, deux cas de figure se présenteraient à mon sens (je n’ai rien trouvé, même sur le site de l’agence France Trésor, sur les caractéristiques contractuelles des emprunts d’Etat et donc sur une éventuelle clause quant à la devise de rembousement).
1/ La dette publique reste libellée en euros
Il est extrêmement probable, pour ne pas dire absolument certain, qu’un pays qui sortirait de l’euro pour cause de difficultés financières, verrait sa monnaie immédiatement attaquée sur les marchés et se dévaluer rapidement par rapport à l’euro et aux autres devises.
Sauf évidemment, si c’était l’Allemagne qui sortait volontairement de l’euro pour revenir au deutsche mark…. 
Donc à titre d’exemple :
Si la France décidait de revenir au franc, elle devrait continuer à supporter une dette négociable de l’Etat qui atteint aujourd'hui 1.164 milliards d’euros.
Le franc retrouvé ne se convertirait ensuite certainement plus sur la base de 1 € = 6,55957 FRF, mais plus vraisemblablement sur la base de 1 € = 10 FRF ou 1 € = 13 FRF par exemple.
L’Etat se trouverait donc contraint d’acheter des euros avec un franc dévalué et le remboursement de la dette et le paiement des intérêts lui coûterait 50 % plus cher (cas de 1 € = 10 FRF) ou deux fois plus cher (1 € = 13 FRF).
La dette de 1.164 milliards d’euros serait donc devenue 50 % ou 2 fois plus élevée.
Sans parler des taux à servir sur les nouveaux emprunts émis qui ne serait plus de 3,5 % comme actuellement (taux de l’OAT à 10 ans), mais de 8, 10 ou 15 %.
2/ La dette publique est convertie autoritairement dans la monnaie d’origine
Toujours dans l’hypothèse où la France décidait unilatéralement de revenir au franc, l’autre alternative consisterait à convertir les 1.164 milliards d’euros de dette publique. Sur la base du taux de conversion de 1 € = 6,55957 FRF (par hypothèse), cela serait théoriquement neutre pour les détenteurs d’emprunts d’Etat français.
Théoriquement seulement.
Car il ne fait pas de doute que le franc se trouverait dévalué face à l’euro dans les jours ou les semaines qui suivent. Et si le taux de change était par exemple de 1 € = 10 FRF, les détenteurs d’emprunts d’Etat verraient la valeur de leurs avoirs amputés d’un tiers.
Dans un tel cas de figure, la France (ou tout autre pays) n’aurait pas d’effort financier supplémentaire à fournir pour rembourser la dette et payer les intérêts.
En revanche, compte tenu de cette spoliation ouverte des investisseurs, il n’y aurait plus guère de candidats pour acheter des nouveaux emprunts d’Etat. La France se trouverait condamnée à l’autarcie financière avec deux solutions pour l’Etat : revenir immédiatement à une situation d’excédent budgétaire pour ne plus avoir à emprunter, ou emprunter autoritairement auprès des citoyens.
Bien sûr, tout cela est très simplificateur. Il conviendrait de tenir compte de multiples facteurs, les possibilités d'intervention du FMI etc. Il n'empêche, dans les deux cas, il me semble que les inconvénients d’une sortie de l’euro l’emporteraient largement sur les avantages du supplément de croissance qui pourrait être espéré d’une devise plus compétitive.
Que faire alors dans le cadre de la zone euro ?
La baisse de l’euro constatée depuis plusieurs semaines pourrait si elle se poursuit redonner de la compétitivité à l’exportation aux pays d’Europe du Sud.
En ce qui concerne la valeur interne de l’euro (niveau général des prix au sein de la zone euro), un peu plus d’inflation (qui n’est pas autre chose qu’une spoliation larvée des détenteurs d’emprunt d’Etat) pourrait être tentant (sans même s’inquiéter du risque pour la Grèce de finir comme le Zimbabwé et ses milliards de % d’inflation).
Le principal obstacle à un effacement partiel des dettes publiques par le biais de l’inflation me semble résider dans le contexte de mondialisation et de concurrence des économies émergentes qui fait que les salaires ne progresseraient pas ou peu (contrairement aux années soixante-dix où les baby-boomers ont profité de salaires indexés sur une inflation à deux chiffres). Le mécontentement social risquerait de prendre rapidement des proportions incontrôlables.
Après, il reste la guerre. Fort heureusement, on en est loin. Encore qu’à voir la tournure que prennent les manifestations d’humeurs des opinions publiques allemande et grecque, on puisse s’interroger sur fondamentaux de la nature humaine.
PS : A lire aussi sur le sujet des dettes publiques des pays de la zone euro, le point de vue de Nouriel Roubini dans les Echos du 22 mars 2010.
Update : "Sortir de l'euro ? (version revisitée)"
----- -------- AUTHOR: TITLE: A quoi bon ? BASENAME: a-quoi-bon DATE: Sun, 21 Mar 2010 20:30:58 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: En quête de rupture CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Soirée électorale indigente sur TF1 avec Laurence Ferrrari uniquement préoccupée de questions de personnes (« Faut-il un remaniement ? », « François Fillon doit-il démissionner ? », « Un changement de gouvernement ? »), qui donne l'impression de piger pour Gala.
A quoi bon souligner que le succès de la gauche (relatif avec plus de 50 % d’abstention) fait le jeu de Martine Aubry, et donc de Nicolas Sarkozy pour 2012, qui peut espérer que cela réduit d’autant les chances de come-back de Dominique Strauss-Kahn ?
A quoi bon se demander ce que le chômeur de longue durée ou le salarié licencié pour cause de crise économique mondiale ont pensé des discours convenus des représentants des partis politiques sur le plateau de la première chaîne d’information ?
Bon allez, je zappe pour « Coup de foudre à Notting Hill » sur W9. Au moins, c’est frais et plein d’espoir.
----- -------- AUTHOR: TITLE: De l’indignation BASENAME: de-l-indignation DATE: Wed, 03 Mar 2010 19:18:33 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Des hauts et des bas (débats ?) d'humeur CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Dans un récent numéro du Point (n° 1949 du 21 janvier 2010), ramassé dans le RER (habitude de papivore dont se gaussent mes enfants), je lisais il y a quelques jours la chronique de Patrick Besson où il formulait, de façon délicieusement drôle, ses « Conseils à Miss France » au cas où elle serait amenée à faire un stage dans les services du Point.
Quand soudain je tombe sur cette phrase : « Pas trop d’indignation, arme facile qui finit par peser lourd au bout du stylo. »
Voilà que, tout à coup, un malaise me saisit, le doute m’envahit, la honte me pétrifie. Car que sont ce blog et « Ras-le-bol », si ce ne sont des blocs d’indignation ? De l’indignation brute, à vif, de l’indignation bénévole, désintéressée, peut-être d’origine névrotique, mais de l’indignation quand même.
Et de me sentir jugé, condamné et cloué au pilori par cette phrase d’une figure en vue de la vie éditoriale et littéraire française. Et même prêt à m’autoflageller, me disant tout à coup que « oui, c’est vrai, l’indignation c’est facile, ça n’apporte rien etc ».
Les heures et les jours aidant, et comme il m’arrive de réagir en escalier, j’en arrive finalement à la conclusion que Patrick Besson se place dans une posture d’intellectuel éditorialiste, une posture sans doute inévitable dans sa situation, mais une posture quand même. Ce qui n’enlève rien à son talent et surtout à l’esprit dont il fait preuve dans ses chroniques.
Même si « l’indignation est le déplaisir que nous cause l'idée du succès de celui que nous en jugeons indigne » (Stendhal), même si elle s’exprime toujours au risque de la facilité, l’indignation ne reste-t-elle pas indispensable, et même légitime, en ces temps où le double salaire d’Henri Proglio et les bonus bancaires à plusieurs zéros disputent les feux de l’actualité économique aux faillites et aux plans de licenciement ?
Et qu’étaient Beaumarchais ou Mirbeau (mes deux modèles, sans conteste plus doués que moi) sinon des champions de l’indignation ?
Allez, je m’en retourne à mon projet de second roman. Je vais essayer d’y mettre plus de sexe et moins d’indignation. Ça m’aidera peut-être à trouver un éditeur quand il sera terminé.
----- -------- AUTHOR: TITLE: Xavier Bertrand tombe le masque BASENAME: title-1 DATE: Thu, 04 Feb 2010 08:08:42 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Des hauts et des bas (débats ?) d'humeur CATEGORY: TAGS: ----- BODY:<
Clash Xavier Bertrand
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Profitant de son indéniable aisance médiatique, Xavier Bertrand s’est fait plaisir en humiliant Nicolas Totet, un journaliste du Courrier Picard, qui serait bien inspiré de se faire offrir une formation d’art oratoire par son employeur.
Je ne maîtrise pas les arcanes et les dessous de la vie politique saint-quentinoise (il semblerait que, des deux canards locaux, le Courrier Picard ne soit pas le plus favorable à la majorité municipale) et il y a peut-être entre ces deux hommes matière à règlement de comptes.
Mais on n’a jamais vu un gentleman régler ses comptes sur un terrain où la supériorité lui est acquise.
Encore l’aurait-il fait sous le coup d’une vraie colère. Mais à son ton posé et à son sourire satisfait de voir se décomposer en direct ce journaliste, on subodore vite que la correction était préméditée.
Surtout, Xavier Bertrand s’est trompé d’époque.
Maintenant que des banquiers et des traders assoiffés de bonus à plusieurs zéros ont failli faire sauter la planète économique, les valeurs en hausse sont la simplicité, la modestie, la courtoisie et la gentillesse.
Oh, bien sûr, ce n’est qu’une mode qui ne résistera pas longtemps aux penchants naturels de l’être humain, à un taux de chômage de 10 % et à l’appât du gain.
Et puis, tout le monde aura oublié cette arrogance d’anthologie en 2017 ou 2022. Xavier Bertrand n’a guère de souci à se faire.
Mais quand même.
On se doute bien que pour être arrivé là où il est, qui plus est en si peu de temps, Xavier Bertrand n’est pas un Bisounours. Je ne suis pas certain pour autant qu’il gagne quelque chose à étaler ainsi le fonds de son âme.
----- COMMENT: AUTHOR: des pas perdus [Visiteur] DATE: Sat, 27 Feb 2010 21:27:25 +0000 URL: http://www.despasperdus.com Il ne m'était pas déjà sympathique... Je n'aimerai pas être un de ses collaborateurs... ----- COMMENT: AUTHOR: doriginehumaine [Visiteur] DATE: Sun, 14 Feb 2010 14:38:29 +0000 URL: Le grand aristocrate souffletant le roturier du Courrier Picard ayant eu l’audace de lui poser une question pertinente et de lui dire combien le peuple souffre de cette politique permettant aux détent ----- -------- AUTHOR: TITLE: Crise de versatilité BASENAME: crise-de-versatilite DATE: Sat, 09 Jan 2010 04:24:42 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Des hauts et des bas (débats ?) d'humeur CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Au risque de la versatilité, je me ravise finalement pour un nouveau dernier billet.
D’abord pour me livrer à l’exercice des vœux, habituel en ce début d’année, et surtout pour vous confier quelques réflexions, qui me sont venues à l’esprit pendant les congés pris à l’occasion des fêtes de fin d’année, sur ce que nous promet 2010.
Cette volte-face ne m’affecte guère. Il y a quelques mois maintenant que j’ai renoncé à tout espoir de cohésion éditoriale sur ce blog. Depuis que je ne l’alimente plus régulièrement faute de temps, il connaît le sort de toutes les jachères. Il appartient désormais aux friches numériques, aux vestiges d’Internet. Le souci, c’est que ces vestiges numériques, contrairement à leurs homologues antiques, commencent à être tellement nombreux qu’ils doivent perdre de leur intérêt.
Je post-daterai donc le précédent billet annonçant un nouvel entracte pour une durée indéterminée après avoir laissé vivre quelques jours ce nouvel avatar, et le tour sera joué.
Donc :
1/ Je vous souhaite, ainsi qu’à ceux qui vous sont chers, une année 2010 très heureuse. Je vous souhaite surtout que cette nouvelle année vous voie en bonne santé. Portez-vous bien, c’est largement suffisant, le reste suivra pour ceux qui veulent s’en donner la peine.
NB : Je suis conscient que cette dernière remarque peut avoir des relents un peu libéraux aux yeux de certains, mais je l’assume pleinement. Même si je considère que les inégalités se creusent de façon excessive et inconsidérée depuis trois décennies, au risque de mettre en péril un jour notre vie en commun, et qu’il est nécessaire de corriger ces inégalités (thème rabâché encore récemment ici), je reste aussi convaincu de la suprématie de l’économie de marché et du mérite individuel. L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt ou qui se couchent tard (ou qui ont des insomnies…), en tout cas à ceux qui sacrifient une partie de leur sommeil à leur travail.
2/ Alors, à quoi peut-on s’attendre en 2010 ?
Outre une sortie de crise laborieuse, pour cause d’une part d’effet-retard en termes d’emploi (qui continuera à pâtir de la crise alors que les indices boursiers, CAC 40 en tête, sont à la fête depuis mars dernier grâce à l’abondance de liquidités mises à disposition des croupiers bancaires par les banques centrales) et d’autre part de capacités de production irrémédiablement perdues (sujet déjà évoqué ici), la principale préoccupation pour 2010 concerne à mon avis le risque souverain, i.e. la possibilité pour les Etats de continuer à lever des milliards d’euros (ou de dollars) auprès des investisseurs pour financer des déficits massifs, décuplés par la crise financière et les plans de relance pour en sortir.
2010 sera-t-elle l’année où des Etats feront faillite ? On pense évidemment aux désormais fameux « PIGS » (Portugal, Irlande, Grèce, Spain), mais à voir la situation financière de plusieurs Etats des Etats-Unis, on peut se demander si le risque reste vraiment circonscrit aux pays « Club Med » de l’Union Monétaire Européenne.
« On ne meurt pas de dettes, on meurt de ne plus pouvoir en faire », la citation de Céline (il ne s'est pas toujours fourvoyé) qui sert de based-line à ce blog, sera-t-elle l’antienne de l’année 2010 ?
Avant de figurer en tête de ce blog, cette citation se trouve surtout en exergue de « Ras-le-bol », roman qui, rappelons-le, imaginait en France ce qui se passe actuellement en Grèce : une dégradation du rating de la dette de l’Etat entraîne des difficultés de financement et une hausse du coût de la dette ; cette détérioration des conditions de financement force le gouvernement à prendre des mesures impopulaires, notamment en termes de réduction des dépenses publiques, ce qui a pour effet de jeter la population dans la rue.
Et encore, ça, c’était en 2005, quand on ne parlait pas encore trop des bonus des traders. Alors maintenant, vous imaginez : si le gouvernement, acculé à la rigueur financière sous la pression des marchés financiers, vient expliquer un jour à des millions de salariés et de fonctionnaires qu’il n’a pas d’autre choix que d’augmenter les impôts et de couper dans les dépenses et qu’ils vont devoir se serrer la ceinture, alors que quelques milliers de traders se seront partagés des dizaines de milliards d’euros de bonus grâce à l’excellent cru 2009 sur les marchés financiers, c’est l’émeute assurée.
Pour mémoire, la dernière fois que la dette publique a atteint des sommets en France en temps de paix, c’était en …1788 ! Et à l’époque, c’est pour trouver une solution et sortir de cette montagne de dettes qu’ont été convoqués les Etats Généraux. Avec les suites que tout le monde connaît, qui ont conduit en 1797 à l'annulation des deux tiers de la dette publique.
PS : Je viens de réaliser que le 1er et le 8 mai tombaient un samedi cette année. Un mois de mai sans ponts et sans week-ends prolongés dans un contexte de sujets qui fâchent, du genre réforme des régimes de retraites et plan de rigueur budgétaire, c’est la porte ouverte à toutes les aventures. Il ne manquerait plus qu’il fasse beau temps.
----- COMMENT: AUTHOR: des pas perdus [Visiteur] DATE: Wed, 27 Jan 2010 13:22:10 +0000 URL: http://www.despasperdus.com j'ai l'impression que c'est déjà l'aventure depuis 2007... ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Wed, 13 Jan 2010 20:19:27 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Ponctuellement, Aetius, ponctuellement...Une deuxième fois. Et à nouveau pour une durée indéterminée.


Les résultats du sondage TNS Sofres réalisé pour Altedia (les Echos du lundi 30 novembre) illustrent, s’il en était encore besoin, le malaise de la grande majorité des salariés, qu’ils appartiennent au secteur privé ou à la fonction publique.
Avec six salariés sur dix pour estimer que, dans leur entreprise (ou dans leur administration, le malaise est le même chez les fonctionnaires et salariés du secteur public), les intérêts de leurs dirigeants ne vont pas dans le même sens que les leurs et que les écarts de rémunération ne sont pas justifiés, avec quatre salariés sur cinq qui considèrent que les intérêts des entreprises et des dirigeants ne coïncident pas avec ceux des salariés, et un salarié sur trois jugeant légitime le recours à la force par les salariés pour faire aboutir leurs revendications, il y aurait de quoi se poser des questions sur le fonctionnement disharmonieux des entreprises et des administrations.
Pas pour Laurence Parisot, qui continue d’affirmer contre toute évidence qu’il n’y a pas de divorce entre les entreprises et leurs salariés. Mais un tel déni de la réalité n’étonnera personne de sa part.
Mécontentement du fait de l’insuffisance de rétribution et de reconnaissance, sentiment d’injustice face aux milliards de dollars et d’euros de profits, aux millions de dollars et d’euros de bonus, de parachutes dorés et de stocks-options, voilà bien la réalité du sentiment de nombre de salariés à l’égard du traitement qui leur est réservé par leur employeur. Même s’ils ne l’expriment pas forcément sur leur lieu de travail par crainte du chômage et du déclassement qui s’ensuit, ce qui contribue à entretenir les illusions de Madame Parisot.
Il faut avouer que la farce est un peu grosse.
Après la décennie des années quatre-vingt marquées par les restructurations industrielles et l’apparition du chômage de masse, les salariés ont vécu la première moitié des années quatre-vingt-dix dans la récession et la crise immobilière et la seconde moitié dans le boom économique lié à l’apparition des nouvelles technologies (Internet, téléphone mobile), avant de voir exploser une première bulle financière.
Cela a été pendant toutes ces années le même leitmotiv de dégraissages et de modération, voire de restriction, salariale. Et pendant le court répit de la fin des années quatre-vingt dix, alors que l’équipe de France de football gagnait encore élégamment ses matchs et que la croissance économique s’accélérait, les salariés n’en n’ont profité que sous forme de réduction du temps de travail, sans soupçonner que travailler moins les condamnerait à gagner autant, mais pas plus pendant de longues années. Il n’y a que le gouvernement, qui gagnait plus sans travailler plus, grâce aux fonds secrets et surtout aux recettes fiscales supplémentaires et imprévues qui allaient donner la fameuse affaire de la « cagnotte ».
Et là, cerise sur le gâteau, arrive la décennie des années deux mille, où, grâce au gonflement en douceur de la plus grosse bulle financière de tous les temps, les revenus d’une minorité explosent. Avec de l’argent à ne plus savoir quoi en faire, traders, joueurs de foot, patrons et dirigeants d’entreprises acteurs de cinéma, avocats d’affaires, animateurs de télévision étalent dans les magazines people leurs villas de luxe et de rêve et leurs yachts toujours plus grands chaque été, pendant que le plus grand nombre obtient au mieux une augmentation de salaire trop chiche pour compenser l’inflation et surtout l’envolée des prix de l’immobilier.

Et ce n’est pas fini.
Car il faudra bien payer l’addition de la crise financière. Et qui va le faire, si ce ne sont les salariés, c’est-à-dire vous et moi, directement sous forme d’augmentation des impôts, de déremboursement de soins et de réduction des allocations diverses, et indirectement parce que les entreprises réduiront leur masse salariale en cas d’augmentation de leurs charges ?
Il reste donc bien un marché (politique) à prendre entre Olivier Besancenot et Nicolas Sarkozy, entre le PS et le FN, entre Europe Ecologie et le Modem, une demande à satisfaire pour plus d’équité et de justice dans la répartition des richesses au sein de la société tout en préservant la viabilité économique et la pérennité des entreprises.
Et l’offre en face a bien du mal à répondre à la demande.
Besancenot a les bons accents, mais l’électorat sent sans doute confusément que ses solutions (interdire les licenciements etc) n’en sont pas et nous condamneraient à jouer un mauvais remake de l’Union Soviétique avec ses files d’attente devant des étals de magasin vides.
Le Front National est un défouloir mais restera toujours, du fait de l’expérience nationale de l’Occupation et de la collaboration, un épouvantail trop repoussant qui fera voter ensemble au deuxième tour électeurs de droite et sympathisants de gauche.
Le Parti Socialiste a toujours été dans l’exercice du pouvoir plus gestionnaire que réformiste, du fait sans doute de sa culture qui noie les convictions fortes dans les synthèses de fin de congrès, et ce n’est pas dans son état actuel qu’il semble en mesure de produire un leader charismatique capable de concilier la compétitivité des entreprises avec la nécessaire reconstruction du tissu et de la cohésion sociales dans un contexte de régimes de retraite en faillite potentielle et d’un Etat tellement vivant tellement au-dessus de ses moyens qu’il se trouve à la merci des investisseurs internationaux en emprunts publics.
Europe Ecologie porte l’étendard de préoccupations légitimes mais qui semblent trouver plus facilement des traductions au niveau local que pouvoir constituer un projet de gouvernement sur le plan national.
Bayrou a bien saisi cet air du temps, cette demande pour plus de justice et d’équité, et se pose en défenseur des petits, mais il lui manque une organisation qui ne se fasse pas broyer aux élections par la logique du système majoritaire à deux tours qui favorise le bipartisme.
Nicolas Sarkozy aurait pu fournir la bonne réponse, avec son « travailler plus pour gagner plus » et sa défense de « la France qui se lève tôt ». Mais il s’est renié au moins trois fois en allant s’empêtrer dans le bling-bling du Fouquet’s, du yacht de Bolloré et de son remariage avec Carla Bruni, et surtout il traîne un bouclier fiscal devenu un boulet moral. Et quoique son volontarisme récent sur les bonus des traders puisse lui redonner un regain de popularité, ce n’est pas son virage jacobin sur fond de crise financière qui semble suffisant pour infléchir des pratiques, destructrices en termes de cohésion sociale, de la part des entreprises.
Il reste donc un positionnement politique à occuper, à cheval entre gestion rigoureuse des finances publiques et redistribution des richesses, entre préservation de la compétitivité des entreprises et préoccupations sociales, entre efficacité économique et justice sociale.
Concilier des exigences aussi contradictoires ira à l’encontre de tellement d’intérêts catégoriels et corporatistes que l’on peut légitimement se demander si cela est compatible avec notre système de représentation et de libertés publiques qui favorise le clientélisme électoral à court terme (question d’efficacité politique que se posait déjà Hobbes au XVIIème siècle).
Sauf à trouver cette troisième voie, qui réconcilierait les Français entre eux et avec l’économie de marché, mais qui semble pour l’heure bien chimérique, le risque reste donc bien d’un statu quo, qui ne pourra que creuser un peu plus les inégalités entre une minorité de privilégiés et une gigantesque classe moyenne salariée en voie de paupérisation (phénomène accéléré par l’effet générationnel et la croissance molle que nous promet la sortie de crise). Et on ne voit pas comment ce lent pourrissement ne mènerait pas inexorablement à une explosion sociale. En émergeront alors peut-être, avec ou sans 18 Brumaire, les conditions d’une reconstruction harmonieuse de la vie en commun.
PS : J’avais intitulé ce billet « Qui sera l’Elu ? » mais cela fleurait un peu trop les midichloriens et la mystique de l’homme providentiel, dont je reste pourtant convaincu qu’elle reste, à défaut d’avoir été un véritable fait de l’Histoire, un ressort de la psychologie des masses.
----- -------- AUTHOR: TITLE: Vaccination contre la grippe A : selon où tu résides… BASENAME: vaccination-contre-la-grippe-a-selon-ou DATE: Tue, 24 Nov 2009 05:30:19 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Des hauts et des bas (débats ?) d'humeur CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Pour ceux qui auraient décidé de se faire vacciner contre la grippe A / H1N1 (je ne ferai pas de prosélytisme dans un sens ou dans l’autre, chacun doit décider en son âme et conscience me semble-t-il), on peut d’ores et déjà prévoir une rupture d’égalité dans l’accès au vaccin selon que l’on réside à Paris ou ailleurs.
A titre d’exemple, voici une comparaison des horaires d’ouverture des centres de vaccination mis en place par le gouvernement à Paris et dans les Hauts-de-Seine (mais on peut multiplier les exemples en cliquant sur la carte de France).
Selon les chiffres de l’Insee, les Hauts-de-Seine sont le quatrième département le plus peuplé de France (plus de 1,5 millions d’habitants) après Paris (2.181.371 habitants), les Bouches-du-Rhône et le Rhône.
Les horaires d’ouverture des centres de vaccination pour le mois de novembre dans les Hauts-de-Seine sont les suivants :
- jeudi 12 novembre de 15 h à 17 h 30
- Vendredi 13 novembre de 14 h à 19 h 30
- Samedi 14 novembre de 10 h à 12 h 30
- Vendredi 20 novembre de 14 h à 19 h 30
- Samedi 21 novembre de 10 h à 12 h 30
- Vendredi 27 novembre de 14 h à 19 h 30
- Samedi 28 novembre de 10 h à 12 h 30
Soit pour 36 centres, un total d’heures d’ouverture de 26,5 heures x 36 centres = 954 heures sur le mois de novembre.
Pour les habitants de Paris (on ne peut se faire vacciner que dans sa commune de résidence), les horaires d’ouverture des centres de vaccination pour le mois de novembre sont les suivants
- jeudi 12 novembre de 12h00 à 19h30
- vendredi 13 novembre de 11h à 19h30
- samedi 14 novembre de 13h30 à 16h30
- à compter du lundi 16 novembre : les lundis de 12h15 à 19h30, du mardi au vendredi de 8h15 à 19h30 et les samedis de 10h00 à 13h00
Soit pour 12 centres, un total d’heures d’ouverture de 136,75 heures x 12 centres = 1.641 heures.
En d’autres termes, avec une population inférieure de seulement 30 %, les Hauts-de-Seine ont droit à des centres de vaccination ouverts à 42 % moins longtemps. Sans parler de l’incommodité des horaires.
En sachant que cela commence à être la cohue en ce début de semaine dans les centres de vaccination parisiens maintenant que la petite phrase lâchée par Roselyne Bachelot («Des gens vont mourir parce qu'ils ne seront pas vaccinés.») fait son effet, les centres de vaccination des Hauts-de-Seine (et d’ailleurs), qui ne seront désormais ouverts que vendredi après-midi et samedi matin prochains risquent fort d’être pris d’assaut. Brice Hortefeux peut prévoir d’y dépêcher quelques CRS pour éviter des bousculades prévisibles.
----- COMMENT: AUTHOR: film streaming [Visiteur] DATE: Sun, 04 Apr 2010 13:12:24 +0000 URL: http://www.streamingdefilms.com/ On fera la meme polemique l'année prochaine sur le virus de la grippe saisonniere... ----- COMMENT: AUTHOR: Jeux de voiture [Visiteur] DATE: Sat, 06 Feb 2010 15:29:52 +0000 URL: http://www.jeux-voiture-moto.com Au final tant de polémique pour ça ! Le virus de la grippe A étant encore moins meurtrier que celui de la grippe saisonnière. Le grand perdant dans cette affaire est l'État avec son stock de 70 millio ----- -------- AUTHOR: TITLE: De l’emploi dans les collectivités locales BASENAME: de-l-emploi-dans-les-collectivites-local DATE: Wed, 11 Nov 2009 19:32:49 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Déficits publics CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Je referme le supplément Economie du Monde, journal que j’ai délaissé depuis quelques années pour la lecture quotidienne des Echos. Ce n’est pas que ce soit moins chiant les Echos, mais c’est de meilleure tenue pour tout ce qui est économique et social.
Je dois avouer que je suis assez étonné (effaré serait même plus juste) par ce que révèle la lecture attentive des pages Emplois de ce supplément Economie.
Dans les trois maigres pages d’offres d’emploi (c’est pire dans les Echos) comptant une quinzaine d’offres d’emploi , on n’en trouve pas moins de douze émanant de collectivités locales (ou d’établissements publics en dépendant) :
- Ville de Mâcon : un Responsable de la Communication Ecrite
- Communauté de communes d’Haguenau : un Directeur Général Adjoint (H/F) en charge du pôle Aménagement et Territoire Durable
- Région Rhône-Alpes : un Directeur(trice) de l’Enseignement Supérieur
- Conseil Général de la Sarthe : un journaliste H/F
- Conseil Général d’Indre-et-Loire : un Directeur Général des Services H/F
- Opéra de Lille : un Directeur Administratif et Financier (H/F)
- Ville de Bagnolet : un Directeur(trice) Financier
- Collectivité du Grand Ouest non précisée : Directeur(trice) des Affaires Culturelles
- Conseil Général non précisé : Directeur(trice) des Infrastructures et des Déplacements
- Ville de Laval : Directeur des Ressources Humaines H/F
- Ville de Laval : Directeur Général Adjoint Développement solidaire H/F
- Office franco-allemand pour la jeunesse : un Chargé de projet « Recherche et Evaluation » (H/F)
Il faut évidemment se réjouir qu’il y ait encore quelques recrutements dans le pays, mais leur concentration dans les collectivités locales ne va pas sans susciter quelques questions et réflexions. En vrac :
=> Le Monde ne serait-il plus lu que par les cadres du secteur public ?
=> S’agit-il de créations de poste ou de remplacement ? Dans le second cas, où sont donc partis ceux qui occupaient ces postes ?
=> Quid de la promotion interne ?
=> Je ne savais pas qu’il y avait autant de mobilité professionnelle en permanence dans la fonction publique territoriale…
=> Que reste-t-il aux élus ? A Bagnolet par exemple, que fera l’adjoint au Maire en charge des Finances une fois qu’il aura recruté un Directeur Financier ? Il convient certes que les élus puissent s’appuyer sur l’expertise d’une administration, mais la gestion financière de Bagnolet est-elle si complexe qu’il faille un spécialiste en plus de l’adjoint en charge des Finances ?
=> Ce foisonnement d’offres est symptomatique des recrutements massifs effectués par les collectivités locale, au prétexte des missions transférées par l’Etat (mais alors, les personnels concernés n’ont pas tous été transférés ?).
Et il illustre bien pourquoi le gouvernement cherche à mettre à la diète les collectivités locales en réformant la taxe professionnelle.
A l’heure où les entreprises sont à la diète en matière de recrutement et où les ressources fiscales se tarissent pour cause de crise économique et financière, les collectivités locales continuent de mener grand train, notamment en matière de recrutement, annihilant de fait les efforts de Monsieur Woerth en matière de réduction des effectifs…
----- -------- AUTHOR: TITLE: Business as usual…? BASENAME: business-as-usual DATE: Thu, 05 Nov 2009 05:07:30 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Liberté, inégalités, rentabilité CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Une citation à méditer avant une nouvelle pause pour une durée indéterminée ? :
"L’esprit de révolte fait des progrès et je m’étonne que les misérables ne brûlent pas plus souvent la cervelle aux millionnaires qu’ils rencontrent."
C’était en …1891, dans une interview donnée par Octave Mirbeau
à Jules Huret et parue dans l’Echo de Paris du 22 juin de cette année-là.
1891, c’est aussi l’année de la publication de L’Argent par Emile Zola…
C’était il y a plus d’un siècle donc, à une époque de scandales financiers en tout genre, d’affaires de corruption et de spéculation effrénée : canal de Panama, krach de l’Union Générale, scandale des décorations etc.
Les effets de la première mondialisation ?
Toute ressemblance d’évènements ultérieurs au début du troisième millénaire ne pourrait être que fortuite…
Plus d’un siècle plus tard, Michael Moore a pris le relais d’Octave Mirbeau pour dénoncer les travers du capitalisme bourgeois dans son dernier film Capitalism : A love story (dans les salles le 25 novembre), et semble y déceler le même esprit de révolte chez ses compatriotes du bas de l’échelle américaine ruinés par la créativité financière de certains banquiers.
Ces mêmes travailleurs du bas de l’échelle devraient l’avoir encore plus mauvaise à l’annonce des bonus qui seront versés au titre de 2009 aux banquiers qui ont provoqué faillites et licenciements en masse.
N’est pas Beaumarchais qui veut. Comme pour Octave Mirbeau, les dénonciations de Michael Moore risquent fort de rester lettre morte tant le système a tendance à l’emporter sur des individus résignés sur leur sort. Et les rares fois où ce n’est pas le cas, on a à faire à des cataclysmes comme en 1789 ou en 1917.
Alors qu’en sera-t-il cette fois ? Les classes moyennes et populaires avaleront-elles la très très grosse couleuvre de la privatisation des profits (sous forme de bonus, stocks-options, golden parachutes, retraites chapeau) au bénéfice d’une petite minorité et de la collectivisation des pertes et des déficits (au travers des faillites, plans sociaux, déremboursements de soins et bientôt sans doute hausse des impôts sur les ménages) mises à la charge du plus grand nombre ?
A suivre au prochain épisode…
----- -------- AUTHOR: TITLE: Considérations incongrues sur la crise économique et financière (3) BASENAME: considerations-incongrues-sur-la-crise-e-3 DATE: Fri, 23 Oct 2009 04:41:09 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Situation économique CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Troisième considération incongrue : malgré l’activisme (louable) dont a fait preuve notre Nicolas Sarkozy de Président en vue du G20 de Pittsburgh pour limiter les excès en matière de bonus bancaires, la question reste posée de la pertinence de la réglementation bancaire et financière actuelle.
En effet, si la présence de « spéculateurs » (intervenant dans la sphère financière indépendamment d’une quelconque activité dans la sphère réelle) est indispensable pour assurer la liquidité et l’efficience des marchés financiers, il n’est plus concevable, dans des économies dont un des fondements est la confiance, que les banques continuent de jouer au poker l’argent de leurs clients entreprises et particuliers qui n’ont rien demandé et qui doivent ensuite éponger les pertes de jeu de leur banque en tant que contribuables.
Et il est temps de se poser la question d’une stricte séparation des activités bancaires entre les activités pour compte de tiers (banque de détail et banque de financement et d’investissement pour le compte des entreprises) et les activités pour compte propre que sont le trading et l’arbitrage directionnel.
A l’instar de ce qui existait à une époque sur le Marché à Terme d’Instruments Financiers de Paris (le Matif), des Négociateurs Individuels du Parquet, les NIP, qui intervenaient pour leur compte personnel et assuraient la liquidité en se portant contrepartie sur leurs deniers propres, pourquoi ne pas réserver le trading et l’arbitrage directionnel à des établissements spécialisés dont le capital social ne pourrait être détenu que par des personnes physiques ?
Les traders et autres arbitragistes transformés en actionnaires pourraient ainsi encaisser les profits de leur activité en toute tranquillité dès lors qu’ils assument aussi les pertes éventuelles.
Par ailleurs, nombre de particuliers fortunés qui ont investi leur patrimoine dans le private equity ou dans les fonds Madoff doivent avoir envie de se refaire et pourraient trouver un intérêt à faire partie du tour de table de ces établissements.
Enfin, cela éviterait aux banques, cantonnées à leurs activités traditionnels de crédit et de services aux entreprises et aux particuliers, de reproduire leurs errements récents et de mettre une nouvelle fois en péril l’économie de la planète.
Faute de réponse appropriée évitant que la spéculation effrénée reprenne comme si rien ne s’était passé, les excès en matière de profits et de bonus bancaires continueront d’alimenter le fonds de commerce d’un Olivier Besancenot ou de tout autre extrémiste charismatique du même acabit qui réussira à attiser le ressentiment des millions de salariés qui n’ont pas profité de la bulle financière mais qui ont pâti de son éclatement.
Ce qui est bien dommage car, quels que soient l’avidité et la cupidité de quelques-uns, l’économie de marché reste, pour paraphraser Winston Churchill, le pire des systèmes à l’exception de tous les autres. Et celui qui a assuré la prospérité qui permet encore à beaucoup d’entre nous de s’offrir un Iphone et d’aller voir Mylène Farmer en concert.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Thu, 05 Nov 2009 16:44:35 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Guillaume,Conséquence certes moins visible que les gros 4 x 4 qui ont envahi les rues ces dernières années, sans doute parce que moins avouable...
Il ne s’agit pas ici de porter un jugement moral sur ce phénomène (la prolifération des escort girls, pas celle des 4 x 4...) Je laisse cela aux autorités bien-pensantes. Il s'agit seulement de faire le constat et l’analyse sur le strict plan économique de cette augmentation de l’offre dans le plus vieux métier du monde. Heureusement, les vicissitudes de la conjoncture économique devraient venir au secours des tenants de l’ordre moral en décourageant un certain nombre de vocations d’escort girls.
Voire. Parce qu’à voir ce que continuent de gagner les joueurs de foot, dont les salaires mirobolants ne semblent pas subir l’effet de la crise (peut-être après la prochaine attribution des droits de retransmission…) ou les bonus que s’apprêtent à encaisser de nouveau les traders et autres arbitragistes pendant que le chômage ne finit pas d’augmenter, on peut se demander si la crise a servi à quelque chose.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Fri, 23 Oct 2009 04:30:58 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Merci Loïc, mais comme précisé à Laurent, les nécessités du quotidien risquent de faire loi... ----- COMMENT: AUTHOR: sOuL [WwX] [Visiteur] DATE: Thu, 22 Oct 2009 21:05:00 +0000 URL: Bonsoir Denis,Réouverture temporaire de ce blog le temps de deux ou trois réflexions sur la pire crise économique et financière depuis la Grande Dépression des années 1930. Quelques observations manifestement incongrues semblent en effet ne pas (pas encore ?) avoir été faites par nos illustres experts qui s’échinent à expliquer les origines d’une crise que la plupart d’entre eux n’ont pas su prévoir.
Première considération incongrue : et si la crise financière, avec le cortège de faillites et de suppressions d’emplois qui s’en est ensuivi, n’avait finalement constitué que le coup de grâce pour des activités condamnées et maintenues en survie artificielle depuis plus de vingt ans à coup de subventions publiques et d’exonérations de charges face à la concurrence des pays émergents à bas coût de main d’œuvre ?
Car, sur la même période qui a vu General Motors frôler la liquidation, des centaines de PME disparaître et des centaines de milliers d’emplois détruits, pour beaucoup dans les industries dites traditionnelles (sidérurgie, mécanique, automobile), les ventes de netbooks, ces mini-PC avec un abonnement Internet sans fil, ont doublé, Apple a écoulé 26 millions d’Iphone et Mylène Farmer a vendu en moins de deux heures les 150.000 places d’une deuxième date de concert au Stade de France.
Tout le monde n’est donc pas concerné de la même façon par la crise. Les destructions d’emplois sont évidemment dramatiques pour ceux qui en sont les victimes. La perspective de voir les traders toucher à nouveau des bonus pharamineux en apparaît d’autant plus scandaleux (tout comme le bouclier fiscal d’ailleurs, qui évitera aux plus aisés de payer l’addition quand viendra l’heure des hausses d’impôts, faut-il le rappeler à notre Président qui s’est fait fort à propos le héraut de la légitime croisade anti-bonus ?). Comme l’a fort justement souligné Juan SOMAVIA, Directeur Général de l’Organisation Internationale du Travail, "les conséquences de la crise sont largement mutualisées, alors que les bénéfices de la croissance précédente, eux, étaient très concentrés". Il semble que les bénéfices de la reprise soient eux aussi très concentrés…
Il n’en reste pas moins que les destructions d’emplois industriels résultent aussi d’un ajustement inéluctable à la nouvelle division mondiale du travail qui voit les économies émergentes prendre le pas dans les activités industrielles traditionnelles de base tandis que les économies des pays de l’OCDE s’orientent de plus en plus vers les industries de pointe ou à forte valeur ajoutée, l’information, la communication et l’entertainment. En d’autres termes, si des entreprises (certaines des agences immobilières par exemple ?) qui ont sombré avec la récession, pourront renaître un jour de leurs cendres avec le retour de l’expansion économique, il est à craindre que les sites de productions industrielles de base qui ont dû fermer leurs portes ne les rouvrent jamais.
Il aurait peut-être été préférable, au cours des deux dernières décennies, d’investir une partie des dizaines de milliards d’euros engloutis pour mettre sous perfusion des activités condamnées à disparaître du fait de la concurrence des pays à bas coût de main d’oeuvre, dans des actions de formation lourde permettant de préparer la reconversion des salariés concernés. Et l’idée de grand emprunt pour financer des dépenses d’avenir devrait du coup sembler moins incongrue.
----- -------- AUTHOR: TITLE: Mise en veille prolongée BASENAME: mise_en_veille_prolongee DATE: Wed, 09 Jul 2008 20:26:24 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Le Temps d'Agir CATEGORY: TAGS: ----- BODY:
Ce n’est pas la tentation de Venise mais celle de Capri qui l'a finalement emporté pour une durée indéterminée. Presque deux ans et demi après l’ouverture de ce blog, je me résous à le mettre en sommeil sans toutefois le fermer.
Ce fût un vrai plaisir que de pouvoir apporter une modeste contribution au débat à l’occasion de la dernière élection présidentielle, et ce même si ce débat reste à mon sens très largement inachevé voire même à peine entamé, notamment en ce qui concerne les questions de l’assainissement des finances publiques et de la répartition et redistribution équitables des richesses créées par les entreprises.
Merci donc à tous ceux qui prirent le temps, régulièrement ou plus ponctuellement, de me lire, voire de réagir quitte à me contredire, contribuant ainsi à alimenter le débat par leurs commentaires.
Depuis quelques mois, les nécessités du quotidien et surtout de nouvelles fonctions professionnelles ne me laissaient plus le loisir de décortiquer l’actualité politique, économique et sociale pour mieux la décrypter. La fréquence et la qualité de mes billets s’en ressentaient. La fréquentation de ce blog aussi. J’ai en outre un deuxième projet d’écriture, dont je ne sais pas s’il aboutira (il y a peu d’élus en matière littéraire), mais je ne veux pas regretter un jour de ne pas l’avoir tenté.
Je délaisse donc ce blog pour une durée indéterminée, mais je le laisse ouvert car je reste convaincu que la situation ne pourra rester en l’état. Trop de déséquilibres dans les finances publiques et trop d’inégalités voire d’injustices dans le partage des richesses sont autant de réalités, financières pour les uns, sociales pour les autres qui finiront un jour ou l’autre par se rappeler à notre bon souvenir.
Portez-vous bien.
----- COMMENT: AUTHOR: Noel [Visiteur] DATE: Mon, 09 Nov 2009 13:56:38 +0000 URL: http://www.epicerie-coquine.com/ Quel dommage, bonne continuation. ----- COMMENT: AUTHOR: marie [Visiteur] DATE: Thu, 10 Jul 2008 16:24:29 +0000 URL: Je regrette déjà ce blog au moment où tout va mal...Personne n’est parfait ni inébranlable. Versac pas plus que les autres. Peut-être a-t-il mal interprété une ironie mi-figue mi-raisin de la part de Jean-Michel Apathie en guise d'introduction à un de ses billets. Peu importe. Le terreau était sans doute propice depuis quelques temps à la décision qu’il vient d’annoncer de cesser de publier sur versac.net. Lassitude du blogueur, surcharge de travail de l’entrepreneur sont des circonstances suffisamment atténuantes pour expliquer que deux méprisables étincelles médiatiques aient pu produire une décision aussi brusque qu’apparemment irrévocable. Quoi qu’il en soit et quoi qu’il puisse arriver (qui sait, les circonstances ramèneront peut-être Versac à son clavier un prochain jour), il faut saluer et remercier celui qui fût un des primus inter pares à contribuer à faire émerger une blogosphère politique indépendante, que ce soit en relayant d’autres blogs que le sien dans ses billets, par la fulgurance de ses analyses ou encore au travers de l’organisation d’un évènement comme la République des Blogs. Merci Versac, et portes-toi bien Nicolas.
----- COMMENT: AUTHOR: HASSELMANN [Visiteur] DATE: Fri, 18 Jul 2008 13:46:25 +0000 URL: http://www.libracteur.fr Bien vu et bien dit,Denis!La dette publique de la France a augmenté de 41,1 milliards d’euros au premier trimestre 2008.
Heureusement, Christine Lagarde et Eric Woerth nous annonce vouloir "stabiliser la dette publique à 63,9 % du PIB à la fin de l’année" grâce à des cessions d’actifs non stratégiques (un peu comme le particulier qui vend sur e-bay ses biens superflus pour arrondir ses fins de mois).
A 1.209,5 milliards d’euros, la dette publique représentait 63,9 % du PIB à fin 2007, d’où un PIB égal à 1.209,5 / 0,639 = 1.892,8 milliards d’euros.
Compte tenu de la prévision de croissance de Madame Lagarde pour 2008 (entre 1,7 et 2 %), on notera qu’une dette "stabilisée" à 63,9 % du PIB correspond implicitement à une dette de l’ordre de 1.230 milliards d’euros (PIB à fin 2007 + estimation de croissance 2008 multiplié par 63,9 %, soit 1.892,8 x 1,017 x 63,9 %).
Donc une dette "stabilisée" à 63,9 % du PIB en valeur relative (encore faut-il que la prévision de croissance se confirme), mais tout de même en hausse de 21 milliards d’euros en valeur absolue*.
Les critères de Maastricht (dette publique inférieure à 60 % du PIB ; déficits publics inférieurs à 3 % du PIB) ont ceci de pratique qu’ils permettent ce genre de sophisme. Certes, il fallait bien définir des normes applicables à tous les pays candidats à l’euro. Mais ramener la dette et les déficits publics au PIB pour les mesurer ne rend pas compte de leur évolution réelle.
Qui plus est, le rapport au PIB n’est pas des plus pertinents, en ce qu’il ne constitue pas une mesure des revenus de la sphère publique. C’est un peu comme si vous alliez à la banque solliciter un crédit immobilier et que votre banquier vous répondait qu’il va tenir compte non seulement de vos revenus mais aussi de ceux de votre famille pour prendre sa décision. C’est confortable pour vous qui sollicitez le crédit, c’est moins favorable pour le banquier qui tient compte de revenus dont vous ne disposerez pas. Il eût mieux valu retenir des critères du type dette publique / recettes publiques (donnant un nombre d’années de remboursement) et déficits public / recettes publiques. Parce qu’on a quand même vu un pays comme la Grèce aller jusqu’à relever son PIB en tenant compte d’une économie souterraine évaluée à 30 % dans le seul but d’augmenter le dénominateur des ratios et ainsi les améliorer sans faire baisser ni ses déficits ni sa dette. Une idée à creuser pour Nicolas Sarkozy ?
* On rappellera que 21 milliards d’euros correspondent à 137,7 milliards de francs et à 350 euros par Français (1.230 milliards d’euros, c’est 20.500 € par Français ou encore 47.000 euros par actif comme le rappelait encore récemment la Cour des Comptes).
NB : L’utilisation de la fonction "Prévisualiser" des commentaires est toujours à éviter si vous ne voulez pas voir disparaître le commentaire que vous vous serez échiné à taper.
----- COMMENT: AUTHOR: minerve [Visiteur] DATE: Sun, 06 Jul 2008 14:59:35 +0000 URL: Merci de votre réponse ,Denis .Versac a concocté une édition spéciale pour le deuxième anniversaire de sa République des Blogs avec émission de radio en direct, personnalités politiques et médiatiques et tout le tintouin. Merci à lui et rendez-vous donc demain soir pour ceux qui le souhaitent.
Y verra-t-on les nouveaux amis de Koz (dont il faut saluer le billet consacré au petit facteur) ? Ambiance assurée dans ce cas.
----- -------- AUTHOR: TITLE: Prévention et/ou répression ? BASENAME: prevention_et_ou_repression DATE: Mon, 23 Jun 2008 20:41:55 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Des hauts et des bas (débats ?) d'humeur CATEGORY: TAGS: ----- BODY:
Je ne résiste pas au plaisir de relayer la dernière campagne d’affichage de la Sécurité Routière. (extra, non ? Je n’ai pas regardé quelle agence a eu une telle idée, mais cela mériterait un prix). D’autant que c’est pour une bonne cause (meilleure en tout cas à mon sens que la publicité présidentielle et gouvernementale, dernière invention en date de notre Président).
Même si je ne suis pas convaincu que l’appel à la responsabilité de tous, même appuyé par des affiches et des clips extrêmement marquants, sera suffisant. Je ne suis pas sûr en effet qu’une partie de la population (masculine) ait une conscience suffisante pour y être sensible. Je me rends bien compte de ce que de tels propos peuvent avoir de politiquement incorrects, mais à force d’observer et d’écouter mes congénères dans la rue, dans les transports, en voiture etc, j’ai une vision de plus en plus pessimiste du caractère perfectible de la nature humaine et je me demande si je ne vire pas à une vision de la société digne de l’état de nature hobbesien, voire du Voyage au bout de la nuit célinien.
Sans aller jusqu’à mettre un policier derrière chaque Français, la peur du gendarme me semble un complément indispensable des campagnes de la Sécurité Routière, aussi efficaces puissent-elles être. Encore faudrait-il que le repérage des infractions soit efficace. Plutôt que de multiplier les contrôles radars sur les autoroutes par temps sec, je préfèrerais voir des contrôles radar dans les rues passantes de nos villes et villages, où un chauffard est plus dangereux à 80 km/h que moult conducteurs dépassant le 130 sur l’autoroute.
PS : n’oubliez d’aller acheter votre triangle de signalisation et surtout votre gilet jaune. En plus, après une telle pub, cela fera peut-être fureur cet été en boîte de nuit.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Wed, 02 Jul 2008 19:32:19 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Aetius,Comme tous les ans à la même époque, le 21 juin, c’est le jour de l’été, la fête de la Musique et … mon anniversaire ! Cette année, il est un peu plus marquant que les autres puisque je passe le cap des 40 ans. Bon d’accord, je ne les fais pas. Enfin pas trop, malgré quelques cheveux blancs de ci de là. L’étape est symbolique (la fin définitive de la jeunesse et l’entrée irréversible dans l’âge mûr ?), mais elle me laisse assez stoïque. Le fait de vieillir en soi ne me travaille guère, contrairement à d’autres (ma chère et tendre par exemple), puisque c’est assez inéluctable. Je suis plus sensible à la comparaison entre le temps écoulé et mes réalisations, personnelles et surtout professionnelles. Quand je vois ce que d’autres plus jeunes ont déjà réalisé… Je ne vous infligerai pas plus avant le bilan des 4 décennies qui s’achèvent, mon psy est là pour supporter toutes les semaines mes états d’âme à ce sujet, et lui, il est payé pour.
----- COMMENT: AUTHOR: pas perdus [Visiteur] DATE: Fri, 27 Jun 2008 09:57:27 +0000 URL: http://stefbac.free.fr/pas.perdus bon anniversaire la classe ! ----- COMMENT: AUTHOR: Fabriccio [Visiteur] DATE: Thu, 26 Jun 2008 21:09:10 +0000 URL: Normal qu'il ne fasse pas son âge.. Sans vouloir trop dévoiler de l'intimité de notre blogueur préféré, révélons tout de même que Monsieur Castel s'astreint à un jogging hebdomadaire (minimum), à quel ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Wed, 25 Jun 2008 16:02:16 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Comment sais-tu que je fais mon âge Aetius ?Ce n'est pas ce que disent les filles ;-D ----- COMMENT: AUTHOR: Aetius [Visiteur] DATE: Wed, 25 Jun 2008 11:03:52 +0000 URL: Ah ce Fabriccio, quel faux derche !Alors que la blogosphère politique plus ou moins indépendante semble frappée d’une glaciation progressive (certains blogs subsistent encore mais sont aussi animés que les rues d’une station balnéaire bretonne en plein hiver – Décryptages, Frednetick ou Jusqu’ici, tout va bien –, d’autres ont tout bonnement disparu – Laurent Poujol, Potage Pékinois ou What's next – pour ne citer que ceux qui figuraient en lien sur ce site), trois irréductibles, ex-fidèles de Christian Blanc, ne se sont pas résignés et aspirent toujours à mettre en œuvre un réformisme à la fois équitable et qui ne soit pas de simple façade.
Les trois compères, que j’ai fréquentés quand mon activité professionnelle m’en laissait encore le temps, ont créé il y a quelques temps le site Libr'acteurs, poussant même la motivation et le désintéressement jusqu’à en faire un véritable mouvement sous forme d’association officiellement enregistrée et en mesure de recevoir les cotisations des adhérents. A ceux que désopilent, voire désolent, l’infaillibilisme sarkozien (oh, le joli néologisme, il faudrait le déposer celui-là), le vaudeville socialiste, l’isolement bayrouiste et la démagogie besancenote, et que démangerait l’envie de s’engager dans la recherche d’une nouvelle façon de penser et d’agir en politique, à la recherche de plus d’équité et de solidarité, la lecture de leur charte ouvrira peut-être des perspectives.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Wed, 25 Jun 2008 15:22:00 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Aetius,Dans un billet consacré au libéralisme (thème à la mode s’il en est en ce moment, surtout au Parti Socialiste…), un de mes camarades blogueurs, Honorgate, "[s]'autorise malgré [sa] modeste (dit-il, NdA) compréhension de ce monde, à constater que l'économie commande au politique" et se demande "qui gouverne actuellement le monde si ce n'est l'argent ?". Ces réflexions m’ont amené à ressortir du fatras de papiers qui peuplent ma sacoche, une pleine page des Echos que j’avais découpée et griffonnée de quelques annotations. Sous le titre "L’Europe va devenir supercapitaliste", Robert Reich, professeur à l’université de Berkeley et ancien ministre du Travail de Bill Clinton, y donnait une interview à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage. Il y livre sa vision (assez sombre, assez peu encourageante et que je partage largement) de l’évolution du capitalisme, et notamment de la façon dont les entreprises font de moins en moins de cas de tout ce qui peut être un obstacle (prix des fournisseurs, rémunérations des salariés lambda, impôts et charges sociales, protection de l’environnement) à la maximisation de leurs bénéfices.
Ce thème de la déviance du capitalisme, un éditorial des Echos, pourtant peu suspect de gauchisme échevelé, l’abordait encore cette semaine en se demandant qui sera le Karl Marx du XXIe siècle. Cela rejoint aussi une discussion que j’avais avec un de mes proches amis, élu récemment conseiller municipal (de gauche…) d’une ville de province et qui, de par ses compétences en matière économique et financière, se retrouve placé en première ligne dans les relations avec les entreprises. Il m’expliquait comment une entreprise ayant repris un site de production sur la ville moyennant force subventions des collectivités locales menaçait de fermer le site pour aller chercher ailleurs de nouvelles subventions et le dilemme qui s’ensuivait pour les élus locaux : céder au chantage à la délocalisation ou résister au prix de pertes d’emplois et donc de combustible pour le tissu économique local.
Pour que l’action et le pouvoir politiques ne se réduisent pas de plus en plus, dans les années à venir, au fatalisme et à la résignation face aux puissances économiques et surtout financières que sont les entreprises et les fonds d’investissement, qu’ils soient souverains ou spéculatifs, il est de plus en plus indispensable et urgent de donner une nouvelle dimension à la virtù qualité politique essentielle chère à Nicolas Machiavel (si injustement réduit à un théoricien du cynisme en politique).
Face à la fortuna de la mondialisation, opportunité autant que menace, et au pouvoir des détenteurs de capital, la seule lucidité quant à la nécessité d’agir et de prévenir les difficultés ne suffisent plus à nos Princes modernes. Et c’est là que la construction européenne pourrait (aurait déjà dû ?) prendre tout son sens et emporter l’adhésion de citoyens si défiants à son égard (non sans raison, tant cette construction communautaire peut apparaître depuis une vingtaine d’années comme ayant facilité l’émergence du capitalisme financier, que ce soit en instaurant la libre circulation des capitaux en 1990 ou au travers de la mise en place de l’euro et de l’Union Economique et Monétaire). Par exemple en limitant le dumping fiscal pratiqué par certains Etats membres (sans que pour autant, le laxisme budgétaire d’autres Etats membres – suivez mon regard – puisse s’en trouver légitimé). Ou en adoptant une imposition unique (il y a bien une monnaie unique) des rémunérations des grands patrons et des cadres dirigeants, ce qui permettrait d’éviter le chantage à la délocalisation des sièges sociaux, ainsi que des revenus du patrimoine et des plus-values en capital. Seul un front commun des gouvernements européens pourrait permettre de contrebalancer les nouveaux maîtres politiques que sont les puissances économiques et financières. On cherche pourtant vainement ce genre de préoccupation et les préconisations qui pourraient en découler dans le rapport Think Global – Act European que viennent de publier treize think tanks pour relancer la construction européenne. Avec le risque d'en arriver à chanter un jour comme l’a fait Serge Reggiani à propos d'une autre époque :
"Attirés par l'odeur du sang
Il en vint des mille et des cents
Faire carouss', liesse et bombance
Dans ce foutu pays de France
Jusqu'à c'que les hommes aient retrouvé
L'amour et la fraternité.... alors"
Patricia Russo, la Directrice Générale d’Alcatel-Lucent, se serait vue attribuer 800.000 stocks-options à un prix d’exercice de 3,80 euros. Information tout à fait plausible, le cours de bourse d’Alcatel-Lucent étant descendue largement sous les 4 euros en mars et l’autorisation donnée au Conseil d’Administration par l’Assemblée générale du 20 mai 2005 à consentir des options de souscription ou d’achat d’actions prévoyant que "le prix d’émission ou d’achat des actions […] ne pourra être inférieur à la moyenne des premiers cours cotés de l’action sur le marché Euronext Paris au cours des vingt séances de bourse précédant le jour de la décision de consentir les options, soit sans décote".
Pour mémoire, les options de souscription ou d’achat d’actions, communément appelées stocks-options, permettent à son détenteur d’acheter, généralement à l’issue d’un délai de 5 ans, autant d’action qu’il a d’options à un prix convenu à l’avance et qualifié de prix d’exercice, d’émission ou d’achat. Autrement dit, Patricia Russo aura la possibilité d’acheter en 2013 800.000 actions Alcatel-Lucent à un prix de 3,80 euros. Si le cours de l’action Alcatel-Lucent à cette date est supérieur à 3,80 euros, elle aura intérêt à lever ses options et elle fera une plus-value immédiate égale à la différence entre le cours à cette date et 3,80 euros. Si en revanche, le cours d’Alcatel-Lucent est inférieur, elle pourra renoncer à bénéficier de ses options d’achat. Pourquoi en effet aller acheter 3,80 euros une action qui vaut moins que ce prix ?
Au-delà de la question de savoir si Patricia Russo mérite ses stocks-options au regard des résultats de la fusion Alcatel-Lucent, la question qui devrait faire débat me semble-t-il est celle de ce prix d’exercice de 3,80 euros. En effet, l’action Alcatel-Lucent cotait hier 4,86 euros. Où est l’enjeu pour Madame Russo ? Eviter que l’action Alcatel-Lucent ne connaisse une descente aux enfers vers ce plus bas à 2 euros déjà frôlé en 2002 ? On serait en droit d’attendre, au moins de la part des actionnaires qu’ils exigent de Madame Russo des résultats qui se traduisent dans le cours de l’action, et qu’en conséquence le prix d’exercice soit fixé à 9 ou 10 euros compte tenu de l’échéance des options en 2013. Et on pourrait s’étonner que le Comité des rémunérations mis en place par Alcatel-Lucent autorise de tels dévoiements.
On pourrait s’étonner, mais on ne le fera pas, car cet exemple du prix d’exercice ridiculement bas des stocks-options attribuées à Patricia Russo montre bien d’une part à quel point les patrons ont toujours aussi peu de contre-pouvoirs à subir (ce ne sont pas les comités de gouvernance ou de rémunérations plus ou moins fantoches qui les gênent beaucoup), et d’autre part de quelle façon les stocks-options sont devenues un complément de salaire déguisé.
Ce mode de rémunération différée que sont les stocks-options devrait d’ailleurs n’être utilisé que pour fidéliser les salariés (cela oblige à rester dans l’entreprise), en profitant de l’exonération de charges sociales qui subsiste encore. Les cadres dirigeants de l’entreprise devraient bénéficier quant à eux d’une rémunération variable, quitte à ce qu’elle soit majorée, assise sur des critères de performances financières, mais aussi sociales et environnementales, afin que les entreprises assument leur part de responsabilité dans la vie de la cité (au sens grec du terme). Un vrai défi pour les comités de rémunérations de tous les pays !
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Wed, 04 Jun 2008 18:22:36 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Si j'ai bien compris, cette indemnité était prévue de longue date et devait être mise en conformité avec les nouvelles dispositions à ce sujet (critères de performances). Cela n'enlève rien à l'affair ----- COMMENT: AUTHOR: pas perdus [Visiteur] DATE: Wed, 04 Jun 2008 09:09:04 +0000 URL: http://stefbac.free.fr/pas.perdus Elle aurait en plus un parachute doré en préparation... ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Mon, 02 Jun 2008 12:11:49 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Martine Aubry l'a bien compris qui se positionne clairement à gauche
"Mairie centre piétonnier. Pavillon meulière parfait état. terrain 221 m². Salon/séjour 40 m², cuisine équipée 12 m², 3 chambres, bureau, salle d'eau, wc. Exposition sud-ouest, grande terrasse plain pied sur cuisine. Combles aménageables, sous-sol total, garage. Proximité commerces, écoles, bois."
Nous voilà accaparés mon épouse et moi, comme l'année dernière à la même époque, par une possible acquisition de résidence principale. Je croise les doigts car si nous avons fait une proposition qui semble convenir aux vendeurs, tant que rien n'est signé, ils peuvent toujours être tentés par une proposition mieux-disante.
Je suis toujours effaré par l'inefficience informationnelle du marché immobilier. Alors que l'achat d'une maison ou d'un appartement est le plus souvent l'investissement majeur dans la vie d'un individu ou d'un couple, il faudrait se décider sur une visite voire deux visites d'une trentaine de minutes. En tout cas dans les coins de la proche banlieue sud-ouest où nous prospectons (et cela doit être la même choses dans d'autres régions ou quartiers particuilièrement prisés) et où les joiles maisons au juste (?) prix peuvent partir dans le journée parce que les acquéreurs font une proposition de quelques centaines de milliers d'euros à la fin de leur première visite. Sans avoir le temps de vérifier l'état du toit et de l'installation éléctrique.
Il peut paraître assez hasardeux d'acheter un bien immobilier alors que le marché semble ralentir pour cause de crise des subprime et de durcissement des conditions de crédit. Certes, mais le raisonnement doit prendre en compte d'autres paramètres lorsqu'il s'agit de l'achat de la résidence principale.
Quoi qu'il en soit, l'affaire m'occupe suffisamment en plus de mon nouveau rythme professionnel effréné, ce qui me fait délaisser encore un peu plus ce blog déjà un peu en jachère ces derniers temps. Et cela apportera de l'eau au moulin d'une de mes plus fidèles lectrices qui me faisait remarquer dans un mail que "les blogs sont mous en ce moment, peu réactifs". Même "Versac est aussi mou que les autres" d'après elle. C'est dire.
Il est vrai que la frénésie de la campagne présidentielle est retombée, et même si les réactions de dizaines de blogueurs ont sans doute une influence, celle-ci est trop intangible pour entretenir de façon permanente la motivation. Et puis le blog ne nourrit pas son homme, a fortiori sa femme et ses enfants. Les préoccupations de la vie quotidienne finissent par reprendre le dessus. Ses charmes et ses petites joies aussi. C'est vrai qu'actuellement, je consacre plus de temps à mes enfants qu'à mon blog. C'est important aussi. Ce diktat du quotidien, cette nécessité de subsistance, c'est peut-être aussi ce qui explique que la situation n'est pas plus explosive qu'elle ne semblerait devoir l'être alors que se cotoient des propriétaires de montres d'un prix exorbitant et des "déchétariens" réduits à vivre des rebuts alimentaires des supermarchés (Paris-Match a aussi consacré récemment un reportage à ce sujet).
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Fri, 30 May 2008 04:18:42 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Voilà qui peut dissuader ce troll qui semble sévir encore plus chez Versac (mais lui a choisi de supprimer ses commentaires). Merci sOuL ----- COMMENT: AUTHOR: sOuL [Visiteur] DATE: Thu, 29 May 2008 21:42:25 +0000 URL: "il n'existe pas d'annuaire inversé des adresses IP"Que cherche donc Nicolas Sarkozy à agiter ainsi le chiffon rouge d'une loi sur le service minimum sous le nez des enseignants ? A déclencher un "mai 2008" qui se finira par une grande manifestation de droite sur les Champs-Elysées ? Et avec 30 % d'augmentation des salaires ? Cela ne correspond guère à la méthode de fausse concertation et de vraies concessions adoptée avec les syndicats de la SNCF et de la RATP sur le service minimum dans les transports et sur la réforme des régimes spéciaux de retraite. Etonnant.
On trouve chez Jules une analyse juridique rigoureuse de ce projet de service minimum dans les écoles.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sat, 17 May 2008 16:20:17 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Pierre,"La prostitution et ses tarifs faramineux sont une tentation bien trop grande lorsqu’on manque d’argent et qu’il faut le trouver dans l’urgence" résume Laura D, qui livre, dans un ouvrage rédigé avec l’aide de Marion Kirat et publié chez Max Milo, "Mes chères études - Etudiante, 19 ans, job alimentaire : prostituée", son témoignage d’étudiante amenée à se prostituer pour payer son loyer et ses repas.
Laura est donc étudiante en première année de Langues Etrangères Appliquées, espagnol et italien, dans une ville de province dont on saura seulement qu’elle est située à deux heures de train de Paris. Entre des parents à la situation trop modeste pour pouvoir l’aider financièrement mais pas assez pour qu’elle puisse bénéficier d’une bourse, un petit copain plutôt à l’aise financièrement grâce aux siens mais trop égoïste (ou pas assez amoureux ?) pour concevoir de contribuer plus qu’elle aux charges de logement et d’alimentation, et un petit boulot dans une société de télémarketing qui lui rapporte un salaire trop dérisoire pour le temps qu’elle doit y consacrer, Laura se trouve vite asphyxiée et condamnée à rogner sur tous les postes de dépenses, y compris son alimentation, allant jusqu’à mettre en péril sa santé.
La solution, elle croit la trouver un soir sur Internet, dans des annonces où des hommes plutôt mûrs cherchent des jeunes femmes pour des "massages". Commence alors ce qui sera pour Laura une lente déchéance, faite de rendez-vous dans des hôtels glauques ou de passes dans des parkings. Autant le début du livre et les passages consacrés à sa vie d’étudiante sont convenus voire totalement plats, autant Laura, lorsqu’elle détaille quelques-uns de ses rendez-vous avec ses "clients" et la façon dont elle vit (mal) sa condition d’étudiante prostituée, arrive à nous faire sentir avec un certain souffle les affres qu’elle traverse, déchirée entre la tentation de cet argent vite gagné, et la culpabilité et le dégoût qui l'assaillent.
Il est vrai que, sur le plan strictement financier et nonobstant les jugements moraux, le calcul est vite fait. Pour une étudiante comme Laura, quinze heures au SMIC dans une entreprise de télémarketing, cela doit faire un salaire maximum de 450 euros à la fin du mois pour 60 à 70 heures de travail, autant de temps qu’elle ne pourra pas consacrer au travail personnel qui doit compléter les cours suivis à la fac. Dix passes à 150 euros l’heure, ce qui semble être le tarif moyen pris par Laura à ses clients, cela fait 1.500 euros à la fin du mois pour 10 heures de "travail". Vingt passes, cela fait 3.000 euros.
Mais cela relève du domaine du conceptuel. Parce que les dix ou vingt clients, il va quand même falloir a minima leur faire une fellation et se laisser pénétrer (et s’ils sont là, prêts à payer, c’est que la plupart d’entre eux doivent être loin de ressembler à George Clooney), voire plus (ou pire, chacun jugera) comme le raconte Laura. Et faire face, pendant et après, à la sensation de saleté et de souillure, au sentiment de dégoût de soi-même et à la culpabilité. En tout cas pour Laura, pour qui la prostitution n’est pas vraiment choisie et assumée mais plutôt contrainte. Je ne suis pas sûr qu’il en soit de même pour toutes les escort girls, étudiantes ou pas, qui offrent leurs services sur Internet. Il faut lire à ce sujet la très intéressante postface d’Eva Clouet, auteur chez le même éditeur d’un ouvrage consacré à prostitution étudiante sur Internet.
La plupart de ces escort girls qui affichent des tarifs à 300 euros l’heure (il suffit de chercher sur Google), semblent avoir un surmoi suffisamment atrophié pour vivre sans états d’âme leur condition de prostituée tout en en tirant de confortables revenus. Il est vrai qu’il s’agit là de prostitution plus haut de gamme que celle qui doit se pratiquer dans les bois de Boulogne ou de Vincennes.
Je laisse aux bonnes âmes les jugements moraux sur la prostitution et ses risques sanitaires et physiques. Il incombe plutôt à chacun de savoir jusqu’où il ou elle serait capable d’aller pour faire face au dénuement ou à la nécessité de nourrir ses enfants et les sentiments que cela lui inspirerait. Pour ma part, j’avoue que je ressentirais une profonde répulsion à aller sucer des mecs ou me faire sodomiser, même contre plusieurs centaines d’euros. Mais si l’homosexualité ne me choque pas, elle ne m’a jamais attiré non plus et je reste un pur hétéro. En ce qui me concerne, la question serait donc plutôt de savoir comment je vivrais (à l'instar du personnage incarné par Daniel Auteuil dans "Mauvaise passe") d’aller faire des cunnilingus à quelques grosses et moches sexagénaires ou septuagénaires en mal d’amour, que l’on dit pouvoir rencontrer dans une grande brasserie du boulevard du Montparnasse, sans me sentir ni sale ni coupable ?
Quoi qu'il en soit, et même si c'est un truisme que de le souligner, le témoignage de Laura, qu'il ait un effet de loupe ou qu'il ne soit que la partie émergée d'un phénomène de prostitution étudiante qui prendrait de l'ampleur, n'est pas moins éclairant que les statistiques de l'INSEE sur l'évolution du pouvoir d'achat.
NB : L’utilisation de la fonction "Prévisualiser" des commentaires est toujours à éviter si vous ne voulez pas voir disparaître ce que vous vous serez échiné à taper. Merci Lycos et B2 Evolution !
----- COMMENT: AUTHOR: argent facile [Visiteur] DATE: Fri, 15 Apr 2011 13:51:57 +0000 URL: http://www.pluiedargent.com/ Idem... moi non plus je n'ai pas connaissance de l'équivalent masculin hétéro de la rue Saint-Denis ! ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sat, 17 May 2008 08:25:40 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Oui, Minerve, qui cherche trouve. Mais même à 200 € par dimanche pour 12 heures, cela reste très loin des 1.200 euros que peut rapporter la prostitution pour le même temps de "travail". Sans chercher ----- COMMENT: AUTHOR: minerve [Visiteur] DATE: Fri, 16 May 2008 14:47:59 +0000 URL: Il ne s'agissait évidemment pas d'un temps complet impossible avec le programme étudiant ,mais de 18 h hebdo les weekends qui rapportaient avec les pourboires une variable autour des 1500 € mensuels . ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Fri, 16 May 2008 04:15:55 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Non pas bizarre, Minerve, simplement en lien avec la paupérisation croissante de la condition de simple salarié (vs les plus-values réalisées par les détenteurs de capital en tous genres), même si je ----- COMMENT: AUTHOR: minerve [Visiteur] DATE: Thu, 15 May 2008 17:56:05 +0000 URL: Bizarre ,votre sujet ,Denis ,mais ,après tout ,pourquoi pas ?Xavier Darcos supprime des postes d’enseignants… et recrute des inspecteurs.
Arnaud Teulé, candidat dissident malheureux à la mairie de Neuilly-sur-Seine, vient d’être nommé par décret du Président de la République en date du 2 mai 2008, inspecteur de l’Académie de Paris, une nouvelle dont certains s’étaient déjà fait l’écho.
De même qu’à l’automne 2007, Brigitte Le Brethon, alors maire de Caen, avait pris la précaution de prétendre à un poste d’Inspecteur Général de l'Education Nationale. Bien lui en a pris au vu des résultats des élections municipales en général et à Caen à particulier. Et puisque, à lire le décret de nomination, la commission concernée avait rendu un avis favorable. En toute objectivité à n’en pas douter.
Il ne s’agit pas de discuter ici le bien fondé des suppressions de postes d’enseignants (il faudrait d’ailleurs plutôt parler de non-remplacement, de non-renouvellement ou même d’économies de postes). Mais plutôt de s’étonner des signaux négatifs que constituent ces nominations de la part d’un gouvernement qui se prétend le champion de la réforme et de la rupture.
Nouvelle gouvernance de façade, vieilles méthodes éprouvées en sous-main. Comme pour le bouclier fiscal, ce ne sont pas tant les sommes en jeu qui importent (même si un Inspecteur de l’Education Nationale, qu’il soit Général ou d’Académie, ne doit pas émarger au SMIC, cela reste une goutte d’eau à l’échelle du budget de l’Etat et surtout de son déficit) que le symbole qui ôte tout sens à la notion d’exemplarité, pourtant la vertu première en matière de réforme.
NB : L’utilisation de la fonction "Prévisualiser" des commentaires est toujours à éviter.
----- COMMENT: AUTHOR: minerve [Visiteur] DATE: Thu, 15 May 2008 18:06:08 +0000 URL: Si ,Denis ,le système éducatif actuel n'est pas bon du tout et cela ne fait qu'empirer depuis 40 ans .Nicolas Sarkozy semble avoir pris la mesure du désenchantement des électeurs, au point d’en arriver à confesser des "erreurs" lors da sa prestation télévisée du 24 avril. On aurait aimé savoir lesquelles à son avis : le bling-bling ? la surexposition médiatique de sa vie privée ? la frilosité dans la rupture ? la sur-communication sur les réformettes ? On lui pardonnera complètement le jour où on l’entendra déclarer : "Le paquet fiscal était une grosse connerie. Il y a certes que ceux qui ne font rien qui ne font pas de conneries, mais c’était une connerie, je l’assume et je vais m’employer à en corriger les effets".
Pour autant, aura-t-il réussi à livrer un plan d’action clair et précis, à donner des perspectives au citoyen lambda, à créer un nouvel élan ? Je dois avouer que sa prestation m’a laissé à cet égard un sentiment des plus mitigés, et ce même si, sur certains points (la régularisation des sans-papiers – où il a confondu régularisation et naturalisation, octroi d’un permis de séjour et obtention de la nationalité française – et l’éducation), je l’ai trouvé plutôt percutant.
Je ne reviens pas sur les préliminaires et l’exercice d’autoglorification auquel il s’est prêté à propos des actions engagées depuis un an. La réforme des régimes spéciaux de retraite qu’il a mise en avant à titre d’exemple a fait l’objet de tellement de concessions sous forme de mesures de compensation que même Alain Juppé aurait réussi à la mener à bien sans bloquer le pays pendant un mois. De même sur l’amélioration sur les douze derniers mois des chiffres du chômage, qui restent un indicateur retardé de la conjoncture et qui tiennent plus à la création d’emplois précaires et sous-qualifiés qu’au développement d’une Silicon Valley à la française qui verrait éclore les Apple et les Google des années 2010.
Sur les questions d’économie, il m’a semblé de très mauvaise augure d’entendre Nicolas Sarkozy se réfugier derrière la crise des subprime, la hausse du prix du pétrole et des matières premières et celle de l’euro pour justifier les piètres résultats économiques du gouvernement. Car c’est implicitement faire croire aux Français qu’ils pourraient s'affranchir des efforts à faire en matière d’assainissement des finances publiques et de compétitivité de l’entreprise France si la conjoncture internationale n’était pas aussi difficile.
De ce point de vue, les mesures annoncées auront à faire la preuve de leur efficacité. Les règles d’attribution d’un tiers des résultats des entreprises devront faire l’objet d’une vigilance active pour que la mesure ne reste pas un vœu pieux (il peut être aisé de minorer les bénéfices dans une entreprise), de même que les conditions qui obligeront les chômeurs à accepter une offre d’emploi.
Je dois avouer que j’ai écouté le reste d’une oreille distraite, tant la préoccupation majeure du Président et de son gouvernement me semble devoir être l’allègement des charges pesant sur l’investissement des entreprises et sur le coût du travail pour espérer faire repartir la croissance et ses corollaires, emploi et augmentation des rémunérations de toutes sortes, donc du pouvoir d’achat en dernier ressort. La loi de modernisation de l’économie n’est qu’un pas timide (et technocratique : pourquoi un prélèvement libératoire sur le chiffre d’affaires des entrepreneurs individuels ? Le chiffre d’affaires, ce n’est pas du bénéfice, c’est quand même le B-A-BA de la gestion d’entreprise) dans cette direction.
Et puis, de toute façon, moins d’une semaine après, notre bateleur national a replongé dans l’illusionnisme et la navigation à vue par l’intermédiaire de Christine Lagarde, qu’il a laissé maintenir contre vents et marées, et surtout contre l’avis de tous les prévisionnistes de France et d’Europe, une prévision de croissance exagérément optimiste pour ne pas avoir à reconnaître que la politique économique du gouvernement est totalement inadaptée à ce qu’exige la situation.
NB : Le renouvellement des journalistes s’est révélé, je trouve, plutôt utile malgré quelques couacs. Cela a au moins eu le mérite de rendre PPDA moins complaisant. En revanche, entendre Yves Calvi, plutôt bien parti dans ses premières questions, demander à Nicolas Sarkozy s’il confirmait aux lycéens les suppressions de postes d’enseignants m’a prodigieusement agacé. Qu’espérait-il là ? Déclencher un mai 2008 ?
NB bis : L’utilisation de la fonction "Prévisualiser" des commentaires est toujours à éviter, plus pour très longtemps j'espère, j'y travaille avec l'aide bienveillante de l'un de mes anciens étudiants de l'IAE.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Thu, 01 May 2008 18:35:05 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Tu y vas un peu fort avec une baisse des pensions (les plus élevées), Fabricio, mais tu as raison sur le principe. Cela se traduit d'ailleurs dans les études sur les revenus et le patrimoine des moins ----- COMMENT: AUTHOR: Fabriccio [Visiteur] DATE: Thu, 01 May 2008 08:55:12 +0000 URL: A noter le dossier du Point daté du 1er mai consacré au "casse du siècle" et à la génération baisée des 25-40 ans, confontée à une dette desespérante.. Il faut que le troisième âge (même s'il est sur- ----- -------- AUTHOR: TITLE: L’an I de la rupture : premier bilan BASENAME: l_an_i_de_la_rupture_premier_bilan DATE: Sun, 27 Apr 2008 12:57:30 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: En quête de rupture CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Avant d’essayer de décrypter et de remettre en perspective les déclarations de Nicolas Sarkozy jeudi soir dernier, un peu de rétrospective ne sera pas inutile (cela aurait sans doute été encore plus utile avant l’émission, mais mon nouveau rythme de travail ne m’en a pas laissé la possibilité).
Dès 2002, Nicolas Sarkozy a su saisir comme personne l’air du temps et l’aspiration au changement d’une majorité de Français. Au printemps 2007, il faisait naître pendant la campagne présidentielle pour toutes les couches sociales, depuis l’ouvrier jusqu’à son patron, des espoirs sans précédent de rénovation d’une situation économique et sociale sclérosée depuis deux décennies (la fameuse "rupture") et de déblocage de l’ascenseur social.
Elu avec une confortable majorité il y a presque un an, Nicolas Sarkozy a réussi en 12 mois à dilapider ce capital de confiance, à décevoir les espoirs que les Français avaient placés en lui et à devenir le plus impopulaire des Présidents de la Cinquième République. Comment un tel gâchis a-t-il été possible ? Trois principaux facteurs expliquent, à mon humble avis, ce désamour brutal, sans que la liste soit exhaustive :
1/ Avant même d’être investi, Nicolas Sarkozy a commis sa première maladresse. Si ses penchants pour le luxe et le clinquant et ses frasques sentimentales ont fait les délices de la presse people pendant les premiers mois de son mandat, de Wolfeboro à Petra, ils ont aussi fait naître et grossir l’irritation d’un nombre croissant de Français qui ne se reconnaissaient plus dans ce Berlusconi à la française. Ce qu’ils acceptent, et dont ils sont même friands, d’une vedette de cinéma, d’un animateur télé ou d’un chanteur de variétés, a rapidement fait désordre de la part d’un Président de la République censé remettre de l’ordre dans les affaires de la nation et redonner le goût du travail et du risque à un pays frileux et replié sur lui-même. Que Nicolas Sarkozy soit allé après l’élection prendre un peu de repos dans un hôtel quatre étoiles à Biarritz, Saint-Raphaël ou Dinard n’aurait choqué que les anti-Sarko primaires. Mais être l’invité d’un grand patron sur un yacht de luxe, il ne pouvait y avoir de plus mauvais signal pour ceux qui comptent leurs euros en vacances et ne peuvent pas acheter tous les après-midi les glaces sur leur réclament leurs enfants.
2/ Si de nombreux chantiers ont certes été ouverts pendant ces douze premiers mois de présidence Sarkozy, la plupart l’ont été en évitant les sujets qui fâchent vraiment, avec un souci de ne pas brusquer les parties prenantes et un luxe de précautions qui ont fini par vider les premières réformes de leur substance (la loi Pécresse sur les universités a soigneusement évité les questions de la sélection et des droits d’inscription), voire en consentant des compensations dont le coût diminue voit annihile entièrement les économies attendues (la réforme des régimes spéciaux de retraite en est le meilleur exemple). Et il est à craindre que d’autres chantiers de plus longue haleine (RGPP) soient autant de montagnes accouchant de souris à force de vouloir éviter les mécontentements. Du coup, sans même parler de constater des résultats immédiatement tangibles en termes de pouvoir d’achat, de réduction de la précarité ou d’assainissement des finances publiques, ce qui aurait été bien chimérique, il n’y aura même pas eu un élan de confiance, d’optimisme et de foi dans l’avenir qui se soit formé. Les Français continuent de broyer du noir et d’avoir peur de tout, l’avenir, la mondialisation, les OGM et j’en passe.
3/ La principale explication à mes yeux de la disgrâce présidentielle réside dans l’asymétrie dans les efforts à consentir. Sous le prétexte de redorer la valeur travail et de libérer les énergies et dans l’illusion des effets bénéfiques du trickle-down, les premières réformes de l’ère Sarkozy ont surtout profité à ceux qui en avaient le moins besoin. L’acte fondateur de la présidence Sarkozy, le paquet fiscal, en est encore une fois le meilleur exemple. Nicolas Sarkozy et son gouvernement nous ont ressassé que sur les 14 milliards d’euros investis dans le paquet fiscal ("investis" est-il vraiment le terme le plus approprié ? "partis en fumée" serait plus exact), plus de 5 milliards allaient à la détaxation des heures supplémentaires et seulement 250 millions au bouclier fiscal. Peut-être (il faudra vérifier sur la base de l’exécution du budget…), mais ces heures supplémentaires auraient de toute façon été effectuées. Là où il aurait fallu appeler à l’esprit de solidarité et à la contribution de chacun selon ses moyens à l’effort de redressement, on a eu droit à une politique de classes au motif que, dans une économie mondialisée et dans une Europe dont la libre circulation des capitaux semble désormais constituer le principe fondateur, on ne saurait empêcher les riches de s’expatrier à Londres, Bruxelles ou Genève. Une idée contre laquelle je m’inscris totalement en faux. Sans rétablir un contrôle des changes qui fleurerait bon l’union de la gauche, il y a des moyens (que n’hésitent pas à employer les Etats-Unis ou la Suisse) pour dissuader les citoyens les plus aisés de se dispenser de la solidarité nationale. Cette absence d’équité dans la réforme, dont les Gracques se sont aussi fait l’écho avec un talent certain, a été et risque de rester le principal obstacle aux changements structurels dont a besoin notre économie.
A suivre…
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----- COMMENT: AUTHOR: minerve [Visiteur] DATE: Mon, 05 May 2008 20:53:53 +0000 URL: Allons ,toto ,vous allez vous faire resservir la phrase archi-usée " tout ce qui est exagéré est insignifiant " mais il faut admettre ,même si ce n'est pas politiquement correct ,que certains chomeurs ----- COMMENT: AUTHOR: toto [Visiteur] DATE: Mon, 05 May 2008 15:01:51 +0000 URL: @ minerveTrop de travail, trop de fatigue, pas assez de temps. Désolé. Il y avait pourtant plein de choses à dire. Avant l'émission sur les occasions gâchées et les réformes en trompe-l'oeil. Après l'émission sur une (enfin) vraie stature présidentielle en réponse aux questions (maladroites) d'Yves Calvi sur l'immigration et l'éducation, sur la démagogie en matière économique. D'autres l'ont dit ou le diront, qui plus est sans doute mieux que moi.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Fri, 09 May 2008 16:22:37 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Je ne connaissais ni l'auteur ni l'ouvrage mais cela a l'air tentant. . Je vais l'inscrire ----- COMMENT: AUTHOR: pas perdus [Visiteur] DATE: Fri, 09 May 2008 07:46:11 +0000 URL: http://stefbac.free.fr/pas.perdus/index.php? Simon Leys dans le bonheur des petits poissons évoque très bien cette question ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Wed, 07 May 2008 12:03:33 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr C'est peut-être encore le cas en ce qui concerne la majorité des salariés... Tout le monde n'a pas un job relativement intéressant et correctement rémunéré ----- COMMENT: AUTHOR: pas perdus [Visiteur] DATE: Wed, 07 May 2008 11:49:55 +0000 URL: http://stefbac.free.fr/pas.perdus Bien d'accord sur ce point... Dans l'Antiquité et jusqu'au 19ème siècle, le travail était le lot des esclaves et des serfs...* La CGT et la CFDT ont eu gain de cause. Au détriment des salariés concernés. Comprenne qui pourra.
* Après avoir racheté les Echos, Bernard Arnault aurait-il décidé d’en inspirer les éditoriaux ?
* François Hollande a ouvert le premier blog 100 % sous-traité billets et commentaires (via Jules, l'article du dimanche 20 avril que je n'arrive pas à mettre en lien).
* Le printemps est arrivé (au moins sur le calendrier si ce n’est dans le ciel) et le guide qui va avec est en librairie…
NB : Pensez toujours à éviter la fonction "Prévisualiser" pour vos commentaires.
----- COMMENT: AUTHOR: toto [Visiteur] DATE: Thu, 24 Apr 2008 13:27:00 +0000 URL: Les Gracques donnent une analyses cinglante de la politique brouillonne menée depuis 1an :"Dans notre clientèle, on trouve des gens brisés, des cadres intermédiaires méprisés d’un bout de l’année à l’autre, des maris cocus, des mômes timides et mal dans leur peau, des quinquagénaires aigris, des homosexuels contrariés, des piliers de bistrot, des blasés, des hystériques et des mystiques. Ils viennent tous avec le même désir au fond des yeux qui papillote au fond des yeux. Celui d’une bonne partie de jambes en l’air qui leur sauve le mois. Le même désir que les minets et les golden boys. Celui de posséder une de ces anatomies fuselées qui se baladent sous leur nez à longueur de publicités, de feuilletons télévisés, de flashs d’information, tout ce buzz médiatique où l’on ne peut même pas regarder un bulletin météo sans bander. Ils viennent chez nous avec un désir de magie. C’est pour ça que je parle de prophètes. Notre enjeu, il est à cette hauteur. Comment avec leurs passifs de pelliculeux ou de pedzouilles benoîts, ils vont se farcir une femme de rêve. Et ça marche. Ils se la farcissent. Et en prime ils dégorgent comme des bêtes, et cerise sur le gâteau, elle grimpe au rideau en hurlant."
Du fantasme à portée de porte-monnaie… Voila le service que vend avec un succès phénoménal la Cité, mélange de maison close et de parc d’attraction sexuelle imaginé par Charles Robinson dans son premier roman "Génie du proxénétisme".
Roman est d’ailleurs un terme impropre. "Génie du proxénétisme" est certes une pure fiction. Charles Robinson nous y raconte l’histoire de la création et du développement d’un projet d’entreprise un peu particulier, une entreprise sexuelle. Dans une région française sinistrée par les faillites et les délocalisations (le Nord, l’Est ?), les pouvoirs publics donnent leur aval à un projet de reconversion sans précédent, l’ouverture d’un vaste centre offrant des services sexuels. Et l’auteur de nous livrer le détail des prestations, du profil des salariés et du management au quotidien dans cette entreprise imaginaire de prostitution officialisée et rationalisée, en la comparant à la prostitution "artisanale". Plus qu’un roman, c’est une fiction narrée sous une forme résultant d’un savant mélange entre l’ouvrage de stratégie d’entreprise et de management, l’autofiction sexuelle, le business plan et le pamphlet poujadiste. Le tout dans un stylé détaché et pince-sans-rire, presque froid, mais à l’ironie mordante. Avec une petite réserve toutefois : un côté parfois répétitif du deuxième tiers du livre, passée la surprise des premières pages et avant les meilleurs passages dans le derniers tiers (Cf. ci-dessous).
Une pure fiction ? Ce n’est quand même pas très éloigné de ce qui peut exister à Berlin avec cette sorte de bureau de passage pour prostituées qu’est Artémis. Une tentative de lever l’hypocrisie qui règne sur la question du sexe tarifé serait donc sans doute une définition plus exacte. Et du sexe tarifé pris au sens large. Pas seulement la prostitution classique rémunérée en espèces sonnantes et trébuchantes, mais aussi celle, présente partout, qui consiste pour un individu, homme ou femme, à la plastique attrayante à user de ses charmes pour obtenir un poste, un rôle ou un contrat. A cet égard, j’ai particulièrement aimé le témoignage imaginaire de Grégory. Rien que pour ce passage-là et quelques autres (la recherche de la "mère suprême", la description des "produits" par le Directeur des Relations Humaines, le décryptage des techniques de marketing – "Un client n’achète pas seulement un produit, il s’achète lui-même achetant le produit avec les signes de reconnaissance appropriés : il devient consommable. Personne ne peut savoir qu’il a besoin d’un produit tant qu’il ne sait pas ce que ce produit lui apporte en termes d’image." – ou encore les réflexions caustiques sur l’état de la France - "On ne peut pas vouloir être leader en Europe sur l’harmonisation, et réclamer un statut d’exception légitimé par les préjugés nationaux."), le livre mérite le détour. Si on n’a pas trop de tabous par rapport au sexe. Ou peut-être justement si on en a de trop…. Depuis que l’homme est homme, le sexe reste quand même sa grande préoccupation après sa survie.
Sous ses dehors provocateurs (c’est quand même assez cru et hot), qui ne manqueront pas de choquer les affidés de Jean-Paul II et Benoît XVI, et au-delà du cynisme apparent consistant à pousser jusqu’au bout la logique de l’économie de marché en l’appliquant à la prostitution, on peut voir dans cet ouvrage certes une défense de l’économie de marché et du processus de destruction créatrice cher à Schumpeter ("Pour lutter contre le chômage, il y a les solutions socialistes : on divise chaque poste de travail par deux, on divise les salaires, et on augmente le coût du recrutement pour le contribuable. C’est philosophiquement très beau mais ça ne marche pas. L’autre solution, c’est d’inventer des emplois. Inventer des services. Imaginer.") mais aussi une critique sous-jacente assez lourde de la suprématie absolue de l’argent, de l’omniprésence du sexe dans nos économies virtuelles et des frustrations qui en résultent.
NB : Pensez à éviter la fonction "Prévisualiser" pour vos commentaires.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Mon, 21 Apr 2008 19:55:42 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Comme les croque-morts et les coiffeurs... ----- COMMENT: AUTHOR: JBB [Visiteur] DATE: Mon, 21 Apr 2008 17:02:24 +0000 URL: Le sexe, une valeur sûre... ça marchera toujours ça ----- -------- AUTHOR: TITLE: Ils ne savent pas ce qu’ils font, mais pourront-ils être pardonnés ? BASENAME: ils_ne_savent_pas_ce_qu_ils_font_mais_po DATE: Thu, 17 Apr 2008 20:09:44 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Liberté, inégalités, rentabilité CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Bouclier fiscal : 222 millions d’euros restitués à plus de 23.000 contribuables qui, pour la plupart, n’attendaient pas après ça pour vivre
Allocations familiales : 138 millions d’euros d’économies réalisées sur le dos de dizaines de milliers de familles dont certaines sont réellement à 30 euros près dans leur budget mensuel.
Se rendent-ils bien compte, dans le 7e arrondissement, de ce que cela coûte d’élever des préados ou des ados dans un monde où tout augmente sauf les salaires ?
Que faut-il pour que ces Messieurs-Dames de la France d’en haut prennent conscience des dommages irréversibles qu’ils sont en train d’infliger à la confiance des Français dans leurs élites politiques ?
Et pourtant, je ne suis pas un grand fan de Royal, Fabius et consorts.
Ça va mal finir comme a écrit quelqu’un dont j’ai hâte de pouvoir lire l’opus !
PS : Et je ne parle même pas de l’inanité des raisons avancées par le gouvernement pour essayer de justifier cette modification des allocations familiales ("c'est à l'âge de 14 ans que les dépenses des familles augmentent"), ni de l’iniquité de la mesure de remplacement consistant à augmenter la prestation d’accueil du jeune enfant alors que les familles qui en bénéficient profitent déjà d’une réduction d’impôt qui peut atteindre 7.500 euros (je sais de quoi je parle…).
NB : Pensez à éviter la fonction "Prévisualiser" pour vos commentaires.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sat, 19 Apr 2008 03:57:55 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Si cç marche sOul, je vais être bon pour quelques bouteilles et ce ne sera que juste retour des choses ----- COMMENT: AUTHOR: sOuL [WwX] [Visiteur] DATE: Fri, 18 Apr 2008 18:52:57 +0000 URL: Hello Denis,NB : Pensez à éviter la fonction "Prévisualiser" pour vos commentaires.
----- COMMENT: AUTHOR: Fleur de Lys [Visiteur] DATE: Mon, 28 Apr 2008 16:20:00 +0000 URL: M'syeux d'âmnes...Il est indéniable que mes concitoyens ont une marge de progression en matière de culture économique et financière (alors même qu'ils s'appliquent à eux-mêmes dans la gestion de leur budget les mêmes principes qui prévalent pour une entreprise ou un Etat - avec des termes plus savants mais qui recouvrent les mêmes réalités financières que pour un ménage). De là à ce que même cette institution de la presse économique et financière que sont les Echos soutienne la création de l'Institut pour le développement de l'information économique et sociale... Parmi les membres fondateurs et partenaires : la CGT, FSU et l’UNSA. Et une phrase révélatrice dans la tribune annonçant la création de ce nouvel instrument de propagande :
"les enseignants de sciences économiques et sociales [sont] confrontés aux idées préconçues de leurs élèves". Ne seraient-ce pas plutôt les élèves qui sont confrontés aux idées préconçues des enseignants de sciences économiques et sociales ?
NB : L’utilisation de la fonction "Prévisualiser" des commentaires est toujours à éviter.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sat, 12 Apr 2008 20:34:37 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Oui, et j'aurais dû mettre comme titre "Un nouvel outil de propagande...". Petite forme... ----- COMMENT: AUTHOR: minerve [Visiteur] DATE: Thu, 10 Apr 2008 21:19:59 +0000 URL: Comme vous dites ,Denis !! ----- -------- AUTHOR: TITLE: RGPP : sous les apparences de la réforme manque encore l’essentiel ? BASENAME: rgpp_sous_les_apparences_de_la_reforme_m DATE: Sun, 06 Apr 2008 13:12:29 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: En quête de rupture CATEGORY: Déficits publics TAGS: ----- BODY:Je me suis astreint ce week-end à parcourir le rapport qui a servi de base aux annonces de Nicolas Sarkozy sur la réforme de l’Etat à l’occasion du second Comité de Modernisation des Politiques Publiques (CMPP) qui s’est tenu à Bercy vendredi.
Avertissement
Avant d’entrer dans le vif du sujet, l’honnêteté m’oblige à faire deux avertissements qui seront autant de bonnes raisons d’arrêter là votre lecture :
- le rapport compte 176 pages et traite de sujets plutôt arides. Ce billet est donc nécessairement un peu long et pourra lui aussi apparaître comme rébarbatif.
- si, du fait du remarquable travail de désinformation, de conditionnement et de manipulation mené depuis des années par une partie de nos dirigeants politiques et des médias, vous croyez encore que l’ampleur de nos déficits publics n’est pour rien, bien au contraire, dans le chômage de masse et la dégradation du pouvoir d’achat (*), passez votre chemin. Ce qui suit ne pourra être pour vous qu’une source d’agacement, et il vaut mieux que vous en restiez à écouter la bonne parole de François Hollande (tout à ses ambitions personnelles, celui-ci sacrifie la vision de l’intérêt général à la politique politicienne et se montre par sa réaction d’une irresponsabilité coupable) pour rester dans le confort ouaté de l’illusion de la souveraineté financière éternelle et intangible de l’Etat.
(*) En paraphrasant la célèbre citation du chancelier allemand Helmut Schmidt ("Les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain"), on pourrait aussi écrire que les déficits publics d’aujourd’hui sont les impôts et prélèvements de demain et les licenciements et délocalisations d'après-demain. Je suis bien conscient que la majorité de mes concitoyens est consciencieusement maintenue par une partie de nos élites bien-pensantes dans l’ignorance de ce lien de cause à effet entre excès de prélèvements obligatoires pour cause de déficits grandissants, destructions d’emploi et faible progression des revenus salariaux. Ce qui explique que François Hollande puisse agiter en toute impunité le spectre de la rigueur sans que personne puisse lui opposer que les déficits publics sont l’ennemi de la feuille de paie des salariés du secteur public comme privé.
Rappels préalables
La réforme et la modernisation de l’Etat ont déjà fait l’objet d’un certain nombre d’annonces depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, avec deux dates à avoir en tête :
- le discours prononcé à Nantes le 19 septembre 2007 lors d’une visite à l’Institut Régional d’Administration, qui avait vu l’annonce des mesures visant à moderniser la fonction publique (mobilité des agents, individualisation des rémunérations, choix du statut à l’embauche, indemnité de départ volontaire),
- le premier CMPP, qui s’est tenu le 12 décembre 2007, et lors duquel avaient été annoncées les grandes lignes de la réforme de l’Etat, notamment la mise en place d’un management public digne de ce nom avec l’affirmation de l’autorité des préfets sur les services de l’Etat au niveau départemental.
Les annonces du 4 avril 2008
Pour hétéroclites qu’elles soient, les mesures annoncées vendredi participent toutes de la même volonté de rationaliser et de réorganiser le fonctionnement de l’Etat pour en améliorer l’efficacité tout en diminuant le coût. Il faut là en donner acte à Nicolas Sarkozy et surtout il convient de lui laisser un peu de temps. On le voit bien à l’aune des mesures déjà annoncées les 19 septembre et 12 décembre derniers :
- sur la modernisation de la fonction publique, et même si je reste sceptique quant aux résultats des mesures envisagées (combien de fonctionnaires échangeront la sécurité de l’emploi contre une indemnité de départ volontaire ? combien de nouveaux recrutés choisiront un CDI plutôt que le statut de fonctionnaire ?), un projet de loi et plusieurs décrets sont annoncés pour ce mois. A suivre donc.
- en ce qui concerne l’autorité des préfets sur l’ensemble des services de l’Etat au niveau local, seule la fusion des directions départementales de l’équipement (DDE) avec les directions départementales de l’agriculture et de la forêt (DDAF) a été engagée et le plus gros reste à faire sur le sujet, ce que ne cache d’ailleurs pas le rapport présenté vendredi en décrivant les étapes suivantes ("Une mission interministérielle, associant des représentants de tous les ministères autour d’un directeur de projet placé auprès du Premier ministre, est constituée : elle est chargée de veiller à la cohérence interministérielle et à la conformité avec les orientations générales de la révision des politiques publiques des mesures concernant l’administration territoriale mises en oeuvre par les ministères. Ceux-ci sont tenus de l’informer en continu des dispositions qu’ils projettent et engagent. Dans l’immédiat, elle est chargée, en relation étroite avec le ministère de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des Collectivités territoriales, de proposer les décisions et les textes à prendre sur les sujets suivants :
- les contours et la dénomination des directions régionales ;
- l’organisation départementale sur le schéma défini le 12 décembre ;
- l’organisation de la mutualisation en matière de gestion des ressources humaines ;
- les outils de mutualisation à la disposition des préfets et des services déconcentrés.").
Les autres mesures, si elles relèvent d’un inventaire à la Prévert (il semble difficile qu’il en soit autrement) et si elles manquent de précisions, relèvent elles aussi de la volonté au moins affichée (il reste à voir les résultats, Cf. infra) de rationaliser l’Etat en faisant jouer les synergies, en supprimant les doublons et en s’assurant de l’utilité de chaque euro dépensé. En voici quelques-unes à titre d’exemple :
"- Transformation d'une trentaine d'ambassades en postes de présence diplomatique simple à format allégé et simplifié
[…]
- Réexamen de l'ensemble des dispositifs d'exonérations spécifiques de charges sociales en vue de plafonner systématiquement le niveau de salaire en bénéficiant et de les limiter dans le temps pour les soumettre à une évaluation régulière de leur rapport coût-bénéfice
[…]
- Recentrage des aides à l'investissement locatif sur les besoins prioritaires
[…]
- Réexamen d'éléments particuliers de la fonction publique d'outre-mer (congés bonifiés par exemple) et de certaines indemnités spécifiques de retraite
[…]
- Extinction progressive du dispositif de sur-pensions versées aux fonctionnaires allant s'installer outre-mer pour leur retraite sans y avoir travaillé une durée minimale
[…]
- Allégement des échelons intermédiaires existants dans chaque armée
[…]
- Suppression de l'Inspection générale du tourisme
[…]
- Augmenter les activités qui génèrent des ressources complémentaires pour les universités (formation professionnelle continue et sessions d’été par exemple) en ouvrant les universités toute l’année civile"
Au-delà des demi-aveux de gabegie (les Hauts Conseils et autres Comités d’enquête inutiles, les sur-pensions de retraite injustifiées…), on relève bien quelques incohérences (affirmation de l’autorité hiérarchique des préfets de région sur les préfets de département, mais à l’exclusion du "champ des politiques de sécurité, ou ayant trait à la présence et à la permanence de l’État" - cela limite un peu – ou encore l’annonce de la suppression du Haut conseil de la coopération économique et quelques pages plus loin, au détour d’un graphique, la mention de la "suppression du Haut Conseil de la coopération internationale, remplacé par un conseil stratégique sur l’aide publique au développement"… - de quoi faire douter de la disparition réelle et définitive de toutes ces instances à l’utilité douteuse mais aux coûts de fonctionnement avérés), mais le plus chagrinant est ailleurs.
L’essentiel a-t-il été oublié ?
"Ces réformes, auxquelles s’ajouteront celles du prochain Conseil de modernisation, permettront d’atteindre l’objectif de non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux entre 2009 et 2011, en améliorant dans le même temps la qualité du service public. Elles représentent environ 7 milliards d’euros d’économies à l’horizon 2011, dont une partie sera redistribuée aux fonctionnaires, conformément à l’engagement du président de la République de redistribuer la moitié des économies liées à la réduction des effectifs."
Un des principaux leviers d’économies (et il y a besoin d’en faire si l’économie française veut espérer sortir de la croissance molle, du chômage de masse et de la paupérisation rampante) et de réduction des déficits publics (vous vous rappelez, les déficits publics d’aujourd’hui sont etc …) réside évidemment dans la réduction des frais de personnel (pas que dans la fonction publique d’Etat d’ailleurs, il suffit de regarder les offres d’emplois des collectivités locales à la fin de chaque numéro de Télérama pour s’interroger sur la gestion des deniers publics dans la fonction publique territoriales). Et c’est là que le bât blesse.
D’abord parce qu’on retrouve ce principe de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Principe complètement débile parce que ne tenant aucun compte des besoins de recrutement pour certaines missions et des sureffectifs avérés sur d’autres. Je prends deux exemples volontairement caricaturaux : si, par un incroyable hasard ne partaient à la retraite en 2008 que des fonctionnaires du Ministère des Anciens Combattants et des enseignants en latin et grec ancien, y-aurait-il besoin d’en remplacer un sur deux ou seulement un sur dix ? Et si ne partaient en 2008 que des policiers en poste dans des missions opérationnelles, faudrait-il en remplacer seulement un sur deux ou neuf sur dix, la totalité ou voire même en recruter plus qu’il n’en part ?
Ensuite, parce que je reste très sceptique sur la mobilité des fonctionnaires malgré les mesures incitatives envisagées (Cf. supra) et sur les possibilités de redéploiement des effectifs en provenance d’organismes supprimés ou fusionnés et donc sur les économies réelles à attendre. Dans le cas de l’Inspection Générale du Tourisme, cela devrait être possible de trouver un point de chute aux personnels concernés, qui sont en nombre réduit et basés à Paris. Mais comment cela se passera-t-il pour les milliers de postes amenés à être supprimés dans des villes de province dans le cadre de l’unification des réseaux de la direction générale des impôts et de la direction générale de la comptabilité publique ? Pour avoir vécu une fusion dont l’un des protagonistes était un établissement ayant passé 150 ans dans le secteur public avec un statut calqué sur celui de la Banque de France, j’ai pu constater la difficulté à faire bouger des personnels sous un quasi-statut de secteur public sur d’autres postes, surtout depuis des activités de back-office vers des missions de front-office. Commentaire lapidaire du chef de mission du cabinet de consultant ayant participé aux travaux de rapprochement :
« C’est la première fusion que je vois où on crée des postes... ». Et encore y avait-il eu une vague de démissions chez nous au moment de l’annonce du rachat…
Le rapport présenté vendredi par Eric Woerth se réclame explicitement des réformes menées en Suède et au Canada ("Ce constat n’est pas original : le Canada, la Suède l’ont fait avant nous."). Non sans raison puisque la Suède vient d’annoncer presque simultanément un excédent budgétaire record et une prévision de croissance bien supérieure à celle qui peut être espérée pour l’économie française.
Encore faudrait-il être bien conscient que, en Suède comme au Canada, la réforme s’est effectivement aussi faite par fusions, rapprochements et réorganisations de structures administratives mais s’est accompagnée d’une révision du statut des fonctionnaires. Sans révision concomitante du statut général des fonctionnaires datant de 1946, la RGPP risque fort de rester un coup d’épée dans l’eau.
NB : L’utilisation de la fonction "Prévisualiser" des commentaires est toujours à éviter.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Wed, 09 Apr 2008 18:40:55 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Encore qu'il faille nuancer. Le magistrats doivent être indépendants et donc bénéficier de l'inamovibilité sauf faute etc. Les militaires, policiers, gendarmes risquent leur vie. Un statut à part n'a ----- COMMENT: AUTHOR: minerve [Visiteur] DATE: Wed, 09 Apr 2008 17:04:15 +0000 URL: Comme Denis ,je pense qu'il n'est pas question de supprimer la fonction publique ,mais on peut aligner statuts ,salaires et retraites sur le privé .Si on souhaite leur garder un privilège ,choisissons ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Tue, 08 Apr 2008 20:09:13 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Là, ce n'est pas moi qui le dis...Sur le chemin du bureau ce matin, j’ai cru devoir m’arrêter et descendre de voiture. Pour pisser. De rire. En entendant, sur BFM (radio que j’apprécie pourtant au plus haut point et que je recommande chaudement aux étudiants en économie et gestion - et aux autres - en remplacement éventuel de la lecture d’un quotidien économique),Yves de Kerdrel faire des grandes déclarations sur le fait que les 17 dirigeants d’EADS soupçonnés de délits d’initiés "massifs" par l’AMF allaient voir leur réputation gravement compromise et leur légitimité mise en cause par leurs collaborateurs. Et puis quoi encore, M. de Kerdrel ? Les 17 en question seront-ils bientôt forcés par leurs pairs de parcourir les rues du VIIIe arrondissement en robe de bure et la corde au cou ? M. de Kerdrel, votre éditorial relevait au mieux de l’hypocrisie et au pire de la naïveté. Il aurait été plus intéressant que vous vous interrogiez sur la difficulté à faire la preuve d’un délit d’initié et sur les risques d’impunité de comportements qui nuisent gravement à l’image de l’entreprise, et entretiennent la popularité d’Olivier Besancenot et la méfiance des Français à l’égard de l’économie de marché.
Mise à jour du 8 avril : Yves de Kerdrel s'est rattrapé hier avec un édito bien tourné comparant les images de l'intervention de Pompidou devant les mineurs de Lorraine auxquels le Président de l'époque tînt un discours de vérité sur la nécessité de s'adapter à la concurrence de la Sarre, et celles de Nicolas Sarkozy faisant la promesse de les sauver tous aux salariés du site Arcelor-Mittal de Gandrange.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Wed, 09 Apr 2008 18:33:29 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Minerve,Malgré le drame affreux qui vient de frapper le cousin germain de ma femme et ses trois jeunes enfants et qui nous bouleverse depuis deux jours, malgré l’immense peine qui nous étreint et nous vide le cerveau, malgré le chagrin qui rend nos préoccupations quotidiennes bien dérisoires, la vie continue. L’obligation scénique, comme disent les acteurs.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sun, 06 Apr 2008 20:21:18 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Merci JP et Delphine, ainsi qu'à Fabrice et Stéphanie, de votre soutien. ----- COMMENT: AUTHOR: Jipé [Visiteur] DATE: Sun, 06 Apr 2008 20:13:29 +0000 URL: Cécile et Denis, nous pensons à vous et à votre famille éprouvée.Le rendez-vous sur les retraites qu’a commencé de préparer Xavier Bertrand cette semaine ne laisse pas augurer d’une grande créativité. Les vieilles recettes ont la vie dure. Hausse des cotisations (un véritable épouvantail parce qu’immédiatement douloureuse), baisse des prestations et allongement de la durée de cotisation (la plus prisée parce que la plus indolore) sont au menu des discussions sans, encore une fois, qu’une réflexion globale ait menée sur les modes de financement de notre protection sociale en y intégrant une remise à plat de la fiscalité (un enjeu de taille). Autrement dit, sans qu’ait été achevée au préalable la Revue Générale des Prélèvements Obligatoires (RPGO) en cours. A quoi peut bien mener cette RPGO si les sujets sont traités ainsi de façon cloisonnée, déconnectés les uns des autres ? Si des choix sont faits par ailleurs en matière d’assurance-vieillesse, qui constitue une part non négligeable de ces prélèvements obligatoires ? Tout cela manque encore une fois de vision d’ensemble et il est regrettable que de nouvelles sources de financement comme la TVA sociale fasse l’objet d’un renoncement sans expérimentation (plutôt que de consacrer des milliards d’euros au paquet fiscal, il aurait été peut-être plus ingénieux de les consacrer à expérimenter une TVA sociale "à prélèvements constants").
Cela manque aussi de cohérence à tout le moins. Le gouvernement veut mettre sur la table des négociations les avantages familiaux (majoration de 10 % pour les parents de 3 enfants et plus, majoration de la durée de cotisation de 2 ans sous réserve d’interruption d’activité). Je m’étonne (c’est un euphémisme) d’une telle contradiction. Alors que la réforme de 2003 a confirmé le choix de la répartition pour nos régimes de retraite, il serait pour le moins paradoxal et même scandaleux qu’un système qui se réclame de la solidarité entre les générations (la définition même du régime par répartition) rogne les avantages de ceux qui contribuent de façon essentielle à cette solidarité en assurant le renouvellement desdites générations.
Finalement, ces régimes de retraite par répartition prennent un tour de plus en plus totalitaire. Même si le terme paraîtra excesiif à certains, je pèse évidemment mes mots, en l'occurrence le mot. Selon la définition qu'en donne par exemple Wikipedia, "le totalitarisme est le système politique des régimes à parti unique, n'admettant aucune opposition organisée, dans lequel l'État tend à confisquer la totalité des activités de la société". Par leur coté unique, obligatoire et de plus en plus confiscatoire pour une majorité de salariés qui n’ont guère d’autre choix (sauf à s’expatrier ou à s’installer en indépendant mais ce n’est guère possible dans beaucoup de métiers), les régimes de retraite par répartition ne s’y apparentent-ils pas de plus en plus ? Je reste pourtant un farouche adversaire de la retraite par capitalisation individuelle (tout comme de la protection maladie individuelle) qui consisterait purement et simplement à revenir deux siècles en arrière. Pour autant, le régime de répartition tel que le conçoivent nos gouvernants (des prestations en baisse et des contributions en hausse) ne pourra susciter qu’un rejet de plus en plus massif de ceux qui y contribuent le plus.
NB :La fonction "Prévisualiser" pour les commentaires ne fonctionne toujours pas... Pensez à l'éviter.
----- COMMENT: AUTHOR: toto [Visiteur] DATE: Wed, 02 Apr 2008 10:35:51 +0000 URL: Selon les derniers résultats de l'Observatoire des acteurs du travail Institut Manpower-LCI-" Les Echos ", les salariés de plus de 50 ans souhaitent avant tout écourter leur vie professionnelle. Moins ----- COMMENT: AUTHOR: toto [Visiteur] DATE: Wed, 02 Apr 2008 08:45:31 +0000 URL: Je cite :"Etant les ignorants, ils sont les incléments,
Hélas combien de temps faudra-t-il vous redire
A vous tous que c’est à vous de les conduire,
Qu’il fallait leur donner leur part de la cité
Que votre aveuglement produit leur cécité !
D’une tutelle avare, on recueille les suites,
Et le mal qu’ils vous font, c’est vous qui le leur fîtes.
Vous ne les avez pas guidés, pris par la main
Et renseignés sur l’ombre et sur le vrai chemin.
Vous les avez laissés en proie au labyrinthe,
Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte.
C’est qu’ils n’ont pas senti votre fraternité.
Comment peut-il penser, celui qui ne peut vivre ?"
Dans le droit fil de ces vers inspirés à Victor Hugo en juin 1871 par les Communards (à ne pas confondre avec le groupe homonyme fondé par Jimmy Sommerville quand je n'étais encore qu'un ado), le dernier roman de Gérard Mordillat, "Notre part des ténèbres", paru chez Calmann-Levy, est à la fois un thriller haletant, qui n’a rien à envier aux romans de Tom Clancy ou de Frederic Forsyth, et une critique féroce des dérives et des excès du capitalisme financier et médiatique.
Un roman d’action qui vous tient jusqu’à la dernière page
Anciens salariés de l’entreprise Mondial Laser, Gary et une poignée de salariés aux noms improbables (une manie de Mordillat déjà notable dans "Les vivants et les morts") organisent le détournement d’un paquebot de luxe. A bord sont rassemblés pour fêter le Nouvel An et une année de bénéfice record, les actionnaires du fond d’investissement qui, après une opération de LBO sur Mondial Laser, a organisé son dépeçage et le transfert de sa technologie et des ses contrats au profit d’un concurrent indien, laissant des centaines de salariés sur le carreau.
Narré en courtes scènes parallèles (le paquebot, la capitainerie, le bureau du Premier ministre où se réunit la cellule de crise, les hélicoptères où ont pris place les hommes du GIGN) et alternant les flash-backs relatant la maturation de la décision de détourner le navire et les préparatifs de l’opération, cette fiction est aussi plausible sur le plan des mécanismes économiques et financiers que dans la description des scènes d’action. Bref, même si l'on peut regretter parfois des dialogues plus écrits que parlés, ça se lit avec plaisir et sans effort, comme un bon polar (c’était aussi le cas pour "Les vivants et les morts", paru depuis en collection de poche). Je ne révèlerai rien de plus des ressorts qui amènent Gary et ses acolytes à la révolte, ni du déroulement et du dénouement de l’action (la bassesse humaine qui conduit Gary, mélange de Spartacus et du Gladiator de Ridley Scott, à la vengeance est glauque mais malheureusement tellement vraisemblable).
Une charge violente contre les dévoiements de l’économie de marché
En imaginant et en mettant ainsi en scène cette possible radicalisation des luttes sociales, cette révolte des salariés, ce recours à la violence voire à ce qu’il faut bien appeler le terrorisme par ceux qui ont perdu tout espoir de lendemains meilleurs, "Notre part des ténèbres" est à la fois une mise en accusation en règle des pratiques du capitalisme financier, de sa déshumanisation et du règne de la rentabilité financière à tout prix, et une mise en garde quant aux conséquences du fossé grandissant entre détenteurs du capital et salariés du bas de l’échelle exposés à la précarité et à une paupérisation grandissante.
Quand une partie de ceux-ci, condamnés à vivre et même à survivre des miettes du système ou de subsides étatiques, en arriveront à se poser la question "Est-ce que nous avons quelque chose à perdre qui vaille d’attendre le coup de grâce ?" (à court terme, l’écran plat avec abonnement à Canal + pour les matchs de Ligue 1, mais à moyen terme ?), nous risquons fort de connaître ce jour-là le même genre d’action de violence désespérée.
Le roman de Gérard Mordillat met en exergue deux autres aspects tout aussi préoccupants pour la santé démocratique :
le quasi lavage de cerveau pratiqué par les médias à l’égard du grand public (dont il faut bien dire qu’il s’en contente volontiers et l’accepte sans broncher). La vision qu’en livre le personnage du Directeur général de la chaîne de télévision TFM (cherchez la ressemblance) est à cet égard édifiante : "Notre public se fout des types de Mondial Laser ! Ce qu’ils veulent, c’est savoir ce qui se passe à bord, que font Depardieu, Marceau et les autres. Ils veulent qu’on les embarque avec le GIGN, suivre l’attaque en direct. Etre aux premières loges sans bouger le cul de leur salon. Les paumés qui ont fait le coup, ils s’en branlent. Au mieux, ils les plaignent, au pire ils espèrent les voir alignés dans leur sang comme un trophée de chasse. […] Dans les familles, l’écran c’est le buisson-ardent ! C’est l’image et la parole divines. Personne ne peut aller contre." (NB : pour les mécréants comme moi, je rappelle que le buisson ardent symbolise dans la Bible la révélation de Dieu à Moïse).
De façon plus implicite, le livre pose la question de l’asymétrie de l’Etat de droit ("Sur le Nausicaa, c’est le monde à l’envers. La sécurité sera pour les salariés, le risque pour les actionnaires."), d’une part quant à l’inégalité de traitement dans les faits du droit de propriété et du droit du travail (les codes et les lois existent pour protéger tant les droits des actionnaires que ceux des salariés mais avec des efficacités et des résultats très différents en pratique : "J’espère que vous appréciez comme moi l’ironie de ce terme, « plan social »") et d’autre part quant à la justification morale de la répression par les forces de l’ordre de l’action des salariés en révolte contre le détournement des lois censés les protéger. J’en suis même arrivé à me poser la question, après m’être longtemps gaussé de la fameuse déclaration de Jacques Chirac ("Le libéralisme représente aujourd’hui pour la démocratie une menace comparable à ce que fut le communisme du temps de la guerre froide.") si celui-ci ne faisait pas preuve là d’une clairvoyance géniale à l’égard de l’évolution ultime de cette forme dévoyée de l’économie de marché qu’est le libéralisme non régulé.
Laissons à Gary le mot de la fin (de la fin de ce billet, pas de la fin du livre, je vous laisse découvrir par vous-même le dénouement de cette fiction ancrée dans nos réalités économiques et sociales) :
"Personne ne me fera croire qu’il est le seul monde possible, que l’histoire est terminée, que le marché scelle le stade ultime de l’organisation humaine. Peut-être suffit-il de dix hommes décidés sur un navire de croisière pour que la peur change de camp ? Qu’est-ce qu’il faut pour faire tomber la Bastille ou guillotiner un roi ? Du courage et un excès de désespoir…"
Je ne crois pas non plus que le monde dans son ensemble puisse rester en l’état à moyen et long terme, que la situation actuelle soit un horizon indépassable (même si je reste convaincue que l’économie de marché est "le pire des systèmes à l’exception de tous les autres") et qu’elle puisse perdurer sans explosion, conflit, épidémie et catastrophe naturelle qui viendront réguler les excès actuels que ce soit en terme de course à la rentabilité, de pollution ou de démographie. Et quant à la situation particulière de la France et à la possibilité de tels soubresauts, cela dépendra notamment de la capacité de notre Président à réformer sa vision économique et à expliquer que les résultats, en termes de pouvoir d’achat et d’emploi, des réformes qui restent à engager véritablement ne peuvent pas être immédiats. Au commencement est toujours le Verbe.
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----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Fri, 21 Mar 2008 22:19:19 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr On doit mettre à peu près la même chose sous des vocables différents : économie sociale de marché pour moi, libéralisme pour vous. Et ce que je critiquais dans mon dernier commentaire, c'était bien l' ----- COMMENT: AUTHOR: minerve [Visiteur] DATE: Fri, 21 Mar 2008 22:09:55 +0000 URL: Denis ,Vous êtes maintenant familier avec les subprime, CDO (Collateral Debt Obligation) et autres CDS (Credit Default Swaps) et et vous avez aimé ? Vous allez adorer les level three... Le level one correspond aux actifs financiers qui ont un prix de marché, i.e. une valeur de négociation. Au level two, on trouve les actifs financiers dont la valeur est fournie par un modèle mathématique sur lequel les établissements financiers sont (plus ou moins ?) d'accord. Et au level three, on trouve les actifs dont aucune valeur n'est donnée par un prix de marché ou par un modèle. Et certains établissements financiers US en ont en portefeuille pour plus que leurs fonds propres...
NB : L’utilisation de la fonction "Prévisualiser" des commentaires est toujours à proscrire.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sat, 22 Mar 2008 19:46:00 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Je dois avouer que l'idée du texte en russe m'a bien fait rire. ----- COMMENT: AUTHOR: Aetius [Visiteur] DATE: Sat, 22 Mar 2008 14:39:17 +0000 URL: What do you want? you want me to go back to my skateboard that's what you want ?Je n’ai pas commenté sur ce blog la campagne et les résultats des élections municipales. D’abord parce qu’à mon sens, les enjeux de ces élections sont avant tout locaux, même si les listes et les candidats, se réclament dans la plupart des villes et villages, de telle ou telle étiquette politique. Du coup, et pour paraphraser Tony Blair, j’ai le sentiment qu’il n’y a pas des maires de droite et des maires de gauche, il n’y a que des bons et des mauvais maires. Ensuite, parce que, dans mes domaines de prédilection que sont l’économie, la finance ou la fiscalité, je ne me sens pas suffisamment compétent pour ce qui est de leur dimension locale (je ne maîtrise pas bien, voire pas du tout, les arcanes des finances municipales ou de la fiscalité locale). Enfin parce que les vrais sujets de conflit voire de polémique (l’intégrisme de Denis Baupin en matière de circulation à Paris par exemple) ne concernent finalement qu’assez peu de gens (les banlieusards qui ont la mauvaise idée de vouloir emmener leurs enfants à Paris en voiture pour visiter un monument ou assister à un spectacle).
La plupart des commentateurs ne manqueront pas d’interpréter les résultats de ce soir pour en faire un test à l’échelon national. Les dirigeants politiques qui feront le tour des plateaux de télévision, déclareront pour les uns que les résultats traduisent un vote-sanction à l’égard de la politique du gouvernement, pour les autres que les électeurs n’ont pas exprimé une opposition aux (maigres) réformes menées depuis dix mois. Et moi, devant mon écran de télévision, je me ferai encore l’effet d’un doux naïf, attendant vainement qu’un dirigeant socialiste batte sa coulpe en direct et dénonce les deux erreurs historiques du Parti Socialiste (la retraite à 60 ans pour alors que l’espérance de vie s’allongeait pour une majorité de la population, les 35 heures alors que la Chine se transformait en atelier du monde), et qu’un membre du gouvernement, au risque de se faire démissionner dès le lendemain, nous avoue que les réformes menées depuis dix mois n’en sont guère et relèvent avant tout de la mayonnaise médiatique et que les milliards d’euros du paquet fiscal auraient été mieux utilisés à baisser la taxe professionnelle. Des discours de vérité et des éthiques de responsabilité en quelque sorte.

Je me rassure, nous sommes au moins deux à être ainsi au mieux dix ans en avance (mais avoir raison trop tôt, c’est avoir tort), au pire de doux naïfs sur ce sujet de l’éthique et de la gouvernance politique. Niels Arestrup fait rompre à son "Candidat" les codes du discours politique. La critique a pu être sévère, non sans raison, avec ce film (les personnages secondaires y sont inconsistants ou caricaturaux, la dénonciation des collusions entre politique, business et médias est assez convenue et les clichés – demeures de luxe, limousines etc – jalonnent le film), mais la fin, où l’on voit le personnage du candidat joué par Ivan Attal s’écarter des dogmes du débat télévisé, est plutôt encourageante.
NB : L’utilisation de la fonction "Prévisualiser" des commentaires est toujours à proscrire.
----- COMMENT: AUTHOR: minerve [Visiteur] DATE: Tue, 18 Mar 2008 22:48:23 +0000 URL: Denis disait récemment que l'Aetius était en forme en ce moment .Oui ,très en forme pour enfoncer les portes ouvertes .A ceux qui seraient tentés, par indignation, sur un malentendu ou pour toute autre raison, de laisser un commentaire sur ce blog, je préconise de ne pas utiliser jusqu'à nouvel ordre la fonction "Prévisualiser". Vous perdrez sans recours tout le texte que vous serez échiné à taper. Malgré ma totale incompétence en matière de webmastering, je me suis attelé à faire disparaître cet inconvénient propre à décourager même les plus motivés et les plus plus indulgents de mes lecteurs, mais sans succès jusqu'ici. A ma décharge, je ne suis pas aidé, entre mon hébergeur Lycos, dont le support technique répond à côté des questions que je pose et le "propulseur du blog, B2 Evolution, qui lui se garde bien d'y répondre...
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sun, 06 Apr 2008 20:12:00 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Excellent, excellent...La dernière idée de Nicolas Sarkozy en matière de réforme semble être passée relativement inaperçue : sous prétexte de redonner du pouvoir d'achat aux Français, Nicolas Sarkozy souhaite transformer les mécanismes actuels d'intéressement et de participation en "prime annuelle" et en profiter aux passage pour les soumettres aux cotisations retraite. Pour faire passer la pilule, les sommes ainsi taxées seraient prises en compte pour le calcul des droits à la retraite.
Un tel projet mériterait pourtant un large retentissement tant il est révélateur des faux-semblants de la rupture, de l'absence totale de cohérence de la politique élyséenne et du cynisme clientéliste de son principal insparateur en passe de se transformer en un détonant mélange des Présidents Queuille et Chirac. En voici quelques illustrations :
1/ Le gain de pouvoir d'achat est un prétexte illusoire
Il faut rappeler que, dans le régime actuel, si la participation ne peut être débloquée avant 5 ans que dans un nombre de cas limité de cas (acquisition de la résidence principale, mariage etc), l'intéressement peut en revanche déjà faire l'objet d'un versement immédiat en faveur du salarié (mais devient alors imposable à l'impôt sur le revenu alors qu'il est soumis aux seuls prélèvements sociaux si le salarié fait le choix du blocage pendant 5 ans).
Dans le régime envisagé par notre champion du pouvoir d'achat, les salariés qui perçoivent déjà immédiatement leur intéressement ne gagneront rien en termes de pouvoir d'achat, mais au contraire en perdront, puisque la somme qui leur sera versée sera désormains amputée du montant des cotisations-vieillesse. Du coup, ils devraient payer un peu moins d'impôt sur le revenu. Maigre consolation... Quant à ceux qui bloquaient leur intéressement, ils perdront un quart des sommes perçues avec un décalage de 5 ans.
La seule motivation du projet de réforme élyséen se résume donc en fait à tenter de taxer les quelques milliards qui échappaient encore au Moloch des charges sociales.
2/ Faut-il relever qu'un tel projet va totalement à l'encontre de l'objectif affiché de réduire de quatre points le taux de prélèvements obligatoires ?
Ce dont l'économie française a besoin, c'est d'une réforme de sa sphère publique soit pour en améliorer l'efficacité à coût constant, soit pour en diminuer le coût à prestations constantes. C'est la seule voie possible pour restaurer l'investissement des entreprises et espérer voir disparaître le chômage structurel. On n'en prend pas le chemin avec de telles mesures.
3/ Nicolas Sarkozy joue cyniquement de la faible capacité de mobilisation des salariés
Alors que le champion de la rupture a consenti aux cheminots et autres bénéficiaires de régimes spéciaux de retraite d'échanger des gains financiers immédiats contre des efforts lointains et incertains, Nicolas Sarkozy veut imposer aux salariés des efforts financiers immédiats en échange de gains lointains et incertains en tablant sur le fait qu'ils n'ont pas la capacité de bloquer le pays.
Dans un grand numéro de foutage de gueule, Nicolas Sarkozy nous déclare qu'il souhaite que "les salariés ne puissent pas dire, on s'est moqué de moi, on me donne du pouvoir d'achat mais ça ne compte pas pour la retraite". Cela ne risque pas. Lors du premier versement d'interessement auquel s'appliquera le nouveau projet, ils pourront se dire : "On s'est bien foutu de ma gueule, on m'a piqué du pouvoir d'achat et en plus, je ne suis pas sûr d'en profiter pour ma retraite".
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sun, 30 Mar 2008 19:08:42 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Bonne nouvelle !!! Le gouvernement a renoncé à ce qu'il faut bien appeler une grosse arnaque au détriment comme toujours des sala ----- COMMENT: AUTHOR: showshoes [Visiteur] DATE: Sat, 15 Mar 2008 13:27:16 +0000 URL: http://Showshoes.over-blog.com La rupture de Sarkozy n'est qu'un mot de plus ajouté à son vocabulaire. Ses réformes n'en sont pas. C'est le président canada dry par excellence. :-)...avec ma clé 3G !!! Je skierai quand même la journée...
Une devinette comme chez Versac ? C'est un endroit où on trouve des chèvres en été et qui doit être à cette époque aussi charmant qu'il l'est en hiver.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sat, 08 Mar 2008 14:47:44 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Low-cost, yacht de luxe ou hélicoptère privé, Minerve, ce que je voulais dire, c'est que les non-résidents de tous les niveaux ont largement plus de pouvoir d'achat et font monter les prix de l'immobi ----- COMMENT: AUTHOR: minerve [Visiteur] DATE: Fri, 07 Mar 2008 22:11:56 +0000 URL: Tout à fait différente ,Denis .Après l’enquête de 60 millions de consommateurs, qui fait apparaître des hausses de 40 à 50 % des prix de certains produits alimentaires, tout a sans doute été dit sur le sujet ou presque : que la méthodologie de l’enquête se justifie par le fait que les prix sur Internet facilitent les comparaisons par leur unicité au plan national pour chaque enseigne, qu’un supplément de prix sur Internet par rapport aux prix en magasin se justifie par le service rendu (il faudrait ajouter que la cible de clientèle est peut-être aussi plus aisée), que la hausse des prix des produits alimentaires s’explique en partie par la hausse des prix des matières premières etc.
Invité hier soir de l’émission de C à dire sur France 5 (à visionner ici, ce n’est pas long), Serge Papin, le patron de groupement Système U, que j’apprécie habituellement au demeurant pour son franc parler, dénonçait, avec sa fougue habituelle, l’enquête de 60 millions de consommateurs et les "mauvais procès" faits aux distributeurs. Pour la défense de sa profession, il mettait en avant la faiblesse des marges ("Quand on fait 100 € de chiffre d’affaire à la caisse, il nous reste 2 € précisément dans notre poche.") et citait à l’appui de son propos, l’exemple du magasin des Les Herbiers dont le dernier bilan laisserait apparaître un bénéfice de 1,30 % du chiffre d’affaire, soit 400 € de bénéfice net par salarié.
Ce qu’oublie de préciser M. Papin, c’est que, dans le cas d’adhérents de groupements de supermarchés comme Système U, Leclerc et Intermarché, cas du propriétaire du magasin des Herbiers, le seul bilan de la société d’exploitation du magasin ne veut rien dire. Il peut y avoir une société holding ayant servi au rachat qui facture des prestations de service de façon plus ou moins gonflée, diminuant d’autant le bénéfice net. Surtout, il existe dans la plupart des cas une société civile immobilière (SCI) détenue à titre personnel par le dirigeant du magasin et ayant servi à acheter les locaux du supermarché. Pour ce faire, cette SCI s'est endettée et, pour rembourser ce crédit, facture un loyer conséquent à la société d’exploitation. Enfin, ce que M. Papin passe sous silence, c’est que là où un dirigeant de supermarché gagne le plus sa vie, c’est lorsqu’il revend son magasin. Grâce à la loi Raffarin, qui limite l’ouverture de nouvelles grandes surfaces depuis 1996, le moindre supermarché à Vesoul ou à Toul se vend entre 10 et 15 millions d’euros (exploitation + murs).
Mon propos n’est pas de jeter l’opprobre sur les acteurs de la grande distribution, mais simplement de faire apparaître, que s’ils dénoncent non sans raison les aberrations de la loi Galland et le poids des prélèvements obligatoires, les Serge Papin et autres Michel-Edouard Leclerc peuvent se montrer tout aussi démagos dans leurs interventions médiatiques que nos hommes politiques lorsqu’il s’agit de défendre leur profession. Serge aurait ainsi été plus crédible à mes yeux s’il n’avait pas tenté hier soir de faire passer les dirigeants de la distribution indépendante pour des adeptes de l’économie solidaire.
Enfin, le plus risible dans cette histoire, c’est la réaction du gouvernement, qui s’en va chercher des coupables chez les industriels et les distributeurs, alors qu’il a entre ses seules mains la mère de toutes les solutions au problème du pouvoir d’achat au travers de la baisse à réaliser des prélèvements obligatoires.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Thu, 28 Feb 2008 22:17:14 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Il est en forme, le Aetius... ----- COMMENT: AUTHOR: Aetius [Visiteur] DATE: Thu, 28 Feb 2008 20:22:06 +0000 URL: Chacun a remarqué, depuis le passage à l'euro, la hausse sournoise et régulière des prix lors du passage à la caisse. Et cette hausse semble depuis des années être cachée par des statistiques bidonnée ----- -------- AUTHOR: TITLE: République des blogs BASENAME: republique_des_blogs DATE: Wed, 27 Feb 2008 01:55:44 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: République des Blogs CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Toujours à l'initiative de Versac, toujours au même endroit (au Pavillon Baltard, un café situé 9 rue Coquillière à Paris Ier, métros Louvre-Rivoli ou Les Halles) et à la même heure (à partir de 19 heures), mais avec un peu moins d'inscrits que pendant la campagne présidentielle...
Tous les détails (blogueurs annoncés, accès etc) ici.
----- -------- AUTHOR: TITLE: Bidouillage de caniveau ? BASENAME: bidouillage_de_caniveau DATE: Sun, 24 Feb 2008 17:53:39 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Nicolas Sarkozy CATEGORY: Médias TAGS: ----- BODY:Entendu à la radio, le nouvel éclat de Nicolas Sarkozy qui inonde la toile et les médias depuis hier ne me paraissait guère digne d'intérêt. D'un côté, un badaud irrespectueux (même si on n'aime pas Sarko, cela n'empêche pas de rester courtois), de l'autre un Président moins "présidentiel" que ses prédécesseurs et à qui les réactions instinctives font perdre un peu de dignité dans la fonction. Rien de bien nouveau. Jusqu'a ce que je visionne la vidéo incriminée. Là, le doute me saisit : je ne reconnais pas la voix de Sarko et les paroles ne semblent pas correspondre avec le mouvement des lèvres. Je ne peux pas l'affirmer (il faudrait quelqu'un capable de lire sur les lèvres pour confirmer l'hypothèse), mais cela me fait penser à un gros bidouillage. Même si le personnage est capable de ce genre de réaction non maîtrisée (on l'a vu au Guilvinec où la véracité des images filmées sous différents angles ne prêtait pas à discussion), je m'interroge fortement quant à la véracité des images et des paroles prêtées au chef de l'Etat et quant à la possibilité d'une vidéo truquée. Si d'aventure l'hypothèse se vérifiait, il y aurait là de quoi discréditer défintivement les médias qui ont repris en choeur cette information et les politiques qui ont condamné sans précaution les propos prêtés à Nicolas Sarkozy.
Mise à jour du 24/02 à 21 h 05 : A lire "Histoire d'une vidéo", les propos échangés sont présentés comme dignes de foi. Décidément, cette histoire me laisse pantois.
Mise à jour du 26/02 à 8 h 50 : Donc c'était bien lui et non un de ses gardes du corps qui a répliqué un peu vivement à un grincheux anti-Sarko au Salon de l'Agriculture. L'ironie aurait sans doute été préférable à ce lapidaire "Casse-toi pauvre con". Mais, sans être un partisan de notre Président bling-bling, qui peut prétendre être toujours parfaitement maître de ses réactions ? Cela justifiait-il un tel battage médiatique ? J'en doute.
----- COMMENT: AUTHOR: Fleur de Lys [Visiteur] DATE: Thu, 28 Feb 2008 17:30:40 +0000 URL: ça doit être l'effet sarkozine...Citation de Daniel Bouton en une du Monde daté du 13 février : "Nous ne sommes pas des spéculateurs". Un peu quand même, Monsieur Bouton. Ce qui ne signifie pas pour autant que vous soyez inutiles. La déclaration exacte eût été "Nous ne sommes pas des parasites". Mais bon, tout lecteur du Monde qu'il soit, le lecteur du Monde reste un citoyen en moyenne assez mal informé de tous ces mécanimes de marchés.
En très résumé, tout ce qui relève des activités dites "pour compte propre" des banques relève plus ou moins de la spéculation (moins pour le market-maker qui donne un prix en se couvrant que pour le trader). Cela n'en reste pas moins indispensable à la liquidité des marchés. Pour 25 % des opérations s'appuyant sur l'économie "réelle" (couverture d'un risque de change ou de taux d'intérêt, élaboration de produits financiers pour la gestion de trésorerie des entreprises ou l'épargne des particuliers), il faut 75 % de "spéculateurs" qui assurent l'efficience du marché. Cela ne les rend donc pas inutiles voire nuisibles.
La question est plutôt de savoir si les opérations liées à l'économie réelle représentent encore 25 % des transactions sur les marchés à terme et les dérivés ou si elles n'en représentent plus que 5 % à la liquidité assurée par 15 % des volumes, les 80 % restant constituant un vaste casino entre banques et établissements financiers...
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sun, 24 Feb 2008 18:31:26 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr D'abord je n'en vois pas la faisabilité. Supposons que l'on modifie la loi sur les sociétés commerciales en plafonnant les divdendes à 25 % du résultat net. Le lendemain, les groupes français installe ----- COMMENT: AUTHOR: Aetius [Visiteur] DATE: Sun, 24 Feb 2008 18:14:06 +0000 URL: Bon. Je ne te qualifie plus de libéral.Excellente analyse par Versac de l'évolution de la relation entre Sarkozy et les médias. Celui qui a vécu par l'épée périra par l'épée...
La conclusion me paraît toutefois un peu optimiste. Avant que les médias sachent traiter d'autre chose que de la vie privée des people, il y a le temps. Il est vrai qu'il y a un public grossissant pour avoir sa tranche quotidienne de vie rêvée de star sur écran ou sur papier plus ou moins glacé. Et qui dit public dit audience et dit donc recettes publicitaires...
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sat, 16 Feb 2008 05:16:40 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr C'est effectivement toute la contradiction JP : Paris-Match (que j'ai d'ailleurs acheté pour ma femme - la bonne excuse...) fait sa une et un cahier de 20 pages sur le mariage présidentiel (avec des ----- COMMENT: AUTHOR: Jipé [Visiteur] DATE: Fri, 15 Feb 2008 21:35:06 +0000 URL: Merci, Denis, de diriger vers la bonne analyse de versac.Et pour votre complément de cette analyse.Non, il ne s’agit pas sur cette photo d’une opération escargot organisée par les taxis new-yorkais, à la célèbre couleur jaune, en soutien à leurs collègues français. Juste un jour de trafic normal immortalisé lundi matin dernier par un de mes collègues depuis le sommet de l’Empire State Building.
Loin de moi l’idée d’ériger cette ruche financière et commerciale qu’est New York en modèle ou en benchmark. Mais il n’empêche. 4 jours d’immersion dans une ville qui est à la fois la capitale de l’industrie financière mondiale, le temple de l’hyperconsommation et le symbole de la réussite ouverte à tous à force de travail, fournissent forcément matière à comparaison et donnent à réfléchir sur les revendications françaises actuelles et leur cohérence.
Ainsi des taxis. Il faut se rendre à l’évidence : à toute heure du jour et de la nuit et en tous points de Manhattan, des taxis libres circulent. Bien sûr, il faut à certains moments patienter quelques minutes, le dimanche en fin d’après-midi pour revenir de Soho par exemple. A la lecture de certains articles, il semble pourtant qu’il n’y ait proportionnellement pas plus de taxis à New York qu’à Paris et surtout, que les propositions avancées sur ce sujet par la commission Attali ne soient pas de nature à remédier à la situation. Mais n’y-a-t’il pas une solution intermédiaire entre un statu quo insatisfaisant et une déréglementation anxiogène ?
Ainsi des horaires d’ouverture des magasins. Entre les chaînes de supermarchés ouverts 24 heures sur 24 (Duane & Reade etc), l’ouverture de tous les magasins le dimanche de 11 heures à 18 heures voire 21 heures, et l’ouverture tous les jours dès 6 heures (j’ai vérifié, j’allais faire mon footing à cette heure) et jusqu’à minuit de nombreux magasins et échoppes de Manhattan, la machine économique tourne à plein régime. Au même moment, la justice française invalide les arrêtés préfectoraux qui autorisaient l’ouverture dominicale dans la zone commerciale de Plan de Campagne (on notera au passage le collusion de la CGPME, de la CGT et de la CFDT pour défendre ce qu’il faut bien appeler du conservatisme). Combien de salariés, permanents ou occasionnels, trouvaient leur compte à travailler le dimanche pour dépenser ensuite le supplément de rémunération qui en résultait ?
Ainsi de l’acceptation du changement et de l’évolution, des activités économiques condamnées disparaissant pour laisser la place à de nouvelles. Une partie de l’ancienne gare maritime a été transformée en studios de télévision et en parc d’activités sportives indoor pour les enfants, quand nos collectivités locales auraient investi des milliards d’euros de subventions publiques pour maintenir en l’état une activité condamnée à se réduire.
Comparaison n’est certes pas raison et New York n’est certainement pas un paradis terrestre. Mais en faisant un raccourci entre le rythme de l’activité et la taille des magasins à New York et sans pour autant être devenu un zélateur du sarkozysme, trois constats s'imposent :
1/ l’accélération de la croissance et l’augmentation des revenus et du pouvoir d’achat passent bien par une libéralisation du travail.
2/ on peut difficilement avoir en même temps la sécurité de l’emploi, les 35 heures et des gains substantiels de pouvoir d’achat.
3/ ce n’est pas en défendant envers et contre tout à coup de subventions publiques des activités condamnées que la situation s’améliorera mais bien en anticipant et en accompagnant la disparition des activités soumises à la concurrence des pays émergents pour en faire apparaître de nouvelles, à plus forte valeur ajoutée à partager entre entreprises et salariés.
Ensuite, c’est à chacun de choisir ce qu’il veut.
PS : Signalons la parution du rapport sur la mesure du pouvoir d’achat, qui avance un certain nombre de préconisations (calcul par unité de consommation, pouvoir d’achat par catégories etc) déjà réclamées ici. On regrettera juste l’insuffisante prise en compte des dépenses liées au logement, toujours considéré par l’INSEE comme une opération d’investissement…
Mise à jour du 13/02 à 8 h 30 : à Times Square après la victoire des Giants de New York lors de la finale du Superbowl
Donc pas de billet ce week-end contrairement à ce que pouvait laissait augurer mon nouveau rythme (pour ceux qui auraient remarqué).
PS : Ce serait gentil d'avoir dans vos éventuels commentaires une marque d'attention pour ma femme (du style "Bon courage Cécile" ou "Quel sens du sacrifice, Cécile"), que je laisse se débrouiller seule avec les trois enfants alors que le plus gros de mon activité pendant ces 4 jours consistera à refaire le monde de la gestion de patrimoine avec les commerciaux en buvant des pintes jusqu'à point d'heures. Merci d'avance pour elle.
----- COMMENT: AUTHOR: Deseil [Visiteur] DATE: Thu, 07 Feb 2008 17:16:20 +0000 URL: Fabrice,
Nicolas Sarkozy a semblé plus préoccupé ces dernières semaines par son nouveau bonheur avec Carla Bruni (1) que par les résultats de sa politique économique. Ses déclarations lors de sa dernière conférence de presse ("S'agissant du pouvoir d'achat, qu'est-ce que vous attendez de moi? Que je vide des caisses qui sont déjà vides? Qu'il faut que je donne des ordres à des entreprises à qui je n'ai pas à donner d'ordres ?") sont bien loin des affirmations péremptoires et tonitruantes de début de mandat sur le "choc de confiance" qu’était censé créer le paquet fiscal.
Il est vrai que le paquet fiscal, et la logique qui le sous-tendait, dite de "trickle-down", sont loin de produire les résultats escomptés. La faute sans doute, dans l'esprit du Président, à la conjoncture internationale (2) et aux Français qui ne travaillent toujours pas assez et n’ont donc que le pouvoir d’achat qu’ils méritent…
Comme c’était pourtant prévisible, enrichir les déjà riches ne profite pas aux plus pauvres. La Trickle-Down Economics, cette théorie, en vogue sous les présidences Reagan et Bush Jr, et selon laquelle les cadeaux fiscaux faits aux riches auraient un effet positif sur toutes les couches sociales ("Wealth trickles down from the rich to the poor") se trouve une nouvelle fois infirmée par la réalité (comme l’avait déjà souligné Robert Franck), parce que (comme l’explique fort justement Robert Reich) "in a global economy, investments don’t trickle down; they trickles out to wherever on the planet the rich can get the highest return" (3).
Finalement, dans cette affaire de paquet fiscal, c’est la célèbre réplique du personnage de Don Salluste, immortalisé par Louis de Funès dans "La Folie des Grandeurs", qui s’impose en guise de conclusion : "Les pauvres, c’est fait pour être très pauvres, et les riches très riches" (4).

C’est là que le rapport Attali devrait prendre tout son sens. En dénonçant "une société de connivence et de privilèges" et en préconisant les mesures idoines pour y remédier, la commission Attali met le doigt là où ça fait mal, surtout pour les bénéficiaires de toutes les rentes de situation où la concurrence se trouve limitée au profit du plus petit nombre. A titre d’exemple, grâce à leur monopole d’intervention sur les transactions immobilières et à leur barème d’émoluments non négociables, les notaires perçoivent une rémunération très confortable pour une prestation de qualité assez médiocre en moyenne (essayez donc de joindre un notaire pour une question urgente). Qui plus est, sans que leur salariés profitent eux de cette situation et bénéficient de conditions de rémunération particulièrement favorables. Un exemple de plus s’il en était besoin l’inanité de la théorie du trickle-down…
(1) Si je peux comprendre que l’homme Nicolas Sarkozy connaisse de nouveau les émois liés à la passion amoureuse, l’étalage depuis plus d’un mois par le Président Sarkozy de sa relation avec Carla Bruni me semble particulièrement malvenu et me stupéfie par son indécence (plus de discrétion quant aux deux bagues qu’il lui a offertes aurait été de bon ton, alors que de nombreux Français galèrent pour se loger, trouver un emploi ou acheter du poisson et des fruits et légumes frais) et par la puérilité que cet étalage semble révéler (j’ai l’impression de voir un ado se pavaner dans la cour de récréation parce qu’il a réussi à se faire la plus jolie fille du lycée). On atteint le summum du ridicule avec la déclaration présidentielle selon laquelle "avec Carla, c’est du sérieux". On espère bien, qu’à son niveau de responsabilité et à 53 ans (il les a aujourd’hui – bon anniversaire, Monsieur le Président ! - et j’ai peur que le cadeau que lui fera Carla à cette occasion ne soit le principal sujet de politique intérieure de ce début de la semaine), il n’officialise une liaison que si elle lui semble suffisamment solide et porteuse d’avenir.
(2) Pour ceux qui souhaitent avoir des explications détaillées sur le mécanisme de la crise des subprime, je recommande ce blog, particulièrement précis et documenté, même si l’apocalypse financière qu’il nous promet dans les prochaines années ne me semble pas aussi évidente à ce jour (donc, âmes anxieuses s’abstenir).
(3) Ça se voit que j'ai pris des cours d'anglais dans le cadre du DIF, non ?
(4) A l'ouverture de ce blog, j'avais d'ailleurs hésité à le baptiser "Le Journal de Blaze".
----- COMMENT: AUTHOR: Romain [Visiteur] DATE: Thu, 28 Apr 2011 12:06:58 +0000 URL: http://www.pluiedargent.com/devenir-riche.php Nous n'avons que les présidents que nous élisons... c'est bien vrai ! ----- COMMENT: AUTHOR: Sweet Million [Visiteur] DATE: Tue, 29 Jan 2008 11:05:06 +0000 URL: http://www.bionictomato.com/users/Sweet+Million/ A mon sens le "trickle-down" vise le pouvoir d'achat/investissement des très riches, en excluant les autres classes. Hors s'il vise ce public, il me semble bien que le bouclier fiscal était plutôt con ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Mon, 28 Jan 2008 21:01:51 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Sweet Million, le paquet fiscal me semble bien relever du trickle-down pour la partie bouclier fiscal + droits de succession. N'aurait-il mieux pas valu mettre cette argent dans une réduction de l'imp ----- COMMENT: AUTHOR: Sweet Million [Visiteur] DATE: Mon, 28 Jan 2008 08:16:00 +0000 URL: http://www.bionictomato.com/users/Sweet+Million/ Autant je partage votre point de vue sur le "trickle down economics", autant je ne suis pas certain que le paquet fiscal en soit. Une bonne partie vise en effet les classes moyennes (heures sups, inté ----- COMMENT: AUTHOR: temps [Visiteur] DATE: Mon, 28 Jan 2008 06:58:42 +0000 URL: http://www.letime.net Nous n'avons que les présidents que nous élisons, mais croire est dans la nature humaine même quand les probabilités nous dictent autrement. Que préférez vous le toubib et son attirail qui vous annonc ----- -------- AUTHOR: TITLE: Une "fraude" qui tombe à pic ? BASENAME: une_fraude_qui_tombe_a_pic DATE: Sun, 27 Jan 2008 08:59:59 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Divers CATEGORY: Médias TAGS: ----- BODY:La communication de la Société Générale à propos de la "fraude" dont elle se prétend victime me laisse pour le moins circonspect et je ne semble pas être le seul.
Au-delà des interrogations quant aux motivations du coupable désigné (sauf graves troubles psychiatriques, on ne voit pas très bien ce qu'il pouvait y gagner), les modalités de l'opération telles qu'elles sont relatées dans les médias suscitent quelques interrogations.
Même si Jérôme Kerviel, le trader impliqué, a utilisé des options ou des contrats futures, des produits dérivés qui permettent d’amplifier les variations des marchés, il l’a fait sur des marchés dits organisés, où la chambre de compensation procède chaque jour à des appels de marge ou à des appels de couverture pour couvrir les pertes latentes des intervenants. Avant d’arriver à 5 milliards d’euros de pertes, la Société Générale a dû sortir plusieurs centaines de millions d’euros pour répondre aux appels de marge. Et personne ne se serait aperçu de ces sorties de trésorerie en pleine crise des subprime, alors que les banques surveillent leur trésorerie comme le lait sur le feu ? Byzarre…
Mise à jour du 27/01 à 23 h : A la réflexion, Jérôme Kerviel souffre peut-être du syndrome du joueur qui s'illusionne de faire sauter la banque en ayant raison seul contre tous (et la Société Générale n'a peut-être du coup rien dissimulé). Cela relève du pathologique mais ça peut se soigner. Avec un bon psy.
----- -------- AUTHOR: TITLE: Lutte des classes BASENAME: lutte_des_classes DATE: Sun, 20 Jan 2008 05:41:47 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: En quête de rupture CATEGORY: Liberté, inégalités, rentabilité TAGS: ----- BODY:
Gérard Mordillat vient de publier un nouveau roman sur les thèmes qui lui sont chers des méfaits du capitalisme financier et de la désespérance sociale.
Je n’ai pas encore eu le temps de lire "Notre part des ténèbres", mais je ne désespère de le faire dans les semaines à venir pour en faire un compte-rendu ici-même.
J’avais en effet particulièrement goûté le précédent roman de Gérard Mordillat, "Les vivants et les morts", que j’avais lu à sa sortie en 2005 et qui est paru depuis en collection de poche (il ne faut pas se fier à la photo de couverture qui fait un peu années cinquante, l’action se situe bien à l’heure de la mondialisation – que j’éviterai de qualifier, de façon journalistique, de galopante ou triomphante, ce qui serait un jugement négatif en creux – et des ravages de la concurrence des pays à bas coût de main d’œuvre pour les salariés qui y sont exposés).

Au-delà du plaisir que procure la lecture de ce roman (par sa trame et son rythme, il n’a rien à envier à un bon polar), il aborde, de façon parfaitement réaliste et plausible, le thème des excès du capitalisme financier et du fossé grandissant entre détenteurs du capital et simples salariés, qui sont, à mon humble avis aussi, d’une cruelle actualité pour une fraction de la population.
Surtout, je partage avec Gérard Mordillat le sentiment que les dérives actuelles risquent effectivement de produire le genre d’explosions de violence et d’explosions sociales mis en scène dans ses deux derniers romans.
Je ne suis pas sûr en revanche que nous soyons en phase sur les possibilités de remédier à la situation et là résidait à mon sens la limite de l’exercice que constitue "Les vivants et les morts" : aucune possibilité d’en sortir n’y était ne serait-ce que suggérée. Mais peut-être Gérard Mordillat ne voit-il justement la solution que dans la révolte et la violence ?
----- COMMENT: AUTHOR: lesaulnier michele [Visiteur] DATE: Wed, 13 Feb 2008 20:54:43 +0000 URL: j ai lu les vivants et les morts et je sius en train de lire notre part des tenebres.je suis une inconditionelle de gerard mordillat.je sais qu il prepare une adaptation des vivants et des morts pour ----- COMMENT: AUTHOR: HASSELMANN [Visiteur] DATE: Mon, 21 Jan 2008 09:16:45 +0000 URL: http://libracteurs.blogspot.com/ Salut Denis et bien vu.Non pas sur ce blog (en tout cas pas encore tout de suite…), mais dans mon parcours professionnel : j’ai quitté ce soir (au bon moment ?) l’établissement qui m’employait depuis 5 ans (sans que ce soit complètement de mon plein gré pour ce qui concerne la deuxième moitié de la période…).
Ceci (le changement de job et d’employeur) expliquant en grande partie cela (mon relatif silence depuis plusieurs semaines) : beaucoup trop de choses à terminer au cours d’un préavis réduit de moitié (voire des deux tiers si je tiens compte des congés entre Noël et le Jour de l’An et d’un week-end en amoureux à Prague).
Pour la suite, il faudra voir. La notion du temps propre à une banque restée un siècle et demi dans le secteur public et la disponibilité que me procurait ces deux dernières années la légitimité acquise dans mon domaine d’activité (presque une rente de situation…), me laissaient le loisir de m’exprimer à satiété sur ce blog. Il n’en sera peut-être plus de même à l’avenir. Il va me falloir faire de nouveau mes preuves, apprendre à connaître d’autres interlocuteurs, nouer des liens, appréhender de nouveaux process etc. Un beau challenge, mais un challenge chronophage. Sans doute un peu au détriment du reste.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Thu, 31 Jan 2008 21:16:32 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr S'il ne baissait que depuis 2 ans......et plus encore si affinités.

Copyright image : Le Monde & Maurice Rougemont (Gamma)
----- -------- AUTHOR: TITLE: Bonne année 2008 ! BASENAME: bonne_annee_2008 DATE: Mon, 31 Dec 2007 18:08:28 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Le Temps d'Agir CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Bonne année 2008 à tous. D'autant plus que, pas encore entamée, elle s'annonce pleine d'incertitudes. Plus incertaine finalement que 2007...

… ou comment le billet d’un modeste blogueur est détourné par un syndicaliste aigri et se retrouve finalement dans Le Parisien.
Au mois de mai 2006 a circulé une information selon laquelle Jean-Claude Le Duigou allait réintégrer son administration d’origine pour être nommé Conservateur des Hypothèques. J’ai commis à l’époque un petit billet pour livrer aux lecteurs les plus néophytes les tenants et les aboutissants, surtout les aboutissants financiers personnels pour l’intéressé, d’une telle nomination.
Dix-mois plus tard, je me suis aperçu que ce billet avait été copié presque in extenso (il a été un peu adapté à l’actualité plus récente et la fourchette de salaire annuel avait été traduite en salaires mensuels : "C’est un salaire mensuel variant de 9.000 à 18.000 €") sur des sites divers et variés : Libération, Bellacio (le billet a été supprimé ainsi que mon commentaire lorsque j’ai signalé le plagiat), sur le site CUFSC, où il a été enlevé depuis (sauf que Google en a gardé la trace), sur Archives Rouges ou encore sur le Web des Cheminots, et même jusque sur le blog de Christophe Barbier.
J’ai d’abord pensé aux manœuvres individuelles sans conséquences d’un cheminot syndiqué FO ou Sud-Rail.
Jusqu’à ce que l’information fasse l’objet d’un encadré "Confidentiel" dans l’édition papier du Parisien de ce jour (page 9) avec des termes qui ressemblent étrangement aux différents billets et commentaires laissés ça et là par des esprits malintentionnés, et donc à mon billet initial :
"[…] Ce poste réputé parmi les mieux payés de la République, il l’occupera jusqu’à sa retraite en 2010. De quoi en retirer une confortable pension calculée sur ses six derniers mois de salaires. Evoquant un traitement compris entre 9.000 et 18.000 € par mois, des syndicalistes n’hésitent pas à rapprocher ce joli cadeau fait en haut lieu au Monsieur Retraite de la CGT du rôle joué par le syndicat de Bernard Thibault pour mettre fin au conflit récent des cheminots. […]"
La coïncidence est pour le moins troublante.
La campagne de dénigrement envers Le Duigou semble évidente et chacun sent bien d’où cela peut venir (finalement que ce soit côté patron ou côté syndicats, ce monde est sans pitié). Ce qui me fait quand même le plus rire dans cette histoire, c'est que les "syndicalistes" cités par le Parisien soient venus chercher ici sans le savoir leurs informations…
----- COMMENT: AUTHOR: romain blachier [Visiteur] DATE: Sat, 29 Dec 2007 13:43:25 +0000 URL: http://www.romainblachier.fr le diguou n'est pas trop aimé par le patronat bien sur mais aussi par nombre de ses camarades de la cgt qui le trouvent trop modéré.C'est en tout cas un type de qualité ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Fri, 28 Dec 2007 19:47:36 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Non je n'étais pas le seul à avoir l'info mais le plagiat sur les différents sites est tellement évident. D'ailleurs l'intéressé l'a reconnu sur le Web des Cheminots (sous le pseudo de Paris-Nord). Et ----- COMMENT: AUTHOR: Le syndicaliste aigri [Visiteur] DATE: Fri, 28 Dec 2007 19:20:18 +0000 URL:Les statistiques du chômage font état d’une nouvelle baisse du nombre de sans-emplois au mois de novembre. Plus précisément, ce qui a diminué, c’est le nombre de personnes recherchant un emploi à temps plein à durée indéterminée et ayant travaillé moins de 78 heures dans le mois.
Je ne suis pas convaincu que ces statistiques du chômage, en tout cas celles qui sont reprises par les médias grand public, rendent bien compte des phénomènes de sous-emploi : temps partiel subi, CDD successifs plus ou moins entrecoupés de chômage etc.
Qui plus est, ces statistiques ne tiennent absolument pas compte des conditions financières du retour à l’emploi : se fait-il à des conditions équivalentes ou moins avantageuses ? Autrement dit, les chômeurs qui ont décroché un emploi ont-ils retrouvé un salaire et des éléments variables comparables, des avantages en nature et sociaux similaires ?
Il est permis d’en douter, mais en l’absence de statistiques plus qualitatives, la question restera sans réponse. Dans un monde idéal, le nombre de chômeurs devrait être établi en "ESR" pour "Equivalent Salaire Retrouvé" (*) : un chômeur qui retrouverait un job payé seulement 85 % de son dernier salaire, continuerait de compter pour 0,15 chômeur dans les stats du chômage. Un peu compliqué à mettre en œuvre et même carrément utopique mais on a bien le droit de rêver un peu parfois.
(*) Sur le principe inverse des réserves de pétrole qui sont établies pour un coût d’extraction donné et qui varient donc en fonction du cours du baril. A près de 100 $ le baril, les schistes bitumineux d’Alberta viennent augmenter les réserves mondiales.
En cette soirée de Noël, le mécréant que je suis serait bien en peine de donner une dimension religieuse à ce billet. Néanmoins, dans cette période de ripailles et de bombance, où les vitrines et les temples de la distribution de notre société de consommation dégoulinent de tentations en tous genres, je ne peux m’empêcher, sans vouloir verser dans le misérabilisme ou jouer les Roger Gicquel, d’avoir une pensée pour les SDF, RMIstes, mal-logés et autres exclus, voire même pour les simples smicards parents de famille nombreuse, pour qui les restrictions l’emportent de façon encore plus durement ressentie que le reste de l’année. Moi qui suis quand même un pur produit du système, cadre dans un groupe financier, bien inséré socialement et pas réellement dans le besoin même si j’ai du mal à ne pas être à découvert dès le 10 du mois, je me demande d’ailleurs d’où peut me venir ce sentiment presque compulsif, cette conscience trop aigue des inégalités et de l’injustice, de la misère et de la désespérance sociale et j’en viens parfois à me poser une question qui m’effraie : aurais-je le même discours et la même capacité d’indignation si j’étais patron, profession libérale ou cadre dirigeant avec une rémunération quatre à cinq fois supérieure ou bien me désintéresserais-je du sort des plus démunis ? Allez, bonnes fêtes quand même !
----- -------- AUTHOR: TITLE: Une caste au-dessus des lois BASENAME: une_caste_au_dessus_des_lois DATE: Mon, 24 Dec 2007 07:53:22 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Petits arrangements entre amis CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Au risque d’en étonner plus d’un, l’octroi d’un logement (parfois de standing) à un loyer sponsorisé à un haut fonctionnaire par l’administration qui l’emploie ne me choque pas forcément, dès lors que cette attribution est motivée par le souci d’attirer et/ou de conserver dans la fonction publique des individus performants, et à condition que cette attribution produise ses effets dans le respect des lois de la République.
En effet, les rémunérations étant ce qu’elles sont dans l’administration, très largement inférieures à celles auxquelles certains cadres de la fonction publique pourraient prétendre dans les entreprises du secteur privé (sans parler des rémunérations différées que constituent les stocks-options et autres retraites chapeau), l’Etat, les organismes publics et les collectivités locales peuvent trouver un intérêt à utiliser leur parc immobilier pour attirer et fidéliser les meilleurs éléments. Cela suppose évidemment que l’attribution de tels logements de fonction fasse l’objet d’une procédure transparente afin d’éviter au maximum les passe-droits, les collusions et les mécanismes de copinage (difficile à éradiquer totalement que ce soit dans la fonction publique ou dans le secteur privé), et que toutes les conséquences en soient tirées au plan fiscal et social.
En ce qui concerne le cas de Jean-Paul Bolufer, qui occupe médias et blogs depuis le Canard Enchaîné a sorti l’affaire mercredi dernier, je ne me prononcerai pas sur le point de savoir si les compétences professionnelles de ce Monsieur étaient à ce point indispensables à la Mairie de Paris qu’elles justifiaient de bénéficier d’un appartement de 190 m² boulevard de Port-Royal pour un loyer mensuel de 1.197 €, et je fais confiance à Jules pour ce qui est de l’analyse de la validité juridique de l’opération.
Je m’interroge en revanche quant au respect de la réglementation fiscale et sociale. L’article 82 du Code Général des Impôts et l’article L242-1 du Code de la Sécurité Sociale prévoient la prise en compte des avantages en nature pour la détermination de l’impôt sur le revenu et le calcul des cotisations sociales. Ces dispositions font par exemple l’objet d’une note de service pour leur application aux personnels de l’Education Nationale.
Dès lors que Jean-Paul Bolufer occupait des fonctions au sein du cabinet du Maire de Paris, il est indéniable que le logement dont il bénéficiait devait être considéré comme un avantage en nature imposable et soumis à cotisations sociales. La question est évidemment plus délicate à trancher pour la période où il occupait le poste de Directeur des Journaux Officiels. Même s’il y a prescription (3 ans en matière d’impôt sur le revenu), il serait instructif de savoir si M. Bolufer a poussé la morale de l’action publique qui l’anime jusqu’à déclarer l’avantage en nature dont il bénéficiait. Parce que trop souvent, les mêmes qui édictent les législations fiscales et sociales auxquelles doit se plier le commun des mortels (Bolufer n’est jamais passé par Bercy ou le Ministère des Affaires Sociales mais on y trouve nombre de ses clones anciens élèves de l’ENA) s’exonèrent allégrement desdites législations pour ce qui est de leur cas personnel. Même si tout cela va sans dire, cela va encore mieux en l’écrivant.
----- COMMENT: AUTHOR: minerve [Visiteur] DATE: Mon, 24 Dec 2007 22:15:12 +0000 URL: Les privilèges dont vous parlez sont tellement habituels dans la classe politique ou para-politique ,à droite ou à gauche évidemment ,que l'on peut dire que ceux qui en bénéficient ne s'en aperçoivent ----- COMMENT: AUTHOR: toto [Visiteur] DATE: Mon, 24 Dec 2007 16:10:17 +0000 URL: Il parait que l'exemple doit venir d'en haut!Première réaction (à chaud) : à l'instar de Versac, je me dis que la liaison de Nicolas Sarkozy avec Carla Bruni et son annonce orchestrée sont un non-évènement.
Seconde réaction (à froid) : Je me fais la réflexion que 1/ l'annonce tombe (encore une fois) plutôt bien pour faire oublier la visite controversée de Kadhafi. 2/ il y a encore quelques jours, le nom de Laurence Ferrari était l'objet de toutes les rumeurs. Comme quoi, l'information...
PS : Dans Nicolas, il y a quatre consonnes et trois voyelles comme dans Raphaël, mais pas de tréma. Il va falloir trouver d'autres paroles.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Fri, 21 Dec 2007 06:30:49 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Pierre, tu pourrais te reconvertir comme parolier de Clara ;-) ----- COMMENT: AUTHOR: pierre catalan [Visiteur] DATE: Thu, 20 Dec 2007 20:57:49 +0000 URL: http://pirrecatalan.hautetfort.com tandis que dans Särkozy (je crois que ça s'écrit comme ça en Hongrois), il y a 4 consonnes, 3 voyelles, et un tréma ;-) ----- COMMENT: AUTHOR: Jipe [Visiteur] DATE: Wed, 19 Dec 2007 22:51:34 +0000 URL: Dans le journal Ouest France du 19 décembre on questionne Christian Simon, auteur d'un essai sur le Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits ( Editions La Découvert ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Wed, 19 Dec 2007 05:24:56 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Je ne dirai rien à Ninine, Jipé ;-)Et si, après beaucoup de bruit médiatique pour finalement pas grand-chose à l’occasion du paquet fiscal, de la loi sur le service minimum ou encore de la réforme des régimes spéciaux de retraite, la vraie rupture était en gestation, nichée dans ce train de mesures sur le fonctionnement de l'Etat, une annonce qui ne déclenche pas autant les passions que le pouvoir d’achat ou les déclarations de Rama Yade à propos de la visite à Paris du colonel Khadafi ?
Parmi ces mesures, la mise en place d’une chaîne managériale digne de ce nom au niveau de l'Etat est susceptible d’avoir de puissants effets (dans la durée bien évidemment – cela ne va pas se voir du jour au lendemain), en forçant chaque niveau administratif à rendre des comptes et donc à exiger des résultats du niveau inférieur, à le récompenser ou à le sanctionner (le B-A-BA du management qu’il soit public ou privé), ce qui pourrait donc produire à terme des économies significatives en matière de dépenses publiques. Même si on est encore loin du "modèle suédois"…
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Tue, 18 Dec 2007 21:23:34 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Garadas, Toto, merci de vos encouragements. Une précision : c'est le manque de temps, jamais le manque d'envie, qui me pousse parfois à lâcher prise. L'envie est permanente (et je pense qu'il en est d ----- COMMENT: AUTHOR: toto [Visiteur] DATE: Tue, 18 Dec 2007 13:48:02 +0000 URL: Je me joins à Garadas.* Le programme de stabilité transmis par la France à Bruxelles, sorte de compte d’exploitation et de bilan prévisionnels appliqués aux finances publiques, prévoit un déficit public (Etat, collectivités locales et Sécurité Sociale) ramené à zéro en 2010 (si la croissance économique atteint 3 % à partir de 2009) ou en 2012 (si la croissance économique n’est que de 2,5 %). A voir les premiers pas de Nicolas Sarkozy en matière économique, je ne prends pas un gros risque à parier un magnum de Château Smith Haut-Lafitte que ce ne sera pas le cas.
* Un encadré dans les Echos du 6 décembre décrit les incidences des mesures d’accompagnement proposées par la SNCF dans le cadre de la réforme des régimes spéciaux de retraite :
"[…] Selon les calculs effectués par l'entreprise, un agent percevant un salaire brut mensuel de 2.073 euros et une prime de fin d'année de 1.930 euros aurait perçu, avant la réforme, une pension de 1.499 euros. En travaillant deux ans et demi de plus, sa pension atteindra 1.636 euros, soit 9,1 % de mieux. En revanche, s'il souhaite juste conserver la même retraite que précédemment, il lui faudra travailler 2 trimestres de plus. […]"
Je m’en étranglerais presque et ne sais même plus ce qu’il convient de faire. S’indigner ? Dénoncer ? Se gausser ? Renoncer ?
Vous avez parlé d’une "promesse tenue", Monsieur le Président ? Evoquer ne serait-ce qu'une réforme en demi-teinte était déjà faire preuve de beaucoup d’indulgence.
* Le Figaro publie le classement des plus grosses fortunes françaises exilées en Suisse. J’aime le civisme et le sens de l’intérêt général si poussés de nos élites économiques, sportives et artistiques, et aussi le sens de l’équité de l’administration fiscale, si prompte à s’acharner sur les contribuables restés en France et qui fait preuve d’un laxisme sans égal avec les exilés fiscaux au travers de la règle des 183 jours déjà dénoncée ici.
* Challenges fait sa couverture sur "Marx, une analyse toujours actuelle", une prescience déjà évoquée ici et qui concerne évidemment plus le diagnostics des excès du capitalisme financier que les moyens d’y remédier.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Wed, 12 Dec 2007 16:44:49 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Certes. Surtout l'Etat... ----- COMMENT: AUTHOR: toto [Visiteur] DATE: Wed, 12 Dec 2007 10:12:36 +0000 URL: DenisZizi sexuel, l’expo ! est une véritable aubaine pour tous ceux qui, comme moi, ont un pré-ado à la maison. Non pas que je n’étais pas décidé à aborder le sujet quand viendra le moment avec chacun de mes trois fils, mais il est vrai que c’est là une bonne occasion et un bon outil d’aide à la discussion. J’ai donc passé la matinée ce dimanche à la Cité des Sciences avec mon fils aîné (10 ans ½), que j’avais rarement vu aussi concentré et appliqué dans une exposition (à court terme, cela va quand même lui permettre de frimer avec ses copains). A travers des bulles de Titeuf et sa bande, des textes d’explications, des vidéos, des quizz et des jeux, tous les sujets sont évoqués, sans tabous ni faux-semblant, en combinant explications, conseils, recommandations et mises en garde : la drague, la façon d’embrasser (mention spéciale aux deux têtes dans lesquelles on peut glisser la main pour faire tourner chaque langue autour de l’autre), l’acte sexuel, les films porno, la contraception, la gestation, les infections sexuellement transmissibles, la pédophilie. Nous avons complété cette "leçon de vie" en achetant à la sortie le Guide du Zizi sexuel (par Zep et Hélène Bruller), qui peut toujours servir d’ersatz à ceux qui n’ont pas l’occasion de venir à Paris d’ici janvier 2009.
----- COMMENT: AUTHOR: pandaranol [Visiteur] DATE: Wed, 29 Jun 2011 19:28:11 +0000 URL: http://blackseo.free.fr/index.php/pandaranol Merci pour le partage ----- -------- AUTHOR: TITLE: Passage de relais BASENAME: passage_de_relais DATE: Fri, 07 Dec 2007 19:02:20 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: République des Blogs CATEGORY: TAGS: ----- BODY:2007, année électorale s'il en fût, tire à sa fin.
Débat & Co prend logiquement le relais de Débat2007.fr.
----- -------- AUTHOR: TITLE: Faut voir… BASENAME: faut_voir DATE: Tue, 04 Dec 2007 06:27:04 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: En quête de rupture CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Même si le temps me manque, je vous livre (par devoir plus que par envie pour paraphraser Jules ?) quelques réflexions rapides que m’a inspirées la prestation télévisée de Nicolas Sarkozy jeudi dernier :
Sur les violences dans les banlieues, je dois convenir, au risque d’être classé dans la catégorie des fossoyeurs de l’Etat de droit et des libertés publiques, que je me sens assez en phase avec les propos présidentiels (et avec ce qu’avait pu en écrire Koz l’avant-veille), même si :
1/ la façon qu’a eu Nicolas Sarkozy d’affirmer que les forces de l’ordre iraient "chercher un par un" ceux qui ont leur ont tiré dessus faisait un peu penser à Vladimir Poutine promettant de "buter les terroristes (ou prétendus tels, NdA) jusque dans les chiottes".
2/ sans chercher à "excuser l’inexcusable", la valeur de symptôme du malaise social qu’ont ces violences ne peut pas être totalement niée.
Sur la question de la relance du pouvoir d’achat, je suis plus circonspect. Le problème avec Sarkozy, c’est que sa force de conviction et ses indéniables qualités de bretteur médiatique éclipsent en grande partie les incertitudes que je crois pouvoir déceler quant aux effets des mesures annoncées. Il faut dire que ce n’est pas avec PPDA et Arlette Chabot, qui semblaient plus là pour servir de faire-valoir qu’autre chose, qu’il risquait d’être poussé dans ses retranchements.
On peut quand même se féliciter d’une chose, et Nicolas Sarkozy n’a pas manqué de le souligner (un peu d’ailleurs à la façon d’un enfant fier de se montrer raisonnable alors qu’on en attendait pas moins de sa part) : il n’a pas joué au Père Noël avec les finances publiques. Enfin, pas trop (il faudra surveiller ce que coûteront les heures supplémentaires et la monétisation des RTT dans la fonction publique). Henri Guaino en sera pour sa susceptibilité, mais ce n’est pas un mal.
Pour en revenir aux annonces présidentielles :
* le déblocage anticipé de la participation a déjà été utilisé et ne consiste qu’à vider un des bas de laine des Français pour alimenter la consommation. Ce n’est pas très cohérent avec la volonté de faire une France de propriétaires, ce qui suppose une épargne servant d’apport personnel, ni avec la nécessaire pédagogie qui devrait précéder l’allongement annoncé de la durée de cotisation en 2008 pour toucher une retraite à taux plein.
* Depuis le 1er janvier 2006, l’IRL (Indice de Révision des Loyers) se substitue à l’ICC (Indice du Coût de la Construction). L’IRL est un indice composite bâti à partir de l’indice des prix à la consommation (60 % déjà…), de l’indice du coût de la construction (20 %) et de celui du prix des travaux d’entretien et d’amélioration du logement (20 %). Le locataire que je suis se demande si l’indexation des loyers sur la seule inflation n’arrive pas au mauvais moment et ne va pas l’empêcher, après avoir subi les fortes hausses de l’ICC au début des années 2000 de profiter maintenant de son recul ou à tout le moins de sa quasi-stagnation comme entre 1991 et 1995. Quant à la réduction du dépôt de garantie à un mois de loyer, ne risque-t-elle pas de renforcer la méfiance des bailleurs dans le choix de leurs locataires ?
* Si le paiement des jours de RTT semble assez facile à mettre en œuvre puisque subordonné au seul bon vouloir des entreprises et des salariés concernés, les modalités d’applications des dérogations aux 35 heures sous réserve d’accord majoritaires et de remise en cause des exonérations de charges en l’absence de négociations salariales. D’abord parce que certaines entreprises les plus menacées n’auront guère de contreparties à proposer. Ensuite parce qu’il ne sera forcément dans l’intérêt des salariés (au-delà de 35 heures, ils peuvent être rémunérés en heures supplémentaires) et des syndicats de signer ces accords, sauf évidemment à ce qu’ils prévoient des augmentations de salaire dignes de la métallurgie allemande. Enfin, parce qu’il sera difficile d’apprécier les efforts respectifs en matière salariale des entreprises exposées à la concurrence de pays à bas coût et à la tentation de la délocalisation et de celles moins plus florissantes parce que moins exposées à la concurrence. Si ces mesures visant à démanteler le carcan des 35 heures et à augmenter la quantité de travail, et donc la rémunération des salariés, semblent aller dans le sens d’un accroissement de la compétitivité, leur mise en œuvre est loin d’être acquise.
* Malgré un demi-succès dans son début de réalisation, et bien qu’elle contrevienne à la règle d’affectation des recettes de privatisation au désendettement, l’idée de profiter de la bonne tenue du cours d’EDF pour dégager des ressources devant servir à la rénovation des universités me semble plutôt intéressante, d’autant que de tels investissements pourraient, dans une logique purement keynésienne mais sans le déficit qui va avec, constituer un puissant soutien à l’activité dans un secteur qui risque de souffrir dans les mois à venir.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Tue, 04 Dec 2007 16:22:09 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Cela risquerait en effet de déclencher les passions étudiantes (mai 2008 après mai 1968 ?). Pourtant, c'est le sens de l'Histoire. Il faudra bien en arriver un jour à expliquer qu'on ne peut pas entre ----- COMMENT: AUTHOR: odanel [Visiteur] DATE: Tue, 04 Dec 2007 15:52:47 +0000 URL: http://odanel.hautetfort.com/ J'espère qu'il ne va pas s'avancer sur ce terrain glissant...Sur le point de savoir si le pouvoir d’achat augmente, stagne ou recule, on entend et lit tout et son contraire : annoncé en hausse de 2,8 % voire de 3,2 % en 2007 par l’INSEE, le pouvoir d’achat est au mieux étale selon l’INC qui retraite les chiffres non pas des variations saisonnières (ça, c’est pour le chômage), mais de l’évolution du nombre des ménages d’une part et prend en compte d’autre part la hausse des prix de l’immobilier pour tous les ménages (quand l’INSEE n’en tient compte que pour les ménages locataires de leur résidence principale).
S’il est donc difficile de savoir où est la vérité, il est possible en revanche de dégager une certitude : l’évolution du pouvoir d’achat, qu’elle soit calculée par l’INSEE, l’INC ou Michel-Edouard Leclerc, est une moyenne (à voir les prix dans les vitrines des boutiques autour de mon bureau, il y en a pour qui cela va plutôt bien en termes de pouvoir d’achat) et les statistiques telles qu’elles existent actuellement traduisent mal les disparités des situations, depuis le smicard père de trois enfants jusqu’au cadre sup titulaire de stocks-options en passant par le célibataire chef d’entreprise, le retraité francilien propriétaire de sa résidence principale, le jeune chômeur des banlieues et le fonctionnaire de province.
Surtout, on peut gloser à l’infini sur le point de savoir si la perception subjective qu’ont les ménages de l’évolution de leur pouvoir d’achat correspond à une réalité objective. Il n’en reste pas moins qu’une large partie de la population (salarié du privé ou du public et plutôt jeune - entre 20 et 40 ans –) voit depuis plusieurs années ses revenus stagner pendant que les prix des principaux postes de dépenses, notamment le logement, connaissent une envolée, et cette population doit donc faire des choix voire des sacrifices dans sa consommation.
Comment s’explique cette perte de pouvoir d’achat d’une partie de la population ?
On ne reviendra pas sur le doublement des prix de l’immobilier, l’augmentation du prix de l’essence ou les nouveaux postes de dépenses que constituent les abonnements de téléphonie mobile et d’Internet.
En ce concerne la faiblesse de la progression des rémunérations et plus particulièrement des salaires, le Premier Ministre a incriminé les 35 heures. C’est un peu plus compliqué que cela, même si la mise en place des 35 heures a effectivement favorisé la faible progression des salaires depuis 10 ans. Essentiellement parce que la modération salariale était une des conditions de la réussite de la réforme. Les 35 heures payées 39 et assorties d’augmentation de salaires ultérieures auraient tellement dégradé la compétitivité des entreprises que cela se serait traduit au final par des destructions d’emploi allant à l’encontre des objectifs de la réduction du temps de travail.
Mais d’autres facteurs sont au moins aussi prégnants et déterminants :
* les augmentations de salaires au compte-gouttes dans les entreprises constituent une tendance lourde depuis l’adoption en 1983 de la politique de désinflation compétitive, un effet sans doute renforcé par le contexte de chômage de masse.
* La fin de l’évolution de la rémunération à l’ancienneté et l’individualisation croissante des salaires produisent une dispersion plus grande dans les évolutions de revenus. Aux salariés qualifiés, disposant d’une expertise recherchée (ingénieurs, créatifs etc) et/ou contribuant fortement à la rentabilité de l’entreprise (commerciaux, cost killers) sont accordées les vraies faveurs (augmentations, primes, avantages en nature, stocks-options ou actions gratuites voire participation au capital). Aux salariés moins qualifiés ou dont la contribution à la rentabilité est moins prépondérante ou moins directement évidente est mégotée chaque année la moindre augmentation du salaire.
* La globalisation, à laquelle s’ajoutait ces dernières années une situation d’hyperliquidité (du fait des excédents de change de l’Asie et des pétromonarchies et des taux bas dans la première moitié de la décennie aux Etats-Unis et en Europe), avantage outrageusement la détention de capital (à la mobilité presque instantanée au détriment du facteur travail à la mobilité plus limitée) et les plus-values (moins ponctionnées par les impôts et les cotisations sociales) au détriment du facteur travail (à la mobilité plus réduite) sur lequel pèse en outre le financement de la protection sociale (Debout les damnés de la terre…, du pain bénit pour le postier de Neuilly ça). D’où en passant la gourmandise des salariés les plus performants pour la création d’entreprises ou les LBO où ils peuvent passer du statut de simple salarié à celui d’actionnaire.
* Le poids des prélèvements obligatoires, dont une grande partie est assise sur les salaires, a fait des effectifs et de la masse salariale des entreprises les variables d’ajustement de la France aux chocs de la mondialisation et du vieillissement démographique.
Que peuvent faire le Président et son gouvernement pour remédier à cette situation ?
Malheureusement pas grand-chose. En tout cas pas grand-chose qui puisse donner des résultats aussi rapidement que les instituts de sondage font des enquêtes de popularité. On ne corrigera pas en un mois ni même en six les conséquences de 25 ans de laxisme budgétaire et de lâcheté politique.
Les pistes évoquées à l’occasion de la conférence sur les salaires et l’emploi ou dans la perspective de l’intervention du Président (pressions sur les tarifs des banques et des opérateurs de téléphonie, treizième mois défiscalisé, exonérations de charges sociales conditionnées par l’ouverture de négociations salariales, gel du prix du gaz, déblocage anticipé de la participation etc) traduisent tout à la fois une méconnaissance persistante du fonctionnement des entreprises, un déni de la réalité des mécanismes économiques et un éternel penchant à privilégier la redistribution et la coercition plutôt que de favoriser l’innovation et la production.
On est encore et toujours dans le bricolage, à essayer de grappiller quelques euros de ci de là, à tirer sur l’épargne ou à augmenter encore un peu les déficits et la dette au détriment des générations futures. Il faut toutefois concéder à Nicolas Sarkozy la difficulté de la tâche : les Français se plaignent de leur pouvoir d’achat et veulent le voir augmenter, mais refusent en même temps que puisse être porté atteinte à notre fameux "modèle social" et à la sécurité qu’il procure à une large partie de la population. On n’améliorera pas le pouvoir d’achat et on ne donnera pas aux Français une vision optimiste de son évolution (la projection de chacun en matière d’évolution du pouvoir d’achat est un aspect au moins aussi important que son augmentation à court terme) tant que n’aura pas été réduit le chômage de masse (condition sine qua non d’un rééquilibrage du rapport de force entre salariés et employeurs), donc tant que le poids de la protection sociale portera essentiellement sur le travail, et tant que l’investissement des entreprises n’aura pas été relancé, donc tant que le poids des dépenses publiques pèsera sur leur compétitivité.
Nicolas Sarkozy risque de se trouver d’ici peu dans une situation analogue à celle de Jacques Chirac en 1995 : élu parce qu’ayant su mettre en exergue un objectif primordial aux yeux des électeurs (réduire la fracture sociale en 1995, augmenter le pouvoir d’achat en 2007), il n’a pas eu le courage, comme Chirac en 1995, d’expliquer que cela nécessiterait plusieurs années d’efforts et surtout que cela passait impérativement par l’apurement des déficits publics sans augmentation des prélèvements obligatoires, voire même en les diminuant. Faute d’avoir tenu ce discours de vérité (qui risquait évidemment de lui faire perdre l’élection…), faute d’avoir cru qu’il suffisait de baisser les impôts des contribuables les plus aisés pour qu’ils se mettent à investir à tour de bras et que la croissance revienne (le bouclier fiscal a été une grosse erreur de timing et restera un pêché originel dont Nicolas Sarkozy n’a pas fini de se mordre les doigts), il se trouvera acculé dans quelques mois (ce n’est sans doute pas pour ce soir) à une volte-face qui ne pourra être qu’incomprise par l’opinion.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sat, 01 Dec 2007 07:14:20 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Toto, une société égalitaire risquerait fort de ressembler à l'Union Soviétique d'avant la chute du mur. Personnellement, ce qui me pose souci est plutôt la société inéquitable qui est la notre. Et là ----- COMMENT: AUTHOR: toto [Visiteur] DATE: Fri, 30 Nov 2007 11:53:54 +0000 URL: Le but à atteindre pour Sarko c'est détruire les 35 !:Facebook semble faire ces temps-ci l’objet de quelques procès pour cause de risque d’atteintes à la vie privée.
Il faut peut-être aussi relever que les potentiels coupables d’atteintes à la vie privée prennent le risque de se faire intoxiquer.
On dénombre ainsi à cette heure (cela change tous les jours) pas moins 40 Nicolas Sarkozy et 4 Cécilia inscrits sur Facebook (la parité homme-femme est encore loin…).
Il y a aussi 23 Johnny Hallyday et 24 Michel Sardou.
Pour ma part, j’ai voulu m’inscrire sous le patronyme (choisi au hasard et de façon totalement innocente…) de Rocco Siffredi, mais je me suis aperçu qu’il y en avait déjà 81…
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sat, 01 Dec 2007 06:44:39 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Je ne dirai rien à votre belle-fille, JP. Cela me fait d'ailleurs remarquer que votre belle-fille tout comme ma femme n'ont pas développé, contrairement à leurs maris respectifs, de pessimisme par ant ----- COMMENT: AUTHOR: JP [Visiteur] DATE: Wed, 28 Nov 2007 22:00:08 +0000 URL: Merci de cet intermède avec Face Book…Malgré cela je reviens à la crise étudiante qui m’empêche de dormir, et à propos d’elle, au concours de pessimisme que j’ai malencontreusement déclenché il y a ----- -------- AUTHOR: TITLE: Régimes spéciaux de retraite : une réforme en demi-teinte BASENAME: regimes_speciaux_de_retraite_une_reforme DATE: Sun, 25 Nov 2007 10:52:25 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: En quête de rupture CATEGORY: Faillite des retraites et fracture générationnelle TAGS: ----- BODY:Il faut rendre à Nicolas Sarkozy, François Fillon et Xavier Bertrand ce qui leur appartient : la réforme des régimes spéciaux de retraite (en cours de négociation…) n’est ni un simulacre de réforme, ni une réforme en trompe l’œil comme pouvaient le laisser entendre certains chroniqueurs le 17 novembre dernier sur BFM. La fermeté sera restée de mise sur l’aspect le plus symbolique, celui de l’allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 ans. De là à pouvoir évoquer une "promesse tenue" et un "tournant historique", il y a un pas, que dis-je un gouffre. Un gouffre médiatique évidemment.
En effet, et malgré les déclarations plus ou moins mesurée du Président de la République et de son Premier Ministre, les concessions faites aux grévistes, que ce soit sur le maintien des bonifications (elles ne seront supprimées que pour les salariés recrutés à partir du 1er janvier 2009…) et sur le système de décote (dont l’effet se limitera aux 2,5 premières années manquantes contre 5 années dans les autres régimes) vident la réforme d’une partie de sa substance. Les efforts consentis par les cheminots et traminots doivent donc être relativisés, et se trouveront en outre adoucis par les "mesures d’accompagnement" d’ores et déjà mises sur la table des négociations pour sortir du conflit.
Cette réforme est donc loin d’atteindre pleinement son principal objectif qui était d’assurer l’équité avec les salariés du secteur privé (qui n’ont pas obtenu à l’époque des concessions et des "mesures d’accompagnement" équivalentes). Et il y a fort à parier (un magnum de Château Smith Haut Lafitte ?) qu’au terme du quinquennat de Nicolas Sarkozy, les subventions d’équilibre versées par l’Etat aux régimes spéciaux de retraite de la SNCF (2,77 milliards d’euros en 2007) et de la RATP (354 millions d’euros en 2007) n’auront pas diminué d’un iota.
Nicolas Sarkozy mérite donc la moitié d’un satisfecit. Pour un satisfecit plein et entier, il aurait fallu savoir reconnaître que l’équité avec les autres salariés n’était assurée qu’en termes de durée de cotisation et que seule la moitié de la promesse avait été tenue avec cette demi-réforme. En laissant s’exprimer une nouvelle fois le corporatisme du demi-million de salariés bénéficiaire de régimes spéciaux de retraite et à vouloir présenter ainsi à son avantage cette réforme en demi-teinte (donc en essayant de faire prendre des vessies pour des lanternes aux 15 millions d’autres salariés qui subissent déjà ou subiront les effets de la réforme de 1993), Nicolas Sarkozy prend le risque d’un retour de bâton dans les enquêtes de popularité des semaines à venir (à moins que ces 15 millions de salariés ne soient finalement que presque autant de veaux méritant le sort qui leur est fait). Surtout, il ne faudrait pas que les prochaines étapes, et notamment la réforme de l’Etat et de la fonction publique, se réduisent elles aussi à des demi-mesures.
NB : A propos des enjeux financiers de la réforme des régimes spéciaux, certains opposants à la réforme ont fait valoir que les régimes spéciaux de retraite représenteraient moins de 5 % des besoins de financement. Des besoins de financement des retraites, certes. Mais sûrement pas 5 % des déficits des régimes de retraite. Les besoins de financement de ces régimes spéciaux, qui ne concernent que 500.000 salariés actifs et 1 million de retraités, sont en effet limités. Mais ces besoins de financement sont tellement peu financés par les salariés actifs que le déficit de ces régimes (l’écart entre les besoins de financement et les cotisations des salariés actifs) représente au moins 67 % du déficit du régime d’assurance-vieillesse des salariés (4,6 milliards d’euros anticipés en 2007 à comparer aux 3,1 milliards de subventions d’équilibre que verse l’Etat à la SNCF et à la RATP au titre des régimes spéciaux de retraite).
----- -------- AUTHOR: TITLE: Magie du verbe et de la communication BASENAME: magie_du_verbe_et_de_la_communication DATE: Tue, 20 Nov 2007 07:03:11 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: En quête de rupture CATEGORY: Médias TAGS: ----- BODY:Il a suffi que Raymond Soubie, conseiller social de Nicolas Sarkozy, déclare qu'il escomptait un retour à la normale dès mercredi dans les transports publics, pour que les médias reprennent en choeur cette prévision. Monsieur Soubie est évidemment bien mieux informé que moi quant à l'avancement des négociations en cours. Mon expérience d'usager de base des transports publics me conduit néanmoins à penser que le retour à la normale n'interviendra au mieux que lundi prochain pour la plupart des usagers. La table ronde étant prévue mercredi à 15 heures, il est en effet peu probable que les assemblées générales de grévistes puissent se prononcer sur la reprise du travail avant jeudi. Dans l'hypothèse où ces AG se satisferaient des résultats de la table de mercredi et voteraient jeudi la reprise du travail, il faut 24 à 48 heures pour que le trafic redevienne normal. Ce qui nous mène à samedi, donc lundi pour tous ceux qui ont la chance d'avoir un week-end normal. Les usagers dont je fais partie sont déjà traités comme du bétail. On aurait aimé ne pas être en plus pris pour des cons.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sat, 01 Dec 2007 06:55:07 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Parce qu'on ne doit pas mettre la même chose sous ce mot, Minerve. Quand je parle de pessimisme, il s'agit pour moi d'anticiper des évolutions défavorable par exemple en termes de pouvoir d'achat ou d ----- COMMENT: AUTHOR: minerve [Visiteur] DATE: Thu, 29 Nov 2007 17:48:35 +0000 URL: Expliquez moi comment le pessimisme peut être un "formidable moteur " .Le déroulement du conflit dans les universités, que me relate par le menu un de mes très proches amis qui baigne au quotidien dans une université de province sujette à blocage, fait une nouvelle fois apparaître au grand jour les méthodes staliniennes d’une minorité d’extrême-gauche n’hésitant pas à pratiquer la menace verbale voir l’intimidation physique pour arriver à ses fins : en assemblée générale, les votes à bulletin secret sont refusés, voire remis en cause quand ils ont lieu quand même, et les votes à main levée sont de mise. Quoi de mieux en effet pour dissuader les plus faibles et identifier les plus courageux pour mieux les intimider ? Parce qu’il faut un vrai courage physique et une force de caractère peu commune pour s’opposer seul à une assemblée vociférante de gauchistes fanatiques (je pourrais en avoir autant au service des extrémistes de droite et de leur méthode, mais au cas présent, ils ne sont pas concernés). Quelques réactions collectives mais dispersées d’étudiants se font bien jour (75 groupes anti-blocage sur Facebook), mais la réaction la plus commune chez la grande masse des étudiants reste quand même d’attendre que cela se passe, en mettant éventuellement à profit ce temps libre pour avancer des travaux personnels ou des projets (mémoires, recherche de stage etc).
On retrouve le même phénomène à l’échelon national, avec une minorité de syndicalistes et d’activistes gauchistes pour qui, comme le soulignait fort justement Toréador, la concertation et la négociation consistent avant tout à obtenir que notre fameux "modèle social" reste en l’état quoi qu’il puisse en coûter à la collectivité. Ceux-là n’hésitent pas non plus à pratiquer l’intimidation, voire à se montrer violents. J’en avais moi-même déjà fait l’expérience en 2003 lors des manifestations contre la réforme des retraites de la fonction publique. Ou peut-être était-ce en 2004 lors de l’ouverture du capital d’EDF. Toujours est-il que, me trouvant fortuitement sur le chemin d’une manifestation d’électriciens-gaziers, j’avais eu l’idée saugrenue de faire une réflexion (peut-être pas avec la manière…) à l’un d’entre eux. Mal m’en avait pris, mon interlocuteur commençant tout de suite à se montrer agressif et à rameuter ses camarades dont la mine laissait transparaître une honnêteté intellectuelle et une ouverture d’esprit sans pareilles. Je n’avais pas poussé plus loin la témérité et les avais laissés à leurs vociférations de rue sans demander mon reste.
Et pendant ces grèves et manifestations, une majorité laborieuse et silencieuse tente de trouver une réponse individuelle aux maux dont souffrent la société et l’économie française (chômage de masse, smicardisation et paupérisation, pouvoir d’achat en berne, ascenseur social en panne, la liste n’est pas exhaustive). De jeunes talents en devenir ou des chefs d’entreprises arrivés choisissent l’exil, d’autres se lancent dans l’aventure de la création d’entreprises ou changent d’employeur pour valoriser une expérience et faire un saut en termes de rémunération. Dans cette majorité prise en otage, chacun tente de tirer son épingle du jeu en s’adaptant à son propre périmètre. Cette segmentation, qui me semble difficilement contestable, entre une minorité qui compense l’illégitimité de son combat par sa force collective et une majorité se réfugiant dans des réponses individuelles, me laisse du coup sceptique quant à l’efficacité des manifestations anti-grève comme celle qui a eu lieu cet après-midi.
----- COMMENT: AUTHOR: minerve [Visiteur] DATE: Sun, 18 Nov 2007 23:15:28 +0000 URL: Denis ,votre billet est excellent ,très fort et courageux .Les discussions entre le gouvernement et les dirigeant de la CGT dans le conflit sur les régimes spéciaux laissent l’impression désagréable d’un jeu de rôle, d’une pièce de théâtre bien distribuée, bien arrangée et bien interprétée, où les rôles dévolus à chacune des partie leur permettent de préserver leur image, de sauver la face et de manipuler le public : les uns peuvent afficher face à l’opinion publique leur fermeté dans leur volonté de réformer, les autres peuvent continuer de proclamer auprès de leurs adhérents leur souci de défendre les intérêts des travailleurs, tous s’arrangeant au final pour trouver un compromis - où l’allongement de la durée de cotisation sera compensée par des hausses de salaire (GDF) ou par la prise en compte des primes pour une retraite complémentaire (SNCF) - compromis permettant à chacun de déclarer être sorti vainqueur du conflit. Il semble que tant les dirigeants que les adhérents de base de la fédération CGT des cheminots aient quand même un peu de mal à avaler cette grosse couleuvre qu’essaie de leur servir Bernard Thibault. Quant à l’opinion publique, il faudra attendre quelques semaines et l’évolution de la cote de popularité de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement, pour savoir si elle est dupe de cette grosse farce.
PS : Entendu ce matin sur Radio-Classique dans la bouche d’Eric Nabet, responsable CGT métro-RER : "Ce qu’on veut nous imposer (l’allongement de la durée de cotisation à 40 ans, NdA) est un recul pour l’ensemble des salariés". C’est cela, oui, c’est cela même. Je note donc que Monsieur Nabet appellera ses troupes à faire grève en 2008 quand la durée de cotisation des salariés passera de 40 à 41 ans. Et s’il ne n’a pas fait en 1993, c’est sans doute parce que lui n’avait pas les mêmes responsabilités au sein de la CGT. Ce qui me gêne le plus dans ce genre de déclaration, c’est qu’elle puisse être entendue par des millions d’auditeurs (c’était sur Radio-Classique mais c’aurait pu être sur Europe 1 ou RTL) et qu’elle puisse conclure l’interview sans que le journaliste ne songe à porter la contradiction (Stéphane Soumier n’aurait jamais laissé passer une mauvaise foi pareille).
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sun, 02 Dec 2007 05:57:17 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr C'est humain, Réba. Comme a pu l'écrire Laurent en paraphrasant JJG "Si j'étais né en 1989 à La Courneuve...", chacun se doit de se dem ----- COMMENT: AUTHOR: Réba [Visiteur] DATE: Sat, 01 Dec 2007 21:01:15 +0000 URL: Oui il aurait fait grève , mais par défaut . J'aimerai trouver des moyens alternatifs de contestation mais légalement la gréve du contrôle , qui pour moi serait la meilleure option , condamne les cont ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sun, 25 Nov 2007 21:17:36 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Je suis assez d'accord avec Minerve sur l'antinomie entre grève et service public. La question qui se pose est donc : Réba, tout attaché qu'il est au service public, aurait-il fait grève s'il en avait ----- COMMENT: AUTHOR: minerve [Visiteur] DATE: Sun, 25 Nov 2007 17:58:18 +0000 URL: Salut ,Reba ,contrairement à Denis ,moi ,c'est plutot pendant le week end que j'écris .Faisant moi-même partie de ces moutons, je me sens d’autant plus autorisé et à l’aise pour en parler de cette façon.
Rappel des faits :
En 1993, le gouvernement de cohabitation dirigé par Edouard Balladur réforme, en catimini (en plein mois d’août) et sans concertation ni négociation (cela s’est fait par voie d’ordonnance), le régime général de retraite du secteur privé :
=> la durée de cotisation passe progressivement de 37,5 à 40 ans
=> le salaire de référence servant au calcul de la pension est déterminé sur la base des 25 meilleures années et non plus des 10 meilleures années (ce qui diminue mécaniquement les pensions).
=> la revalorisation des 25 meilleurs salaires ne se fait plus sur l’indice d’évolution des salaires mais sur l’indice des prix*. Ce seul changement d’indice de revalorisation est à l’origine de 80 % des économies réalisées.
* Pour les non-initiés ou les allergiques à la chose financière : pour un salarié qui fait valoir ses droits à la retraite en 2007, cela reviendrait à additionner des choux et des carottes que de faire la moyenne de salaires en euros de 2007 et en francs de 1982. Les salaires des années antérieures sont donc revalorisés.
Est-il nécessaire de préciser qu’à carrière identique, les pensions de retraite baissent mécaniquement (de 15 à 30 % selon les cas) pour les salariés qui subissent les pleins effets de la réforme de 1993 ?
Le régime de la fonction publique et les régimes spéciaux de retraite n’ont pas été modifiés par la réforme de 1993
NB : Les pensions du régime général du secteur privé sont complétées par les régimes complémentaires ARRCO et AGIRC qui ont assuré eux-mêmes leur équilibre financier en relevant les cotisations et en faisant varier la valeur du point de retraite (moins de points acquis donc moins de droit à retraite à cotisation constante).
En 2003, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin (assisté de François Fillon au Ministère du Travail et des Affaires Sociale) lance une nouvelle réforme qui se traduit pour les salariés de la fonction publique (les régimes spéciaux de retraite sont épargnés) par un allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 ans. Les autres leviers (période de référence servant au calcul de la pension qui reste fixée aux 6 derniers mois de salaire, cotisation etc), qui sont les plus douloureux et produisent donc les économies les plus rapides et les plus significatives ne sont pas appliqués.
En 2007, le projet de réforme des régimes spéciaux prévoit d’allonger la durée de cotisation à 40 années, mais sans toucher au système des bonifications (qui permet à certains de partir avec une pension à taux plein au bout de 30 ans) pour les salariés recrutés avant le 31 décembre 2008 (sic) et en repoussant la mise en place d’une décote pour insuffisance d’annuités.
Quelques remarques en vrac :
- Comparées aux mesures mises en œuvre en 1993, la réforme des régimes spéciaux n’a rien de bien dramatique pour leurs bénéficiaires.
- Quand j’entends Bernard Thibault déclarer que "toutes les catégories professionnelles ne sont pas traitées avec la même brutalité", je me pince. Si les cheminots sont traités avec brutalité en 2007, comment peut-on qualifier la façon dont ont été traités les salariés du secteur privé en 1993 ? A sec avec une poignée de sable ? Désolé, c’est un peu cru mais je n’ai pas pu m’en empêcher.
- Les syndicats accusent le gouvernement de dresser les Français les uns contre les autres. Ne sont-ce pas plutôt eux qui, en défendant égoïstement leurs intérêts et en refusant de participer à l’effort collectif, nous dressent contre les bénéficiaires des régimes spéciaux de retraite ?
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Wed, 14 Nov 2007 10:39:45 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr J’y ai bien pensé Toto, mais après l’avoir déjà dit, Pas d’emballement, il ne s’agit pas d’un quelconque scoop sur le fait de savoir qui a remplacé Cécilia dans le cœur du plus célèbre célibataire de France. Mais le Président de la République pourrait peut-être trouver auprès d’Evelyne Delhia un peu de réconfort en ce début de semaine. Il semblerait en effet que le beau temps sec qui régnait sur la capitale aujourd’hui, et qui rend si agréable d’aller à pied, en roller ou à Vélib de par les rues de Paris, ne durera pas et que Dame Météo nous réserve pour mercredi sur la moitié Nord de la France une légère dégradation. C’est un truisme de constater qu’un beau temps sec fera prendre leur mal en patience aux usagers des transports publics et qu’une météo bien froide et bien humide serait la meilleure alliée de Nicolas Sarkozy face aux grévistes, mais il n’empêche : si le mois de mai eût été moins clément en 1968, la société française en eût été changée. De l’importance de la météo dans un conflit social… ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Tue, 13 Nov 2007 10:44:59 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Tu es prévoyant, mais n'as-tu pas oublié les bougies au cas où les salariés d'EDF en venaient à des mesures extrêmes ? ----- COMMENT: AUTHOR: Yenamarre [Visiteur] DATE: Tue, 13 Nov 2007 09:13:17 +0000 URL: En tous les cas, j'ai fait provision de nouilles, d'huile, de sucre, de lait et acheté trois recharges de gaz (en cas de rencontre cheminots + étudiants radicaux d'extrême gauche + fonctionnaires + av ----- -------- AUTHOR: TITLE: Vents mauvais en Bourse BASENAME: vents_mauvais_en_bourse DATE: Mon, 12 Nov 2007 06:57:58 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Situation économique CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Un baril de pétrole qui frôle les 100 $, un dollar qui s'enfonce un peu plus chaque face à toutes les monnaies et un euro qui vole de record en record à la hausse, une crise des subprime qui n'en finit pas de se manifester dans les comptes des banques et établissements financiers, des indices de confiance en fort recul, il suffirait de pas grand chose pour que les fortes baisses enregistrées par les marchés d'actions ces derniers jours se transforment en krach brutal.
----- -------- AUTHOR: TITLE: Rien à ajouter... BASENAME: rien_a_ajouter DATE: Fri, 09 Nov 2007 21:21:46 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Education CATEGORY: TAGS: ----- BODY:à l'apostrophe délicieusement ironique de Versac aux étudiants manipulés par Bruno Julliard et consorts. Clap, clap, clap.
----- -------- AUTHOR: TITLE: Un peu de littérature étudiante BASENAME: un_peu_de_litterature_etudiante DATE: Wed, 07 Nov 2007 20:58:40 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Des hauts et des bas (débats ?) d'humeur CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Pour ceux qui n'ont pas l'occasion d'aller draguer les étudiantes (ou les étudiants) à la sortie des facs et par la même occasion de ramasser les tracts qui y sont distribués, voici une reproduction qui en dit long sur le chemin qui reste à parcourir pour la réconciliation de la grande masse des étudiants (surtout les étudiants en lettres et sciences humaines ?) avec l'économie de marché et les entreprises privées, pourtant principales pourvoyeuses d'emplois à la sortie des universités.
Cette version numérisée n'étant pas très lisible (j'en suis désolé, mais c'est ce que j'ai pu obtenir de mieux), je reproduis ci-dessous les meilleurs extraits :
"Cette loi permet un désengagement financier de l'Etat au profit des entreprises et des intérêts privés. Par leur présence accrue dans les conseils, ils influenceront forcement le contenu des cours. Les universités auront ainsi moins de financement pour les filières considérées comme non-rentables par les nouveaux financeurs. Elles seront gérées comme des entreprises sur des bases de rentabilité: mise concurrence des universités et des personnels, précarisation et dégradation des conditions de travail et des salaires, concentration des pouvoirs au sein des conseils d'administration et dans les mains du président de l'université. La loi instaure également une pré-sélection des lycéens à l'entrée de l'université."
Bilan : une balle dans chaque pied
La révolte gronde dans les universités.
Les préavis de grève reconductible sont déposés dans les transports publics.
La coalition des éternels opposants aux réformes (pourtant édulcorées) se met doucement en place.
Le système est en échec, en faillite, mais ils veulent le laisser en l’état.
Les uns à leur propre profit et par imposture (la défense des services publics).
Les autres à leur (futur) détriment et sous le coup de la manipulation (bravo Bruno Julliard).
De l’autre côté, le Président et son gouvernement.
Ayant su, le temps le temps d’une campagne, saisir l’air du temps et nous faire moult promesses.
Mais quand le temps fût venu, ce ne fût que rustines et succédanés en guise de gains de pouvoir d’achat.
Au milieu, vous, moi, nous. Condamnés à trimer pour assurer la continuité du système.
Impuissants à faire entendre notre voix en bloquant le pays ou en allant battre le pavé dans le Quartier Latin.
Occupés que nous sommes à faire tourner nos entreprises ou à assurer la continuité d’exploitation de celles qui nous emploient et nous rémunèrent.
Que faire alors lorsque la crise viendra ?
Prendre le maquis ? S’abonner à TPS ? Organiser des contre-manifs ? Recommencer à fumer ?
Moi, je vais peut-être commencer par aller acheter un paquet de clopes. Et vous ?
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Thu, 08 Nov 2007 17:30:27 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Toto,dans une maison à la campagne où il n'y a pas d'accès Internet.

Dans le flot de messages publicitaires aux titres plus évocateurs les uns que les autres ("Félicitations ! Vous venez de gagner 300 euros en jetons de casino !" ou "Buy now Viagra 100mg x 90 pills US $ 159.95" – comme si j’en avais besoin… - ou encore "Experience astonishing sensations in bed with your new big penis" - là peut-être, et je ne résiste pas à la tentation de mettre le lien) qui inondent la boîte mail dont l’adresse figure sur ce site, un message a récemment attiré mon attention : "Laurence Thurion added you as a friend on Facebook..." Le nom ne m’étant pas inconnu (même si je ne goûte guère ce genre d’accointance), j’ai ouvert le message et là, j’ai découvert le monde insoupçonné de Facebook.
Conscient d’être totalement has been et ringard (40 ans en juin prochain, vous imaginez…), j’ai tenté de me persuader de l’intérêt que pouvaient trouver des plus jeunes que moi d’au moins 10 ans à se retrouver sur Facebook, même si le financier que je reste a quand même un peu tiqué à l’annonce d’une valorisation implicite de 15 milliards de dollars (Microsoft a acquis 1,6 % pour 240 millions de dollars) pour les perspectives publicitaires qu'ouvrirait ce site de socialisation pour jeunes et peut-être moins jeunes.
Quoi qu’il en soit, j’ai trouvé chez un jeune mais prometteur blogueur (il semble avoir été à bonne école) une analyse sans concession en deux billets de l'utilisation du phénomène Facebook par la sphère politique.
Allez, dans une grosse dizaine d’années, je pourrai toujours m’inscrire sur Saga Zone…
----- -------- AUTHOR: TITLE: L’anglais (gratuit) pour les nuls comme moi BASENAME: l_anglais_gratuit_pour_les_nuls_comme_mo DATE: Wed, 31 Oct 2007 14:19:44 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Divers CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Pour ceux qui, comme moi, ont laissé leur anglais se rouiller faute de s’en servir à titre professionnel, et qui ont envie (ou besoin) de le dérouiller (pour se préparer à affronter la concurrence des Indiens et des Chinois en 2015…), voici deux sites accessibles gratuitement
* English, baby ! pour réviser son anglais de façon ludique avec l’actualité cinématographique ou musicale ou la vie des people,
* English Toolbox où la lecture de The English Lesson (en bas de la page d’accueil) est un exercice digne de la dictée de Mérimée.
Mise à jour du 21 novembre :
La BBC propose aussi un site d'apprentissage gratuit.
----- COMMENT: AUTHOR: manal [Visiteur] DATE: Thu, 02 May 2013 19:26:20 +0000 URL: moi c'est lea premiére année ue j'etudie l'anglais et je suis nul heeeeeeeeeeeeeeeeeeelppppppppppppppppppppp mmmmmmmmmmeeeeeeeeeeeee ----- COMMENT: AUTHOR: delcominete [Visiteur] DATE: Sat, 23 Mar 2013 12:09:49 +0000 URL: ok help me ----- COMMENT: AUTHOR: traore [Visiteur] DATE: Thu, 07 Mar 2013 16:20:17 +0000 URL: Je suis nul en anglais surtout l ecoute me fatigue trop j aimerais vraiment comprendre. L anglais en ecoutant et en lisant ----- COMMENT: AUTHOR: louiza [Visiteur] DATE: Mon, 04 Feb 2013 19:57:27 +0000 URL: je suis nul en anglais. j aimerais apprendre l anglais des débutantsPlus d’un an après le lancement en grande pompe par Thierry Breton du Conseil pour la Diffusion de la Culture Economique (CODICE),
qui devait réconcilier les Français avec l’économie, personne n’a entendu parler de l’once du début d’une action menée sur le sujet. Combien d’années passeront avant que la Cour des Comptes préconise la suppression de cet organisme mort-né ? Et combien d’années supplémentaires faudra-t-il au gouvernement pour appliquer la préconisation de la Cour des Comptes ? La seule fois où cet énième avatar du modèle français de pensée unique a fait parler de lui ces derniers mois, c’est ici...
Les livres d’histoire nous enseignent que tous les empires, quels qu’ils soient (égyptien, grec, romain, napoléonien etc) finissent par décliner (Le Monde avait consacré une "série de l’été" en 1992 au thème de la fin des empires). Les livres d’histoire qui seront publiés dans quelques siècles voire même avant, raconteront-ils quant à eux que l’empire américano-occidental, qui a dominé le monde pendant tout le XXe siècle, entama son déclin à l’orée du troisième millénaire ?
D’aucuns jugeront sans doute une telle question comme symptomatique d’un cerveau détraqué et relevant plutôt du charlatanisme d’Elisabeth Teissier. Il n’empêche, et sans qu’il me vienne l’idée de me prendre pour un nouveau Nostradamus, la question m’avait effleuré l’esprit avant l’été, mais je n’avais pas pris le temps alors d’autre chose que de noter d’en faire un éventuel sujet de billet. Il a suffi que j’assiste jeudi dernier à une conférence professionnelle organisée par une société de multigestion alternative (en gros et en décodé, une société de gestion – asset management - qui sélectionne des fonds traditionnels et des hedge funds et y répartit ses investissements de façon à en réduire la volatilité à performance équivalente) pour qu’elle revienne me tarauder.
Dans le grand bazar (au sens de lieu d’échange et de commerce) qu’est devenue l’économie mondiale, le Président de cette filiale d’un acteur de renom de la gestion identifiait trois groupes plus ou moins homogènes disposant chacun d’un avantage concurrentiel spécifique :
* un premier groupe de pays, composé des Etats-Unis, des pays d’Europe (occidentale surtout) et du Japon, qui sont encore aujourd’hui les principaux détenteurs, développeurs et pourvoyeurs de savoir-faire industriels et de technologies (médicales, informatiques etc).
* un deuxième groupe de pays disposant des réserves significatives de ressources naturelles (matières premières agricoles, énergétiques ou minières) : la Russie, le Brésil, les membres de l’OPEP.
* un troisième et dernier groupe constitué des réservoirs de main d’œuvre bon marché que sont la Chine et l’Inde, et accessoirement les pays du Maghreb et d’Asie du Sud-Est.
Surtout, il s’interrogeait sur ce qu’il qualifiait de "contrecoup de 2015", quand arriveront à maturité les centaines de milliers (millions ?) de PdD, ingénieurs et doctorants chinois et indiens capables de rivaliser avec nos meilleurs chercheurs et donc de remettre en question l’avantage concurrentiel en matière de technologies dont disposent nos économies développées.
Nous n’avons déjà pas su nous préparer ni même nous adapter, tout du moins en France, aux deux premiers chocs qu’ont été le vieillissement démographique et la concurrence de la main d’œuvre peu qualifiée et des bas salaires. Ce troisième choc, qui verra nos activités à forte valeur ajoutée, les plus créatrices de richesse, celles qui inondent ensuite le reste de nos économies, concurrencées par deux pays représentant presque la moitié de la population mondiale, pourrait bien avoir des conséquences sans précédent sur notre niveau de vie et la répartition des richesses au sein de nos sociétés développées. Ce nouveau coup de boutoir fera-t-il basculer à leur tour des bataillons de cols blancs dans la précarité ?
Cela rejoint d’ailleurs une interrogation quant à l’évolution possible du capitalisme financier, interrogation qui m’avait inspiré il y a quelques temps l’idée d’un autre roman d’anticipation économique que j’avais projeté d’intituler "No future". Un projet resté mort-né faute de temps, mais dont je vous livre quand même les quelques lignes qui en existent, aussi incomplètes et imparfaites soient-elles, en guise d’invitation à la prospective et au débat :
" Le rat s’était immobilisé et fixait Luigi de son œil rond. Il était apparu au sommet de la montagne de détritus où Luigi tentait de trouver quelques déchets de nourriture. Il semblait avoir surgi de nulle part. Toujours accroupi, sans faire de geste brusque pour ne pas l’effrayer, Luigi serra plus fort le manche du couteau de cuisine rouillé qui lui servait d’arme de chasse.
Luigi vivait dans le no man’s land de ce qui se trouvait être l’ancien territoire de la France. Les anciens pays étaient devenus autant de provinces dépendant chacune d’une Autorité Centrale, et leur territoire était désormais divisé en trois zones de vie : la "zone résidentielle", le "mittelstand" et enfin le "no man’s land". La zone résidentielle, réservée aux classes sociales supérieures, était elle-même composée de trois secteurs. En secteur A étaient autorisés à s’installer les personnes pouvant justifier auprès de l’Autorité Centrale d’un patrimoine net au moins égal à 5 millions de dollars, les cadres dirigeants de la cinquantaine de groupes financiers contrôlant l’économie mondiale et les fonctionnaires de classe alpha de l’Autorité Centrale. En secteur B résidaient les détenteurs d’un patrimoine net compris entre 1 et 5 millions de dollars, les cadres supérieurs des groupes financiers et les fonctionnaires de classe bêta. Le secteur C était habité par ceux qui possédaient un patrimoine net compris entre 100.000 et 1 million de dollars, les cadres subalternes des groupes financiers et les fonctionnaires de classe gamma. Venaient ensuite les deux autres zones de vie : le mittelstand, où trouvaient refuge les couches intermédiaires de la population, et le no man’s land, où étaient consignés tous ceux auxquels l’accès aux autres zones était interdit, ceux qu’on aurait pu qualifier d’intouchables à l’instar de la caste qui avait existé dans le sous-continent indien avant l’avènement du Gouvernement Mondial. Après attribution, la zone de vie de chaque individu était consignée dans le Fichier Central."
Cela me rassure, je ne suis finalement pas le seul à ressentir et à pointer la fracture générationnelle qui devient de plus en plus béante.
De façon plus anecdotique, on notera la photo de Cécilia page 51 de l'édition papier du Point (la photo ne figure pas sur le site). Seules les first ladies de plein droit ou de plein exercice auraient-elles droit aux photos retouchées ?
----- -------- AUTHOR: TITLE: Charrette BASENAME: charrette DATE: Thu, 25 Oct 2007 19:59:15 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Le Temps d'Agir CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Pas trop le temps d'écrire en ce moment. Je dois contribuer au projet 2010 de mon entreprise et en plus, je suis sur un coup. Non, pas un coup comme ce que vous croyez, bande d'obsédés, mais un coup dans ce registre là. J'essaie quand même de formaliser d'ici la fin du week-end ce que m'inspire la conférence sur l'emploi et le pouvoir d'achat de cette semaine. Parce qu'il y a quand même de quoi (mé)dire.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Tue, 06 Nov 2007 06:10:11 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr C'est en stand-by et la balle est dans leur camp, Minerve. "Charrette" non pas au sens de charrette de licenciement, mais au sens de surcharge temporaire de travail (voirDans son éditorial pour Libération du jour, Jacques Julliard se laisse aller à un jugement pour le moins hâtif quant à une prédendue absence de réaction des usagers des transports publics :
"Qu’une grève déclenchée sur un objectif aussi discutable, aussi impopulaire que la défense des régimes spéciaux de retraite ait [...] provoqué si peu de protestations des usagers est le signe que la fusée Sarkozy est rentrée dans les couches basses de l’atmosphère."
Il fallait qu'on fasse quoi, Monsieur Julliard, pour exprimer notre mécontentement et notre indignation ? Qu'on aille jouer les provocateurs aux abord de la manif en criant "bande de privilégiés" voire "tas d'enculés" et "mort aux cons" ? Qu'on aille casser du gréviste à coup de manches de pioche ?
Je ne suis pas un aficionado de Nicolas Sarkozy, qui parle beaucoup plus qu'il n'agit et qui, lorsqu'il agit, le fait surtout au bénéfice des catégories les plus aisées, comme vous le soulignez d'ailleurs fort justement dans la suite de votre édito.Mais ne vous méprenez pas, Monsieur Julliard, la soif de rupture d'une majorité silencieuse et laborieuse reste forte et, malgré les quelques brebis galeuses qui se goinFrent chez EADS ou ailleurs (que là encore vous dénoncez à fort juste titre), ce ne sont pas les vieilles recettes d'un PS en panne idéologique qui permettront de l'étancher.
MàJ du 20/10 à 6 h 26 : J'ai voulu réagir hier sur le site de Libé à l'édito de Jacques Julliard, mais la rédaction web de Libé n'a pas dû goûter ma prose puisque j'ai été censuré...
----- COMMENT: AUTHOR: JBB [Visiteur] DATE: Tue, 23 Oct 2007 20:09:18 +0000 URL: Julliard prend ses désirs pour des réalités. Le premier jour, ça allait, plein de gens ont pris des RTT. Le deuxième jour, ça commençait à gonfler pas mal de monde. Et le lundi, j'ai des collègues qu ----- -------- AUTHOR: TITLE: Vie privée, affaire publique ? BASENAME: vie_privee_affaire_publique DATE: Thu, 18 Oct 2007 13:49:46 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Nicolas Sarkozy CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Un communiqué de l’Elysée (qui ne figure d’ailleurs pas encore sur le site de l’Elysée) a donc mis fin aux rumeurs de séparation de Nicolas et Cécilia Sarkozy en les confirmant.
Cette rupture (sans mauvais jeu de mot...) est à mon sens un non-sujet en soi sur le fond (d’autant que contrairement à beaucoup d’autres couples qui se séparent, Cécilia et Nicolas ne subiront guère les habituelles complications matérielles, notamment en termes de logement), mais appelle quand même deux remarques :
* Après plusieurs jours de rumeurs croissantes, la confirmation officielle du divorce des époux Sarkozy intervient au beau milieu de la journée d’action contre la réforme des régimes spéciaux de retraite. En excellent communiquant qu’il est, Nicolas Sarkozy n’aura pas pu s’empêcher de continuer à instrumentaliser sa vie privée.
* Il faut se rappeler les commentaires de la presse (et pas seulement de la presse people…) lors de l’élection et de l’investiture du nouveau Président, sur la nouvelle "Jackie Kennedy" et ses robes Prada, sur l’installation à l’Elysée d’une famille recomposée presque modèle qui devait être le symbole d’une nouvelle ère. Moins de 6 mois après, boum badaboum. Comme quoi il est possible de noircir des pages et des pages d’élucubrations et de se trouver ensuite contredit par la réalité des faits sans en supporter aucune conséquence. Pourrait-il en être de même d’ici quelques mois en cas d’absence de résultats des "réformes de structure" que Nicolas Sarkozy revendique mener depuis son élection ?
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Thu, 18 Oct 2007 17:46:16 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr En ce qui concerne Cécilia, je n'en sais rien s'ils ont voulu se donner une seconde chance et ont échoué ou si son "retour" n'était destiné qu'à la galerie. Ce n'est pas parce que Ségolène a fait semb ----- COMMENT: AUTHOR: Réba [Visiteur] DATE: Thu, 18 Oct 2007 17:08:10 +0000 URL: Merci Denis ,7 h 45 : je suis déjà à pied d'oeuvre au bureau et je ne suis pas le seul à être arrivé aux aurores dans le quartier, plus aucune place de stationnement n'étant libre dès 7 h 15. Mon épouse ayant la possibilité de travailler depuis la maison, elle s'occupe d'emmener les trois enfants à l'école et j'ai donc pu partir à 6 h 45 de Meudon. En voiture, aucun train ne circulant sur la ligne C du RER. Les choses risquent de se compliquer dans 1 heure 30, quand il me faudra reprendre ma voiture pour me rendre à une réunion au siège. A suivre...
MàJ 9 h 45 : C'est surtout la fête nationale des lève-tôt, des RTT et des vélos : le parking public de Saint-Emilion était blindé de façon totalement inhabituelle dès 9 h 15, pour autant les bureaux sont aux trois quarts vides et dans les rues de Paris, je n'ai jamais vu autant de vélos de toute sorte. Il faut dire que la météo s'y prête. Ambiance donc plutôt bon enfant d'école buissonnière en fin d'année scolaire. Tant que la grève ne dure qu'une journée.
MàJ 16 h : Là, ça risque de devenir moins drôle...
----- -------- AUTHOR: TITLE: Un cœur de pierre BASENAME: un_c_ur_de_pierre DATE: Mon, 15 Oct 2007 19:58:06 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Liberté, inégalités, rentabilité CATEGORY: TAGS: ----- BODY:C’est le qualificatif qui m’est venu à l’esprit à propos de Pascal Salin, à la lecture de sa tribune parue dans les Echos du 12 octobre. Je savais bien qu’il n’y avait rien à attendre de cet ultralibéral (dans son cas, le terme mériterait presque la diabolisation qui en faite), mais quand même. Jugez plutôt :
"Et si l’on décide de choisir un métier que l’on considère comme pénible et peu compatible avec une durée d’activité élevée, on doit s’assurer que la rémunération en est suffisante pour pouvoir accumuler plus rapidement un capital et permettre une retraite précoce."
Mais bien sûr. Il est bien connu que les ouvriers du bâtiment ou les gardiens de nuit ont choisi leur métier en toute connaissance de cause et pas du tout par défaut du fait d’un manque de qualification. Comme il est avéré qu’ils ont toute possibilité de négocier leur salaire pour compenser la pénibilité de leur travail, mais ne le font pas par manque de temps.
Je ne peux guère être suspecté de gauchisme avéré ou même rampant, mais j’en arriverais presque à comprendre qu’on puisse voter Olivier Besancenot après avoir lu une phrase pareille. On commence avec la retraite en fonction des capacités d’épargne de chacun, on poursuit avec les soins (pour responsabiliser chaque patient, ne serait-il pas souhaitable qu’il paie l’intégralité de ses soins ?) et tout ça finit par un retour deux siècles en arrière. La société que nous promet Pascal Salin érige l’individualisme et le chacun pour soi en valeurs suprêmes et fait fi du minimum de solidarité nécessaire à la cohésion sociale. La société idéale aux yeux de Monsieur Salin, ce sont des gueux réduits à vivre de l’aumône que veulent bien leur consentir les riches à la sortie de l’église le dimanche matin.
Je dois avouer que j’ai hésité avant d’écrire ce billet, me demandant si l’indifférence ne devait pas l’emporter sur l’indignation et ne serait pas la meilleure réponse aux outrances théoriques de Monsieur Salin. Mais dès lors qu’il se trouve en mesure d’endoctriner des générations d’étudiants et voit ses élucubrations avoir les honneurs du premier quotidien économique français, une mise au point s’imposait. Allez, Olivier Besancenot a encore de beaux jours devant lui…
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sun, 21 Oct 2007 04:51:12 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Minerve,* Que les banlieusards se rassurent, la grève de jeudi prochain ne risque guère de se prolonger dès lors que le gouvernement laisse en vigueur jusqu’en 2025 pour les salariés recrutés avant le 31 décembre 2008 le système de bonification d’annuités (un an tous les quatre ans à la SNCF pour les postes "pénibles") qui permet de d’atteindre les 37,5 années de cotisation (40 années en 2012) avec seulement 30 années de travail effectif. Malgré les rodomontades de certains syndicats de cheminots qui appellent à la grève reconductible, la grève du 18 octobre prochain pourrait bien n’être qu’un baroud d’honneur pour laisser croire à la galerie que les bénéficiaires de régimes spéciaux sont contraints de consentir des sacrifices inhumains. Il suffira ensuite de quelques concessions et les syndicats de cheminots laisseront le gouvernement se glorifier d’une réforme a minima.
Surtout si Denis Gautier-Sauvagnac acceptait en plus d’aller retirer quelques millions d’euros en liquide à la banque pour les répartir entre les syndicats de cheminots...
* Dans Le Point n° 1827 du 20 septembre (oui, je sais, ce n’est pas récent mais j’ai un peu de retard dans la lecture de la presse…), on trouve page 16 l’encadré suivant intitulé "Le chiffre de Jacques Marseille" : "26,4 ans c’est la durée moyenne de la retraite d’un agent de la SNCF. Un record talonné de près par la performance d’un agent de la RATP (24,8 ans) et celle d’un agent d’EDF-GDF (23,9 ans). Derrière se classent les fonctionnaires (22,3 ans) et enfin les salariés du privé (17,7 ans). A croire que la pénibilité du travail qui, historiquement, justifiait les régimes spéciaux entretient la bonne santé de ceux qui touchent, à la retraite, 75 % de leur dernier traitement brut."
Là, le lecteur de base du Point que je suis se dit : "Ça y est, je vais enfin connaître l’espérance de vie de ces enfoirés de cheminots qui prennent leur retraite à 50 ans aux frais du contribuable." Sauf qu’il me manque l’âge moyen de départ en retraite. Comme l’âge moyen de fin d’activité des agents de la SNCF et de la RATP est de 55 ans, on arrive quand même à une espérance de vie implicite de 81,4 années pour les premiers et de 79,8 années chez les seconds.
* Pendant ce temps-là, quelques députés en sont quand même arrivés à s’interroger sur la légitimité de leur régime "particulier" de retraite (ça ressemble à un régime spécial, ça a le goût d’un régime spéciale mais ce n’est pas un régime spécial). La première question qui vaille et dont on aurait aimé trouvé la réponse dans les comptes budgétaires grâce à la LOLF, c’est de savoir combien il coûte à la collectivité ce régime "particulier" de retraite.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sat, 13 Oct 2007 18:39:39 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Ces révélations écornent l'image tant du Medef que des syndicats et ne peuvent que gêner le gouvernement en décrédibilisant les partenaires sociaux dont il a besoin pour négocier la mise en place de r ----- COMMENT: AUTHOR: Réba [Visiteur] DATE: Sat, 13 Oct 2007 13:40:48 +0000 URL: La coïcidence :-)Alors que se pose, de façon de plus en plus brûlante, la question du financement de notre modèle social, en termes de dépenses publiques comme de dépenses sociales, alors que chacun ressent bien, intuitivement ou non, que le cortège de prélèvements obligatoires qui financent ces dépenses, sont autant de freins qui pèsent sur la croissance, l’emploi et le pouvoir d’achat, quels pourraient être les leviers de la "rupture", si cruellement absente des projets de Loi de Finances et de Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2008 ?
En matière de dépenses sociales, les économies possibles paraissent difficiles ou alors lointaines. Les deux principaux déficits qui font le trou de la Sécu sont ceux de l’assurance-maladie et de l’assurance-vieillesse. Sur l’assurance-maladie, il semble difficile de réaliser des économies significatives compte tenu des effets du vieillissement (Cf. l’effet limité du plan Douste-Blazy de redressement de la Sécu en 2004), sauf à encadrer les revenus des médecins ou bien à privatiser les soins (moins on est riche, moins on est bien soigné, je vous laisse imaginer les conséquences en termes de cohésion sociale…). Sur l’assurance-vieillesse, les économies ne peuvent se faire sentir qu’à long terme avec l’allongement de la durée de cotisation. (sauf, mais cela concerne les recettes, à augmenter les cotisations salariales et/ou patronales, ce qui serait totalement contradictoire avec l’objectif d’augmenter le pouvoir d’achat et de diminuer le coût du travail).
En matière de dépenses publiques (Etat et collectivités territoriales), les économies semblent là encore lointaines. A titre d’exemple, les effets du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux se feront sentir lorsque les fonctionnaires non remplacés auront cessé de toucher leur pension de retraite (pas besoin de vous faire un dessin…). Sauf à envisager des réformes à la hache - un plan social dans la fonction publique d’Etat pour licencier ceux dont le boulot est maintenant fait dans les collectivités locales qui ont recruté à tour de bras pour assurer les missions nouvellement décentralisées (merci Jean-Pierre !) ? – le déficit de l’Etat ne sera pas résorbé tout de suite…
Pour ce qui est des recettes, qu’elles soient fiscales ou sociales, on imagine mal augmenter un tant soit peu nos prélèvements obligatoires qui atteignent déjà des records (sauf évidemment à avoir eu la chance d’être tombé tout petit dans la marmite du trotskisme révolutionnaire et de pouvoir baigner ainsi avec insouciance dans le déni des réalités économiques et financières de ce bas monde).
Pour la faire courte et schématique (vu l'aridité du sujet et la longueur des premiers paragraphes, j'ai dû perdre même mes lecteurs les plus motivés et les plus masochistes) : l’allongement de l’espérance de vie et le vieillissement des populations occidentales, le rééquilibrage de l’économie-monde au profit de l’Asie avec l’émergence de la Chine et l’Inde parmi les premières puissances économiques mondiales, et la suprématie acquise dans ce contexte par les capitaux en circulation au détriment du facteur travail, ont été autant de coups de boutoir qui ont mis à mal le financement de nos Etats-providence et de nos systèmes de protection sociale bâtis dans l’immédiat après-guerre sur le modèle bismarckien. Comme le mettait en évidence Daniel Cohen (de façon bien plus limpide et brillante que je ne saurais le faire – en même temps, c’est son métier de réfléchir à ce genre de truc) dans une interview croisée avec François Lenglet (« Les Echos » du 6 juin), nous vivons une époque de transition :
"Le parallèle (avec les années 1930, NdA) est passionnant. […] Avec l'urbanisation et l'industrialisation, les régulations anciennes ont été détruites sans que de nouvelles apparaissent - il faudra attendre l'après-guerre pour voir émerger à grande échelle la protection sociale et la régulation macroéconomique. Aujourd'hui, nous passons de cette société industrielle à une société post-industrielle. La protection sociale mise en place il y a plus d'un demi-siècle se délite à son tour et les régulations du futur n'existent pas encore. […] La tentation du repli est forte dans une société qui n'a pas l'intelligibilité d'elle-même. L'extérieur devient le bouc émissaire habituel. On se renferme alors sur ce que l'on connaît. Ceux qui veulent une politique industrielle dans la France d'aujourd'hui en attendent beaucoup trop, ils ont le même comportement que ceux qui prônaient le retour à la campagne dans les années 1930 !"
A l’heure où les plus-values mobilières et immobilières, les dividendes et les revenus locatifs, les rémunérations différées (si elles le sont suffisamment) telles que stocks-options, participation et intéressement, sont autant de revenus qui échappent aux cotisations sociales et ne supportent que les prélèvements sociaux (CSG-CRDS), mais qui concourent autant que les salaires traditionnels, si ce n’est plus, à l’enrichissement d’une large partie de la population, il devient urgent de trouver des relais de financement de la protection sociale, qui ne pèsent pas sur la compétitivité des entreprises et donc sur l’emploi. Sans vouloir en faire une panacée, la TVA sociale, seule idée véritablement en rupture envisagée jusqu'ici dans le débat politique, pourrait participer de ces expérimentations qui permettront d’identifier ces "régulations du futur".
En effet, au regard de cette ardente nécessité qu’est devenue la recherche d’une diversification des sources de financement de notre protection sociale, la TVA sociale ne va pas sans présenter quand même quelques avantages. Si l’effet désincitatif sur les délocalisations reste effectivement des plus incertains, si le "tee-shirt chinois" ne risque guère de perdre les faveurs des consommateurs à cause de quelques points de TVA supplémentaires et si l’amélioration de la compétitivité des produits français à l’exportation dépendra de l’arbitrage que feront les entreprises entre prix de vente et marge, il n’en reste pas moins que la TVA sociale présente le triple avantage, par la taxation des revenus consommés, de mettre à contribution l’économie souterraine (travail au noir, activités illicites), de faire contribuer au financement de la protection sociale les bénéficiaires de revenus et de plus-values de nature financière et immobilière, et ce de façon relativement indolore (en tout cas beaucoup moins douloureuse qu’avec les impôts et prélèvements directs), et enfin d’instaurer un minimum de solidarité dans la contribution à certains régimes de protection sociale qui profitent à tous (assurance-maladie, allocations familiales, RMI et allocations diverses aux handicapés) en taxant la consommation de tous les Français, qu’ils soient salariés du privé, fonctionnaires, retraités, professions libérales, artisans, commerçants, chefs d’entreprises, sans profession ou rentiers.
Au chapitre des désagréments pointés par les détracteurs de la TVA sociale, figure notamment le risque d’un surcroît d’inflation qui pèserait sur le pouvoir d’achat et la demande des ménages, principal moteur de la croissance en France, et notamment sur les bas salaires et les retraités. Une telle occurrence dépend largement du point de savoir sur quels taux serait appliquée une majoration au titre de la TVA sociale : sur le taux particulier de 2,1 % (applicable notamment à la presse et aux médicaments remboursables) ? Sur le taux réduit de 5,5 % (qui concerne entre autres les produits alimentaires, les transports, les médicaments non remboursables, les prestations des maisons de retraite et des établissements pour handicapés) ? Sur le taux normal de 19,6 % (qui s’applique à toutes les opérations ne relevant pas d’un taux réduit) ? Sur les trois ? Si une majoration de 5 points était appliquée au seul taux normal de 19,6 %, elle ne concernerait guère, parmi les principaux postes de dépenses des ménages, que l’habillement, les primes d’assurance, l’essence et la consommation de gaz et d’électricité. Et elle n’aurait aucun impact sur les postes essentiels de dépenses que sont l’alimentation, les soins et le logement (les loyers et les intérêts d’emprunt immobilier n’étant de toute façon pas soumis à la TVA), ce qui, du même coup, désamorce en partie le procès en non-progressivité fait à la TVA sociale, mais en montre aussi les limites. Par ailleurs, la question se pose de savoir quelles seraient les cotisations sociales réduites en contrepartie d’une majoration du taux de TVA : celles à la charge des employeurs ? Des salariés ? Les deux ? Là encore, de la réponse à cette question dépendent les effets en matière d’évolution relative de la profitabilité des entreprises et du pouvoir d’achat des salariés.
La TVA sociale n’est donc ni la recette miracle qui ferait disparaître les déficits sociaux et le chômage structurel, ni l’hérésie économique qui nous plongera dans la récession. Mais à défaut de TVA sociale, quelles seraient les alternatives en matière de financement de la protection sociale : une augmentation de la CSG, cet impôt en partie non déductible (qui fait donc payer de l’impôt sur l’impôt) ? Une taxe sur la valeur ajoutée produite par les entreprises ? L’idéal serait sans doute l’instauration d’une "TVA sociale à taux constant", qui consisterait à ce que le gouvernement, sans modifier les taux actuels de TVA (ce qui désamorcerait les procès en sorcellerie faits à la TVA sociale) affecte une partie des recettes de TVA actuelle au financement des allocations familiales et de l’assurance-maladie, mécanismes qui profitent à tous indépendamment de la situation professionnelle. Mais cela suppose que le gouvernement attaque à la hache le chantier de la rationalisation et de la réduction des dépenses publiques…

Qui ne connaît le fameux jeu du furet, où plusieurs joueurs faisant cercle font glisser un anneau le long d’une corde de main en main en fredonnant la célèbre comptine, tandis qu’un joueur placé au centre doit deviner dans quelle main se trouve l’anneau ? Après une semaine chargée en déclarations fracassantes du Premier Ministre et en annonces (habituelles à cette époque de l’année) de déficits en tout genre (déficit budgétaire inchangé et trou de la Sécu qui se creuse), et alors qu’entrera en vigueur lundi la défiscalisation des heures supplémentaires, dont on peut légitimement se demander si elle aura un impact autre qu’un simple effet d’aubaine pour les entreprises et salariés concernés, la rupture sarkozyenne a tout, à entendre journalistes, députés du Nouveau Centre et même certains députés UMP, de l’anneau dissimulé que se passent et repassent le Président, ses conseillers, son Premier Ministre, les membres du gouvernement et les figures de la majorité présidentielle, sans que personne ne sache vraiment dans quelles mains elle se trouve.
Le Président et ses affidés ont certes beau jeu de nous expliquer que la rupture ne saurait être réduite à l’apurement des déficits budgétaire et sociaux, qu’elle tient aussi aux réformes de structure telles que la révision de la carte judiciaire, l’autonomie des universités, l’assouplissement de la législation du travail, que ces réformes ne sauraient produire leurs effets immédiatement et que le budget 2008 est un budget de transition. Il n’empêche. Les mesures annoncées dans le cadre des projets de Loi de Finances et de Loi de Financement de la Sécurité Sociale sont révélatrices des limites de la rupture sarkozyenne :
* sur un plan que l’on pourrait pompeusement qualifier de "conceptuel", notre Président ne démord pas du fait que l’assainissement des finances publiques résultera de la croissance retrouvée et qu’une réduction des déficits ne ferait qu’étrangler la croissance. Pourtant, au-delà de l’effet d’éviction cher à la théorie économique (le recours de l’Etat aux marchés financiers pour financer le déficit budgétaire réduit d’autant les ressources disponibles pour le financement de l’investissement privé), effet rendu caduc à mon sens par la facilité d’accès au crédit de tous les agents économiques depuis plusieurs années, c’est oublier que le niveau trop élevé de nos prélèvements obligatoires est le premier frein à la croissance. Faut-il rappeler, encore une fois et sans entrer dans les détails, que les prélèvements de toutes sortes qui pèsent sur les entreprises les amènent à comprimer leurs effectifs pour compenser la hausse continue des sommes qu’elles doivent reverser à la collectivité et limitent leurs dépenses d’investissement ? Faut-il rappeler que les pays qui, à l’exemple du Canada, ont commencé par assainir leurs finances publiques, ont connu une embellie de leur situation économique dans les années qui ont suivi (accélération de la croissance, hausse du pouvoir d’achat, baisse du chômage) ?
* sur un plan plus opérationnel, sans même parler de l’hypothèse de croissance sujette à controverse retenue pour la construction du budget 2008, les mesures annoncées à l’occasion de la présentation des budgets de l’Etat et de la Sécu relèvent plus d’une gestion comptable un peu renforcée que de la nécessaire révolution copernicienne de nos finances publiques. Le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite fût pratiqué par Dominique de Villepin et ne produira de toute façon des économies que lorsque les partants auront cessé de toucher leurs pensions de retraite. Les franchises médicales ont été inaugurées par Philippe Douste-Blazy dès 2004 et ne constitueront au mieux qu’un replâtrage, les dépenses supplémentaires générées chaque année par le vieillissement de la population étant largement supérieures aux économies réalisées. Quant à l’application du prélèvement libératoire aux dividendes, ce sera autant de recettes en moins l’année suivante.
Tout cela a donc plus pour l'instant un air de bouts de ficelle et de fusils à un coup auxquels nous ont habitué les gouvernements Raffarin et Villepin, que le goût de la "rupture" qu’attendent nombre de citoyens.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Tue, 02 Oct 2007 04:00:18 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr On dit bien la même chose, Minerve, la plupart vont au-delà de leurs intérêts personnels et mettent leur civisme dans le balance et une minorité s'en va à Bruxelles ou Genève, mais c'est l'épaisseur d ----- COMMENT: AUTHOR: minerve [Visiteur] DATE: Mon, 01 Oct 2007 21:25:09 +0000 URL:Merci d'avoir pris la peine et le temps sur tes moments de liberté et de loisir, de mettre par écrit ton vécu quotidien de "cheminot de base" au travers de ces cinq billets, qui nous ont fourni un éclairage moins subjectif que celui que les lecteurs de ce blog et moi-même pouvions avoir sur la SNCF.
Les "colonnes" de ce blog te restent ouvertes dans les semaines et mois à venir au gré de l'actualité autour de la réforme des régimes spéciaux de retraite. N’hésite pas à venir nous faire part de tes réactions et de celles de tes collègues cheminots aux résultats de la négociation à la SNCF entre la direction et les organisations syndicales (maintenant que Xavier Bertrand a annoncé la parution d’un décret fixant le cadre de la réforme).
----- COMMENT: AUTHOR: Réba [Visiteur] DATE: Sat, 29 Sep 2007 11:49:08 +0000 URL: Ce fut un plaisir Denis ,Bonjour Denis,
Les hostilités ayant été déclenchées par le collaborateur de Sarko 1er, il est urgent que je termine mon propos. Voici donc ce que je pense des réformes à venir et du futur possible de la SNCF.
Tout d'abord le service minimum. Comme je te l'ai dit la réforme telle qu'elle m'a été présentée ne répond en rien au vrai problème soulevé pour les usagers. Maintenant il est tout à fait possible que la direction de la SNCF ait menti dans son bulletin. On entend ainsi parlé de réquisition possible, que le vote après 8 jours de grève ne serait pas simplement "consultatif", etc... Autant de mises en garde émises, j'en suis convaincu, par les syndicats. De ce fait, étant donné que ma confiance ne va pas plus à la direction qu'aux organisations syndicales, il est difficile de se prononcer avec certitude.
Ceci dit je maintiens ma position de dire que cette loi ne changera rien et que le problème a été, une fois de plus, pris de travers sans tenir compte de la diversité des activités SNCF. Ainsi, le souci majeur en cas de conflit sévère est, selon moi, les usagers du Transilien. Il fallait donc faire une loi sur une "obligation de service" concernant tous les agents travaillant en rapport avec le "train de banlieue", quitte à imaginer une compensation pour ces derniers. Mais au nom de la sacro-sainte égalité entre cheminot, cela n'a pas été envisagé.
Le sujet du moment maintenant, les fameux régimes spéciaux. En préambule, je suis bien obligé de faire deux remarques qui primeront sur toute la suite :
* Tout d'abord, je réfute le fait que les régimes spéciaux soient un problème important. Certes, ils sont largement déficitaires, soit ils peuvent donner le sentiment d'une inégalité, mais le problème que nous avons devant nous est celui de toutes les retraites, celles du régime général en premier ! Mais il est beaucoup plus facile pour le gouvernement de s'attaquer au petit groupe de "privilégiés" en les stigmatisant que de faire face à l'ensemble de la nation.
* Seconde remarque, quand on parle régimes spéciaux pour les dénoncer c'est constamment la SNCF qu'on montre du doigt (surtout Fillon). Et les parlementaires, les clercs de notaire, EDF, etc ... eux n'auraient pas de privilèges ? Leurs régimes spécifiques n'existeraient donc pas ?
Mon opinion concernant les retraites SNCF est que oui, il existe des injustices. Je ne vois aucune raison objective pour que tous ceux qui ont des horaires de travail classiques et/ou une pénibilité normale en bénéficient. Ça fait du monde ! Les régimes spéciaux, chiche supprimons-les ! Mais, dans le même temps, créons deux régimes généraux. Un pour les professions "normales" et un second pour les métiers pénibles. Traitons le problème dans son ensemble au lieu de monter des Français contre d'autres.
Une dernière partie maintenant concernant l'avenir de la SNCF. Si pour ce que j'ai écrit plus haut, nombre de mes collègues partagent mon point de vue, il n' en est pas de même pour ce qui va suivre.
A mon avis, le démantèlement de la SNCF est inévitable à terme.
Petit état des lieux :
* La SNCF n'est plus propriétaire de l'infrastructure. Elle loue à RFF des sillons (créneaux horaires) comme toutes les autres entreprises ferroviaires privées. Il semblerait d'ailleurs que ce poste soit devenu le plus important dans le budget global de l'entreprise (à vérifier).
* A l'intérieur de l'entreprise, il existe déjà des "caisses" séparées pour le TGV, les grandes lignes, la banlieue, l'infrastructure, l'entretien, etc... Et chaque fois qu'un agent dépendant d'une caisse travaille pour une autre, cela donne lieu à des mouvements financiers compensatoires internes.
* Le fret est déjà ouvert à la concurrence, l'activité voyageur c'est pour juillet 2010 je crois, sans parler des TER appartenant aux régions, des Eurostars et autre Thalys de droit privé.
Depuis des années, les politiques et la direction préparent cet éclatement. Soit, allons-y et voilà comment je vois les choses :
Tout d'abord, et c'est essentiel, rattachons tous les gens s'occupant de l'infrastructure à RFF. Cela concerne les agents des postes comme moi, les agents qui entretiennent la voie et les caténaires ainsi que les agents des quais. Aujourd'hui, tous ces agents travaillent aussi pour le privé même s'ils sont SNCF. Je m'explique : pour ma part, quand un train privé arrive dans ma zone, je le prends en charge exactement comme un train SNCF ; un agent de quai donne le départ aux trains privés comme pour ceux de la SNCF ; quant à ceux qui entretiennent, il y a longtemps qu'ils devraient être RFF (viendrait-il à l'idée de quelqu'un de demander aux transporteurs usagers des autoroutes de les entretenir ?). Et, par dessus tout, maintenons RFF public pour éviter les problèmes rencontrés en Grande-Bretagne.
Concernant les autres services, je ne suis pas nécessairement le mieux placé pour savoir s’il faut les maintenir publics ou les privatiser... Mais pour prendre l'exemple de la maintenance des rames, avec le développement du privé, un marché va s'ouvrir. Le fait d'avoir une entreprise autonome bénéficiant de l'expérience acquise auprès de la SNCF me semble pertinent.
Tout cela mérite bien entendu que l'on s'y penche en détai,l mais ce n’est pas le but de ce message. Toutefois, quand on regarde objectivement l'évolution de la SNCF et les projets actuellement programmés, il me semble que refuser ces évolutions serait comme croire encore au communisme...
Bien sincèrement.
Réba
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Fri, 28 Sep 2007 04:07:37 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Merci Torpedolos. Je reviendrai dans les jours à venir sur la question de la taxation des stocks-options. Vous retrouverez par exemple http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2237/articles/a354660-.html ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Wed, 26 Sep 2007 17:55:44 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Réba,Jean-François Copé s'applique à mettre en pratique l'adage présidentiel en allant faire des heures supp pour le compte du cabinet d'avocat Gide-Loyrette-Nouel en plus de ses fonctions de député, patron du groupe UMP à l'Assemblée Nationale, maire de Meaux et prof de finances publiques à Sciences-Po, autant de fonctions qui ne suffisaient manifestement pas à l'occuper à temps plein. Rappelons par ailleurs que pour le seul mandat de député, M. Copé perçoit déjà une indemnité de 6.000 euros. Ce genre de cumul ne me paraît pas être le meilleur moyen de redorer le blason de nos politiciens. Qui plus est quand M. Copé s'étonne qu'on puisse s'offusquer d'un tel cumul.
----- COMMENT: AUTHOR: une p'tite banane [Visiteur] DATE: Tue, 25 Sep 2007 14:01:41 +0000 URL: Une vraie petite "Copé-rative" à lui tout seul c't'homme là...hein Denis...Bonjour Denis,
Voici donc mon avis à propos de la loi de cet été sur le service minimum. Pour le coup je pense plutôt que c'est la loi qui est minimale !!!
Mon analyse se base sur des lectures dans les journaux et un bulletin d'information interne (émanant donc de la direction de la SNCF) que j'ai reçu au travail.
Il semble donc que qu'il y ait trois points essentiels dans cette loi, qui, de mon point de vue, ne change strictement rien à la situation d'aujourd’hui.
En premier lieu, des programmations de trains devront être prévues à l'avance et les usagers seront avertis des trains qui circulent. Cela se fait déjà. Alors certes, la SNCF aura obligation d'information et un effort est demandé à tous les non-grévistes de ce point de vue. Quelle révolution ....
Les programmes restent à définir par la direction de la SNCF. Je ne sais pas si les 3 niveaux de circulations existant aujourd'hui en cas de grève seront modifiés ou non. Bref, rien de bien neuf sous le soleil...
Deuxième point de la loi, l’obligation est faite à chaque agent de faire savoir 48 heures avant le début du conflit à son responsable hiérarchique sa position. Cela officialise une pratique courante sans plus. Je peux te garantir qu'à chaque conflit que j'ai connu, j'ai vu mon responsable faire le tour des agents pour leur demander s'ils seront présent ou non , et je n’ai jamais vu un agent refusé de répondre. Nous répondions tous en maugréant, soit, mais nous le faisions.
Enfin dernier point, le fameux vote à bulletin secret au bout d'une semaine de grève. Première remarque, exception faite de 1995, aucun conflit n'a duré plus de quelques jours ces dernières années. Ensuite, attendre une semaine avant d'agir ... quelle ambition !
Et surtout, une énorme surprise m'est venue du bulletin de la direction. Ce vote est "facultatif et consultatif" !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Rassure-moi, Denis, toi qui maîtrises mieux notre langue que moi, ça veut bien dire que ce vote n'est pas obligatoire et, que quel que soit le résultat, le mouvement peut se poursuivre ?
Voilà, Sarko a été élue sur de la com et le manège continue... Cette loi est vide et ne peut pas atteindre son objectif qui est d’empêcher le conflit majeur tant redouté au moment de "s'attaquer" aux régimes spéciaux.
Denis, je reprendrai mon clavier plus tard pour te parler des régimes spéciaux et de l'avenir de la SNCF. Maintenant si tu as des questions à me poser sur le service minimum, n'hésites pas, je devrais pouvoir te répondre dans de courts délais.
Bien sincèrement.
Réba.
----- COMMENT: AUTHOR: Réba [Visiteur] DATE: Wed, 26 Sep 2007 12:49:08 +0000 URL: Bonjour à tous ,"La France en faillite ?", c’est le titre de une de l’édition papier du JDD de ce week-end, après les déclarations de François Fillon lors d’un déplacement en Corse ("Je suis à la tête d’un Etat qui est en situation de faillite financière").
Thème central abordé de façon romancée dans "Ras-le-bol", et aussi dans un roman (paru un an plus tard) de Philippe Jaffré (paix à son âme), qui avait exploité le même filon, une faillite de la France n’est quand même pas pour demain matin. Que les salariés et les retraités du secteur public et tous ceux qui dépendent de l'Etat pour leur subsistance se rassurent, ils continueront à percevoir leurs salaires, pensions et allocations dans les mois à venir, surtout tant que durera la situation d’excès de liquidités (ou d’épargne, la question fait débat) au niveau mondial, qui maintient une énorme pression à la baisse sur les taux auxquels empruntent les Etats comme la France (plus d’explications ici pour ceux qui prennent le débat en route). A plus long terme, la question mérite en revanche d’être posée.
Ce gouvernement a décidément bien du mal avec les dosages sémantiques. Après s’être fait peur avec le "plan de rigueur" pour la fonction publique (pourtant, il est toujours plus fructueux à terme d’appeler un chat un chat), le voilà qui utilise de façon exagérée un mot qui ne peut que faire peur aux non-initiés. A moins que ce ne soit pour mieux préparer les esprits…
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Mon, 24 Sep 2007 19:55:44 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr C'est toujours le même problème, Minerve : il faut réduire les dépenses... ----- COMMENT: AUTHOR: minerve [Visiteur] DATE: Mon, 24 Sep 2007 17:09:03 +0000 URL:Bonjour Denis,
Il nous reste donc une catégorie à explorer, nos amis les conducteurs de trains, le terme de mécanicien (mécano, l’ancien nom des conducteurs) ayant été aboli l'année dernière.
A mon humble avis, si tu veux trouver des privilégiés a la SNCF c’est de ce côté qu'il faut chercher. Entre nous, nous avons un surnom pour eux : on les appelle les "seigneurs du rails".
Premier point : pour eux, la retraite est a cinquante ans. Il paraît que cela date de l'époque du chemin de fer à vapeur, et que le métier étant très pénible a l'époque ils avaient obtenu cet avantage. Il va sans dire qu'il y a longtemps que les trains sont diesels ou électrique, mais pas touche au statut des mécanos .
Ensuite, ils sont bien mieux rémunérés que tous les autres cheminots. Bien sûr, ils sont en permanence sur la route (heu sur le rail) et ils passent beaucoup de temps loin de chez eux. De la même manière, ils ont une responsabilité énorme sur les épaules, il faut le reconnaître.
Mais ils abusent de leur position d'une façon honteuse ! Lorsque j'étais en région parisienne, j'ai vu la ligne C du RER paralysée, car ces Messieurs exigeaient une machine à café en gare de Juvisy (où il y a une relève, c'est-à-dire un changement de conducteur). Bloquer toute la ligne pour ça !!! Alors oui, dans ce cas précis, moi Réba le cheminot, j'ose le dire, c'est prendre en otage les usagers.
D'une façon plus générale, beaucoup d'entre eux ont une mentalité pourrie. Ils refusent systématiquement de donner un coup de main en situation perturbée. Si une manoeuvre imprévue, changement de voie pour faire de la place par exemple, est nécessaire, neuf sur dix refuseront de le faire en affirmant "c'est pas sur mon planning", nous laissant tous, collègues et usagers, avec le problème sur les bras.
Evidement, c'est une généralité. Il existe des conducteurs de bonne composition, mais crois-moi, ils sont rares. Les mécanos forment une caste bien à part chez nous. Pour preuve, chez eux, le syndicat majoritaire s'appelle la FGAAC (syndicat réservé aux mécanos). En as-tu déjà entendu parlé ? C'est vraiment le syndicat qui décide de la "réussite" ou non d'une grève à la SNCF !
Je m'explique : que faut-il pour faire rouler un train ?
* une rame : sauf en cas de conflit très long style 95, on en trouve toujours une opérationnelle et le nettoyage est fait par le privé, donc ce n’est pas un obstacle.
* des usagers munis de titre de transport : grève des commerciaux ou pas, ce n’est pas un problème, on trouve des distributeurs automatique partout.
* un sillon c'est-à-dire un horaire et des agents comme moi, chargés de son respect : là non plus, pas de problème, tous les agents de maîtrise et cadres de mon service qui ne foutent rien sont censés être capable de nous remplacer. Alors certes, on ferme les petites lignes (pas assez de monde) mais sur du Paris vers n' importe où, c'est encore possible d’assurer le trafic.
* des rails et des installations qui fonctionnent : tout comme pour la rame, sauf en cas de conflit très long, l'entretien ne se fait pas au dernier moment (heureusement), donc pas de soucis, et en cas de panne le cadre d'astreinte doit, lui aussi, être capable d'intervenir quitte a faire faire le boulot par une boite privé sous son contrôle. De toute façon, il y a des années que dans ce domaine, la SNCF externalise.
- du personnel de bord : là, ça se complique... Il faut des agents assermentés pour le contrôle (on peut sans doute récupérer un peu de cadre), et surtout des conducteurs. Eux, personne ne peut les remplacer, ni une machine ni un chef lambda.
Pour résumer, si tu dois conseiller un neveu ou un ami qui rentre à la SNCF, dis-lui, s’il le peut, de devenir conducteur ! Je m'arrête là dans ma description de mon entreprise, je te précise que j'ai pris quelques raccourcis pour ne pas être trop long. Je te ferai toutefois une ou deux précisions dans mes derniers mails. Je te dirai alors ce que je pense du service minimum, de la reforme des retraites, du statut du cheminot en général et surtout de la manière dont, à mon avis, mon entreprise devrait évoluer.
Réba
----- COMMENT: AUTHOR: Merhendes [Visiteur] DATE: Wed, 13 Oct 2010 03:01:27 +0000 URL: Oui tu as raison alaindelafiotte, vivement que la SNCF soit privatisée, et qu'on ait pleins de morts chaque année dans les trains, grâce à des entreprises privées qui feront passer le profit avant la ----- COMMENT: AUTHOR: alaindelafitole [Visiteur] DATE: Sun, 04 Jul 2010 17:34:53 +0000 URL: bravo pour les commentaires vive les entreprises privés,a quand la sncf deviendra privé,la tout va changer,il va falloir se mettre au taf ----- COMMENT: AUTHOR: aurelie [Visiteur] DATE: Fri, 23 Nov 2007 10:11:49 +0000 URL: sil vs plai aidé moi je fai un projet d'etude pour mon bac sur les conducteur de train eet plu spécialemen sur leur condition de travail penible et sur leur maladies professionnelles aiiiidé moi merci ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Thu, 15 Nov 2007 09:17:21 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Mais ce sont quand même les conducteurs de train qui garderont les véritables avantages du régime spécial de retraite. ----- COMMENT: AUTHOR: michel [Visiteur] DATE: Wed, 14 Nov 2007 18:35:29 +0000 URL: dans les travaux penible moins souvent cités il ne faut pas oublier les ouvriers qui travail sur les lignes de montages a des cadences infernales en equipe ... 5 minutes de pause pipi (pas 6 )... pas ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Thu, 27 Sep 2007 18:45:00 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Julot,Petite parenthèse entre deux billets de Réba sur son vécu de cheminot de base pour réagir aux deux discours de Nicolas Sarkozy consacrés à la politique sociale et à la rénovation de la fonction publique. Globalement, je rejoins Versac dans son appréciation positive. Même si je suis sceptique sur certaines de ses mesures et notamment la possibilité de choisir entre statut et CDI pour les fonctionnaires (Cf. infra), et même si la question du financement de notre système de protection sociale reste pendante, Nicolas Sarkozy a lancé là des chantiers incontournables, en ayant le mérite d’appeler un chat un chat et en donnant des perspectives aux personnels concernés par la réforme. On verra si ce seau d’eau fera déborder ou non le vase de la colère des organisations syndicales.
Une remarque à propos des organisation syndicales justement. Dans son discours devant l’AJIS, Nicolas Sarkozy a notamment déclaré : "Il y a aujourd'hui trois certitudes : le système n'est pas tenable financièrement, il décourage le travail (...) ; enfin, il n'assure pas l'égalité des chances." Ce constat d’impasse financière vers laquelle nous nous dirigeons à grand pas si les choses restent en l’état ne peut être que partagé par n’importe citoyen de bonne foi et doué d’un minimum de raison. Ce n’est pas être un suppôt du patronat ou de la droite ultra-libérale (je n’en suis d’ailleurs pas un) que de comprendre que les déficits actuels seront à la charge des générations futures. Parmi les réactions syndicales à ce discours, Philippe Tronet, secrétaire fédéral de Sud-Rail (je n’ai peut-être pas choisi le plus représentatif des leaders syndicaux, mais ils ne sont pas sans influence chez Sud) déclarait : "La seule solution [...] c'est d'aligner tout le monde sur les 37,5 (annuités de cotisation, NdA) pour tous. […] On ne nous fera pas croire aujourd'hui, dans un pays qui n'a jamais été aussi riche, qu'on ne peut pas donner une bonne retraite à tous les salariés du public et du privé." Tant que nous aurons des organisations syndicales obtus ou de mauvaise foi, il sera quand même très difficile de mener les réformes avec le minimum de concertation que ces forces vives seraient en droit d’attendre.
En ce qui concerne l’idée de laisser le choix entre statut de fonctionnaire et CDI aux salariés de la fonction publique, si j’ai trouvé l’idée séduisante dans l’instant pour répondre à l’impérieuse nécessité de réformer l’Etat et le secteur, je me suis fait plus dubitatif à mesure de la réflexion. D’abord, parce que l’aversion au risque de perte d’emploi est suffisamment forte après 30 ans de chômage de masse pour limiter le nombre de candidats (qui dit CDI dit risque plus élevé de perte d’emploi). Sauf à ce que la rémunération proposée dans le cadre d’un CDI soit très significativement supérieure (bonjour l’ambiance dans les bureaux où deux personnes feront le même boulot pour un salaire allant du simple au double). Ensuite, parce qu’en matière de management, il n’est jamais aisé de devoir gérer des statuts très différents pour des personnels occupant les mêmes postes (cas de certaines entreprises privées où, après des fusions ou des rachats, coexistent des cadres au forfait et des cadres aux horaires sur les mêmes postes). Si les rémunérations ne sont pas significativement différentes, le salarié en contrat de droit privé n’aura rien gagné et aura tout intérêt à démissionner le plus vite possible. Si l’écart de rémunération est significatif, le salarié sous statut se trouvera là des raisons pour ne pas améliorer sa productivité. N’aurait-il pas été préférable de raisonner par métiers, en maintenant la garantie d’emploi pour les emplois dans les fonctions régaliennes (police, armée, justice, enseignement) en y ajoutant les soins et sans que cela soit un obstacle à une rémunération au mérite, et la remplaçant par des CDI pour les recrutements de personnels administratifs ? Cela aurait sans soute été trop explosif. Surtout, un des enjeux de la réforme est à mon sens la rénovation des pratiques managériales des cadres intermédiaires de la fonction publique, les cadres de proximité qui sont au contact quotidien des équipes et qui ne disposent d’aucun des moyens nécessaires au développement de la motivation et de l’engagement de leurs collaborateurs. Un exemple : à mon grand étonnement, j’ai découvert récemment que le directeur de l’école primaire où se trouvent mes enfants n’avaient pas la responsabilité hiérarchique des enseignants. Il est pourtant le seul à pouvoir apprécier au quotidien leur travail et à pouvoir les récompenser ou les sanctionner annuellement.
Nonobstant cette réserve sur cette idée de choix entre statut de fonctionnaire et contrat de droit privé, il faut reconnaître à Nicolas Sarkozy le mérite de s’être attaqué sans faux-semblants, avec ses deux discours courageux et salutaires, à un chantier fondamental pour la restauration de la compétitivité de notre économie, mais qui n’en reste pas moins un véritable casse-tête.
----- COMMENT: AUTHOR: Hermine [Visiteur] DATE: Wed, 26 Sep 2007 14:36:59 +0000 URL: Minerve,Bonjour Denis,
Il me reste deux catégories de personnel à détailler et tu m'as demandé de préciser ce que je faisais.
Dans la catégorie infrastructure, qui s'occupe donc des aiguillages, de l'ordre des circulations, de la sécurité des trains des voyageurs et du personnel d'entretien des voies, on trouve un dénommé Réba. Je cumule en fait deux postes : je suis agent circulation et aiguilleur. L'aiguilleur est chargé, dans un poste d’aiguillage, de tracer les itinéraires et d'ouvrir les signaux corrects pour le respect des horaires de toutes les circulations. L'agent circulation pour sa part s'occupe de la sécurité sur un secteur de circulation, au moyen de tout un tas de dispositifs techniques quand tout va bien et de règlements vastes et complexes quand les installations tombent en panne. Pour résumer, j'ai un métier relativement tranquille quand tout va bien. Avec l'expérience il est assez facile d'anticiper les moments délicats (telles que les pointes du soir et du matin en banlieue) et en dehors de ces périodes "chaudes", il suffit d'être attentif et discipliné. Par contre, quand les installations tombent en panne, c'est-à-dire quand on n’a plus les protections automatiques qui assurent la sécurité des trains, mon métier devient très complexe et épuisant nerveusement. J'ai alors la vie des usagers dans mes mains et une suite d'erreurs pourrait alors mener au drame. Quand on entend parler d'un accident, il y a 98% de chance qu'un agent circulation soit en cause .... c’est inévitable (ce fut le cas à la frontière luxembourgeoise par exemple si tu t'en rappelles).
Exception faite des lignes secondaires, il y a des trains 24h/24h et 365 jours par an. Les postes sont donc tenus par des agents en 3x8 pour qui la notion de semaine disparaît. A la SNCF, les agents "postés" en 3x8 travaillent 4 jours, puis se reposent deux jours et ainsi de suite . Plus de dimanche, de jour férié etc... Ceci dit, tout est très très réglementé. Nous avons donc droit à 13 samedi+dimanche par an .Je voudrais te faire deux remarques sur ce que cela produit :
* Premièrement, je ne sais jamais quel jour on est... Cela peut paraître idiot, mais je sais que mon entourage (et ma femme singulièrement) en souffre. De ce point de vue là, j'aimerais avoir des statistiques sur les cheminots en 3x8 qui sont divorcés, mais elles ne sont évidemment pas disponibles... Tout comme les statistiques d'espérance de vie d' ailleurs, mais c'est un autre sujet…
* Deuxième point notable, le changement de rythme permanent ... Mes horaires sont les suivants : 4h00-12h00 ; 12h00-20h00 et 20h00-4h00. On enchaîne donc 4 journées sur un horaire, deux jours de repos, quatre jours sur un autre horaire etc .... Cela m'oblige par exemple, à me lever à 3h00 du mat le lundi, mardi, mercredi et jeudi, puis le vendredi, je ne bosse pas et le samedi je reprend mes nuits (on commence les nuits sur le 2éme repos) et je me couche donc à 4h30 du mat .... Donc jeudi levé 3h00, samedi couché 4h30 ! Eh bien je peux te garantir qu'année après année c'est épuisant. Au début, ça me faisait rire d'entendre les "vieux" se plaindre de ces changements de rythme continuels. Au bout de sept ans de 3x8, c'est moi qui fais mon vieux aujourd'hui…
Une dernière remarque concernant mon job : je gagne 1.352,80 € de traitement BRUT ! Alors soit, avec les primes j'arrive à un traitement plus correct, c'est-à-dire environ 1.700 € net par mois. Seulement, cela a une grave conséquence sur les retraites. J'ai bien étudié la grille des pensions, en tenant compte d'une progression normale dans ma carrière, si je partais à la retraite aujourd'hui, je toucherais 3.163 € par trimestre, soit environ 1.050 € par mois. Tu vois Denis, quand on nous parle des méthodes de calcul ultra avantageuses des retraites des cheminots, moi je me marre. Voilà, le super privilégié de la SNCF, responsable de la sécurité sur mon secteur de circulation j'ai des vies placées entre mes mains (parfois celles des usagers et tous les jours celles des agents d'entretien des voies), je gagne a peine le SMIC en traitement hors prime, et après une vie de 3x8, j'aurai l'honneur d’avoir 1.000 € de retraite par mois ... T' es tenté par la SNCF, Denis ? Non ! Attends, j'ai peut-être une solution pour toi. Il reste la dernière catégorie, les roulants. Mais je te parlerai d'eux dans mon prochain mail (pas dans un mois, promis).
A très vite, Denis, dans la semaine pour sûr.
Réba
----- COMMENT: AUTHOR: Cambrousse [Visiteur] DATE: Tue, 13 Nov 2007 12:39:01 +0000 URL: on croît rêver ! avoir du travil est une chance et si la pénibilité c'est ça, que penser des horaires des éducateurs en maison d'enfants ? Surtout que si leus hoaires sont bien pourris, c'est grâce au ----- COMMENT: AUTHOR: Réba [Visiteur] DATE: Thu, 20 Sep 2007 06:58:40 +0000 URL: Bonjour à tous ,Denis,
Il me semble important dans un premier temps de te parler de la SNCF. Je ne sais pas quelle connaissance tu as de cette entreprise, si tu as un membre de ta famille qui y travaille par exemple, aussi si je te donne des éléments qui te semblent évidents, ne m'en veux pas.
Le premier point très important à bien comprendre, à mon avis, c'est que la SNCF n'est pas un énorme bloc monolithique style mammouth à dégraisser. L'organisation structurelle de la SNCF est étonnamment proche de celle de l'Etat. C'est un fait dont je n'avais pas pris pleinement conscience avant de réfléchir à ce que j'allais t'écrire.
On trouve d'abord une direction nationale tout en haut de la structure, située à Paris bien sûr, qui décide, avec les politiques, des grands choix stratégiques pour la France entière. Elle correspond donc au gouvernement de nos institutions.
A l'étage en dessous on trouve des directions régionales. Pour la SNCF il y a 22 régions (23 il y a quelques années), mais le découpage est très différent de celui de nos régions administratives. En matière ferroviaire, la région parisienne est prépondérante. Tout d'abord prend une carte du réseau national et tu verras une magnifique étoile avec Paris comme centre. Ensuite il y a le Transilien qui en termes tant de fréquentation que d'infrastructure représente une part "hors norme" de l'activité de la SNCF. Ainsi l'Ile-de-France cumule à elle seule 5 ou 6 régions, j’avoue que je ne le sais pas précisément. Ensuite, les autres régions SNCF regroupent généralement 2 régions administratives.
Enfin, chaque région est découpée en établissement. Le plus souvent, ces établissements correspondent à un ou deux de nos départements, avec une grande gare principale et des gares satellites.
Une fois tout cela constaté, il faut maintenant comprendre que chaque région (voire certains gros établissements) jouit d'une relative autonomie. Un exemple, la loi sur le jour férié travaillé à la Pentecôte n'est pas appliqué de la même manière partout. Tout donne lieu à des négociations locales entre les syndicats locaux et la direction régionale. Alors bien sûr, chaque région a sa propre histoire et ses propres "coutumes" dans ces échanges. Même si tu auras peut-être du mal à le croire, en région parisienne les syndicats sont beaucoup plus impliqués dans la gestion de l'entreprise et la culture du dialogue existe. A l'opposé, à Toulouse ou Marseille, le conflit est permanent. Moi qui regarde tout ça de près, je me demande souvent comment les cheminots de ces deux villes font pour vivre, ils sont en grève tout les deux mois !!!
A mon humble avis, il n'existe donc pas une SNCF, mais des SNCF. De la même manière je trouve que c'est une erreur grossière de fonctionner sur un statut unique du cheminot. Il n'existe pas une condition cheminote aujourd’hui, c'est idiot !
C'est le deuxième point important pour la compréhension de cette entreprise. Il existe chez nous une multitude de métiers dont les obligations et les contraintes n'ont strictement rien à voir les uns avec les autres. Je ne vais pas t'en faire une liste complète (j'en serais bien incapable), mais on peut découper l'ensemble des employés de la SNCF en grandes familles. On trouve donc :
- les administratifs : vu l'organisation de l'entreprise que je viens de te décrire, tu te doutes bien qu'ils sont nombreux…
- les commerciaux : avec de très grandes subtilités (j' y reviendrai plus tard).
- l'entretien des voies avec trois grandes familles : le service électrique, la maintenance des voies, et les caténaires.
- l'entretien du matériel.
- l'infrastructure : tous ceux qui sont chargés de faire fonctionner les installations (j’en fais partie).
- Le personnel roulant : il comprend les contrôleurs et les fameux conducteurs.
Voilà, pour faire vite, les différentes familles de "cheminots". Là-dessus vient se greffer ce qui est, à mon avis, la spécificité principale du chemin de fer : c’est une évidence, mais il y a des trains 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours par an. Quand on y pense, c'est LA justification du statut particulier du cheminot.
Maintenant, qui est concerné par cette permanence du trafic ?
Les administratifs ont des horaires de bureaux classiques et ne croulent, je le pense sincèrement, ni sous une charge de travail démente ni sous une pression hiérarchique écrasante.
Les commerciaux commencent parfois tôt et peuvent finir tard, ils travaillent aussi le week-end, mais c'est le lot de tout ceux qui travaillent dans le commerce. Au moins ils ont l'assurance de faire leurs heures et pas une de plus. De plus, il faut noter que des "boutiques SNCF" se développent de plus en plus et qu' elles sont tenues par du personnel avec des contrats de droit privé. De même, le volonté de la direction est de développer l' utilisation des bornes automatiques et des achats en ligne. Chaque année il y a des objectifs chiffrés sur ce point.
Le personnel entretenant les voies travaille, en général, de journée et en semaine comme tout le monde. Il faut toutefois introduire pour eux une nuance en fonction du lieu. En région parisienne, par exemple, ils travaillent souvent la nuit, car il y a trop de train la journée. Qui plus est, ils travaillent tous dehors, quel que soit le temps, et ont donc un métier pénible .
Pour la maintenance du matériel, je ne suis pas sûr, donc je ne dirai rien plutôt que des bêtises.
Voilà déjà beaucoup beaucoup de monde qu'on appelle "cheminot" mais pour qui, en fait, j'ose le dire, avoir un statut particulier n'est pas toujours justifié.
Pour les deux groupes restant (infrastructures et personnel roulant), l'obligation de service permanent joue à fond. Les horaires sont forcément décalés, les week-ends n'existent plus, les jours fériés non plus. Je te détaillerai tout ça pour que tu comprennes les implications de ces horaires sur la vie du cheminot.
Voilà, Denis, le plus schématiquement possible la SNCF aujourd’hui : quand on croise les spécificités régionales et les particularités des métiers, on obtient une image réelle de ce qu'est la SNCF. Il me semble évident, contre l'avis de tous les syndicats évidemment, que vouloir appliquer un statut unique à des professions si différentes dans des régions aux contraintes diverses me semble stupide.
Je ne pense pas être du genre "pleureuse", Denis, mais quand je lis dans ton post les "privilèges exorbitants", ça me fait mal crois-moi. Des privilégiés oui il y en a légion à la SNCF, je suis d'accord. Mais ne fais pas l'erreur de mettre tous le monde dans le même panier et je t'expliquerai pourquoi dans ma prochaine lettre. Le grand privilégié que je suis va passer samedi et dimanche de midi à vingt heures au boulot.
A très bientôt.
Amitiés sincères.
Réba
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Fri, 14 Dec 2007 19:33:19 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Zyva, Aziz...
Copyright passion-trains.over-blog.com
Alors que le débat et la polémique sur la réforme des régimes spéciaux de retraite pourraient bien prendre encore plus d’ampleur cette semaine après le discours que prononcera mardi Nicolas Sarkozy au Palais du Luxembourg à l'occasion du 40e anniversaire de l'Association des journalistes de l'information sociale (AJIS), je donne pendant quelques jours la parole à Réba, fidèle lecteur de ce blog, mais avant tout Agent circulation-Aiguilleur à la SNCF depuis 8 ans. En quelques billets, avec ses mots à lui et en toute liberté, Réba nous livrera sa vision des réalités quotidiennes de la SNCF, de la condition des "cheminots", des régimes spéciaux de retraite et il nous fera quelques révélations savoureuses sur les impacts de la loi instaurant un service minimum. Merci, Réba !
----- -------- AUTHOR: TITLE: Blogroll et liens personnels BASENAME: blogroll_et_liens_personnels DATE: Tue, 11 Sep 2007 15:37:27 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Le Temps d'Agir CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Alors que certains s’interrogent sur la fin des blogs (non sans raison peut-être, la fin de la campagne présidentielle ayant fait largement retomber le soufflé de la blogosphère politique, certains ayant semble-t-il définitivement fermé ou n’étant plus alimentés qu’épisodiquement, il n’est qu’à voir le rythme de mes publications…), je prends enfin le temps de bâtir une blogroll qui n’est proposée qu’en plugin (pour les non-initiés comme moi, c’est comme une option sur une voiture, mais version Ikéa, i.e. à monter soi-même) par les concepteurs de B2 Evolution. Autant dire, une mission presque impossible pour moi qui ne sait toujours pas ce qu’est le web "je ne sais combien point zéro".
Cette liste paraîtra sans doute bien tardive à certains, mais sait-on jamais, le soufflé blogosphérique pourrait bien se remettre à regonfler dans les mois à venir…
Dans la catégorie des blogs politiques, on trouvera, à côté des "célébrités" de la blogosphère politique, les autres blogueurs que j’aime à lire :
* Embruns
* Koz
* Versac
* Verel
Catégorie "Art, culture et shopping" :
* DYKT
Catégorie "Bien-être & développement personnel" :
* Coaching
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sun, 16 Sep 2007 18:40:46 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr C'est vrai que tu n'as pas la chance de travailler au [censuré], toi... ;-D ----- COMMENT: AUTHOR: Marc [Visiteur] DATE: Sun, 16 Sep 2007 15:46:34 +0000 URL: Bonjour Denis, J'ai effectivement fermé l'oeildemoscou davantage par manque de temps que pour des raisons cycliques ou liées aux divers calen driers electoraux. En revanche, je suis toujours avec ----- -------- AUTHOR: TITLE: Chapeau bas BASENAME: chapeau_bas DATE: Tue, 11 Sep 2007 11:35:50 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Faillite des retraites et fracture générationnelle CATEGORY: TAGS: ----- BODY:"La vérité, c'est qu'il existe des régimes spéciaux de retraite qui ne correspondent pas à des métiers pénibles et qu'il existe des métiers pénibles qui ne correspondent pas aux régimes spéciaux de retraite. Je changerai cette situation indigne."
Au Salon de l'élevage de Rennes, Nicolas Sarkozy vient d'en remettre une couche sur la réforme des régimes spéciaux de retraite après les déclarations de François Fillon qui ont provoqué les habituels cris d'orfraie des syndicats, plus prompts à se mobiliser pour les régimes spéciaux qu'ils ne l'ont fait en 1993 pour défendre les retraites du secteur privé. A l'époque, ils n'avaient même réclamé ne serait-ce qu'une phase de concertation lorsqu'Edouard Balladur avait procédé par voie d'ordonnances en plein mois d'août.
Je ne peux guère être suspecté d'idolatrie sarkozyste et je suis même plutôt méfiant d'habitude sur ses déclarations, cherchant toujours où se trouvera le fossé, voire le gouffre avec ses actes. Mais là, je m'incline. Pour avoir été manoeuvre puis gardien de nuit dans une entreprise privée pendant mes vacances de lycéen puis d'étudiant, je peux témoigner que nombre de salariés du secteur privé exercent des métiers pénibles, que ce soit en termes d'horaires de travail ou de fatigue physique, sans pour autant bénéficier d'avantages particuliers en matière de retraite (je donnerai d'ici peu la parole à un lecteur cheminot qui pourra nous donner son avis sur le sujet).
Cette déclaration de Nicolas Sarkozy pourrait bien mettre le feu aux poudres et nous valoir de marcher quelques semaines pour aller travailler. Heureusement, à Paris, maintenant il y Vélib. La société JC Decaux risque de ne pas pouvoir mettre à disposition assez de vélos dans les semaines à venir...
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Thu, 20 Sep 2007 08:37:17 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Minerve,1/ La controverse sur la mesure du pouvoir d'achat par l'INSEE prend de l'ampleur. Enfin, serais-je tenté d'écrire... Dans la dernière livraison de 60 millions de consommateurs, l’INC se démarque de l’INSEE et de son mode de calcul (dénoncé récemment ici) de l’évolution du pouvoir d’achat des ménages. La neutralisation des effets de l'augmentation du nombre des ménages et la prise en compte de la hausse des prix de l’immobilier pour tous les ménages, et non plus pour les seuls ménages locataires comme le fait l’INSEE, donne un tout autre visage (Cf. tableaux ci-dessous) à l’évolution du pouvoir ces dernières années, sans doute bien plus proche de la réalité et donc du ressenti du "ressenti" des ménages, que la mesure qui en est faite par l’INSEE :
Source : www.60millions-mag.com

Source : www.michel-edouard-leclerc.com
En cumul de 2002 à 2006, le pouvoir d'achat des ménages a donc augmenté de 10,5 % selon l'INSEE et de seulement 2,4 % selon l'INC... Et encore s'agit-il d'une évolution moyenne. A quand le calcul par l'INC d'évolution de pouvoirs d'achat catégoriels ? Par strates de génération par exemple. Il y aurait sans doute de quoi être surpris...
2/ Xavier Darcos n'a pas tardé à réagir en réunissant dans l'urgence les représentants de la grande distribution. Et le Ministre d'annoncer à la galerie, avec moult effets, avoir obtenu une baisse des prix de 30 fournitures scolaires. Oubliant au passage qu'une majorité de familles achètent les fournitures de base dès... juillet. Mais bon. Surtout, le problème, sont-ce les prix ? Ne sont-ce pas plutôt les salaires, serrés au maximum depuis 20 ans par les entreprises pour compenser des coûts salariaux plombés par la hausse des prélèvements, puis par la mise en place des 35 heures (sauf évidemment dans les secteurs où il y a plus de postes à pourvoir que de candidats à l'embauche) ?
Son Président de patron l’a bien compris, lui qui a demandé, lors de son discours devant l’université d’été du Medef, que les entreprises se montrent bienveillantes en matière de rémunération ("Mais vous aussi vous devez jouer le jeu. Vous devez investir, vous devez respecter l'obligation de négocier sur les salaires. Vous devez faire un effort sur les salaires chaque fois que c'est possible. Le mot salaire ne doit pas être un gros mot. C'est le prix du rétablissement de la confiance avec les salariés."). Cela tient largement du vœu pieux et il faut espérer que Nicolas Sarkozy en est bien conscient. Les entreprises ne lâcheront du lest sur les salaires que le jour où les difficultés à recruter seront suffisantes pour que le rapport de force entre employeurs et salariés se trouve inversé. Et pour en arriver là, que de chemin à parcourir ! Que de mesures douloureuses et impopulaires à mettre en place ! Et à examiner le bilan des 100 premiers jours de Nicolas Sarkozy, on se prend à penser, comme Marc Touati, que tout reste à faire. Un exemple : la restructuration de l’Etat et la réduction du train de vie de la sphère publique, conditions indispensables de la baisse des prélèvements qui plombent les entreprises et génèrent du chômage de masse, se sont pour l’instant perdues dans la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Peut-on trouver plus bel exemple de la pusillanimité des dirigeants politiques en matière de réduction des effectifs publics ?
3/ Pendant ce temps-là, l’Allemagne touche les premiers dividendes de ses efforts d’adaptation aux défis de la mondialisation et du vieillissement démographique. La croissance s’inscrit à 2,5 %, le chômage est annoncé au plus bas en 2008 avec un recul de 360.000 du nombre de chômeurs, les comptes publics affichent un excédent au premier semestre 2007, les dépenses de consommation sont reparties à la hausse au second trimestre malgré la hausse de 16 % à 19 % de la TVA au 1er janvier, et les excédents commerciaux s’accumulent en dépit de la hausse de l’euro. Il est vrai que l’Allemagne a fait depuis 4 ans un autre choix que la France, celui d’assainir ses finances publiques au risque du mécontentement populaire. Serions-nous si exceptionnels, nous Français, que nous pourrions nous affranchir des lois de l’économie ? Cela reste à voir…
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Wed, 05 Sep 2007 13:17:50 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Même si l'acquisition d'un logement est aussi une opération d'épargne à long terme, à court terme, c'est une dépense contrainte. En fait il faudrait surtout disposer de statistiques catégoriels : l'év ----- COMMENT: AUTHOR: Jaggy [Visiteur] DATE: Wed, 05 Sep 2007 09:30:55 +0000 URL: Donc ne vaudrait-il pas mieux prendre une valeur intermédiaire entre le calcul de l'INSEE et celui de l'INC pour être juste ?
De retour après pas moins de 5 semaines de congés (vive les 35 heures…).
Les sujets d’actualité de l’été (la météo pourrie, la crise des subprimes, le débat fiscal et social) apparaissent comme bien mineurs à la lecture d’une chronique scientifique des Echos consacrée à la disparition massive des abeilles. Nul besoin d’être militant convaincu de Greenpeace ou membre bienfaiteur du WWF pour savoir que l’extinction d’une espèce animale n’émeut pas grand monde. Sauf que dans le cas des abeilles, la survie même de l’espèce humaine pourrait se trouver menacée. Cela suffisait donc pour que le sujet ait les honneurs de la presse au printemps dernier des deux côtés de l’Atlantique.
Les abeilles étant responsables de la pollinisation, i.e. de la reproduction, de plus de 20.000 espèces végétales, leur disparition entraînerait d’insondables difficultés d’alimentation pour l’homme, à la fois directement en matière de consommation de fruits et légumes et indirectement pour cause de dénutrition d’espèces animales elles-mêmes consommées par l’homme (plus de détails ici).
Je ne sais pas si les causes de la volatilisation des abeilles doivent être recherchées du côté de l’imidaclopride, principe actif des pesticides incriminés par certains, des téléphones portables ou du programme HAARP, et je ne suis pas sûr que l’espèce humaine ne trouverait pas les moyens de survivre et de s’adapter à un environnement hostile en termes d’alimentation (peut-être avec quelques milliards d’individus en moins…).
Mais, sans être un féru d’écologie et un zélateur de la lutte pour l’environnement (j’ai même cru finir au pilori cet été pour avoir déclaré lors d’un déjeuner familial que je n’avais ni la place ni le temps de pratiquer le tri sélectif des déchets ménagers), j’ai toujours eu la sensation intuitive, face aux ravages de la surpopulation et de la croissance à tout va, que la biosphère finirait par produire elle-même les moyens de sa propre préservation, que ce soit sous la forme d’une catastrophe naturelle ou plus probablement d’une épidémie (la mutation du virus H5N1 ?) qui réduirait drastiquement la population mondiale. La perspective d’une extinction des abeilles relève manifestement de cet ordre d’idée.
Que l’on se rassure quand même : l’affaire n’est pas nouvelle puisqu’elle faisait semble-t-il déjà l’objet d’un article du Figaro en … 1999. Et nous sommes toujours vivants.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Wed, 05 Sep 2007 18:19:32 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Ah, une maison, le rêve...
Même si la météo de ces dernières semaines dans la moitié Nord de la France ne le laissait guère penser, le temps des vacances est arrivé. Je pars pour 5 semaines et j'en profite pour faire une pause sur ce blog.
Bonnes vacances à ceux qui partent en congé et bon courage à ceux qui en reviennent ou qui doivent rester travailler !
----- COMMENT: AUTHOR: lg [Visiteur] DATE: Sun, 12 Aug 2007 21:20:58 +0000 URL: http://laurentgrandsimon.hautetfort.com En vacances tu as sûrement entendu parler des fonds de placements de la BNP et des autres petits tracas de Mr Trichet..Depuis quand les magistrats sont-ils qualifiés pour juger de la meilleure façon dont fonctionne une économie soumise aux vents de la mondialisation ? Si on pousse leur raisonnement jusqu’au bout, chaque salarié devrait bénéficier de la plus grande protection possible. Qui peut assurer la meilleure protection ? L’Etat. Donc chaque salarié devrait bénéficier d’une garantie de l’emploi par l’Etat, voire être salarié de l’Etat. Il est urgent que les magistrats de la Cour d’Appel de Paris puissent se saisir de la question de la pertinence de l’enseignement français de la gestion des entreprises et de sa mise en œuvre, et envoyer en camp de rééducation par le travail public, les récalcitrants qui croiraient encore aux vertus illusoires de la libre entreprise et de la concurrence.
Sarko continue de travailler à enrichir les déjà riches :
Cela ne devrait être qu’un mauvais rêve qui sera bientôt oublié. L’amendement excluant les prélèvements sociaux du bouclier fiscal ne sera pas retenu par le gouvernement. Selon les Echos, "Le coût sera très concentré sur les hauts patrimoines : un peu moins de 13.000 contribuables pourront se voir restituer 583 millions d'euros, soit une moyenne de 45.000 euros par foyer." Une fois que les franchises médicales auront été mises en place, il vaudra définitivement mieux être riche et bien portant que pauvre et malade.
Des people à l’abri de leur public :
Sous le règne de Commode, les Romains oubliaient leur misère grâce au pain et aux jeux (plutôt des combats sanglants de gladiateurs). Le peuple du XIXe siècle avait la religion (ou le marxisme ?) en guise d’opium et pouvait aller à la messe chaque dimanche. Et en ce début de XXIe, les soutiers de l’économie mondialisée trompent leurs espoirs déçus de richesse, de gloire et de beauté en se passionnant pour la vie des "people". Mais eux n’ont pas droit au spectacle de leurs idoles et se trouvent cocufiés par ceux-là même qu’ils ont fait stars. Dure, dure la vie de public des people...
----- COMMENT: AUTHOR: Minerve [Visiteur] DATE: Wed, 18 Jul 2007 09:46:28 +0000 URL: erratum :évidemment que je voulais dire 70% de rien ----- COMMENT: AUTHOR: Minerve [Visiteur] DATE: Tue, 17 Jul 2007 14:30:26 +0000 URL: Il est souhaitable ,Denis ,que ce bouclier fiscal fasse sentir ses effets le plus rapidement possible ,car il est temps ,pour dynamiser notre économie de se soucier enfin un peu des "assistants" ,car ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Mon, 16 Jul 2007 06:30:54 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Je vous rejoins, Minerve, sauf que Nicolas Sarkozy prend un grand risque : que le bouclier fiscal fasse sentir tout de suite ses effets pour une minorité et qu'une majorité de salariés attendent longt ----- COMMENT: AUTHOR: Minerve [Visiteur] DATE: Sat, 14 Jul 2007 17:19:32 +0000 URL: Bonsoir ,me revoilà !Pour la 1ère fois depuis des années ,nous sommes seuls un w.e de 14 juillet ,famille et amis ayant migré vers le Sud .Alors que les réformes de 2003 (loi Fillon sur les retraites) et surtout de 2004 (réforme Douste-Blazy de l’assurance-maladie) devaient ramener le régime général de la Sécurité Sociale à l’équilibre en 2008, ce régime devrait renouer en 2007, selon les prévisions de la Commission des comptes de la Sécurité Sociale, avec ses records historiques de déficit.
Après la légère amélioration constatée en 2006 (un déficit de "seulement" 8,7 milliards d’euros), les quatre branches du régime général (maladie, accidents du travail, vieillesse, famille) afficheront en 2007 un déficit de 12 milliards d’euros (78,71 milliards de francs pour ceux qui auraient du mal à se faire à l’euro). 12 milliards d’euros comme en 2004. Soit un cumul de déficits de 105,8 milliards d’euros (694 milliards de francs) depuis 1987 …
Au-delà des facteurs explicatifs de l’évolution des soldes de chaque branche (notamment des deux poids lourds que sont l’assurance-maladie et l’assurance-vieillesse), explications que chacun aura déjà trouvé dans son quotidien préféré ou dans un autre, ce nouveau plongeon du déficit de la Sécu suscite quelques remarques forcément gratuites, critiques et acerbes :
1/ Chaque milliard d’euros de déficit est un milliard d’euros de dette supplémentaire à la charge de actifs actuels et futurs. Cela va sans dire, mais cela va encore mieux en l'écrivant.
2/ En 2004, Philippe Douste-Blazy déclarait à propos de sa réforme de l’assurance-maladie : "C’est une grande victoire, car cela permettra de sauver l’assurance maladie." Désolé, je n’ai pas pu m’en empêcher. Dès qu’il s’agit de Douste-Blazy…
3/ Dès 2004, une note de la Direction de la Prévision du Ministère de l’Economie et des Finances estimait que la branche maladie de la Sécurité sociale serait en 2007 au mieux déficitaire de quelque 7 milliards d'euros, au pire d'environ 15 milliards d'euros. Philippe Douste-Blazy a eu beau s’en agacer à l’époque, les prévisionnistes de Bercy n’étaient pas loin de la vérité.
4/ Les expédients en matière de recettes (anticipation des prélèvements sociaux potentiellement exigibles en cas de clôture de tous les plans d’epargne-logement de plus de 10 ans), dénoncés en leur temps, étaient bien autant de fusils à un coup permettant d’embellir les comptes de la Sécu.
5/ De façon un peu plus constructive, ces chiffres montrent bien l’impérieuse nécessité de remettre à plat le financement de notre système de protection sociale et de pouvoir identifier de nouvelles sources de financement. Ce ne sont pas les bouts de ficelle comme la hausse de la franchise ou le forfait par boîte de médicament qui apporteront une solution pérenne aux problèmes de financement que pose le vieillissement de la population.
----- COMMENT: AUTHOR: COLPIN Didier [Visiteur] DATE: Mon, 26 May 2008 18:41:50 +0000 URL: LE "TROU DE LA SECU"19 octobre 1987 : dans un contexte de vive remontée en quelques mois des taux d'intérêt à long terme, l’indice Dow Jones perd 22,62 %, la plus forte baisse enregistrée en une seule séance.
Juillet 2007 : alors que les taux longs ont connu une forte hausse depuis fin avril, plusieurs rachats d’entreprises par des fonds d’investissement restent à être refinancés (acquisition de First Data pour 22 milliards de $, de TXU pour 33 milliards de $, de US Foodservice pour 7,1 milliards de $ etc).
Même si, sur les marchés financiers, les mêmes causes produisent rarement les mêmes effets, et même si mes prévisions de début d’année sont erronées (avoir raison trop tôt sur les marchés, c’est avoir tort), il y a quand même de quoi se poser des questions, entre la crise des subprimes qui a déjà poussé deux fonds de Bear Stearns à la faillite et les LBO de plus en plus gigantesques...
PS : J'aurais bien illustré mon propos par quelques graphiques dont j'ai le secret, mais depuis la montée de version, ça bugue pour télécharger des fichiers.
----- COMMENT: AUTHOR: lg [Visiteur] DATE: Thu, 05 Jul 2007 17:44:09 +0000 URL: http://laurentgrandsimon.hautetfort.com cheminade est sur la même page depuis un momentA peine huit semaine après la deuxième tour de l’élection présidentielle, la République des Blogs semble s’être muée en Fort Alamo pour son premier anniversaire : seule une poignée d’irréductibles blogueurs avaient répondu présents à l’appel de Sa Majesté, elle-même absente, en tout cas avant que les poules et moi n'allions nous coucher... Cela aura quand même été l’occasion de faire la connaissance de Jean-Pascal, un habitué des arcanes politiques, ancien conseiller de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, et de Vonric, un Français expatrié à Londres. Juste avant de devoir m’éclipser pour cause d’impératifs familiaux, je n'aurai eu le temps que de saluer brièvement Quitterie, Jules et Gérard.
PS : Découvert grâce à Isa du mois de juillet : un site qui ambitionne de se débarrasser des sales cons sur les lieux de travail. "Vaste programme" aurait commenté le Général…
----- COMMENT: AUTHOR: lg [Visiteur] DATE: Sun, 01 Jul 2007 13:58:55 +0000 URL: http://laurentgrandsimon.hautetfort.com J'ai emprunté ton mot de Mendes pour mon blog. suite à deux ou trois billets sur l'information publique.. c'était l'illustration parfaite. ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Fri, 29 Jun 2007 05:16:41 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr A lire le compte-rendu de Verel, il semble en effet que l'affluence a été plus tardive que d'habitude. ----- COMMENT: AUTHOR: Vonric [Visiteur] DATE: Thu, 28 Jun 2007 17:43:00 +0000 URL: http://vonric.blogexpat.com/ Nicolas est arrivé juste un peu plus tard, et au final il y avait pas mal de monde au Pavillon Baltard.Régulièrement, mon fils aîné (10 ans) fait mal à un de ses frères (7 et 2 ans) en chahutant ou en répondant à une de leurs provocations réciproques. Chaque fois, je lui fais remarquer qu’il doit faire attention à contrôler sa force. Invariablement, il me répond "Je n’ai pas fait exprès". Et inlassablement, je prends le même exemple et lui explique que si je renverse un piéton en conduisant, parce que je n’ai pas fait attention, j’aurais beau dire à ce piéton "Je n’ai pas fait exprès", cela ne le consolera pas beaucoup si je l’ai blessé ou pire. Et de répéter à mon fils une énième fois que c’est avant qu’il doit faire attention à ne pas faire mal à autrui en général et à plus petit que lui en particulier. Je ne suis sûrement pas le seul à tenir ce discours et je ne sais s’il portera ses fruits. Mais, au risque de passer pour un doux naïf, si tous les parents faisaient cet effort récurrent de pédagogie avec leurs jeunes enfants, cela éviterait peut-être qu'un policier stagiaire grille un feu rouge sans qu'il y ait d'urgence et brise absurdement plusieurs vies. Cette "pédagogie de civilisation" aurait sans doute pour effet d’hypertrophier le surmoi de nombre d’individus et de faire la fortune des psychanalystes, mais notre société ne s’en porterait que mieux.
----- COMMENT: AUTHOR: Lys [Visiteur] DATE: Thu, 28 Jun 2007 12:00:36 +0000 URL: Denis, il y a déjà un certain temps que la psychanalys à montré ses limites !Elle peut éventuellement vous aider à vivre "un peu mieux" avec vos "soucis" mais certainement pas resoudre les "maux" de n ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Wed, 27 Jun 2007 20:30:52 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Minerve, cela m'aurait intéressé pourtant.L’annonce par l’INSEE que le pouvoir d’achat des ménages devrait connaître en 2007 sa plus forte progression depuis 2002, ne devrait pas manquer d’interloquer ceux des salariés qui, malgré leur implication professionnelle, n’ont pas obtenu récemment d’augmentation de leur salaire.
Bien évidemment, la mesure de l’évolution du pouvoir d’achat par l’INSEE est réalisée en moyenne et au niveau macroéconomique, et ne tient donc pas compte à ce titre des spécificités en termes d’âge ou de lieu de résidence. Il va de soi qu’entre un couple de trentenaires avec trois enfants en bas âge et un couple de jeunes retraités sans plus d’enfants à charge, entre un Francilien et un habitant de la Lozère, entre un banquier d’affaire et une caissière de supermarché, les débours, le coût de la vie et la progression des revenus ne sont pas les mêmes, et tous ne connaissent donc pas une progression identique de leur pouvoir d’achat.
Il n’en reste pas moins que cette progression annoncée de 3,2 % du pouvoir d’achat ne laisse pas d’étonner, alors même que, selon un sondage récent, plus d’un ménage sur deux estime que son pouvoir d’achat a baissé en 2006 et anticipe même une baisse dans les années à venir. Même l’INSEE en convient et incrimine le passage à l’euro et les prix du tabac.
D’où vient alors ce hiatus entre la mesure du pouvoir d’achat par l’INSEE et la perception de l’évolution de leur propre pouvoir d’achat par les ménages ?
Essentiellement de là.
Parce que l’INSEE considère l’acquisition de la résidence principale comme une opération d’investissement, elle retient, pour déterminer l’indice des prix à la consommation, les seuls loyers versés par les ménages non-propriétaires. Compte tenu que 56 % des ménages sont propriétaires, cela conduit à une pondération des dépenses pour se loger (hors énergie, eau etc) de moins de 10 %. Autant dire une aberration statistique à une époque où de nombreuses ménages doivent débourser 30 voire 35 % de leur salaire en mensualité de crédit immobilier. Une aberration qui explique largement la progression du pouvoir d’achat, constatées envers et contre tout par l’INSEE ces dernières années.
Il est certes exact que la part des mensualités de crédit correspondant au remboursement du capital emprunté constitue une forme d’épargne (au-delà du montant des "frais de notaire" et avec l’hypothèse implicite d’un prix de revente du bien immobilier au moins égal à son prix d’achat…). Mais les intérêts et les primes d’assurance qui constituent le reste de la mensualité sont autant des dépenses à fonds perdus que le loyer versé chaque mois à un propriétaire. Et ces intérêts et primes d’assurance représentent plus de la moitié des mensualités au cours des premières années d’emprunt. Par ailleurs, même si la mensualité de crédit comporte une part en capital assimilable à de l’épargne, cette mensualité n’en constitue pas moins un décaissement qui réduit d’autant la capacité d’un ménage à consommer.
Il est peut-être utile pour l’INSEE, dans l’établissement des comptes de la France au niveau macroéconomique, de classer les acquisitions de résidence principale en opérations d’investissement.
A défaut de vouloir corriger son mode de calcul de l’évolution du pouvoir d’achat des ménages, il serait temps que l’INSEE présente en même temps que l’évolution du pouvoir d’achat, un indice d’évolution du revenu disponible après décaissement des dépenses de logement, à l’image de ce que peut faire Michel-Edouard Leclerc avec son "pouvoir d’achat effectif", le label INSEE en moins… Cela éviterait de donner aux statistiques du pouvoir d’achat un air de "Tout va très bien, Madame la Marquise"…
PS : Je suis étonné que notre nouveau Président, si prompt à réagir sur tous les fronts, ne se soit pas encore emparé du sujet, en demandant que soit mis bon ordre dans les statistiques officielles du pouvoir d’achat. Nicolas, si jamais, par le plus grand des hasards, la teneur de ces lignes te parvenait… Il faut dire que laisser croire que le pouvoir d’achat des ménages progresse de 3,2 % doit en arranger plus d’un dans les rangs du Medef et de la CGPME…
----- COMMENT: AUTHOR: Lys [Visiteur] DATE: Tue, 26 Jun 2007 13:42:38 +0000 URL: hahaha, la TAXE SUR LA VALEUR AJOUTEEÇa y est ! J'ai surmonté (grâce à l'aide d'un collègue dévoué) le problème de format de fichier MySQL qui m'empêchait de publier depuis 10 jours. Tout n'est pas réglé puisque je ne peux plus non plus utiliser d'image. Je ne peux donc pas vous faire découvrir en image la pub vue dans Matin-Plus du 22 juin (page 11) : il fallait oser le Sloggimaton...
----- -------- AUTHOR: TITLE: Les goinfres BASENAME: les_goinfres DATE: Tue, 12 Jun 2007 09:08:03 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Rémunérations des patrons CATEGORY: TAGS: ----- BODY:
En une de la Tribune de mardi 12 juin, une étude comparative, menée par le cabinet en ressources humaines Hay Group, sur les rémunérations des patrons en Europe et aux Etats-Unis, qui fait apparaître une "exception française" en matière de parachutes dorés, les plus confortables d’Europe (200 % en moyenne du total salaire de base + bonus). Au-delà du dévoiement du droit des sociétés que peut constituer cette pratique dans certains cas (selon la forme de la société, certains dirigeants sont normalement révocables "ad nutum", i.e. à tout moment, sans motif, sans préavis ni indemnité), qui plus est lorsqu’il s’agit de "faux-départ" comme dans le cas de Serge Tchuruk, je trouve surtout piquant que les mêmes qui nous expliquent depuis des années que les freins aux licenciements ne doivent pas être trop forts afin de permettre aux entreprises de s’adapter (et je partage pourtant sans hésiter la position consistant à défendre les salariés plutôt que les emplois) changent radicalement de position lorsqu’il s’agit de protéger leur situation personnelle…
Sur les vicissitudes de la vie de patron, dans les Echos, le point de vue et les états d’âme caustiques d’un patron récemment retraité victime des abus de ses congénères.
----- COMMENT: AUTHOR: lg [Visiteur] DATE: Wed, 20 Jun 2007 16:36:41 +0000 URL: http://laurentgrandsimon.hautetfort.com CitoyenLa campagne législative n'a guère déclenché les passions et l'enthousiasme. J'avoue l'avoir suivi d'assez loin tant les résultats semblent acquis pour l'actuelle majorité présidentielle. Les deux questions qui restent sont de savoir d'une part quelle sera l'ampleur de la vague bleue (une trop forte majorité ne serait pas forcément le meilleur service que les électeurs rendraient à Nicolas Sarkozy) et d'autre part si les ministres-candidats seront élus dimanche prochain. Une surprise n'est jamais à exclure, par exemple du côté de Bordeaux...
----- COMMENT: AUTHOR: Pierre [Visiteur] DATE: Tue, 19 Jun 2007 07:25:47 +0000 URL: Bravo pour ce blog rempli de propos "transparents" et sans langue de bois.Moi qui voyais en Nicolas Sarkozy un monstre de discipline et de volonté en matière d'hygiène de vie (pas de tabac, pas d'alcool) et qui en étais un peu admiratif, j'avoue que je n'en ai pas cru mes yeux. Soit il était simplement essoufflé, soit il n'a pas voulu froisser Poutine en refusant un verre de vodka et s'il ne boit jamais...
----- -------- AUTHOR: TITLE: Les bonnes œuvres du Président Sarkozy BASENAME: les_bonnes_uvres_du_president_sarkozy DATE: Sat, 09 Jun 2007 07:28:29 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: En quête de rupture CATEGORY: Nicolas Sarkozy TAGS: ----- BODY:"Bonnes œuvres : les actions charitables que l’on fait, pour soulager les pauvres ou pour les fondations pieuses ou charitables." (Le Petit Robert)
Des bonnes œuvres, voilà l’impression que laisse, au-delà des effets d’annonce et des apparences, l’analyse détaillée des mesures du "paquet fiscal et social" que sont la défiscalisation des heures supplémentaires (si tant est que sa constitutionnalité soit confirmée) et la déduction des intérêts d’emprunt immobilier.
Selon la taille de l’entreprise et la durée du travail (temps plein ou temps partiel), le gain pour un salarié au SMIC variera de 20 euros par mois pour 9 heures supplémentaires à 60 euros pour 18 heures supplémentaires.
Pour un couple avec 3 enfants, la réduction d’impôt permise par la déduction des intérêts d’emprunt immobilier atteindra au maximum 1.800 euros (150 euros par mois), correspondant à la déduction des intérêts d’un emprunt de 230.000 euros à 4,25 %.
C’est certes un premier pas dans le bons sens et un progrès après un quart de siècle de matraquage étatique en matière de prélèvements obligatoires. Et chacun comprendra aisément que, eu égard au nombre élevé de bénéficiaires potentiels, ces avantages doivent être limités pour ne pas grever davantage nos finances publiques. Oui, sauf que…
Sauf que les autres mesures (exonération des successions, bouclier fiscal et allégement de l’ISF) auront certes un coût un peu moindre pour les finances publiques, mais bénéficieront à un nombre beaucoup plus restreint de contribuables…
L’exonération de droits de succession et de donation jouera à plein pour un couple avec trois enfants disposant de plus d’un million d’euros de patrimoine. Quant au bouclier fiscal (qui passe de 71 % à 50 % avec l’intégration des prélèvements sociaux et sa réduction de 60 % à 50 %) et à l’allègement d’ISF, il bénéficiera avant tout aux détenteurs de gros patrimoine à faibles revenus.
Contrairement à ce que voudrait bien laisser croire notre Président et son Premier ministre, qui justifie cette dernière mesure par sa volonté de maintenir en France les créateurs d’entreprises et les investisseurs qui créent des richesses et des emplois, ceux-ci ne sont que très peu concernés, les biens de nature professionnelle étant exonérés d’ISF à des conditions assez aisées à remplir.
A favoriser ainsi au moins autant la rente que le travail, ce "projet de loi portant sur le travail, l’emploi et le pouvoir d’achat" porte un intitulé qui prête à sourire. Jaune. D’autant que les miettes accordés aux salariés du bas de l’échelle pourraient vite être reprises sous la forme d’une franchise médicale en matière de soins ou d’une augmentation de la CSG après les élections…
----- COMMENT: AUTHOR: Sweet Million [Visiteur] DATE: Sat, 09 Jun 2007 21:00:54 +0000 URL: http://www.bionictomato.com/users/Sweet+Million/ La dessus je vous rejoint totalement, il faudrait des impôts moins nombreux mais avec beaucoup moins de niches fiscales, exonérations, déductions, etc. qui au final ne créent que des injustices entre ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sat, 09 Jun 2007 16:55:13 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Il est vrai que la définition de la holding animatrice d'un groupe ("sociétés qui participent activement à la conduite de sa politique et au contrôle des filiales et rendent, le cas échéant et à titre ----- COMMENT: AUTHOR: Sweet Million [Visiteur] DATE: Sat, 09 Jun 2007 11:23:54 +0000 URL: http://www.bionictomato.com/users/Sweet+Million/ Ce n'est pas aussi simple que vous le présentez, soit la holding doit être "animatrice de groupe" et cela comporte des obligations bien particulières, soit elle doit permettre de remplir les condition ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sat, 09 Jun 2007 10:41:38 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Sweet Million, vous avez raison pour les investisseurs qui investissent à titre personnel. Il reste toutefois possible de créer une société holding, dont l'investisseur assurera les fonctions de dirig ----- COMMENT: AUTHOR: Sweet Million [Visiteur] DATE: Sat, 09 Jun 2007 08:38:29 +0000 URL: http://www.bionictomato.com/users/Sweet+Million/ Je pense que vous vous trompez quelques peu concernant l'ISF : si les entrepreneurs exonèrent facilement leur entreprise, ce n'est pas le cas des investisseurs. En effet un investisseur ne dirige géné ----- -------- AUTHOR: TITLE: La France en 2050 sur Canal+ BASENAME: la_france_en_2050_sur_canal DATE: Mon, 04 Jun 2007 20:21:30 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Faillite des retraites et fracture générationnelle CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Grandiose : je n'aurais pas inventé mieux (ou pire...) que ces "Interminables"
Prochains épisodes les 5, 8 et 10 juin
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sun, 10 Jun 2007 11:33:15 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Pluto,Le "paquet fiscal et social" (exonération fiscale et sociale des heures supplémentaires, déductibilité fiscale des intérêts des crédits immobiliers, exonération de 95 % des successions, bouclier fiscal à 50 % etc) ne va pas sans donner lieu à débats, discussions voire polémiques. Même s’il est encore un peu tôt pour se faire un avis définitif, les modalités de mise en œuvre de ces mesures n’étant pas arrêtées, il est possible en revanche de s’interroger sur leur philosophie générale, leurs conséquences prévisibles et donc leur adaptation à l’objectif affiché de créer un choc de confiance et de relancer la croissance.
J’ai déjà eu l’occasion de faire part de mes doutes quant à l’efficacité d’une exonération fiscale et sociale des heures supplémentaires : elle ne pourra concerner qu’une fraction des salariés, ceux dont les employeurs doivent faire face à un surcroît d’activité excessif, ce qui est loin d’être le cas de la majorité des entreprises (à quelques exceptions près, les fabricants de piscines par exemple, aussi paradoxal que cela puisse paraître dans un pays miné par le chômage de masse et la paupérisation, mais ce phénomène témoigne bien de l’accroissement des inégalités de patrimoine et de revenus…), et elle risque de jouer alors au détriment de l’intérim. Et ce n’est pas le projet d’extension aux cadres au forfait, qui me paraît témoigner d’une méconnaissance profonde des réalités quotidiennes des entreprises, qui me fera changer d’avis. Cette exonération des heures supplémentaires risque donc de ne profiter qu’à des entreprises qui auraient de toute façon fait travailler plus leurs salariés ou auraient eu recours à des intérimaires, ce qui est la définition même de l’effet d’aubaine.
Les effets d’une économie d’impôt liée aux intérêts des emprunts immobiliers (une mesure qui déchaîne les passions, sans doute parce qu’elle touche au quotidien de chacun d’entre nous) sont plus délicats à appréhender. L’économie d’impôt des acheteurs risque certes d’être intégrée par les vendeurs dans leurs prétentions de prix, ce qui contribuera à pousser encore un peu plus des prix de l’immobilier déjà élevés et profitera à ceux qui sont déjà propriétaires, prenant ainsi l’apparence d’une mesure catégorielle et injuste. L’accession à la propriété constitue certes un frein à la mobilité géographique des travailleurs et à ce titre, il est dommage que la déduction des intérêts d’emprunt n’ait pas été doublée d’une suppression des droits de mutation sur l’immobilier, qui aurait pallié cet inconvénient dans l’objectif de faire de la France un pays de propriétaires, et ne s’inscrive pas dans une réflexion plus globale sur la politique du logement. Mais :
1/ La situation actuelle est-elle satisfaisante, avec des régimes fiscaux de faveur qui permettent aux plus aisés de faire une économie d’impôt et de se constituer un patrimoine immobilier en louant à ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter ?
2/ A défaut d’être un facteur de croissance par l’innovation et l’investissement, la bonne tenue du marché immobilier contribue quand même à la situation économique par l’effet-richesse qu’il entraîne.
3/ Ce qui importe étant la perception purement subjective que s’en feront les futurs acquéreurs, la possibilité de devenir propriétaire est aussi susceptible de restaurer la confiance dans l’avenir. Avec à la clé un processus de prophétie auto-réalisatrice des plus salutaires…
4/ Surtout, l’accession à la propriété reste la meilleure protection contre les accidents de la vie et la baisse programmée des pensions de retraite.
L’impact de la suppression des droits de mutation pour 95 % des successions et des donations sera évidemment celui de toute baisse des prélèvements. Deux remarques : 1/ Les transmissions en ligne directe (de parents à enfants) bénéficiant déjà d’abattements qui exonèrent la plupart d’entre elles, la mesure concernera sur ce point les plus favorisés et n’apparaît pas des plus justes. Le manque à gagner en termes de recettes fiscales n’aurait-il pas été mieux utilisé dans d’autres domaines ? 2/ C’est en matière de transmission en ligne indirecte (entre frères et sœurs ou d’oncles et tantes sans enfants à neveux et nièces par exemple) ou entre personnes non-parentes (où les droits atteignent quand même 60 % sans abattement) que la mesure pourrait réellement se justifier sans verser dans l’iniquité.
Enfin le bouclier fiscal qui ramènerait le total des impôts de 60 % à 50 % des revenus me paraît être un cadeau inutile aux plus aisés qui font de plus en plus figure de plus égoïstes. Quand on gagne 300.000 euros par an, il en reste quand même 180.000 avec un bouclier fiscal à 60 %, ce qui est très largement suffisant pour vivre plus que décemment. Il eût été plus juste de se préoccuper d’abord de créer les conditions favorables à l’amélioration des bas salaires, qui sera beaucoup plus longue à obtenir, que de favoriser de façon immédiate ceux qui ont déjà tout ou presque tout.
Ce "paquet fiscal et social" me laisse donc pour l’instant une impression mitigée. Il présente certes l’avantage de faire montre d’un certain volontarisme, mais ses retombées économiques prévisibles restent aléatoires, sauf pour celles à destination des plus favorisés qui leur profiteront de façon certaine et immédiate. Surtout, on en revient (pour l’instant seulement ? il faut l’espérer…) à la logique classiquement keynésienne de stimulation du pouvoir d’achat et de la demande des ménages, qui plus est financée par la dette publique, compte tenu de la situation de déficits pré-existants.
Au-delà de la dimension morale du choix entre redistribution en faveur des plus modestes ou cadeaux fiscaux aux plus favorisés subsiste l’éternel débat strictement économique des incidences de ce choix. La propension à consommer décroît à mesure que les revenus s’élèvent. Les cadeaux fiscaux faits aux plus fortunés risquent ainsi d’être thésaurisés ou alors dépensés à Miami ou à Capri. Si la redistribution en faveur des plus modestes se répercute de façon plus univoque dans leurs dépenses de consommation, cela risque de favoriser en revanche le "made in China" au détriment du "made in France".
Surtout, ce qui me gêne le plus est que rien de tangible n’a pour l’instant été annoncé pour libérer les énergies innovatrices et les capacités d’investissement des entreprises et favoriser ainsi la politique de l’offre dont la France a besoin. La baisse de l’impôt sur les sociétés à laquelle est parfois réduite la mise en place d’une politique de l’offre serait bien insuffisante. La loi sur l’autonomie des universités annoncée par la nouvelle Ministre de l’Education tient de la réforme en trompe-l’œil dès lors qu’ont été écartés les deux sujets qui fâchent que sont la sélection et la modulation des droits d’inscription. Notre nouveau Président et son gouvernement restent pour l’instant dans le registre facile des cadeaux fiscaux, tandis que rien ou presque n’est fait ni même annoncé sur le sujets beaucoup plus difficiles de l’assouplissement du droit du travail et de la réforme de l’Etat. Ils ont pour l’instant l’excuse des élections législatives. Si les résultats des sondages se confirment, ils seront à pied d’œuvre dès le 18 juin au matin et devront passer à la vitesse supérieure.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Thu, 07 Jun 2007 04:06:17 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr On est d'accord, Minerve ----- COMMENT: AUTHOR: Minerve [Visiteur] DATE: Wed, 06 Jun 2007 21:59:37 +0000 URL: Oui,les universités .Justement ,V.Pécresse fait partie de mes inquiétudes ,et je crains que N.S. ne lui laisse trop la bride sur le cou à ce sujet .Selon des révélations du quotidien économique La Tribune et comme chacun pouvait le subodorer, les dirigeants d’EADS connaissaient les retards de livraison de l’Airbus A380 et ont exercé leurs stocks-options en connaissance de cause juste avant que ces retards ne soient rendus publics et que l’action EADS ne s’écroule en Bourse. Voilà qui ne va pas aider à réconcilier les Français avec l’entreprise et notre nouveau Président à imposer des réformes douloureuses aux syndicats, comme une hausse de la franchise médicale. On attend aussi avec intérêt la réaction de Laurence Parisot…
Noël Forgeard, qui a déjà défrayé les chroniques par le montant de son parachute doré (8,5 millions d’euros), se serait donc en plus rendu coupable de délit d’initié pour 2,5 autres millions d’euros.
A titre de comparaison, un jeune Roumain vient d’être condamné à 3 mois de prison ferme pour un larcin de 3.750 euros. Le même "tarif" sera-t-il appliqué à Noël Forgeard si sa culpabilité vient à être prouvée ?
Ou la morale de la fable de La Fontaine, "Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir", se vérifiera-t-elle ?
----- COMMENT: AUTHOR: Charles ANDRE [Visiteur] DATE: Tue, 29 May 2007 11:44:37 +0000 URL: http://touvabien.typepad.com Tu n'as que trop raison...En ce qui concerne les universités, les sujets qui fâchent que sont la sélection et la hausse des droits d’inscription ont été soigneusement écartés, ce qui ne va guère dans le sens des déclarations de Nicolas Sarkozy au cours de la campagne présidentielle :
« Vous vous fixez comme objectif de ne laisser aucun enfant sortir du système scolaire sans qualifications. Comment comptez-vous parvenir à cet objectif ?
Par exemple dans les universités, chacun choisira sa filière, mais l’Etat n’est pas obligé de financer les filières qui conduisent au chômage. L’Etat financera davantage de places dans les filières qui proposent des emplois, que dans des filières où on a 5000 étudiants pour 250 places.
Si je veux faire littérature ancienne, je devrais financer mes études ?
Vous avez le droit de faire littérature ancienne, mais le contribuable n’a pas forcément à payer vos études de littérature ancienne si au bout il y a 1000 étudiants pour deux places. Les universités auront davantage d’argent pour créer des filières dans l’informatique, dans les mathématiques, dans les sciences économiques. Le plaisir de la connaissance est formidable mais l’Etat doit se préoccuper d’abord de la réussite professionnelle des jeunes. »
On continuera donc à laisser s’engouffrer des dizaines de milliers d’étudiants dans des filières sans débouchés professionnels suffisants ou inadaptées aux besoins des entreprises, ce qui aura pour effet d’entretenir la bulle éducationnelle, d’alimenter les frustrations et les désillusions de ces étudiants lorsqu’ils se trouveront confrontés aux réalités du marché du travail, et d’entretenir un enseignement supérieur à deux vitesses, avec d’un côté des établissements renommés pratiquant la sélection et de l’autre des usines à chômeurs et à stagiaires librement accessibles à n’importe qui.
L’autonomie telle que définie par le gouvernement pour les universités ne constitue par ailleurs qu’une partie de la solution. Recruter de nouveaux enseignants et conclure des accords avec des entreprises, tout cela est très bien mais ne concerne que les filières d’enseignement ayant des débouchés dans des secteurs porteurs, où les besoins de recherche et de main d’œuvre des entreprises sont importants. Il n’y a guère que dans ces filières où les universités pourront trouver auprès des entreprises les financements qui leur permettront d’exercer une autonomie digne de ce nom.
Mais pour les autres filières, notamment en sciences humaines et sociales où le volume des diplômés excède largement les besoins du marché du travail, à quoi rimera une autonomie accrue ?
D’abord parce que l’autonomie existe déjà largement, puisque les conseils d’administrations des universités ont par exemple à leur main le redéploiement des postes d’enseignants. Ainsi, lorsqu’un enseignant en grec ancien prend sa retraite, le conseil d’administration a la possibilité de fermer le poste et d’ouvrir un poste en sciences ou en gestion. Dans les faits, les conseils d’administration étant composés pour une large part de représentants des syndicats d’enseignants et d’étudiants (un peu comme si Bernard Thibault siégeait au Conseil des Ministres…), il est fréquent que la décision du conseil d’administration soit de recruter un nouvel enseignant en grec ancien…
La véritable réforme serait donc celle de la gouvernance des universités, avec la création dans chaque université, sur le modèle des entreprises, d’une part d’un comité de direction, composé de quelques enseignants ou managers contractuels, nommés ou recrutés par le Ministère, qui assureraient le pilotage et la gestion, et d’autre part d’un "comité d’université" (équivalent du comité d’entreprise), composé de représentants élus par les enseignants, les personnels administratifs et techniques et les étudiants, qui pourraient donner un avis consultatif, sur les grands projets d’organisation et de fonctionnement que leur soumettrait le comité de direction de l’université.
Une telle réforme de la gouvernance serait évidemment pour les syndicats d’enseignants et d’étudiants, un chiffon rouge comparable au service minimum pour les syndicats de transports. Mais sans une réforme significative de la gouvernance des universités, une autonomie accrue me semble surtout se réduire à une façon sournoise de se défausser sur les présidents d’universités de la responsabilité de rationaliser et de restructurer les facs, sans pour autant leur en donner les moyens.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Mon, 28 May 2007 10:17:50 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Certes, Jules, la tactique n'est sans doute pas absente et il faudra attendre l'après-législatives pour juger de la réalité de la "rupture". Mais par rapport à la philosophie sarkozyenne du "nous fero ----- COMMENT: AUTHOR: Jules [Visiteur] DATE: Mon, 28 May 2007 09:57:25 +0000 URL: http://w-next.typepad.com/whatsnext/ Il ne faut pas non plus négliger le fait que le gouvernement avance aujourd'hui en stratège. Il s'agit dans un premier temps de "tester" des propositions, de lancer des ballons d'essais. L'idée est bi ----- COMMENT: AUTHOR: JBB [Visiteur] DATE: Mon, 28 May 2007 09:56:21 +0000 URL: ça, c'est un pavé dans la mare des jardins de la nouvelle Ministre de l'Education rue de Grenelle. Mais un pavé anti-mai 68 ! ----- -------- AUTHOR: TITLE: Pêle-mêle BASENAME: pele_mele DATE: Sun, 27 May 2007 07:21:51 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: En quête de rupture CATEGORY: Nicolas Sarkozy TAGS: ----- BODY:Maintenant que le protocole républicain a été respecté, que le nouveau pouvoir se met en place et prend ses marques, nous pourrons bientôt juger de la façon dont notre nouveau Président entre dans le vif du sujet de la rupture. Auparavant, quelques remarques quand même sur la passation de pouvoir à l’Elysée et les premiers jours de présidence Sarkozy et de gouvernement Fillon :

* Les vivats à la sortie de Jacques Chirac de l’Elysée m’ont laissé pantois. Voilà un homme dont le seul souci aura été la conquête du pouvoir et sa conservation au profit de lui-même et de son clan, au prix de tous les renoncements, volte-faces, mensonges et promesses non tenues, un homme qui, à la fois par électoralisme et au prétexte que les Français seraient trop fragiles pour supporter le changement, a flatté leurs penchants naturels à la surprotection étatique et a retardé les ajustements rendus nécessaires par la mondialisation et le vieillissement de la population, et il se trouve des Français pour l’acclamer à son départ. De Gaulle n’avait pas tort…
* A propos de Guy Mocquêt, les accusations de récupération m’ont paru assez malvenues de la part de la gauche en général et des communistes en particulier. La référence présidentielle aurait certes eu plus de force, si une rue de Neuilly-sur-Seine avait été rebaptisée "Rue Guy Mocquêt" pendant les mandatures de Nicolas Sarkozy. Il n’en reste pas moins que la figure de Guy Mocquêt n’est pas plus la propriété des communistes que celle de Jean Moulin ne saurait être considérée comme celle des radicaux-socialistes.
* Le nouveau style de la Présidence va évidemment au-delà de l’entrée d’une famille recomposée à l’Elysée et des allées et venues du Président en tenue de jogging par la Cour d’Honneur. La combinaison du quinquennat et de la personnalité de Nicolas Sarkozy accélère la présidentialisation du régime, François Fillon me fait plus l’effet d’un super-Ministre des Affaires Intérieures, tandis que Nicolas Sarkozy pilotera en direct les ministres des Affaires Etrangères, de la Défense, du Développement Durable et de l'Intérieur...
* Seule véritable fausse note à mon sens : alors que la limitation du nombre de Ministres a incidemment évité de revoir au gouvernement des figures de l’opportunisme comme Philippe Douste-Blazy (le "Ministre étranger aux Affaires" aux dires de ses collaborateurs du Quai d’Orsay) et de l’immobilisme comme Gilles de Robien (qui, chargé de la mise en place d’un service minimum en tant que Ministre des Transports, fut le premier à freiner les ardeurs des députés de la majorité sur ce sujet), la nomination de Philippe Douste-Blazy comme conseiller du nouveau Président est marquée du sceau de la République des Copains et ne constitue pas un signal très positif.
* Il n’y a donc pour l’instant matière ni à éloges dithyrambiques, ni à critiques acerbes. Les réactions du PS, et notamment de son Premier Secrétaire, depuis l’installation de Nicolas Sarkozy à l’Elysée sont d’ailleurs affligeantes de sectarisme et d’opposition systématique et stérile. Tant que les dirigeants socialistes n’auront pas fait un minimum d’autocritique et de remise en question, Nicolas Sarkozy n’a pas grand-chose à craindre du PS lors des prochaines échéances électorales. A ce propos, Dominique Strauss-Kahn gagnerait peut-être à s’inspirer de Nicolas Sarkozy. Depuis des années, Dominique Strauss-Kahn déclare en privé que la France a besoin de réformes de grande ampleur, sans pour autant oser le dire à haute voix par pure tactique politique. Résultat : il s’est fait voler la vedette et l’investiture pour l’élection présidentielle par une Bécassine opportuniste qui a su saisir l’air du temps. S’il souhaite être celui qui mènera à bien la rénovation idéologique du PS et le ramènera au pouvoir, il est peut-être temps de changer de tactique.
----- COMMENT: AUTHOR: Eiffel [Visiteur] DATE: Sun, 27 May 2007 08:33:14 +0000 URL: http://www.bcv38.org excellente analyse Denis !
Cela pourrait être un titre de roman ou de film d’espionnage, mais ce n’est qu’une histoire d’investiture aux élections législatives. Une histoire d’investiture qui serait carrément banale, si elle ne venait pas écorner l’image de rénovateur de la vie politique que veut se donner François Bayrou.
Quitterie Delmas est cette jeune femme militante UDF, qui est devenue, pendant la campagne présidentielle, l’égérie des jeunes militants et sympathisants UDF, d’abord dans la blogosphère avec son blog "Des jeunes libres de s’engager", puis, la grâce et le succès de son blog aidant, dans les médias.
L’investiture de l’UDF dans la 10e circonscription de Paris lui était, semble-t-il, promise de longue date, quand elle a fait les frais d’une cuisine électorale dont même le MoDem ne s’affranchit pas, se voyant préférée une transfuge des Verts, mais qui a l’avantage d’être déjà adjointe au Maire de Paris.
Même si la réussite en politique s’obtient souvent au prix d’une longue liste de couleuvres à avaler et de promesses qui n’engagent que ceux qui les reçoivent, même si Quitterie Delmas (dont il faut saluer la dignité de la réaction) se remettra de cette blessure infligée à son amour-propre, on aurait pu attendre de la part de l'état-major d'un parti qui nous dit vouloir faire de la politique autrement, plus de reconnaissance à l'égard d'une militante qui a manifestement plus que sa part dans le succès de François Bayrou au premier tour de l'élection présidentielle...
----- COMMENT: AUTHOR: Hervé Torchet [Visiteur] DATE: Mon, 28 May 2007 23:48:30 +0000 URL: http://jour-pour-jour.hautetfort.com La non investiture de Quitterie Delmas est un choix personnel de la présidente de la fédération de Paris, Marielle de Sarnez. C'est une absurdité, étant donné que, outre Internet, Quitterie avait été ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Tue, 22 May 2007 21:47:11 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Mouais... La philosophie des "promesses qui n'engagent que ceux qui les reçoivent" produit quand même plus des mercenaires qu'autre chose. C'est vrai en tout cas dans les entreprises où nombreux sont ----- COMMENT: AUTHOR: Réba [Visiteur] DATE: Tue, 22 May 2007 17:37:51 +0000 URL: salut,... parce que j'avais réservé le dernier mercredi du mois, mais pas l'avant-dernier. La prochaine fois peut-être.
----- -------- AUTHOR: TITLE: Honteusement... BASENAME: title_20 DATE: Fri, 18 May 2007 20:58:40 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Divers CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Je dois avouer que je n'ai pas trop de temps à consacrer à mon blog en ce moment, malgré la frénésie de passations de pouvoir et de nomination...
A ma décharge, je m'essaie à mettre en pratique mes préceptes...
Avec ma chère et tendre, nous sommes sur un coup dont ne savons pas s'il aboutira :

Mais si tel est le cas comme nous l'espérons, nous ne rechignerons pas à profiter de la réduction d'impôt prévue par Nicolas Sarkozy...
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sun, 20 May 2007 14:40:34 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Il y a un début de réponse dans l'article des Echos ("Autre particularité, ce crédit d'impôt jouera non seulement sur les nouveaux emprunts mais aussi sur ceux en cours"), mais sans précision sur l'év ----- COMMENT: AUTHOR: Constantine [Visiteur] DATE: Sun, 20 May 2007 10:08:44 +0000 URL: Ha, la culpabilité... S'excuser de ne pas servir ses fidèles lecteurs compte tenu d'un surcroit d'activités familiales ou de la concrétisation d'un projet personnel.. Quel professionnalisme!!M'enfin, ----- -------- AUTHOR: TITLE: Private joke BASENAME: private_joke DATE: Tue, 15 May 2007 22:08:28 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Jacques Chirac CATEGORY: TAGS: ----- BODY:
"Demain, je transmettrai les pouvoirs que j'ai exercés en votre nom à Nicolas Sarkozy, notre nouveau président de la République. Je le ferai avec la fierté du devoir accompli et aussi avec une grande confiance dans l'avenir de notre pays"
"Avec la fierté du devoir accompli"... Est-il nécessaire de souligner que Jacques Chirac ne vit manifestement plus sur la même planète que nous depuis maintenant 12 ans ?
----- COMMENT: AUTHOR: Réba [Visiteur] DATE: Thu, 17 May 2007 09:22:08 +0000 URL: Salut,Symbole des promesses non tenues, des renoncements et de l’immobilisme qui ont caractérisé les deux septennats de Jacques Chirac, la mise en place d’un service minimum dans les transports publics sera-t-elle la réforme emblématique qui conditionnera la réussite ou l’échec de Nicolas Sarkozy ?
Ce n’est pas le service minimum en tant que tel qui importe là, mais plutôt l’occasion qu’il pourrait fournir à Nicolas Sarkozy de faire la preuve de sa détermination, et l’opportunité que pourront y voir les syndicats qui s’y opposeront, de déclencher un vaste mouvement social par une contagion de la grève à d’autres entreprises publiques, aux universités, aux lycées, voire à certaines entreprises privées au climat social suffisamment dégradé.
En soi, le service minimum est d’abord une question de principe, la continuité des services publics étant la contrepartie du monopole concédé aux entreprises publiques comme la SNCF et la RATP.
Le service minimum a ensuite valeur de symbole : pour des millions de Français condamnés à courber l’échine dans leur entreprise et qui ont vu leurs conditions de départ en retraite considérablement durcies et ce depuis 1993, la possibilité pour une minorité de continuer à les prendre en otages pour défendre des privilèges exorbitants en matière de retraite est tout simplement devenue intolérable (c’est à se demander comment les médias en sont arrivés à dire qu’en 1995, les Français avaient fait grève par procuration, lorsque, sous prétexte de défendre la Sécu, les salariés de la SNCF et de la RATP avaient bénéficié de leur soutien pour sauver leurs régimes spéciaux).
La mise en place d’un service minimum est enfin la condition préalable à une véritable réforme en 2008 des régimes spéciaux de retraite, réforme qui sera un autre symbole fort d’équité entre les Français (je ne parle même pas là d’égalité…), avec une économie à la clé pour les finances publiques (2,7 milliards d’euros pour les seuls régimes spéciaux de retraite de la SNCF et de la RATP), qui, si elle n’est pas fondamentale, n’en est pas pour autant totalement négligeable.
Quels pourraient être alors les scénarii des prochains mois ?
Je ne ferai pas l’affront au Président nouvellement élu d’envisager qu’il puisse trouver un prétexte pour repousser à plus tard sa mise en place d’un service minimum dans les transports. Ayons l’élégance de considérer comme farfelue une telle hypothèse.
Première possibilité : la concertation au cours de l’été avec les organisations syndicales débouche sur un accord instaurant un véritable service minimum aux heures de pointe dans les transports publics. Il reste toujours possible que les organisations syndicales, dans un sursaut de lucidité, prennent conscience de l’impopularité d’une grève massive pour s’opposer à la mise en place d’un service minimum. A écouter Maryse Dumas (secrétaire confédérale de la CGT) sur BFM jeudi 10 mai, cela ne paraît pas tout de même pas le cas de figure le plus probable…
A Stéphane Soumier qui mettait en doute la représentativité des syndicats au motif que la population active ne compte que 8 % de syndiqués, elle a commencé par répondre que "la légitimité des syndicats ne peut pas se réduire à la proportion de personnes syndiquées" et que "le nombre de syndiqués à la CGT (700.000) est supérieur au nombre d’adhérents de tous les partis politiques confondus, y compris l’UMP". La représentante de la CGT (syndicat qui a obtenu plus de 40 % des voix aux dernières élections professionnelles à la SNCF) a ajouté : "La CGT ne laissera pas porter atteinte au droit de grève car le droit de grève fait partie de la démocratie, et le service minimum est une atteinte au droit de grève. C’est aussi une mise en insécurité des usagers, il est difficilement praticable et les présidents des entreprises de transports qui connaissent bien le sujet ne sont pas favorables à une loi". Sans parler de sa réflexion à propos du délai imparti à la concertation avant qu’une loi soit déposée en septembre : "C’est une singulière conception de la négociation que de mettre un revolver sur la tempe". A bon entendeur…
Deuxième possibilité : la concertation débouche sur un accord de façade, qui met en avant les dispositifs existants (alarme sociale, pénalités financières à la charge de la SNCF et de la RATP) pour les juger suffisants, les généraliser et les compléter à la marge. Même s’il s’agit en réalité d’un accord vide de sens, tous les protagonistes s’en félicitent et peuvent s’estimer gagnants, Nicolas Sarkozy retombe dans la communication d’affichage qui lui a tenu lieu de résultats sur le dossier de l’ouverture du capital d’EDF, les syndicats ont préservé leur capacité de nuisance qui interdira toute réforme sérieuse des régimes spéciaux de retraite, la SNCF et la RATP restent, avec EDF et quelques autres laboratoires sociaux, des "villages gaulois" et les dirigeants de la SNCF et de la RATP ont évité un conflit social coûteux.
Ce scénario, où gouvernants, syndicats et directions d’entreprises trouvent un intérêt commun à camoufler leur immobilisme sous un rideau de fumée médiatique et à faire prendre des vessies pour des lanternes aux électeurs et citoyens, n’a rien d’invraisemblable et a déjà été éprouvé, par exemple à propos du régime de retraite d’EDF ("déjà réformé" selon une déclaration de Pierre Gadonneix).
Troisième possibilité : la concertation échoue et, dès cet automne, le gouvernement dépose un projet de loi prévoyant la mise en place d’un service minimum dans les transports publics. Une loi instaurant un service minimum ne peut pas être autre chose qu’un casus belli pour les syndicats : en limitant leur capacité de nuisance, en les empêchant de prendre les usagers et les acteurs économiques en otage pour défendre leurs intérêts catégoriels, la mise en place d’un véritable service minimum ouvre la voie à une réforme digne de ce nom des régimes spéciaux de retraite que cheminots et salariés de la RATP considèrent comme "la prunelle de leurs yeux".
La suite est aisément imaginable : sauf très improbable incapacité des fédérations syndicales à mobiliser la base des cheminots et des salariés de la RATP, le dépôt SNCF de Sotteville-les-Rouen est le premier à cesser le travail, les débrayages se multiplient, les trains, RER, métros et bus cessent progressivement de circuler, le pays s’enfonce dans une grève massive et se paralyse assez rapidement. Comme aux plus belles heures de novembre et décembre 1995…
Compte tenu des enjeux, aucun des protagonistes ne pourra se permettre de céder, sauf à accepter une défaite durable. De l’issue de l’épreuve de force qui s’annonce dépendra en partie la suite du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Que son gouvernement recule et c’en est fini des réformes. En tout cas de celles qui touchent au fonctionnement de l’Etat et du secteur public. Seules pourront être menées ensuite les réformes concernant ceux qui peuvent difficilement s’unir et se mobiliser pour protester (les assurés sociaux etc). Et en 2012, ce sera un boulevard pour Marine Le Pen.
Le blocage risque donc d’être total. Avec les aléas et les surprises que cela suppose. Le gouvernement parviendra-t-il à mettre en place des mesures de réquisition, et si oui, lesquelles ? La grève et la contestation se propageront-elles aux universités, aux lycées, voire à certaines entreprises au climat social difficile, laissant espérer aux grévistes de la SNCF et de la RATP faire de l’automne 2007, un melting-pot de décembre 1995, mai 1968 et mars 2006, avec un pays bloqué et des manifestations monstres presque chaque jour ? Quels seront les risques de débordement, notamment dans les banlieues ? Quelles seront les ressources, notamment financières, des grévistes leur permettant de soutenir un conflit de plusieurs semaines, voire plusieurs mois ?
Alors, la guerre du service minimum aura-t-elle lieu ? Le pire n’est pas toujours certain. Cependant chaque camp (Nicolas Sarkozy et son gouvernement d’un côté, les syndicats des entreprises de transports publics de l’autre) n’ayant pas intérêt au compromis et pouvant espérer tirer un profit maximum d’une confrontation qui tournerait à son avantage, un conflit long et dur est plus que probable. Et il ne fait pas de doute à mes yeux que chaque camp, dans l’ombre, s’y prépare déjà ou s’y préparera d’ici peu. Il ne restera plus alors aux Franciliens, qui risquent d’être les plus touchés, qu’à à investir dans une paire de rollers, un VTT ou un scooter pour rejoindre tenter de rejoindre chaque jour leur lieu de travail.
PS : Je ne pouvais pas évoquer la question du service minimum sans faire un peu de pub pour "Ras-le-bol", dont la trame a comme premier ressort une grève massive de la SNCF et de la RATP pour s’opposer à la mise en place d’un service minimum…
" Début septembre, le gouvernement a été contraint de relancer son projet de service minimum dans les transports publics. 18 mois plus tôt, il s’était engagé vis-à-vis de députés de l’UMP à légiférer sur le sujet si la concertation n’aboutissait pas dans les six mois. Les promesses n’engageant que ceux qui les reçoivent, le projet avait été reporté suite aux résultats calamiteux des élections cantonales et régionales. La commission d’experts mise en en place avait quand même rendu un rapport qui avait mécontenté tout le monde, les syndicats qui y voyaient une atteinte intolérable au droit de grève et les associations d’usagers qui en trouvaient les préconisations trop timides. Et à la fin du mois d’octobre, un accord sur la prévention des conflits avait été signé à la SNCF. Même si cet accord a minima n’était qu’un catalogue de bonnes intentions qui ne garantissait en aucun cas la continuité des transports publics en cas de désaccord avec des syndicats obtus et maximalistes, il avait fourni un prétexte idéal au gouvernement pour oublier son engagement de légiférer sur le service minimum. De nombreux députés de la majorité ne voulaient pas s’en contenter, mais ils avaient accepté un nouveau délai jusqu’au 30 juin suivant pour que soit trouvé un accord avec les organisations syndicales sur la continuité du trafic en cas de conflit social.
Début septembre donc, le délai fixé au 30 juin ayant expiré sans qu’un accord puisse être conclu à la SNCF ou à la RATP, une poignée de députés libéraux ont annoncé leur intention de déposer une proposition de loi visant à instituer un service minimum dans les transports publics à compter du 1er octobre suivant. Le gouvernement a demandé qu’une dernière chance soit donnée à la négociation et a réussi à obtenir qu’ils retirent leur proposition de loi, en s’engageant à légiférer d’ici la fin novembre si un accord sur la continuité du trafic n’était pas signé d’ici là.
La Confédération Générale Ouvrière et la Nouvelle Organisation Radicale et Démocratique, les deux syndicats les mieux implantés au sein de la SNCF et de la RATP, étaient farouchement opposés à la mise en place d’un service minimum et n’étaient prêts à aucune concession. Ils ne voulaient pas d’un service minimum, au nom de leur sacro-saint droit de grève, qui leur permettait de mener leurs combats d’arrière-garde en prenant régulièrement en otage des millions de gens qui n’ont rien demandé. Même quand ils n’étaient pas concernés, comme lors de l’ersatz de réforme des retraites des fonctionnaires, ils avaient fait grève. A titre préventif. Afin que nul ne s’avise de toucher à leurs avantages acquis.
Début novembre, le gouvernement a dû se résigner à l’échec. Aucun accord ne pourrait être trouvé avec les syndicats de la SNCF et de la RATP sur les modalités d’un service garanti dans les transports publics. Il ne pouvait plus temporiser comme il le faisait si souvent. Il n’avait désormais plus le choix. Le Premier Ministre a profité du long week-end du 11 novembre pour déclarer, au détour d’une interview à la République du Centre-Ouest, qu’un projet de loi sur la mise en place d’un service minimum dans les transports serait discuté à l’Assemblée Nationale aussitôt après le vote du budget. Le gouvernement prenait ses précautions pour faire le moins de publicité possible sur ce sujet hypersensible aux yeux des syndicats de la fonction publique.
Malgré le profil bas adopté par le gouvernement, la réaction dans les entreprises publiques concernées ne s’est pas faite attendre. Le lundi 14 novembre, les quotidiens nationaux ont relayé les propos du Premier Ministre. Dès le mardi, les premières perturbations ont fait leur apparition dans le métro, le RER et sur les lignes SNCF de banlieue. Les grandes lignes SNCF fonctionnaient presque normalement. A l’exception de la Confédération Démocratique du Travail, qui défendait depuis plusieurs années un réformisme social par la négociation, tous les syndicats avaient lancé des appels à la grève illimitée à partir du jeudi 17 novembre. Même ceux qui n’étaient pas représentés à la SNCF et à la RATP. Le vendredi 18 novembre, la paralysie des transports publics en Ile-de-France était déjà significative."
Mais je ne vous dirai pas quelle issue j’ai imaginé à l’époque…
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Fri, 18 May 2007 20:36:20 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Salut "Chacha du 501" et merci de ton message. On en reparle plus en détail courant juin ?Les procès faits à Nicolas Sarkozy à propos de son escapade sur le yacht de Vincent Bolloré me semblent un peu exagérés, sans pour autant que les réponses que les deux intéressés y ont apportées aient été très adroites.
La ficelle est un peu grosse à laisser croire à la collusion avec les milieux d’affaires, au prétexte que le groupe Bolloré a obtenu certains marchés publics pour quelques dizaines millions d’euros de chiffre d’affaires et qu’il détient la SFP. A l’échelle du groupe (6 milliards d’euros de chiffre d’affaires consolidé en 2006), c’est une goutte d’eau. La déclaration de Vincent Bolloré selon laquelle son groupe n’entretenait aucune relation commerciale avec l’Etat n’était toutefois pas des plus heureuses. Comment n’a-t-il pas songé que journalistes et blogueurs feraient assaut d’investigations pour creuser le sujet et trouver un os à ronger ?
Quant à Nicolas Sarkozy, même si chacun se doute que ce n’est pas avec l’argent du contribuable qu’il s’est offert ce séjour de luxe, même si selon un sondage réalisé pour le Figaro, 58 % déclarent ne pas être choqués par les conditions de son séjour à Malte, je ne démords pas du fait que ce séjour sur le yacht de luxe de Vincent Bolloré constitue une maladresse, alors qu’il s’apprête à affronter les corporatismes de tout poil et que la situation de nombreux Français reste des plus fragiles.
Et ses déclarations ("je n’ai pas l’intention de m’excuser", "je ne vois pas où il y a de la polémique") sont symptomatiques de ce qui est à mon sens sa principale faiblesse et n’a pas fini de lui jouer des tours : son incapacité à reconnaître qu’il a pu se tromper ou commettre une maladresse.
Il est temps maintenant que l’investiture ait lieu et que Nicolas Sarkozy puisse se mettre au travail. De toute façon, la polémique sur son séjour à Malte sera bientôt oubliée au profit de celle qui enfle déjà à propos de la vie conjugale de Ségolène Royal et François Hollande avec la publication chez Albin Michel du livre "La Femme fatale" de Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, toutes deux journalistes au Monde.
Si j’ai bien compris à la lecture des bonnes feuilles, Ségolène a été candidate à l’investiture du PS parce que François Hollande s’est "égaré". Ce n’est pas la première fois que la face du monde se trouverait changée par une affaire privée, mais Dominique Strauss-Kahn doit quand même avoir les boules.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Mon, 14 May 2007 12:28:06 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Ce n'est pas faux. Il faut dire aussi qu'ils font tout pour favoriser ce genre d'accusation (entre leurs déclarations ISF sous-évaluées et le reste...). ----- COMMENT: AUTHOR: potagepekinois [Visiteur] DATE: Mon, 14 May 2007 10:37:38 +0000 URL: http://potagepekinois.over-blog.com/ Le rêve en politique et concernant les politiciens ça conduit souvent au "tous pourris"... Non? ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sun, 13 May 2007 20:03:35 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Potage pékinois, quelle cruauté de vouloir ôter aussi brutalement ses idéaux à djule. Même si un tel homme politique n'existe pas, cela n'empêche pas d'y croire ou d'en rêver ? ----- COMMENT: AUTHOR: potagepekinois [Visiteur] DATE: Sun, 13 May 2007 19:20:32 +0000 URL: http://potagepekinois.over-blog.com/ @Djule : je ne pense pas qu'un tel président puisse un jour arriver au pouvoir. Vu la somme de boulot, de volonté, d'ambition que cela nécessite pour convaincre un parti, puis des militants puis la Fr ----- COMMENT: AUTHOR: Levig [Visiteur] DATE: Sat, 12 May 2007 08:26:46 +0000 URL: "Il n'est rien qui ne cède à l'ardeur de règner" ( Corneille ). Et souvent l'ardeur aveugle la conscience...Mais bon, il est people...Gardons quand même espoir et misons sur ses autres capacités de rè ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sat, 12 May 2007 05:40:45 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Merci de tes encouragement djule ----- COMMENT: AUTHOR: djule [Visiteur] DATE: Fri, 11 May 2007 21:25:21 +0000 URL: http://adjule Mais quand,peut on éspérer ,un jour ,avoir un président débordant d'humilité,de simplicité,d'honnéteté,valeurs indispensables pour remplir dignement ce poste supréme,sinon,continue dans ce sens Denis, ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Fri, 11 May 2007 15:12:37 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Je ne serais pas aussi affirmatif que toi, Eiffel. Pour l'instant, les faits lui ont toujours donné raison sur ses décisions, notamment parce qu'il a en face de lui un PS archaïque qui aurait besoin d ----- COMMENT: AUTHOR: Eiffel [Visiteur] DATE: Fri, 11 May 2007 13:17:44 +0000 URL: http://www.bcv38.org concernant Sarko, crois-tu qu'il s'agisse de maladresse?
C'est un détail, mais certains détails ont parfois valeur de symbole. La retraite voulue par Nicolas Sarkozy m'a semblé être une bonne idée pour lui permettre de récupérer de la fatigue d'une campagne présidentielle et de se ressourcer avant d'exercer une fonction déjà exigeante en temps normal, et qui risque fort de devenir épuisante au cours des prochains mois, compte tenu des résistances qui se manifestent déjà chaque soir depuis dimanche place de la Bastille ou ailleurs.
Je conçois aisément qu'un Président de la République ne choisisse pas un VVF ou le camping des Flots Bleus (quoiqu'un village Club Med avec son ami Christian Clavier...) pour prendre un peu de recul.
Je comprends bien que le souci d'assurer sa sécurité et accessoirement d'éloigner les paparazzi ait son importance dans le choix d'un lieu de villégiature. A ce titre, quoi de mieux qu'un bateau pour éloigner les curieux ? (pour la sécurité, je ne suis pas un spécialiste, mais je demande à voir).
De là à choisir un yacht de 60 mètres...
Dans 2 ou 3 ans, pourquoi pas, lorsqu'il aura ramené le plein emploi comme il s'y est engagé et que les Français croiront de nouveau aux lendemains qui chantent. Mais aujourd'hui, n'est-ce pas prématuré et déplacé, alors que nombre de familles se demandent comment payer la cantine de leurs enfants et boucler leur fin de mois (sans même parler de partir en vacances à Malte) et alors que le chômage et la précarité sont le lot de millions de salariés ?
Ce yacht, c'est sans doute un détail, mais ça n'en est pas moins un signal négatif pour des millions de Français.
----- COMMENT: AUTHOR: Réba [Visiteur] DATE: Wed, 09 May 2007 13:25:55 +0000 URL: D'accord avec toi Denis,Il est bien évidemment trop tôt pour savoir si l’ère Sarkozy qui s’ouvre sera celle d’un nouvel espoir pour l’ensemble des Français et plus particulièrement pour les millions d’entre eux maltraités par la vie, ou instaurera au contraire, comme le craignent certains de façon un trop schématique et caricaturale, un régime clanique au bénéfice de quelques-uns et au détriment du plus grand nombre.
Le suffrage universel a parlé. Il convient maintenant de respecter le verdict des urnes et de juger Nicolas Sarkozy sur ses actes. Pour ce faire, la première condition est de lui laisser un minimum de temps. Six à neuf mois ne me paraissent pas être de trop pour se faire une idée de la réalité de son volontarisme politique et de son sens de l’intérêt général. La seconde condition est qu’il dispose des moyens de mettre en œuvre son projet, donc d’une majorité claire (sans forcément être écrasante) à l’Assemblée Nationale à l’issue des élections législatives.
C’est un truisme que d’écrire que le plus dur reste à faire et il est sûrement le premier à en être conscient. Les drapeaux rouges agités ici et là dimanche, les heurts place de la Bastille ou ailleurs en province, les réactions indignées et outragées témoignent de l’aveuglement et des manipulations idéologique de l’extrême-gauche qui se refuse à comprendre que la redistribution financée par l’endettement public ne fait qu’accentuer la paupérisation des plus modestes.
Face à de si fortes attentes et à l’espoir qu’il a su faire naître pour de nombreux Français, il revient maintenant à Nicolas Sarkozy de faire la preuve qu’il n’est pas le champion des élites économiques de Neuilly-Auteuil-Passy (à cet égard, le dîner au Fouquet’s, moins d’une heure après l’annonce de son élection et en compagnie de l'exilé fiscal en Suisse Johnny Halliday, est une petite faute de communication qu’il conviendra de ne pas renouveler s’il souhaite préserver le capital de légitimité politique qu’il a réussi à se constituer).
Si l’élection de Nicolas Sarkozy n’apporte pas encore la preuve que s’ouvre une nouvelle ère, elle marque en revanche la fin d’une époque, tout du moins pour certains :
- La fin attendue et espérée d’une époque qui voyait le Front National améliorer ses scores à chaque élection.
- La fin probable d’une époque pour la droite crypto-chiraquienne (que fera Dominique de Villepin à partir du 16 mai ?). En tout cas il faut l’espérer, même si je crains de revoir Michèle Alliot-Marie au gouvernement ou au perchoir de l’Assemblée National.
- La fin possible d’une époque au PS, où Dominique Strauss-Kahn n’a pas tardé dès hier soir à expliquer la défaite par l’absence de rénovation idéologique du PS. Mais avec Henri Emmanuelli, Jean-Pierre Chevènement et Jean-Luc Mélenchon, j’ai peur que l’aggiornamento reste impossible. Ne vaudrait-il pas mieux pour les sociaux-libéraux du PS qu’ils fassent éclater le parti pour tenter un rapprochement avec le Mouvement Démocrate que s’apprête à lancer François Bayrou ?
- La fin incertaine d’une époque pour François Bayrou, qui risque une sévère traversée du désert si le PS n’explose pas dans la foulée de la présidentielle ou des législatives.
- Enfin, la fin certaine d’une époque dans la blogosphère, où les débats risquent de se faire moins trépidants et où la motivation des blogueurs pourrait s’en ressentir (j’avoue avoir ressenti un grand vide ce matin…). Pourtant, la vigilance et un décryptage par des observateurs indépendants seront plus que jamais nécessaires au cours des prochains mois pour juger de la réalité et de l’équité de l’action que mènera Nicolas Sarkozy.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Thu, 10 May 2007 04:04:49 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr MC> Non, on n'est pas près de s'en débarrasser mais je ne vois pas ce que Eiffel, vous et moi pouvons faire de plus pour l'instant ----- COMMENT: AUTHOR: mc [Visiteur] DATE: Wed, 09 May 2007 21:34:29 +0000 URL: "Comme Mitterand?"...15 h 03 :
La participation à midi est annoncée en hausse de 3 points par rapport au premier tour. Cela me paraît assez étonnant, mais bon la journée n'est pas finie.
18 h 33 :
Participation record à 17 heures. ce n'était pas forcément évident, mais c'est tant mieux. Des chiffres commencent à circuler, mais :

19 h 35 :
La participation record qui s'annonce (plus de 85 % ?) devrait faire s'interroger Jean-Marie Le Pen quant à son influence sur son électorat, lui qui avait appelé ses électeurs du premier tour à s'abstenir.
19 h 42 :
Même pour ceux qui ne connaîtraient pas les premières estimations, les commentaires et les images sur TF1 laissent assez clairement penser quel sera le résultat du scrutin...
20 h 00 :
C’est fait. Le visage du vainqueur vient de s’afficher sur l’écran de télévision. Les premiers résultats, disponibles sur le site de la TSR dès 18 heures 10 sont confirmés. Nicolas Sarkozy est élu Président de la République.
Premières réflexions en vrac à développer ultérieurement :
1/ Il faut reconnaître que c’est là la victoire méritée d’un candidat qui s’était préparé depuis longtemps à mener une campagne présidentielle. C’est peut-être le pire des candidats pour certains, mais seulement à l’exception de tous les autres.
2/ Nicolas Sarkozy a été élu dans le cadre d’un vote démocratique. Ce choix devra être respecté, en lui laissant le temps de mettre en œuvre son projet. Ce sera à lui de faire la preuve que les procès qui lui ont été faits étaient injustifiés. Les éventuelles violences que craignent les autorités (Cf. le dispositif policier déployé ce soir) seraient inacceptables.
20 h 33 :
Mais où est Cécilia ? ;-D
20 h 45 :
Fin de l'intervention de Nicolas Sarkozy. Clap clap clap. Des propos qui ne sont déjà plus ceux d'un candidat.
21 h 03 :
Quel contraste : ce visage fermé de Nicolas Sarkozy dans sa voiture traversant Paris, à comparer à celui rayonnant de Jacques Chirac en 1995. Au vu des piètres résultats de jacques Chirac en douze ans de présidence, autant que Nicolas Sarkozy prenne tout de suite le contrepied dans tous les domaines...
21 h 09 :
DSK vient de lancer (assez violemment) sur TF1 le chantier de rénovation du PS. Ça va être chaud au PS cette semaine...
21 h 32 :
Une page se tourne. Bonne nuit à tous.
22 h 16 :
Jean-Marie Cavada a bien résumé la tonalité de cette soirée en évoquant la "joie grave des vainqueurs" et la "défaite paisible des vaincus" (c'est moins vrai de la part de Noël Mamère et d'Olivier Besancenot). La vigilance reste de mise, mais une page se tourne quand même...
Pour ceux qui (comme moi…) seraient tentés par un vote blanc demain, tout en étant soumis à une forte pression, au mieux culpabilisante et au pire moralisante, de leur entourage, il faut rappeler que, contrairement à ce que peuvent en penser certains, refuser de choisir entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy et voter blanc, c’est aussi s’engager. Voter blanc demain, c’est considérer (en tout cas à mon sens) que le projet de Ségolène Royal (pour autant qu’on puisse en juger à travers le flou savamment entretenu de ses revirements) n’est sûrement pas celui dont notre pays a besoin, mais que Nicolas Sarkozy n’aura pas la légitimité morale de mettre en œuvre son projet, qui est pourtant celui dont la France a besoin. Voter blanc demain, c’est aussi prendre le risque de se tromper. Donc c’est aussi s’engager.
----- COMMENT: AUTHOR: Réba [Visiteur] DATE: Sun, 06 May 2007 12:11:48 +0000 URL: Salut Denis,- un excellent billet pour un pré-bilan de la campagne qui s'achève et un rappel des perspectives post-6 mai,
- le concours de pronostics habituel, ouvert jusqu'à minuit ce soir. J'ai joué 74,63 % de taux de participation, 52,87 % pour Nicolas Sarkozy, 47,13 % pour Ségolène Royal (et une réponse subsidiaire non demandée : 2.487.779 bulletins blancs ou nuls).
----- -------- AUTHOR: TITLE: Points de repère BASENAME: points_de_repere DATE: Sat, 05 May 2007 14:04:20 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Présidentielle 2007 CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Bien évidemment, le principal résultat attendu dimanche est de savoir qui, de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royal, sera élu(e) Président de la République. L’écart relatif entre les deux candidats constituera aussi un indice intéressant. Selon que Nicolas Sarkozy l’emporte (comme le laissent présager tous les sondages réalisés depuis le premier tour) avec 54 % ou 50,1 % des suffrages exprimés, la victoire n’aura pas le même éclat. Quoique qu’une victoire à 54 % ne préjugerait pas pour autant de la suite : en 1988, François Mitterrand, bien que vainqueur à 54 % contre Jacques Chirac, n’avait pu compter que sur une majorité relative (certes forte, mais tout de même relative) du PS au sein de l’Assemblée Nationale issue des élections législatives qui avaient suivi sa réélection.
Il ne sera pas inutile non plus de scruter deux autres indicateurs :
- le taux d’abstention, qui évoluera en partie en fonction du choix des électeurs de Jean-Marie Le Pen,
- le nombre de votes blancs ou nuls, chiffre sur lequel les médias ont moins l’habitude de communiquer, mais qui pourrait connaître un gonflement notable si une proportion significative des électeurs ayant donné leur voix à François Bayrou au premier tour décidaient de ne pas choisir entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.
Afin que chacun puisse se faire une idée de la portée que pourrait avoir dimanche soir ce cumul des suffrages non exprimés (abstentions + votes blancs et nuls), il m’a semblé utile de fournir quelques points de comparaison, en rassemblant dans le tableau ci-après l’historique des taux d’abstention et de votes blancs et nuls aux élections présidentielles de 1965 à 2007.
Evidemment, une victoire à 54 % n’aura pas la même portée, selon que le cumul des suffrages non exprimés n’excède pas 18 % comme au premier tour ou dépasse au contraire les 30 %. Même si l’exemple de Jacques Chirac en 2002 n’incite pas à espérer qu’un candidat, une fois victorieux, tienne compte d’un avertissement sans frais.

Si certains éditoriaux, à la radio ou dans la presse, voient dans le débat qui a opposé hier soir Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, un résultat digne de "L’école des fans" (ni vainqueur, ni vaincu), si les représentants de chacun des deux camps n’ont évidemment pas manqué de crier à la victoire de leur champion respectif, une tentative de décryptage moins convenue et un peu moins partisane devrait conduire à des résultats plus nuancés.
Au-delà du fond de leurs projets respectifs, qui ont déjà été largement débattus ces derniers jours, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal sont en effet apparus bien différents de ce qu’ils avaient pu nous donner à voir à la tribune de leurs meetings ou seul(e) sur un plateau de télévision.
Soucieux de ne donner aucune prise aux accusations de brutalité et de machisme, voulant faire la preuve de son calme et de sa maîtrise de lui-même, Nicolas Sarkozy n’a voulu prendre aucun risque susceptible de remettre en cause sa position de favori. S’il a su résister aux attaques répétées, et plus ou moins justifiées selon les sujets, de sa rivale, il en est apparu du coup presque précautionneux (cela s’en ressentait même dans ses postures physiques : le dos courbé, faisant presque rabougri et regardant son adversaire par en-dessous), donnant l’impression de subir l’orage, et tenant un discours et des raisonnements, certes argumentés et structurés, mais avec des accents technocratiques et gestionnaires qui pourraient paradoxalement le faire apparaître comme le candidat du système et de la continuité.
Vindicative et agressive (ses supporters ont loué, eux, sa "pugnacité"), toujours aussi floue et brouillonne sur le fond de ses propositions (si la croissance économique qu’elle appelle de ses vœux pieux n’est pas, comme c’est prévisible, au rendez-vous, il faut s’attendre à des lendemains difficiles), Ségolène Royal a réussi l’exploit de faire oublier, au moins à une partie des indécis, les procès en incompétence et en manque de stature présidentielle qui lui sont faits depuis des mois, en se posant en véritable moteur du changement à deux reprises.
D’abord, à propos du redéploiement des effectifs de la fonction publique : alors qu’elle venait de déclarer que, lors du départ à la retraite des douaniers, elle les remplacerait par des infirmières, et que Nicolas Sarkozy a tenté de la contredire sur la faisabilité de la chose, elle a eu cette réplique inspirée : "Si vous ne pouvez pas faire, pourquoi voulez-vous accéder aux responsabilités ?"
Ensuite, avec sa "saine colère" en réaction aux propos de Nicolas Sarkozy sur la situation des enfants handicapés à l'école : même si sa réaction n’était pas dénuée théâtralité, qui me fait douter de sa sincérité, et quoi qu’ait pu en dire Nicolas Sarkozy sur la nécessité de garder son calme, il n’en reste pas moins que l’apparente capacité d’indignation et de révolte qui en ressortait pourrait lui faire marquer des points.
Ségolène Royal a donc su (de mon point de vue, et mes lecteurs réguliers savent que je ne peux guère être soupçonné d’indulgence à son égard) trouver des accents rebelles qui pourraient lui valoir les grâces des sans-voix et des sans-grade qui se sont réfugiés au premier tour dans un vote protestataire. Contre toute logique (son projet n’étant pas autre chose que la reconduction d’une politique de redistribution et d’assistanat qui a fait la preuve de son échec), c’est elle qui a su relever l’étendard de la protestation anti-système dont François Bayrou avait su se saisir avant le premier tour.
Si cela restera probablement insuffisant pour inverser la tendance, Nicolas Sarkozy récupérant quand même une frange des électeurs centristes effrayés par les promesses non financées de la candidate socialiste, l’écart entre les deux prétendants pourrait bien se resserrer d’ici dimanche…
----- COMMENT: AUTHOR: Minerve [Visiteur] DATE: Sat, 05 May 2007 15:07:29 +0000 URL: Je regrette ,Phenix ,que vous pensiez que la Peste soit mieux à même de traiter tous les maux que vous énumérez fort justement .A priori, pas de "live-blogging" ici ce soir (pour les amateurs en manque, ce sera plutôt là). Cela m'évitera de vous infliger les péripéties de mon dîner... Et puis, c'est un exercice plus propice aux remarques acerbes qu'aux tentatives d'analyses alternatives à celles des médias traditionnels. Donc plutôt un billet avec un peu plus de recul demain (tôt si mon rhume me laisse un peu de répit).
----- -------- AUTHOR: TITLE: Une démocratie faussement apaisée ? BASENAME: une_democratie_faussement_apaisee DATE: Wed, 02 May 2007 04:47:13 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Présidentielle 2007 CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Les satisfecit de démocratie accordés de toute part à la France au soir du 22 avril n’étaient-il pas un peu prématurés ?
Le fort taux de participation enregistré lors du premier tour de l’élection présidentielle et le recul du score des extrêmes, notamment de Jean-Marie Le Pen, pourraient-ils n’être qu’un rideau de fumée ?
A lire les tracts distribués par les supporters de chacun des protagonistes dimanche matin sur le marché de Caen, notamment celui du PS (que je regrette de ne pas avoir conservé), promettant un Etat policier en cas de victoire de Nicolas Sarkozy, je dois avouer que je me suis interrogé.
Je n’ai pas le souvenir d’un telle violence dans les discours lors des campagnes de 2002 (avant le premier tour s’entend), de 1995 ou de 1988 (en 1981, j’étais trop jeune pour en juger).
Il est certain que la nature du projet de Nicolas Sarkozy (une rupture indispensable mais forcément inconfortable pour certains), sa façon d’exposer ce qu’il fera et comment il le fera (je dois lui reconnaître ce mérite, même si je lui dénie la légitimité de mettre en œuvre ce projet), et quelques dérapages verbaux ont leur part de responsabilité dans cette radicalisation des deux camps.
Il n’empêche. Et la forte affluence aux traditionnels défilés syndicaux du 1er mai ne va pas sans laisser penser que le résultat des urnes pourrait se trouver contesté assez rapidement dans la rue.
----- COMMENT: AUTHOR: Minerve [Visiteur] DATE: Thu, 03 May 2007 09:49:43 +0000 URL: Et alors ,Denis ?Le débat entre Ségolène Royal et François Bayrou aura finalement lieu ce matin à 11 heures.
Pour ceux qui n’auraient pas la TNT, il devrait être retransmis sur Internet ou à la radio.
Je ne pourrai pas le suivre, car je donne un cours toute la journée à l'IAE.
Vos impressions, remarques et commentaires seront donc les bienvenus.
Mise à jour à 16 h 40 : Versac a liveblogué le débat, qui donne lieu à des avis manifestement partagés.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sun, 29 Apr 2007 16:37:33 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Cela ne m'étonne pas que tes collègues cheminots l'attendent de pied ferme... Entre le service minmum à la rentrée et le régime spécial de retraite en 2008... ----- COMMENT: AUTHOR: Réba [Visiteur] DATE: Sun, 29 Apr 2007 09:36:30 +0000 URL: Bonjour,
* A l’issue des prestations successive de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy dans "A vous de juger", je ne peux m’empêcher de penser qu’il y en a quand même un qui a une autre stature que l'autre... Quel dommage qu’il fasse étalage d’autant de narcissisme et d’arrogance, de connivences avec les élites économiques et médiatiques, qu’il croit tout savoir et avoir raison sur tout, et qu’il laisse Philippe Douste-Blazy le soutenir.
* Arlette Chabot et Gilles Leclerc m’ont donné l’impression d’être beaucoup plus incisifs avec Nicolas Sarkozy qu'avec Ségolène Royal la veille (au point de m’agacer ?). Qui confirme ou infirme ?
* On ne sait toujours pas si le débat entre Ségolène et François Bayrou aura lieu ou non. Quoi qu’il en soit, je suis comme Versac, je ne vois pas bien l’intérêt pour Ségolène Royal, sauf à croire que cette manifestation d’ouverture lui bénéficiera. François Bayrou n’a rien à gagner à lui permettre de se mettre en valeur et de récupérer ses électeurs. Il a objectivement intérêt à une victoire de Nicolas Sarkozy, pour rafler la mise en jouant sur l'apaisement et le rassemblement, une fois que Nicolas Sarkozy aura joué les Margaret Thatcher français et pris les coups. Si Ségolène est élue et entretient, comme c'est probable et prévisible, une économie de redistribution financée par endettement, l'étape suivante serait un Sarkozy puissance 2. Mais sûrement pas un François Bayrou.
Du coup, je ne comprends pas non plus qu’il n'ait pas envoyé de signaux plus clairs à ses troupes de militants, dont une partie prend fait et cause pour Ségolène Royal dans la blogosphère.
* Le TSS continue en y mettant les moyens :
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Fri, 27 Apr 2007 18:50:04 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Private : Sur le coup, j'ai pensé à un autre Le Vigoureux (le fils). Merci de vos encouragements, JP, et peut-être à ce week-end puisque nous serons à Caen. ----- COMMENT: AUTHOR: mizar [Membre] DATE: Fri, 27 Apr 2007 16:24:14 +0000 URL: J'ose espérer que les gens plus discrets ou moins actifs, auxquels vous faites allusion, pratiquent aujourd'hui, ce que j'appelerai la politique du "chante cocotte". Et que le jour J, ils choisiront l ----- COMMENT: AUTHOR: Le Vigoureux [Visiteur] DATE: Fri, 27 Apr 2007 15:01:15 +0000 URL: Donner un avis? Je m'en sens bien incapable. Consultant régulièrement vos commentaires, je voudrais surtout vous remercier, cher Denis, pour le travail que vous faites et la nourriture substantielle q ----- COMMENT: AUTHOR: Ballochard [Visiteur] DATE: Fri, 27 Apr 2007 13:33:23 +0000 URL: Tu sais : laisser croire ou imaginer, faire transparaître, donner une image, reflêter telle "inspiration", être réactif et savoir composer ne sont pas des expressions d'aujourd'hui, et je crois que l' ----- COMMENT: AUTHOR: potagepekinois [Visiteur] DATE: Fri, 27 Apr 2007 07:21:32 +0000 URL: http://potagepekinois.over-blog.com/ Je suis assez d'accord avec vous Denis sur Chabot et Leclerc. J'ai d'ailleurs préféré leur prestation avec Sarkozy les trouvant quelque peu amorphes avec Royal. ----- COMMENT: AUTHOR: Angélique [Visiteur] DATE: Fri, 27 Apr 2007 06:07:17 +0000 URL: citation de Denis :* Arlette Chabot et Gilles Leclerc m’ont donné l’impression d’être beaucoup plus incisifs avec Nicolas Sarkozy qu'avec Ségolène Royal la veille (au point de m’agacer ?). Qui confirm ----- -------- AUTHOR: TITLE: Ménage à trois BASENAME: menage_a_trois DATE: Thu, 26 Apr 2007 05:32:34 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Présidentielle 2007 CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Il fallait jouer de la télécommande hier soir pour suivre le feu d’artifice politique programmé par TF1 et France. A 20 heures, François Bayrou était l’invité du JT sur France 2 dans la foulée de sa conférence de presse de l’après-midi. Il avait à peine terminé de répondre aux questions de David Pujadas que Nicolas Sarkozy prenait le relais sur TF1 à l’invitation de PPDA. A 20 h 50, c’est Ségolène Royal qui était l’invité d’Arlette Chabot dans l’émission "A vous de juger".
Cette quasi-concomitance des interventions télévisuelles des deux candidats qualifiés pour le deuxième tour et de celui qui, bien qu’éliminé, est l’objet de toutes leurs attentions depuis dimanche soir, a été l’occasion d’une partie de ping-pong par écrans interposés sur la question d’un débat avec François Bayrou.
Dans un rôle qui est à la fois le plus facile (il peut se réfugier sur son Aventin) et le plus difficile (il faut pouvoir l’expliquer et le justifier sans que cela apparaisse comme de la pure tactique politicienne),
François Bayrou sur France 2 s’est plutôt bien sorti d’un exercice difficile consistant à expliquer pourquoi il ne prend pas parti, ce qui apparaît à certains au mieux comme de l’opposition stérile, au pire comme de la lâcheté. Interrogé par David Pujadas sur la nécessaire responsabilité d’un homme politique de premier plan d’indiquer un choix, il s’est retranché derrière un devoir de discours de vérité, arguant que les deux candidats aggraveraient les maux de la France, l’une par son programme économique qui consiste à faire croire aux Français que l’Etat va tout faire à leur place, et l’autre par sa conception du pouvoir, faite de verrouillage et de brutalité.
Nicolas Sarkozy était lui l’invité du journal de 20 heures sur TF1. Il a déroulé son projet, égal à lui-même et sans grande nouveauté, sur la forme comme sur le fond. La façon qu’il a eu de justifier son idée de Ministère de l’Intégration et de l’Identité Nationale et d’évoquer l’immigration maîtrisée m’a quand même laissé l’impression d’un appel du pied appuyé aux électeurs de Jean-Marie le Pen. Ses exigences à l’égard de ceux qui viennent s’installer en France, si elles sont justifiées, seraient en outre plus légitimes s’il faisait preuve de la même intransigeance avec ceux pour qui les convenances fiscales l’emportent sur la fierté d’être Français.
La prestation de Ségolène Royal sur France 2 a été remarquable sur la forme. Totalement démago, mais particulièrement percutante. Sur le fond, elle reste évidemment dans l’incantation ("Je suis l’incarnation de cette rénovation de la vie politique" et "Je relance la croissance" lui tiennent lieu de réponses définitives aux questions sur la pratique du pouvoir ou les économies à réaliser dans le secteur public) et son programme économique privilégiant la relance du pouvoir d’achat est une aberration qui ne profitera qu’aux importations chinoises (pour faire court).
En revanche, sur la forme, elle a décoiffé :
- A Arlette Chabot et Gilles Leclerc qui l’interrogent sur les risques pour les PME d’un SMIC à 1.500 euros, elle demande s’ils arriveraient à vivre avec 980 € par mois.
- Elle pointe les riches qui s’exilent malgré le bouclier fiscal, l’argent qui va aller alimenter la rente et la spéculation immobilière, alors que les classes moyennes ne peuvent pas acheter leur appartement, la délinquance en col blanc beaucoup moins réprimée.
- à propos de la proposition de Nicolas Sarkozy de priver d’indemnités les chômeurs qui refusent deux propositions d’emploi, elle s’insurge contre ce discours "Ya qu’à, vous allez ce que vous allez voir, Père Fouettard, vous allez faire ça sinon vous serez sanctionné".
Avec de tels propos, Ségolène Royal a indéniablement dû marquer des points auprès de la masse des électeurs de base (ce n’est pas péjoratif), peu familiers des enjeux économiques, angoissés par leur avenir, outrés par les pratiques indécentes de certains grands patrons, mais qui pèsent dans une élection. La victoire programmée de Nicolas Sarkozy me paraissait moins évidente à la fin de l’émission (et je le dis sans parti pris puisque mon bulletin n’ira ni à l’un ni à l’autre). Le débat du 2 mai sera crucial. D’ici là, les rôles seront inversés ce soir avec Ségolène Royal sur TF1 et Nicolas Sarkozy sur France 2.
PS : Je n’ai pas regardé les parties de l’émission consacrées à l’environnement, à la politique étrangère, à l’Europe et aux institutions, autant de sujets qui me paraissent accessoires pour la majorité des électeurs. Le cœur de la campagne est la question économique et sociale. C’est sans doute très égoïste de leur part, mais la plupart des électeurs s’en foutent de savoir qu’ils s’appauvrissent en détériorant l’environnement, sans se soucier des malheurs du monde et en laissant la construction européenne à la dérive. Le jour où ils auront retrouvé l’espoir de lendemains meilleurs, ils ne manqueront pas de s’intéresser à ces sujets.
----- COMMENT: AUTHOR: Ballochard [Visiteur] DATE: Thu, 26 Apr 2007 18:27:35 +0000 URL: ...Ils commenceront à s'interesser aux problèmes environnementaux (pour faire court !)lorsqu'ils s'appercevront que l'argent ne se mange pas...mais alors dèjà l'air, l'eau douce et les mers,la terre e ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Thu, 26 Apr 2007 09:32:41 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Levech, votre exemple est bien construit, mais un peu fallacieux : pour la bronchite économique et social, le traitement est de notre seul ressort, alors que pour le cancer environnemental, il faut qu ----- COMMENT: AUTHOR: Levech\' [Visiteur] DATE: Thu, 26 Apr 2007 08:50:58 +0000 URL: Mr Castel, vous n'êtes sûrement pas un relais direct d'une structure politique, mais votre blog se fait le relais de toutes les préoccupations courtermistes qui abondent au sein des états-majors; il n ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Thu, 26 Apr 2007 07:56:51 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Eiffel> je me suis fait la méme remarque sur l'appréciation du programme économique socialiste par Bayrou. De là à en conclure qu'il votera Sarko, je doute.Non content de détenir quelques-unes des clés du deuxième tour (ses électeurs en détenant quand même le plus grand nombre), François Bayrou s'invite dans le traditionnel débat télévisé de l'entre-deux tours en acceptant un débat télévisé avec Ségolène Royal (et avec Nicolas Sarkozy s'il le souhaite). Il fallait oser la faire, celle-là. Il n'en finit pas de m'étonner ce Bayrou. Sinon et sans surprise, il s'est refusé à donner une consigne de vote et a annoncé la création d'un parti démocrate en remplacement de l'UDF.
----- COMMENT: AUTHOR: Réba [Visiteur] DATE: Wed, 25 Apr 2007 17:11:04 +0000 URL: Salut,On peut croire, comme Jean-Marie Colombani, que ces résultats autorisent un deuxième tour "qui s’annonce porteur d'un débat sérieux". Cela reste à voir, au regard du racolage entamé dès le soir même par les candidats encore en lice.
Une analyse plus fine (merci Versac pour sa revue permanente du Net) fait dire à Gérard Grunberg (directeur de recherche au Cevipof) que ces résultats signent le retour en grâce de la bipolarisation et surtout du bipartisme, mais assortie d’une demande forte de rénovation du fonctionnement de l’UMP et du PS.
Certains voient au contraire dans ce triomphe des partis celui de l’immobilisme, tandis que d’autres se sont laissés emporter, à propos de François Bayrou, par leur foi partisane toute neuve (il faut espérer que les mots n’ont fait que dépasser leur pensée).
Restent alors trois questions. Deux que tout le monde se pose (Que peut-il se passer maintenant ? Que décidera François Bayrou ?), et une qui concerne surtout les 6.820.914 électeurs qui (comme moi) ont donné leur voix à François Bayrou : quel choix effectuer au second tour ?
Même s’il est bien difficile et surtout hasardeux de se lancer dans des conjectures, il est loisible de penser que, sauf mise en branle d'un phénomène massif de TSS ou ralliement (improbable) de François Bayrou à la candidature de Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy l'emportera vraisemblablement. Dès lors, il est difficile de savoir ce qu'il adviendra de Ségolène Royal (à moins qu’elle n’annonce son brusque retrait de la vie politique…) : Parviendra-t-elle à prendre le contrôle du Parti Socialiste pour en mener à bien la rénovation en le débarrassant de ses oripeaux marxisants et le transformer en parti social-démocrate moderne ? Ou sera-t-elle éliminé politiquement dans les jours ou les semaines qui suivront sa défaite par les éléphants, qui ne manqueront pas de revenir aux recettes qui font leurs succès depuis 25 ans ?
Pour ce qui est de la question de savoir quel bulletin je mettrai dans l’urne le 6 mai prochain, mon choix est fait : ce sera un bulletin blanc (au risque de figurer parmi "ces lâches qui votent blanc ou nul plutôt que de s'engager en politique").
Si je rejoins Nicolas Baverez sur la cohérence du programme de Nicolas Sarkozy (tout du moins sur ses aspects économiques et sociaux), et la stabilité d’une possible majorité parlementaire (encore que les électeurs pourraient très bien ne lui donner qu’une majorité relative à l’Assemblée en juin, Cf. 1988), je reste en revanche très dubitatif sur sa "capacité programmée à agir". Surtout, il lui manquera un élément essentiel : la rénovation politique qui n’aura pas été menée au sein de l’UMP, et qui aurait rendu légitime la rupture aux yeux du plus grand nombre.
Quant à Ségolène Royal, contrainte de faire le grand écart entre l’extrême-gauche et le centre gauche, comment pourrait-elle mener la politique de l’offre vitale pour relancer notre économie et maintenir le niveau de vie et de protection sociale de chacun d’entre nous ?
Dès lors, l’attente qui est la mienne quant au choix que peut faire François Bayrou (appeler, après négociation…, à voter pour l’un ou l’autre des deux candidats en lice, appeler à l’abstention ou au vote blanc, ou enfin ne donner aucune consigne de vote) est transparente. Comme d’autres, je suis convaincu qu’il doit poursuivre son combat, en résistant aux tentations (là, il aurait vraiment tout à perdre) et aux intimidations. Pour conserver sa crédibilité et entretenir l’espoir qu’il a fait naître. Au risque d’apparaître comme un doux naïf et de connaître une nouvelle traversée du désert. Pour prendre date, en se différenciant de tous ces gens qui nous ont conduit vers le mur, et qui voudraient nous faire croire qu’on peut maintenant l’éviter en changeant simplement de conducteur.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Fri, 27 Apr 2007 07:26:16 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Angélique,Alain-Gérard Slama dans le Figaro d'hier :
"Le fait que l'écart entre les deux candidats soit relativement faible témoigne que le divorce supposé entre les citoyens et ceux qui les dirigent est très exagéré, que la crise de la représentation s'efface quand l'importance des enjeux est perçue, que la logique bipolaire de nos institutions fonctionne et que la vie politique française s'installe dans une confrontation de plus en plus équilibrée entre la gauche socialiste et la droite républicaine."
Voire...
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Wed, 25 Apr 2007 03:53:09 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Vous, vous ne le dites pas, mais Slama lui l'écrit et en fait une interprétation farfelue. ----- COMMENT: AUTHOR: Minerve [Visiteur] DATE: Tue, 24 Apr 2007 21:41:05 +0000 URL: Non ,Denis ,relisez mon msg :je dis que l'écart entre Sego et Sarko n'est pas faible car il représente 6% d'un nombre considérable d'électeurs .19 h 01 :
Je commence le billet que je mettrai à jour au fil de la soirée, plus ou moins longtemps selon que je déciderai de me rendre ou non à la République des Blogs. Les commentaires seront ouverts à 20 heures.
19 h 11 :
Mes deux aînés (9 et 6 ans) ont exceptionnellement le droit de dîner devant la télé pour écouter les résultats (ils ne savent pas que sur des sites suisses et belges...). Cela contribue à leur instruction civique. Il y a donc quelques préparatifs domestiques à finaliser d'ici 19 h 30.
19 h 37 :
15,5 % d'abstention annoncée sur TF1. Cette mobilisation ne m'étonne guère (j'avais pronostiqué 14,64 % pour le concours organisé par Versac).
19 h 41 :
Je m'absente quelques minutes pour préparer une caïpirinha à ma femme.
20 h 00 :
TF1 vient d'annoncer les résultats qui étaient disponibles depuis plus d'une heure ailleurs. Je vais faire comme Pierre Desproges le jour de la mort de Tino Rossi : je vais reprendre deux fois des moules...
Les commentaires sont rouverts.
20 h 04 :
Il y a au moins eux bonnes nouvelles dans ces résultats : le taux de participation particulièrement élevé, qui témoigne de l'intérêt retrouvé des Français pour le débat politique et le score en fort recul de Jean-Marie Le Pen qui sonne le glas de sa carrière politique.
20 h 10 :
Pause, les enfants réclament leur pizza...
20 h 15 :
Donc, ce sera Ségo-Sarko. Le triomphe (ce n'est plus une querelle) des Anciens sur les Modernes.
20 h 42 :
Après un intermède "logistique" (surveillance de la cuisson des merguez) qui m'a fait louper Sarko, je reviens. Voilà donc Bayrou dans un rôle d'arbitre. Sa décision justifie le temps de la réflexion. A titre personnel, je penche pour renvoyer dos à dos Ségo et Sarko. S'il le fait, je prends ma carte à l'UDF.
20 h 53 :
La rupture est patente sur le plateau de TF1 : Simone Veil, Philippe Douste-Blazy, François Hollande, Jack Lang... Il ne manque plus que Jean-Pierre Raffarin et Martine Aubry.
20 h 57 :
Comme quoi rien ne change, au moins dans les médias. Claire Chazal (et PPDA en remet une couche) vient de demander à François Hollande si Ségo acceptera un débat télévisé avec Sarko. Pour information, leurs équipes et TF1 se sont déjà entendues à ce sujet dès avant le premier tour et ont retenu la date du 2 mai pour ce débat. Si ça ne s'appelle pas se foutre de la gueule du monde...
21 h 04 :
J'avais oublié Fabius...
21 h 28 :
J'étais parti ranger la cuisine (tout le monde voit bien l'auréole au-dessus de ma tête...), quand j'ai entendu ma femme, assise dans le canapé (non, non, je n'exagère rien !) devant TF1, pester "ça y est, ils commencent à s'engueuler, on ne s'entend plus".
Il faut dire qu'il y a Fabius...
21 h 41 :
J'écoute Ségo entre deux allers-retours à la cuisine : "Il n'y a pas d'efficacité économique sans progrès social". Elle s'est encore trompée, c'est l'inverse : il n'y a pas de progrès social sans efficacité économique...
22 h 04 :
ça y est, je viens de finir de ranger la cuisine... Comme quoi, pour ceux qui se poseraient la question, on peut se vouloir blogueur politique et partager les tâches ménagères. Bon allez, un petit tour à la République des Blogs et au lit ! Bonne nuit.

A l'heure du Web, la loi qui interdit la diffusion de résultats avant 20 heures est évidemment absurde. Il conviendra de la changer... pour la prochaine élection. En attendant, cela reste la loi. Pour éviter les commentaires intempestifs, j'ai donc volontairement fermé les commentaires sur mes derniers billets. Réouverture à 20 heures ce soir. Bon vote et bonne journée.
----- -------- AUTHOR: TITLE: Concours de pronostics BASENAME: concours_de_pronostics DATE: Sat, 21 Apr 2007 11:30:07 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Présidentielle 2007 CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Pour ceux qui veulent jouer, un concours de pronostics est organisé chez Versac jusqu'à ce soir.
J'ai joué :
- le nom des deux qualifiés : Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal
- le taux de participation : 85,36 %
- les scores des quatre premiers (en %) :
* Nicolas Sarkozy : 24,78 %
* Ségolène Royal : 23,91 %
* François Bayrou : 22,87 %
* Jean-Marie Le Pen : 15,07 %
- le nombre de voix de Gérard Schivardi : 109.507
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Mon, 23 Apr 2007 09:25:53 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr J'ai effectivement été un peu optimiste sur Bayrou. Il fallait bien y croire un peu dès lors que j'avais décidé de lui donner ma voix ;-) ----- COMMENT: AUTHOR: Eiffel [Visiteur] DATE: Mon, 23 Apr 2007 08:26:49 +0000 URL: http://www.bcv38.org beau rêve pour un bayrouiste... qui s'est achevé hier soir !
Pour les curieux que cela intéresse et qui doutaient encore de mon choix (Cf. billet précédent) dans l'isoloir.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sat, 21 Apr 2007 04:31:32 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr J'ai supprimé aussi le spam de Gomez. Pour répondre à ta question, mon hébergeur mettait à disposition une version "0.9.1" du blog et je n'ai pas lec compétences pour faire monter cette version en "1. ----- COMMENT: AUTHOR: Angélique [Visiteur] DATE: Fri, 20 Apr 2007 20:04:21 +0000 URL: Gomez toi aussi tu fais joujou!!c'est une maladie chez vous !!A en juger par les succès de librairie que peuvent être les ouvrages publiés par certains candidats, par la vigueur et l’intensité des débats sur Internet, par la hausse des inscriptions sur les listes électorales et par l’explosion des demandes de procurations, l’élection présidentielle qui entre dans sa dernière ligne droite passionne les Français. Indéniablement parce qu’ils placent dans ce scrutin leurs espoirs légitimes de changement. Changement de générations des dirigeants politiques (là, c’est plutôt réussi), changement de gouvernance et de mode de management de la sphère publique (cela reste à confirmer…), changement de logique économique et sociale (ce sera à voir à l’usage), etc etc. La liste n’est pas exhaustive.
Pour autant, les débats ont-ils été à la hauteur des enjeux ? Si des progrès sont incontestables, notamment sur la contribution des entreprises à la création de richesses indispensables à la redistribution, et donc sur l’absolue nécessité d’optimiser les conditions de leur création et de leur développement, certains sujets plus difficiles, parce que plus douloureux, comme le financement de la protection sociale ou celui des retraites n’ont été qu’effleurés par les deux candidats dont les médias nous annonçaient l’inéluctable duel au second tour il n’y a encore pas si longtemps (la CSG-retraites évoquée par François Hollande étant quand même le comble de l’ironie venant d’un chantre de la justice devant l’impôt : quoi de plus inégalitaire que ce prélèvement qui ne tient pas compte des charges de famille et ponctionne de la même façon le célibataire sans enfants et la famille nombreuse, qui contribue pourtant elle à assurer la future solidarité intergénérationnelle ?).
A l’heure du choix, et si l’on s’en tient aux trois principaux candidats (Jean-Marie Le Pen étant pour moi infréquentable, même si je peux comprendre que certains en arrivent à lui donner leur voix), ils apparaissent comme autant de paris :
- Ségo, qu’elle n'appliquera pas le projet du PS,
- Sarko, qu’il ne déclenchera pas une grève générale matinée d’émeutes dans les banlieues,
- Bayrou, qu’il disposera d’une majorité parlementaire pour gouverner.
J’ai déjà fait part ici et là de mes réticences à l’égard de Nicolas Sarkozy, malgré la cohérence de son projet.
Avec Ségolène Royal, OVNI politique s’il en est, on est d’abord dans le domaine de l’incantation et de la croyance, voire du miracle : parce qu’elle sera élue, la croissance économique reviendra d'elle-même. Et son discours est tellement à géométrie variable qu’il est bien difficile de savoir ce qu’elle ferait une fois élue. Certains me rétorquent que ses positions les plus à gauche sont autant de postures destinées à donner des gages à la gauche du PS, voire à l’extrême-gauche dans la perspective du second tour, mais qu’une fois élue, elle sera celle qui débarrassera le PS de ses oripeaux marxistes et le transformera en parti social-démocrate moderne comme en ont tous nos voisins européens. Je veux bien, mais cela me paraît un raisonnement bien tortueux. Et avec un argument pareil, on pourrait aussi imaginer que José Bové est un ancien militant du CNPF qui joue les sous-marins pour le compte du Medef dans la mouvance altermondialiste.
Quant à François Bayrou, il reste celui qui, à mon sens, aura eu le courage et le mérite de parler vrai, notamment sur les déficits publics et la dette. J’aurais évidemment préféré qu’il évite l’idée du Ministère des Questions de Société ou celle de la suppression de l’ENA. Même si sa démarche à l’extrême centre apparaît à certains comme une impasse, par les incertitudes qu’elle engendre en termes de stabilité et d’efficacité gouvernementales, elle me semble celle qui incarne le mieux la rupture et le changement, et donc la plus porteuse d’espoir.
Ne nous leurrons pas. Quel que soit le résultat au soir du 6 mai, tout reste à faire.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sat, 21 Apr 2007 21:23:01 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr leducq a été censuré 1/ parce qu'il a laissé 4 fois le même message sur 4 billets différents 2/ parce que son message était une prise de position trop engagée alors que la campagne officielle est clos ----- COMMENT: AUTHOR: Angélique [Visiteur] DATE: Sat, 21 Apr 2007 20:24:19 +0000 URL: Et pourquoi Minerve n'est pas ''censurée''???????????J'ai essayé 3 fois et "il" a trouvé 3 fois
Mise à jour à 22 h 11 :
Mes enfants ont adoré. C'est le jeu des portraits, mais contrairement aux parents, l'ordinateur ne se lasse jamais. Ce serait bien si on pouvait avoir le wifi dans les voitures pour les longs trajets...
* A lire sans attendre, les portraits sans concession de Ségo ("apôtre d'une nation de victimes") et Sarko par des journalistes étrangers. Dommage que celui de Bayrou ne soit plus en libre accès.
* Dans une interview à paraître dans Famille Chrétienne, Nicolas Sarkozy souligne l’importance du christianisme. Et s’il avait été interviewé par La vie du Rail, Chasse et Pêche et surtout Newlook, il aurait mis l'accent sur quoi ?
* Sur le serpent de mer du partage de la valeur ajoutée des entreprises, Jean Peyrelevade prend un raccourci que je n’ai pas pu m’empêcher de dénoncer.
----- COMMENT: AUTHOR: leducq [Visiteur] DATE: Sat, 21 Apr 2007 16:21:17 +0000 URL: On peut dire que Nicolas Sarkozy sait s'adapter à son auditoire...
Pour les non-initiés, Anakin Skywalker est ce personnage central de la saga de la Guerre des Etoiles, qui, investi dès son plus jeune âge du statut d’Elu de la Force, bascule finalement du côté obscur sous le coup de ses peurs, de ses fêlures intérieures et de ses frustrations, et plonge la Galaxie dans la nuit totalitaire en devenant Dark Vador.
Au-delà du parallèle simpliste et de la référence imagée qui ne parlera sans doute pas à tout le monde (en dehors des trentenaires de sexe masculin…), et pour les réfractaires à l’entertainment en général et à la saga de la Guerre des Etoiles en particulier, revenons à des éléments d’actualité plus immédiats.
Après avoir commenté sur le fond les principales propositions du candidat de l’UMP à l’élection présidentielle, un billet me trottait dans la tête depuis un certain temps à propos de sa personnalité ou tout du moins de l’idée que je peux m’en faire au travers du prisme déformant des médias et des indiscrétions.
Il est indéniable qu’à écouter ou à lire Nicolas Sarkozy (encore hier à la lecture d’une interview à 20 minutes), on ne peut qu’être tenté de lui donner les clés de l’Elysée pour les cinq prochaines années.
Malgré toutes les qualités et la cohérence de son projet, mes réticences à l’égard de sa personne restent fortes.
D’abord parce que je suis très dubitatif sur sa capacité à mettre en œuvre son projet présidentiel. Malgré sa volonté affichée et louable de remettre la valeur travail au cœur de la politique économique et sociale, je reste convaincu qu’on ne peut tout simplement pas porter un projet pareil, quand on vient de Neuilly-sur-Seine et qu’on fréquente le tout-Paris des affaires et des médias.
Ensuite, parce que quelques récents "incidents" me confortent dans l’opinion d’une personnalité avant tout préoccupée par la satisfaction de son ambition personnelle et de sa soif de revanche, ne tolérant plus (pas ?) aucune critique ni contradiction, et engoncée de ce fait dans une suffisance, une satisfaction égotique et une sensation d'infaillibilité dangereuses parce que susceptibles d’être synonyme d’aveuglement.
Il y a eu fin mars l’esclandre dans les coulisses de France Europe Express, révélée par le Canard Enchaîné et relayé par la presse écrite (Télérama, Libération…) et la blogosphère. Sans doute avait-il l’excuse de la fatigue due à la campagne électorale, à laquelle peu d’entre nous pourraient résister. Accordons-lui donc le bénéfice du doute.
Dans le Monde du 8 avril, c’est Raphaëlle Bacqué qui sortait du bois pour épingler les écarts de langage du candidat UMP à la présidentielle sur la foi du livre d’Azouz BEGAG (faut-il vraiment que Le Monde ait envie de torpiller la candidature de Sarkozy, pour que Raphaëlle Bacqué signe un tel article ?)
Ensuite, il y a eu la polémique sur le déterminisme génétique des pédophiles. Soit il ne pense pas un mot de ses propos et ne les a prononcés que pour draguer les réactionnaires de tout bord. Ce n’est pas à son honneur, mais bon, on est en campagne électorale (c'est comme l'andouille, il faut que ça sente un peu...). Soit il est convaincu de ce qu’il a dit et là, je suis inquiet. Pour avoir vécu à titre personnel, comme tout un chacun, la souffrance que peuvent provoquer les traumatismes de l’enfance, légers ou plus graves, refoulés par l’inconscient, et avoir expérimenté la libération par la parole que peut permettre la psychanalyse, qu’un futur Président, qui devra négocier et décider en situation de conflit et de tension, puisse croire que tout est affaire de gènes et se trouve prédéterminé, et que n’interfèrent jamais notre inconscient et les névroses, petites ou grandes, dont chacun d’entre nous est affublé, lui compris, cela me fait quand même froid dans le dos. Comment penser ensuite qu'il possède un minimum de sens de l'introspection et de la remise en question ?
En ce qui concerne le long article que consacre Marianne aux travers égotiques de Nicolas Sarkozy, il aurait évidemment été plus crédible si la même méthode critique avait été appliquée à la même date aux trois autres prétendants à l’accession au second tour et si certains passages n'étaient pas sujets à caution ("Pourquoi le préfet Dubois, responsable des relations presse de la Préfecture de police, est-il débarqué du jour au lendemain : parce qu'il aurait ricané des ennuis conjugaux du ministre !").
Ce sont peut-être là des détails, mais qui n’en sont pas moins révélateurs. Même si le statut de candidat à l’élection présidentielle suppose une certaine hypertrophie égotique, même si la France a besoin d’un changement profond de gouvernance et de surtout de management politique, même sans aller jusqu'à penser que la rupture risque surtout d'avoir lieu dans sa tête, le parcours de Nicolas Sarkozy me semble plus relever de l'aventurisme politique et de la soif inextinguible de pouvoir que d'une "certaine idée de la France". Cette méfiance paraîtra sans doute à beaucoup exagérée, voire injustifiée et même irrationnelle. Mais elle suffit à me dissuader de donner ma voix à Nicolas Sarkozy.
----- COMMENT: AUTHOR: leducq [Visiteur] DATE: Sat, 21 Apr 2007 16:24:13 +0000 URL: Il est certain que la canard enchainé, c'est pas du "vu à la télé".Versac est en ce moment sur le plateau de Ripostes sur France 5. Comme il ne l'annonce pas lui-même explicitement...
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Tue, 17 Apr 2007 04:38:46 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Merci de vos encouragements, "Clémentine". ----- COMMENT: AUTHOR: Clémentine [Visiteur] DATE: Mon, 16 Apr 2007 20:41:51 +0000 URL: Pour info, parmi les nombreux commentaires du dernier billet de Versac sur la diffusion des résultats du premier tour avant 20h, un billet salue votre démarche, Denis, et la qualité de votre blog.. Co ----- -------- AUTHOR: TITLE: Le débat sur le débat BASENAME: le_debat_sur_le_debat DATE: Sat, 14 Apr 2007 11:15:21 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Présidentielle 2007 CATEGORY: TAGS: ----- BODY:A noter le point de vue publié par Versac dans les Echos de vendredi dernier à propos de l'impossible débat télévisé entre les candidats avant le premier tour. Ceux d'entre eux qui refusent ce débat ou se réfugient derrière des conditions ou des arguties juridiques malvenues (suivez mon regard) assurent peut-être leur sécurité médiatique à court terme en ne prenant aucun risque d'image, mais à priver ainsi l'opinion d'une vraie confrontation accessible à tous, ils ne ne font qu'entretenir le discrédit de la classe politique auprès d'une large partie de l'électorat.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Tue, 17 Apr 2007 11:06:51 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Bien sûr que l'idée du débat sur Internet (peu facile à mettre en oeuvre) n'était pas désintéressée de la part de Bayrou. C'est de la tactique dont use chaque candidat, Bayrou comme les autres. Je per ----- COMMENT: AUTHOR: Charles ANDRE [Visiteur] DATE: Tue, 17 Apr 2007 10:58:54 +0000 URL: http://touvabien.typepad.com Tu ne reproches rien à ceux qui ont attendu que Bayrou en fasse la demande (en citant Agoravox), au moment où il chutait dans les sondages, pour se mettre à réfléchir à l'organisation d'un débat? Pas ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Mon, 16 Apr 2007 16:44:30 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Parce qu'à mon sens, le projet a certes son importance, mais ne constitue pas le seul critère de choix, même s'il reste prépondérant. La "personnalité" du candidat (charisme, capacité d'écoute et de r ----- COMMENT: AUTHOR: potagepekinois [Visiteur] DATE: Mon, 16 Apr 2007 15:30:45 +0000 URL: http://potagepekinois.over-blog.com/ Réba je ne suis ni impliqué ni intéressé si cela implique une quelconque forme de militantisme. Je crois simplement qu'un débat faisant s'opposé deux candidats n'a aucun sens politique. C'est un pur s ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Mon, 16 Apr 2007 14:27:14 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Potage Pekinois> Une des formes du débat n'excluait pas l'autre, bien au contraire. Le "duel" me semble avoir l'avantage de pouvoir servir de révélateur des personnalités, tandis que "l'interrogatoire ----- COMMENT: AUTHOR: Réba [Visiteur] DATE: Mon, 16 Apr 2007 14:21:08 +0000 URL: Salut,Noël Forgeard, Serge Tchuruk et Jean-François Roverato vivent dans un autre pays que vous et moi : le Pays des Gens Heureux.
----- COMMENT: AUTHOR: potagepekinois [Visiteur] DATE: Thu, 19 Apr 2007 15:05:41 +0000 URL: http://potagepekinois.over-blog.com/ Bon bha voilà l'OPE hostile est lancée par Sacyr :) ----- COMMENT: AUTHOR: potagepekinois [Visiteur] DATE: Thu, 19 Apr 2007 10:01:27 +0000 URL: http://potagepekinois.over-blog.com/ Oui tout à fait. ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Thu, 19 Apr 2007 09:55:50 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Je n'ai pas encore lu la presse du jour, mais il me semble qu'il ne fait qu'abandonner ses fonctions éxecutives et qu'il conserve la présidence. ----- COMMENT: AUTHOR: potagepekinois [Visiteur] DATE: Thu, 19 Apr 2007 08:39:56 +0000 URL: http://potagepekinois.over-blog.com/ En l'occurence Roverato quitte son poste de toute façon en juin!! Pas certain que la motivation soit juste de sauver sa place qu'il n'occupera plus dans quelques temps après 20 ans dans la même entrep ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Thu, 19 Apr 2007 08:12:43 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr L'interdiction de vendre était effectivement un moyen de contrer l'offensive de Sacyr, et donc (à mon sens) de sauver son poste pour JF ROVERATO. Mais n'est-ce pas à chaque salarié de décider s'il veu ----- COMMENT: AUTHOR: potagepekinois [Visiteur] DATE: Thu, 19 Apr 2007 07:50:47 +0000 URL: http://potagepekinois.over-blog.com/ Je relisais l'article du Monde dans lequel il y a le détail de la répartition des actions. 22,4% d'entre elles sont détenues par les salariés via Sicavas 2000 et FCPE 2011.
Je dois reconnaître que Nicolas Sarkozy m’a un peu bluffé (une fois de plus…) lundi dernier lors de la présentation de son livre "Ensemble". Mais revenons d’abord sur le détail de ses propositions, en tout cas celles sur lesquelles je peux avoir un avis sans que cela relève du jugement de comptoir (cela risque d’être d’une lecture un peu fastidieuses et je m’en excuse par avance, mais c’est un passage obligé ; le lecteur pressé pourra donc commencer sa lecture quelques lignes avant la photo du renard).
Sur les institutions
- "un gouvernement resserré de 15 ministres engagés sur un contrat de mission à durée déterminée"
Des ministres évalués chaque année et renvoyés à leurs études s’ils n’ont pas atteint leurs objectifs ? Je demande à voir, mais comment ne pas être d’accord ?
- "liberté de présentation au premier tour des élections professionnelles et vote à bulletins secrets obligatoire après huit jours de grève"
Cela devrait éviter que les non-grévistes votent la grève par peur de la réaction des éléments les plus durs. Pour ceux qui doutent de la violence des réactions des salariés de certaines entreprises publiques, allez donc leur expliquer, un jour de manif, que vous trouvez inadmissible qu’ils bloquent le pays pour défendre leurs intérêts corporatistes et vous pourrez vérifier leur sens de la tolérance et du débat…
- "création avant la fin de l'année 2007 d'un service minimum garanti en cas de grève dans les services publics"
C’est la contrepartie du monopole et inhérent à la notion de service public.
- "le chef de l'Etat rendra compte régulièrement de son action devant les Français et le Parlement"
Soit, mais c’est de la com.
- "interdiction de financer par la dette les dépenses de fonctionnement de l'Etat; création d'un ministère des Affaires financières"
C’est une proposition, qui me tient à cœur, faite par François Bayrou ("Je propose d'abord d'inscrire, dans la Constitution, l'interdiction pour un gouvernement de présenter un budget en déficit de fonctionnement hors période de récession. En clair, l'État s'interdira, désormais, de financer ses dépenses courantes, son train de vie, par la dette") lors de la présentation de son programme économique et social (et une idée, ajouterais-je immodestement, qui figurait accessoirement dans "Ras-le-bol")
- "auditions publiques par le Parlement et droit de veto sur les nominations aux fonctions les plus importantes de l'Etat, majorité de non-magistrats au Conseil supérieur de la magistrature (CSM)"
Là encore, comment ne pas être d’accord, mais je demande à voir dans les faits
- "création d'une procédure d'habeas corpus pour garantir que personne ne soit emprisonné sans une décision d'une juridiction collégiale statuant en audience publique"
Cela paraît sain a priori, mais il faudrait plutôt avoir l’avis d’un fin connaisseur des procédures judiciaires, Maître Eolas par exemple.
- "un réforme constitutionnelle limitée soumise au Parlement à l'automne"
Sur quels aspects ? Une limitation au cumul des mandats par exemple ?
Sur l’emploi
- "mise en oeuvre "dès l'été" d'une exonération sociale et fiscale des heures supplémentaires"
C’est à mon sens une fausse bonne idée sur laquelle je me suis déjà prononcé ici.
- "permettre aux étudiants de travailler en franchise d'impôt et aux retraités de cumuler un emploi et une retraite"
C’est une possibilité déjà ouverte aux retraités de la fonction publique et des entreprises publiques. Pourquoi cela devrait-il rester interdit aux autres retraités qui souhaitent continuer à travailler ?
- "fusion de l'ANPE, de l'Unedic et des maisons de l'emploi en un seul service public de l'emploi"
Je ne vois pas effectivement d’avantage particulier à laisser séparés l’organisme payeur des allocations chômage et celui en charge de l’aide au retour à l’emploi.
- "création d'un contrat de travail unique à durée indéterminée"
J’avoue être partagé sur le sujet. Cela ne peut avoir d’intérêt que si un tel contrat permet plus de flexibilité tout en assurant plus de sécurité au salarié, car mieux vaut effectivement un risque élevé de perte d’emploi avec un faible risque de rester au chômage, qu’un risque faible de perte d’emploi avec un risque élevé de rester au chômage comme c’est le cas en France
- "instauration d'une Sécurité sociale professionnelle: une personne licenciée pour des raisons économiques sera salariée par le service public de l'emploi "qui lui garantira 90% de sa rémunération antérieure" pour suivre une formation ou retrouver un emploi"
Effectivement, toute une logique et des mentalités à changer : ne plus s’acharner à protéger des emplois condamnés à disparaître, mais donner toutes les chances à ceux qui occupaient ces emplois d’en trouver un nouveau même s’il n’a aucun rapport avec le précédent.
- "interdiction de refuser plus de deux emplois sans justification"
C’est là une mesure qui se veut de bon sens, mais qui me paraît surtout dangereuse. L’enfer peut être pavé de bonnes intentions. La négociation d’un emploi (missions, objectifs, moyens) et de ses conditions (financières notamment) est une chose compliquée, particulièrement pour des cadres supérieurs. Qui jugera que les propositions refusées ne justifiaient pas de l’être ?
Sur la fiscalité
- "réduire de quatre points en 10 ans les prélèvements obligatoires pour atteindre la moyenne européenne"
Très bien. Je suis convaincu de longue date que l’excès de prélèvements est la première cause de notre croissance anémiée et du chômage de masse. Mais on fait comment là ? Je sais bien que Sarkozy demande par avance que soit acceptée une dégradation temporaire des déficits publics en début de quinquennat, qu’il annonce ne remplacer qu’un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique et qu’une accélération de la croissance permettrait de compenser en termes d’assiettes des prélèvements une diminution en matière de taux. Mais quatre points de PIB, cela représente quand même aux alentours de 65 milliards d’euros. Pour mémoire, le déficit de l’Etat a été réduit à moins de 40 milliards d’euros (2,5 % du PIB) grâce notamment aux recettes de privatisation et à la diminution de la trésorerie disponible. On aurait donc aimé quelques précisions sur des économies en matières de dépenses publiques permettant d’éviter un risque de trop grande dérive des déficits publics. Mais c’est un sujet qui fâche. Surtout en période électorale…
- "ramener de 60% à 50% des revenus le bouclier fiscal"
Compte tenu d’un taux moyen d’imposition de l’ordre de 20 % pour l’impôt sur le revenu, cela profitera à une infime minorité qui arriverait à vivre encore très confortablement même en payant 60 % d’impôt. Cette mesure-là est donc inutile à mon sens. Mais il l’a dit lui-même : Martin (Bouygues) et Arnaud (Lagardère) sont des "frères" pour lui… Sans parler de l'émigré suisse...
- "suppression des droits de succession et de donation pour les patrimoines petits et moyens"
J’aurais préféré une suppression des droits de mutation ("frais de notaire") en cas d’acquisition de la résidence principale, qui aurait profité à tout le monde et plus particulièrement aux jeunes ménages.
- "expérimenter la TVA sociale, transfert d'une partie des cotisations sociales sur la TVA"
Là aussi, j’ai déjà expliqué pourquoi à mon humble avis il fallait ne pas écarter cette piste.
Sur le pouvoir d’achat
- "réunion "dès le mois de juin" d'une conférence avec les partenaires sociaux pour une égalité salariale et professionnelle "totale" d'ici 2010 entre les femmes et les hommes"
Soit. Vœu pieux ?
- "augmentation de 25% du minimum vieillesse, revalorisation des petites retraites et des pensions de réversion"
- "réforme en 2008 des régimes spéciaux de retraite"
J’applaudis évidemment des deux mains. Et je demande à voir.
Sur le logement
- "droit au logement opposable devant les tribunaux"
Laissons la parole à un juriste
- "déduction de l'impôt sur le revenu des intérêts des emprunts immobiliers"
Il faut voir les conditions, notamment en termes de revenu maximum (j’ai lu 40.000 € maximum dans la presse, ce qui me paraît aberrant, puisqu’il convient de tenir compte du nombre de parts du foyer fiscal). Cela risque évidemment de favoriser le maintien de prix élevés, mais 1/ ce ne sont pas les prix qui posent problème, mais la capacité financière des ménages 2/ ce ne sera pas pire que d’avoir favorisé depuis 10 ans avec les régimes Périssol, Besson, Robien et Borloo les mieux lotis qui pouvaient acheter pour louer.
- "suppression de l'obligation de caution et de dépôt de garantie pour les locataires"
Sur la solidarité
- "instauration d'une franchise sur les soins médicaux"
Bof. Je suis plus favorable à une révision des sources de financement qu’à un coût accru pour les assurés sociaux qui pèsera lourd dans les budgets des ménages les plus modestes
- "rendre opposables devant les tribunaux les droits des handicapés"
- "plan de prévention et de recherche sur les maladies de la vieillesse, notamment la maladie d'Alzheimer"
- "création d'une cinquième branche de la protection sociale pour les personnes âgées dépendantes"
Sur l’immigration
- "création d'un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale"
- "instauration de plafonds annuels d'immigration"
- "obligation d'apprendre le Français avant de s'installer en France"
- "le regroupement familial ne sera possible que si la personne a un logement et un travail lui permettant de faire vivre sa famille"
De façon générale, la question de l’immigration ne m’intéresse guère, parce que je considère qu’elle ne se poserait pas si nous étions en situation de pleine emploi avec une croissance du pouvoir d’achat de 5 % minimum tous les ans pour tout le monde. Hormis la question très particulière du fanatisme et du prosélytisme islamique, le problème des banlieues et de l’intégration des immigrés n’est qu’une conséquence de la situation économique et sociale très dégradée que nous connaissons depuis 25 ans (je vais me faire huer, mais cela m’est égal, je suis convaincu qu’on en parlerait pas si tout le monde pouvait voir les lendemains en rose).
Sur l’autorité
- "mise sous tutelle des allocations familiales pour les parents qui renoncent à assumer leur mission éducative"
- "création d'une "union civile" donnant les mêmes droits aux couples homosexuels qu'aux couples mariés, à l'exception de la filiation et de l'adoption"
- "allocations familiales dès le premier enfant"
Il serait temps d’avoir une politique qui favorise les couples avec enfants plutôt que les célibataires et les couples sans enfants. Cela paraîtra rétrograde à certains, mais ils n’ont sans doute pas d’enfants à faire garder, à nourrir, habiller etc.
- "suppression des droits de donation et de succession "à l'exception des plus riches""
Sujet déjà évoqué
- "que les élèves se lèvent quand les professeurs entrent dans les classes"
Très bien. Un de mes profs au lycée (d’allemand qui plus est) l’imposait et je ne suis pas devenu facho pour autant.
- "création d'un service civique obligatoire de six mois"
S'il n'y a pas de pistonnés pour y échapper...
- "des peines planchers pour les multirécidivistes et fin de l'excuse de minorité pour les jeunes délinquants"
Sur les banlieues
- "mise en place "pendant l'été" d'un plan Marshall de formation des jeunes sans qualification des quartiers difficiles"
Sur l’école, l’enseignement supérieur et la recherche
- "création d'études dirigées dans tous les établissements "pour que les enfants dont les parents le souhaitent puissent faire leurs devoirs à l'école avec l'aide d'une personne compétente""
- "plus d'autonomie aux établissements pour leur permettre de développer leur projet pédagogique spécifique"
- "remplacement de la carte scolaire par une obligation de mixité sociale, géographique et scolaire des effectifs, qui pèsera sur les établissements"
- "augmentation des moyens des universités et de la recherche"
- "autonomie réelle pour les universités volontaires"
D’accord, mais, de façon générale les priorités restent 1/ de faire un vrai travail d’explication pour une meilleure orientation : aujourd’hui, on s’en sort mieux en étant plombier à son compte qu’en étant diplômé en sociologie, et pour autant, des bacheliers s’engouffrent dans des études de sociologie sans débouchés et il n’y a pas assez de non-bacheliers pour s’inscrire en CAP de plomberie 2/ d'arriver à rationaliser les filières caducs.
Sur l’Europe- doter la zone euro d'un "gouvernement économique"
- "adopter avant 2009 un "traité simplifié", "limité aux questions institutionnelles" pour sortir l'Europe de l'impasse"
- "contre l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne"
Sur le développement durable
- "création d'un grand ministère du Développement durable"
- "une fiscalité écologique "pour inciter les Français à adopter des comportements vertueux, notamment une TVA à taux réduit sur les produits propres""
- "taxation des produits venant des pays ne respectant aucun engagement en matière écologique"
Sur l’international
- "maintien de l'effort de défense "au moins à son niveau actuel""
- "favoriser le développement des pays pauvres en mettant en place une Union méditerranéenne avec les pays du Sud"
A la lecture de ce catalogue, je devrais normalement être enclin à voter pour Nicolas Sarkozy. En matière économique et sociale, cela correspond globalement à mes convictions (accent mis sur la production de richesses sans que leur redistribution soit occultée) ; sur le plan de la stratégie politique, la candidature de Sarkozy ne souffre pas des incertitudes que présente celle de François Bayrou, notamment en termes de majorité parlementaire ; sur le plan de la démarche, son volontarisme, son retour à plus de cohérence, la recherche d’équité qu’il revendique et la fin de la récréation de 25 ans qu’il nous promet de siffler (comme Alain Juppé l’avait tenté en 1995 avec son projet de réforme de la Sécurité Sociale…) ne peuvent qu’avoir mon aval.
Hormis quelques points de désaccord et quelques imprécisions sans doute volontaires (notamment en matière de baisse des dépenses publiques), tout cela ne peut donc que me plaire et Nicolas Sarkozy devrait m’apparaître comme un de ces lions rugissants qui, dans la parabole de Pareto sur la circulation des élites, cherchent à éliminer les vieux renards détenteurs du pouvoir. Et pourtant. Qu’est-ce qui fait donc que la candidature de Nicolas Sarkozy ne trouve pas grâce à mes yeux ?
Un entourage de renards

D’abord parce que, si tant est qu’il soit un lion, il est entouré de renards. Les Raffarin, Douste-Blazy, Copé etc, tous ceux qui ont été les fidèles indéfectibles d’un Jacques Chirac soucieux de la seule conservation du pouvoir pour le pouvoir et qui aura au final fait perdre 12 ans à la France, dont 5 avec la complicité d’un Parti Socialiste englué dans sa vision rétrograde et dogmatique de l’économie. Donc, Sarkozy est entouré de renards qui portent chacun une part de responsabilité dans le délabrement économique, social et moral qui gangrène la France et je ne vois pas comment ces gens-là pourraient tout à coup faire ce qu’ils n’ont pas voulu faire auparavant par lâcheté et électoralisme, comment leur viendrait soudain le sens de l’intérêt général.
Faux lion ?

Ensuite, je reste méfiant parce que son bilan en tant que Ministre de l’Economie et des Finances ne plaide pas en sa faveur. Un seul exemple : Il nous annonce vouloir réformer les régimes de retraite. Mais il a été le Ministre de l’Economie et des Finances qui a autorisé l’adossement du régime spécial de retraite des IEG (industries électriques et gazières) au régime général dans des conditions iniques. Va-il nous expliquer dans quelques mois que le régime spécial d'EDF n'a pas besoin d'être réformé puisqu'il l'a déjà été ? (d’ailleurs, croyez-vous qu’il reconnaîtrait maintenant avoir été laxiste en 2004 ? Allons donc. Cette suffisance est d’ailleurs un motif accessoire de mon rejet à son égard).
Bon, admettons que c’était il y a 4 ans, qu’il est désormais convaincu de la nécessité de faire bouger les choses, et qu’il s’applique s’il est élu à mettre en œuvre toutes les propositions examinées précédemment.
ou lion empaillé ? (merci Gérard)

Le plus probable est un nouveau décembre 1995 au troisième quadrimestre 2007, quand il voudra imposer la mise en place d’un service minimum (sans parler des agressions envers les forces de l’ordre, voire des éventuelles émeutes, dans les banlieues dès le mois de juin compte tenu de l’allergie à sa personne). Là, face au blocage du pays, soit il tient bon (comme Margaret Thatcher face aux mineurs), on en prend pour plusieurs semaines à aller au boulot à pied, mais il a le champ libre ensuite et je suis prêt à faire le tour de la place de la Concorde en string léopard pour saluer son mérite et reconnaître mon erreur de jugement. Soit il finit par lâcher en vidant la réforme de sa substance pour sauver la face, c’en est fini des réformes, et il faudra attendre une bonne crise financière ou sociale pour que les choses changent.
Là où je doute, c'est sur sa légitimité à briser les résistances corporatistes bien ancrées auxquelles il va se heurter. Parce que quoi qu’il en dise, il reste un pur produit de cette classe politico-economico-médiatique que les Français, dans une relation profondément schizophrène, abhorre tout en la jalousant secrètement, à force de scruter la vie plus moins dorée ou pailletée de ses représentants dans les pages des magazines people. Ses origines neuilléennes et ses relations avec le tout-Paris des affaires lui reviendront comme un boomerang quand il s’agira de s’attaquer aux bastions syndicaux. Et pourtant, j'aimerais tellement trouver un vrai lion pour qui voter...

Après avoir bloqué le port de Marseille pendant 18 jours au nom de la "défense du service public", prenant ainsi le risque de faire fuir les clients du port et les emplois (privés) qui vont avec vers Gênes ou Barcelone, la CGT confirme son égoïsme et son sens du chacun pour soi (sous couvert de un pour tous), en obtenant de la justice l’interdiction de l’ouverture le dimanche dans la zone commerciale de Plan-de-Campagne située entre Marseille et Aix-en-Provence et déclare que "c'est une victoire pour l'ensemble du monde du travail". Non, Messieurs de la CGT, c’est la victoire d’une minorité de salariés nantis qui craignent par-dessus tout de voir remis en cause un jour leurs privilèges en matière de sécurité de l’emploi, de régime spécial de retraite et de comité d’entreprise, et sont prêts à tout pour défendre leurs petits intérêts catégoriels, y compris à sacrifier les emplois et les salaires de leurs "collègues" du secteur privé.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Fri, 06 Apr 2007 05:09:33 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Tu as encore raison...sur le principe (éviter le nivellement par le bas). Mais là il s'agit de faire des ajustements qui auraient dû être faits il y a 25 ans, lorsque le départ en retraite des baby-bo ----- COMMENT: AUTHOR: Réba [Visiteur] DATE: Fri, 06 Apr 2007 02:32:01 +0000 URL: Pas de problème Denis,Le temps d’un billet (et peut-être même de deux avec la suite promise de Caméra KF(é)), je m’éloigne de l’actualité de l’élection présidentielle qui approche à grand pas. Pas tant que cela quand même au cas présent, puisque le logement constitue, avec l’emploi et le pouvoir d’achat, une des principales préoccupations des électeurs et que le sujet n’est pas sans rapport non plus avec l’avenir de nos systèmes de retraite.
Je reviens donc (avec un peu de délai…) sur un débat que j’ai eu avec Versac sur la question de savoir s’il faut louer sa résidence principale quand on a les moyens financiers de l’acheter.
J’ai volontairement biaisé la question, parce qu’aujourd’hui, pour un certain nombre de ménages, la question de savoir s’ils doivent acheter ou louer leur logement ne se pose même pas. Ils en sont réduits à louer un logement qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter (notamment parce que les prix ont progressé beaucoup plus vite que les loyers ces dernières années, Cf. infra). Et seuls les ménages qui disposent d’un apport initial significatif, grâce par exemple à une donation de leurs parents ou grands-parents, peuvent encore acheter là où ils le souhaitent.
L’exemple pris par Econoclaste dans une réponse à une internaute me semble donc insuffisamment représentatif : quand on peut trouver un logement à sa convenance pour un loyer de 1.000 € par mois et sortir en plus 1.000 € pour les verser sur un produit d’épargne (ce qui suppose une rémunération mensuelle d’au minimum 1.000 / 33 % + 1.000 = 4.000 €), on peut effectivement peut-être se permettre de rester locataire (encore que, mais ne déflorons pas trop le sujet). Mais combien de ménages candidats à l’accession sont réellement dans ce cas de figure ? La plupart me semblent plutôt se trouver dans la situation où après avoir mis 33 % de leur revenu mensuel dans leur loyer, il ne leur reste guère de marge de manœuvre pour épargner.
Quatre paramètres qui influencent le choix entre achat et location
L’arbitrage à faire entre acquisition et location de sa résidence principale est susceptible de varier dans le temps, puisqu’il est déterminé (pour ne pas dire contraint…) par les évolutions comparées des prix de l’immobilier, des loyers, des taux d’intérêt et des revenus. Les prix des logements ayant augmenté beaucoup plus rapidement que les loyers ces dernières années (Cf. graphiques : les prix ont doublé en moyenne depuis 2000 alors que les loyers n’ont augmenté que d’environ 1/3), un ménage peut aujourd’hui ne pas avoir les moyens d’acheter le logement qu’il loue, alors qu’en 2000, le loyer d’un logement était à peu près équivalent à la charge du crédit nécessaire à son acquisition.
Deux arguments majeurs en faveur de l’acquisition de sa résidence principale
Au-delà de l’effet de levier du crédit, habituellement mis en avant par les partisans de l’acquisition de la résidence principale et pour lequel on peut trouver moult simulations difficilement critiquables (montrant notamment que même en cas de baisse des prix et malgré les "frais de notaire", l’acquéreur se trouve quand même gagnant dès lors qu’il conserve le bien acquis au moins 13 ans), deux aspects me semblent devoir être soulignés quant au point de savoir s’il convient d’être ou non propriétaire de sa résidence principale.
1) Une opération de prévoyance
D’abord, l’acquisition constitue une opération de prévoyance qui ne doit pas être négligée par ceux qui ne bénéficient pas d’un dispositif particulier par le biais de leur entreprise. La plupart des grandes entreprises font en effet bénéficier leurs salariés de système de prévoyance décès et invalidité dont elles prennent en charge tout ou partie des cotisations.
A titre d’exemple, si je décède prématurément d’un infarctus ou dans un accident de la circulation, mon épouse percevra un capital égal à 4 fois ma rémunération annuelle brute - c’est presque une incitation au meurtre… ;-) - et une rente égale à 55 % de ma rémunération annuelle brute (dont 3 x 15 % tant que nos 3 enfants poursuivront des études et au plus tard jusqu’à leur 25e anniversaire). De quoi largement financer l’achat d’un appartement équivalent au nôtre, qu’elle ne pourrait plus louer avec son seul salaire (à peine supérieur à notre loyer).
Les salariés des fonctions publique, territoriale et hospitalière et la plupart des salariés de PME ne bénéficient pas de ce type de dispositif, ou en tout cas pas aussi généreux. Dès lors, l’acquisition de la résidence principale en est un bon palliatif, grâce à l’assurance-décès invalidité dont le crédit est quasi-obligatoirement assorti (selon les établissements, de 0,35 % à 0,50 % par tête assurée hors surprime). En cas de décès prématuré ou d’invalidité totale, l’assurance remboursera le crédit et permettra au conjoint survivant de conserver un logement qu’il ou elle n’aurait peut-être plus les moyens de se payer avec un seul revenu.
Donc, pour tous les ménages dont l’essentiel, voire la totalité des revenus dépend d’un seul des conjoints (cas fréquent lorsque l’épouse ne travaille pas ou plus ou seulement à temps partiel) et qui ne bénéficie pas d’un régime de prévoyance à la charge de l’employeur, l’acquisition de la résidence principale permet de mettre à l’abri le conjoint sans emploi ou aux revenus moindres, en cas de décès prématuré ou d’invalidité totale du principal contributeur aux ressource du ménage.
Il est certes toujours possible de rester locataire tout en souscrivant une assurance-décès garantissant le versement d’un capital ou d’une rente en cas de décès ou d’invalidité totale. Mais s’agissant alors d’un contrat individuel, les cotisations augmenteront parallèlement à l’âge de l’assuré, jusqu’à atteindre des niveaux assez lourds, contrairement aux assurances collectives qui constituent la plupart des assurances liées à un crédit, où le risque viager est mutualisé et où la cotisation (les 0,35 % à 0,50 %) est fixée une fois pour toute sur la durée du crédit.
2) Pallier l’incertitude pesant sur les retraites
La question de savoir s’il vaut mieux acheter ou louer son logement est par ailleurs appréciée de façon instantanée dans le temps (c’est un peu prétentieux comme formulation, mais je n’ai rien trouvé de plus simple), et rarement mise en perspective, notamment au regard de l’évolution prévisible des régimes de retraite par répartition.
Tous les raisonnements et les simulations sur le choix entre acquisition et location de la résidence principale reposent sur l’hypothèse implicite d’un maintien des revenus dans le temps. C’est une hypothèse qui me semble assez hardie au vu de la déliquescence prévisible des régimes de retraite par répartition. Si le montant de nos retraites futures était assuré, il n’y aurait pas de problème à rester locataire. Mais l’augmentation constante du nombre de retraités par rapport au nombre d’actifs laisse présager la poursuite de la diminution du taux de remplacement, i.e. du rapport entre pensions de retraites et dernier salaire.
Dans 20 ou 30 ans, si les pensions de retraite ne représentent plus que 40 % ou encore moins du dernier revenu d’activité, comment feront ceux qui seront restés locataires et dont le loyer lui ne baissera pas ? N’auront-ils pas d’autre choix que de déménager pour un logement plus petit ou une région aux loyers moins élevés, alors que ceux qui auront fini de rembourser leur emprunt et seront propriétaires de leur logement pourront y rester, même en cas de forte baisse des pensions de retraite ?
La forte incertitude qui pèse sur les retraites par répartition à horizon 20 ou 30 ans, et un souci de simple prévoyance sont donc deux arguments qui militent à mon sens en faveur de l’acquisition de la résidence principale. On peut toutefois y apporter quelques bémols :
=> Certains peuvent compter sur le patrimoine à hériter de leurs parents et donc s’exonérer au moins de l’interrogation quant à leur revenu à l’âge de la retraite (ne leur reste plus alors que la question de la prévoyance). Sous réserve toutefois que l’allongement de l’espérance de vie et l’augmentation de la dépendance n’amènent pas leurs parents à gager ce patrimoine en ayant recours à un prêt viager hypothécaire (PVH).
=> Comme le souligne à juste titre Alexandre Delaigue (un des créateurs d'Econoclaste), la propriété constitue quand même une entrave à la mobilité professionnelle et donc à l’employabilité (Cf. la corrélation entre chômage et propriété). Il serait bienvenu à ce titre de rendre fiscalement neutre le choix entre acquisition et location, notamment en supprimant les droits de mutation sur les ventes d’immeuble, improprement qualifiés de "frais de notaire", qui grèvent significativement le budget d’achat d’un logement (environ 7 % du prix d’acquisition).
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Tue, 17 Apr 2007 10:41:03 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Eric, c'est pour cela que j'ai choisi le titre "faut-il louer quand on a les moyens d'acheter". Comme vous le soulignez, l'achat reste de la théorie pour de trop nombreux ménages, notamment les famill ----- COMMENT: AUTHOR: ericparis11 [Visiteur] DATE: Tue, 17 Apr 2007 10:30:33 +0000 URL: Excellente analyse, mais totalement théorique, car biaisée par un point incontournable : "aujourd’hui, pour un certain nombre de ménages, la question de savoir s’ils doivent acheter ou louer leur loge ----- -------- AUTHOR: TITLE: Etonnement BASENAME: etonnement DATE: Mon, 02 Apr 2007 20:14:49 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Médias CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Quand je suis sorti de mon bureau ce soir à 19 heures 30, plusieurs véhicules de pompiers se dirigaient sirènes hurlantes vers la place de la Madeleine d'où s'échappait une épaisse fumée noire. Un badaud évoquait un incendie sur la ligne 14 du métro. L'air était effectivement piquant et âcre dans la station Madeleine. Quand j'en suis ressorti 10 minutes plus tard faute d'avoir pu monter dans les rames qui ne marquaient plus l'arrêt, la place de la Madeleine était remplie d'une bonne trentaine de véhicules de secours, les accès étaient bloqués et les pompiers s'affairaient au-dessus des grilles d'aération du métro. Plus de 2 heures 30 plus tard, je suis très étonné de ne trouver aucune trace de cet incendie dans les fils d'actu. Non pas que j'y vois une quelconque tentative de passage sous silence. Mais alors que le moindre fait divers est immédiatement repris par tous les médias dans la société de communication où nous vivons, un incendie spectaculaire (et j'espère sans victime) en plein coeur de Paris ne fait l'objet d'aucune dépêche de la part de médias qui nous ont pourtant habitués à une hyper-réactivité.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Thu, 05 Apr 2007 17:44:06 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Non, Marc, je n'ai surtout pas le temps. Le système est ainsi fait... ----- COMMENT: AUTHOR: Marc_B [Visiteur] DATE: Thu, 05 Apr 2007 11:01:52 +0000 URL: Bah alors Denis, et ta démarche de révolte ? ta colère ?
A noter le concours sous forme de quizz (avec des questions qui changent à chaque connexion...), permettant de gagner le dernier livre de Laurent Greilsamer (rédacteur en chef au Monde) intitulé "Le dico de la présidentielle".
PS pour les esprits logiquement soupçonneux ou carrément malveillants : je ne touche aucune commission sur les ventes. Laurent Greilsamer et moi-même étant clients du même fromager, il m'a parlé de son "quizz". Je n'ai lu ni le livre, ni même l'extrait, mais avec 25 gagnants par semaine pendant 7 semaines selon le réglement du concours, j'ai considéré que cela faisait une chance raisonnable de gagner pour un de mes visiteurs et que cela valait donc bien un billet.
----- -------- AUTHOR: TITLE: Politique de l’offre ou politique de la demande ? BASENAME: politique_de_l_offre_ou_politique_de_la DATE: Fri, 30 Mar 2007 08:59:37 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Situation économique CATEGORY: TAGS: ----- BODY:
La profession de foi keynésienne, qui ne dit pas son nom, de l’OFCE dans son "E-book de campagne" (y figure dès l’introduction une phrase comme "L’Etat est le moyen de mettre en scène notre avenir collectif, la dette publique en est un puissant levier.") est l’occasion d’un retour sur l’alternative qui existe en matière de politique économique, entre politiques de l’offre et politiques de la demande.
Les politiques de l’offre, d’inspiration dite classique ou néo-classique, qui sont souvent présentées (de façon un peu réductrice…) comme consistant à alléger les charges pesant sur les entreprises, ont pour objectif de favoriser l’innovation et l’investissement, l’offre par l’innovation (téléphone mobile et Internet dans les années 90) créant de nouveaux besoins qui viennent augmenter la demande.
Les politiques de la demande, inspirée par la théorie keynésienne, s’attachent à favoriser l’investissement public (à l’instar des politiques de grands travaux) ou la demande ou la demande interne (consommation des ménages et/ou investissement des entreprises), dont la hausse doit ensuite avoir un effet bénéfique pour tous les acteurs de l’économie (augmentation des revenus des entreprises et des ménages).
De façon certes un peu schématique, les politiques économiques menée en France ces 10 dernières années, que ce soit par les gouvernements Jospin, Raffarin ou Villepin ont favorisé la demande, et notamment la consommation des ménages (Prime pour l’Emploi, baisse de l’impôt sur le revenu etc), devenu le principal voire le seul moteur de la croissance "douce" (selon l’expression de l’INSEE, c’est vrai que c’est moins connoté que "molle").

Les deux principaux inconvénients de ces politiques de la demande ont été d’une l’effet boule de neige qu’a connu la dette publique et d’autre part le gonflement des importations qui a transformé notre excédent commercial en un déficit de 30 milliard d’euros. En économie ouverte, la stimulation de la consommation profite en effet à tout le monde, le consommateur se soucie peu de savoir s’il achète français ou … chinois.
Mieux qu'un long discours : la progression des dépenses des ménages en produits manufacturés (en croissance de plus de 30 % entre 2000 et 2007) ...

...a plus profité aux importations (+ 45 % en volume sur la même période)...

...qu'à la production industrielle française (qui progresse elle d'à peine 3 % depuis 2000)

Au regard des piètres résultats de ces politiques orientées vers la demande, il serait peut-être temps d’accepter l’idée qu’il faut désormais expérimenter une politique de l’offre, et ce même si le fait qu’une telle politique soit prônée par les milieux patronaux ne risque pas de jouer en sa faveur aux yeux d'électeurs majoritairement rétifs à la compréhension des mécanismes économiques.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Tue, 17 Apr 2007 16:35:21 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Si on suit votre raisonnement, il faudrait augmenter la durée travaillée ?Toujours à l'initiative de Versac, la huitième édition de la République des Blogs se tiendra le mercredi 28 mars à partir de 19 heures, au Pavillon Baltard, un café situé 9 rue Coquillière à Paris Ier (métros Louvre-Rivoli ou Les Halles).
Tous les détails (blogueurs annoncés, accès etc) ici.
----- -------- AUTHOR: TITLE: Maman, quand je serai grand, je veux être sociologue de la communication… BASENAME: maman_quand_je_serai_grand_je_veux_etre DATE: Mon, 26 Mar 2007 20:57:28 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Education CATEGORY: TAGS: ----- BODY:… comme tous les autres enfants de ma classe !
Aucun de mes fils n’a encore dit cela à mon épouse, mais si Ségolène était élue, cela ne saurait tarder…
Le quotidien 20 minutes a interrogé les candidats à propos de leurs mesures en faveur de l’insertion des jeunes. Parmi leurs réponses, les propositions de Ségolène Royal sont à mon sens un bon exemple de la façon dont elle va contribuer à renforcer l’assistanat et en même temps les désillusions de générations entières de diplômés, tout en gaspillant allégrement l'argent public (c’est un adverbe qu’elle ne doit pas beaucoup aimer, avec "Allègre" dedans ; comme ce mot de vieux français qui désignait des jumeaux : "besson"), tout en dépensant donc les deniers publics, i.e. mes impôts et les vôtres pour ceux qui n’auraient pas encore percuté.
Avec ses emplois-tremplins et son allocation-étudiant, elle ne fera, quoiqu’en pensent les dizaines de milliers de manifestant anti-CPE intoxiqués et manipulés par Bruno Julliard et consorts, qu’inciter la jeunesse à s’engouffrer dans les voies de garage de l’université, alors que des formations, certes moins prestigieuses, parce que moins en vogue à Saint-Germain-des-Prés, mais aux débouchés assurant un pouvoir d’achat sans commune mesure, sont en mal de candidats. Quel effroyable gâchis…
NB : Ici les propositions de Nicolas Sarkozy. Il m’agace, mais quand je lis cela, je dois convenir qu’il a une autre stature. J’aurais aimé que Bayrou ait ce discours.
----- COMMENT: AUTHOR: Le Citadin [Visiteur] DATE: Tue, 27 Mar 2007 13:25:10 +0000 URL: je dois vous le dire; ça me fait plaisir de vous lire...
Ségolène s'est refusée à répondre à la question du financement des retraites, en prétextant que la mise en place d’une CSG-retraites relève de la compétence d’un Secrétaire d’Etat au Budget, mais "pense que tous les Français devraient avoir chez eux le drapeau tricolore". Si ça, ça ne relève pas d’un Sous-secrétaire d’Etat aux Animations culturelles et sportives… La candidate socialiste a d’ailleurs oublié de préciser si une aide publique serait mise en place pour financer l’achat d’un drapeau par chaque foyer. Evidemment qu’il serait très bien de voir les façades fleuries de drapeaux tricolores aux moments forts de la vie du pays. Cela résoudra-t-il pour autant le problème de l’équilibre des régimes de retraite par répartition ? On serait quand même en droit d’attendre un peu plus de hauteur de vue dans le débat présidentiel.
----- COMMENT: AUTHOR: Fleur de Lys [Visiteur] DATE: Thu, 29 Mar 2007 10:28:23 +0000 URL: Aetius, Angelique : oui ! ou " Baton" non ?
Les candidats à l’élection présidentielle ont fait recette aujourd’hui au Salon du Livre. Les autres hommes politiques présents moins.
L’affluence de badauds et de journalistes était forte autour du stand Hachette Littératures en attendant l’arrivée du candidat altermondialiste José Bové. Quand j’y suis repassé quelques minutes plus tard, il était arrivé, mais c'était impossible d’apercevoir la célèbre moustache de José Bové venu dédicacer "Candidat rebelle" (désolé pour l’autographe, Aetius).
Sur le stand Fayard, Jean-Pierre Chevènement s’ennuyait ferme faute de lecteurs de son dernier ouvrage "La faute de M. Monnet", tandis que sur le stand Grasset, Jean-Pierre Raffarin avait à peine plus de monde pour son opus-conseil au candidat de l’UMP "La dernière marche".
Il y avait finalement plus de monde pour Anne Goscinny que pour ces deux dinosaures de la vie politique et j’ai trouvé ça plutôt rassurant.
Impossible en revanche de s’approcher du stand des Editions Plon où François Bayrou, entouré d'une forêt de micros et de caméras, dédicaçait son livre "Projet d’espoir".
Une heure plus tard, la file d’attente des candidats à la dédicace ayant significativement diminué, je m’y faufile, un exemplaire de "Ras-le-bol" à la main. Quelques minutes après, me voilà en train d’expliquer au candidat de l’UDF que j’ai commencé à écrire en 2003 et publié en 2005 l’histoire d’un type qui veut instaurer une nouvelle façon de gouverner et dépasser les vieux clivages gauche-droite pour sauver le pays. Gentiment, il me demande si cela m’arrive souvent d’avoir des visions prémonitoires. C’est me faire beaucoup d’honneur. Tout occupé à rédiger ma dédicace, je marmonne qu’il fallait juste saisir les enjeux, l’humeur des Français et l’air du temps. Mais je doute quand même qu’il ne lise ne serait-ce qu’une seule page du prologue ou de la postface. Il ne me reste plus qu'à lire l'exemplaire du sien qu'il m'a dédicacé.
Quand, l’esprit encore un peu embrumé par le sommeil, j’ai entendu avant-hier matin sur BFM que l’OFCE lançait son "E-book de campagne à l’usage des citoyens", ma première réaction a été de me dire "en voilà une bonne chose". D’autant que j’avais entendu la veille sur Radio-Classique (oui, je sais, je n’écoute que les informations économiques et financières au réveil, chacun ses vices) une interview de Michel Didier, le directeur général de Rexecode (organisme réputé proche des milieux patronaux) qui annonçait le premier volet d’une analyse comparative en matière d’emploi des propositions de Sarkozy, Royal et Bayrou.
Témoins des attentes des électeurs, il semblait donc que venaient, après le travail de chiffrage du coût des propositions des candidats, les outils d'aide à l’analyse et à la compréhension des impacts économiques et sociaux des propositions des principaux candidats. Las !
A 6 heures 20 avant-hier matin, j’ai bien un peu tiqué en entendant Jean-Paul Fitoussi s’étonner de l’importance donnée à la question de la dette publique (ce qui n’a pas manqué de réveiller la neurone où était stockée l’info "Fitoussi proche du PS"), mais bon, surtout préoccupé par le nombre d’oranges à presser pour le petit déjeuner de toute la famille, je me suis fait la remarque qu’après tout, cela ne pouvait pas faire de mal au regard de l’inculture économique et financière presque assumée de mes concitoyens.
Un peu plus tard dans la journée, j’ai voulu découvrir par moi-même ce "E-book" de l’OFCE. Première remarque totalement neutre : je ne suis pas certain que cela puisse servir à éclairer le choix des masses, dans un sens ou dans l’autre. 229 pages de chiffres, de graphiques et de démonstrations économiques (partisanes mais j’y reviens) suffiraient à décourager les plus motivés des électeurs. Je dois d’ailleurs l’avouer tout de suite : par manque de temps, je n’ai pas eu le temps de lire les 229 pages du document complet et je me suis contenté de l’introduction et du chapitre consacré à la dette et aux déficits publics. Cela m’a suffi pour être saisi d’effroi.
"La question des finances publiques et, singulièrement, celle du poids de la dette publique sont revenues au centre du débat public, à la suite notamment de la publication du rapport Pébereau le 14 décembre 2005. La charge de la dette (2,5 % du PIB en 2005) serait le deuxième poste de dépenses de l’Etat et absorberait la quasi-totalité des recettes de l’impôt sur le revenu. La France vivrait à crédit depuis 30 ans : les générations actuelles reporteraient la charge des dépenses publiques sur les générations futures. Chaque nouveau-né en France hériterait d’une dette de l’ordre de 17 500 euros."
Au-delà de la critique implicite (et même carrément explicite plus loin), par l’utilisation dans ce premier paragraphe du conditionnel, des conclusions du rapport Pébereau, pourtant établies par des personnalités de tous horizons politiques (Nicole Notat, Philippe Herzog et Didier Migaud pour ne citer que les moins soupçonnables de dogmatisme ultralibéral), j’ai été particulièrement estomaqué par la présentation partisane, pour ne pas dire fallacieuse, qui est faite, dans la suite de ce premier paragraphe, de la situation financière de l’Etat et des prétendus bienfaits de la dette publique.
Les trois auteurs affichent quand même leur engagement partisan au détour du second paragraphe :
"La thèse selon laquelle les programmes électoraux ne devraient désormais prévoir aucune hausse des dépenses publiques, voire au contraire de fortes baisses, au nom de la quasi-banqueroute publique apparaît en effet pour le moins contestable."
Les trois auteurs agitent ensuite le spectre de la rupture de la solidarité intergénérationnelle :
"La dette publique est ainsi parfois caricaturée en moyen pour les générations actuellement au pouvoir de faire financer leurs dépenses par les jeunes générations, celles-ci ne recevant rien en contrepartie compte tenu de la crise de l’Etat-providence et se trouvant donc enjointe de ne pas honorer le contrat intergénérationnel. On peut noter que ce raisonnement est auto-validant : si les jeunes générations sont convaincues et refusent de payer, l’Etat-providence s’effondrera immanquablement. Ainsi, plus cette thèse se répand, plus la pérennité de l’Etat-providence est menacée car plus les jeunes peuvent être tentés de faire défaut. Au contraire, s’ils jouent le jeu social des générations, l’Etat-providence ne s’effondrera pas et les jeunes en auront les avantages, comme les générations précédentes."
Autrement dit, ceux qui dénoncent la dérive de la dette au détriment des générations futures seraient de dangereux apprentis-sorciers qui alimentent les risques de prophétie auto-réalisatrice. Rappelons toutefois que, sauf à immigrer massivement ailleurs (scenario pour le moins imporbable), les générations futures n’ont guère de moyens de s’exonérer de cette solidarité intergénérationnelle. Les prélèvements obligatoires portent bien leur nom : les cotisations sociales sont prélevés à la source par les entreprises ; la TVA est collectée par ces mêmes entreprises ; il n’y a guère que de l’impôt sur le revenu dont ces jeunes générations pourraient faire grève et encore le prélèvement à la source aura-t-il été institué d’ici là. M. Fitoussi peut se rassurer et dormir tranquille. Il y aura encore des actifs pour verser des cotisations sociales qui serviront au paiement de sa pensions de retraite.
Lorsque les auteurs s’attaquent à la mesure de la dette publique, on atteint alors des sommets dans la mauvaise foi partisane : "la France n’est pas endettée vis-à-vis de l’étranger" (environ la moitié de la dette l’Etat est pourtant détenue par des non-résidents) puisque "si l’on considère l’ensemble des agents publics et privés", "les avoirs nets de la France sont faiblement positifs, de l’ordre de 10,5 % du PNB". Plutôt que "d’hériter d’une dette de l’ordre de 17.500 euros", "le nouveau-né français est donc riche en moyenne, à sa naissance, de 172.000 euros (la somme des patrimoines publics et privés divisé par le nombre d’habitants)". C’est arithmétiquement vrai, mais financièrement et juridiquement faux. Comment peut-on laisser croire que chaque nouveau-né français serait propriétaire à sa naissance d’une partie des placements de trésorerie des entreprises du CAC 40 et des économies des voisins de ses parents ? La prochaine fois que ma banque me demandera comment je compte rembourser mon découvert, je ne manquerai pas de lui répondre qu’il n’y a pas à s’en inquiéter, puisque mon voisin a sans doute un solde créditeur qui compense mon découvert.
Enfin, se fondant sur le taux élevé d’épargne des ménages (n’est-il pas élevé justement parce l’Etat et les organismes sociaux accumulent les déficits qui font que les ménages anticipent une hausse future des prélèvements ?), les auteurs nous assènent que "globalement, la France consomme nettement moins qu’elle ne produit et ne vit pas « à crédit »".
En réaction à cette tentative de lavage de cerveau en faveur du programme socialiste, j’étais presque tenté ensuite de voter Nicolas Sarkozy.
C’est vrai que le niveau de la dette n’a aujourd’hui rien d’insoutenable (c’est sa dérive à terme qui est préoccupante et c’est d’abord l’inefficacité d’une partie de la dépense publique qui pose problème). C’est vrai qu’une partie de cette dette a permis de financer des infrastructures publiques (routes, écoles, hôpitaux etc) dont bénéficieront les générations futures (de là à écrire que "Le jeune français qui entre dans la vie active à 20 ou 25 ans a donc généralement bénéficié d’une éducation de haut niveau", c’est peut-être osé).
Mais le travail que vient de publier l’OFCE est quand même, au moins dans ce chapitre consacré à la dette publique, une contribution insidieusement partisane qui relève plus du prosélytisme actif que de l’expertise objective, et qui tente de perpétuer les travers (toute-puissance de l’Etat et sacralisation de la dépense publique) qui, à coup de dizaines de milliards d’euros chaque année, brident la croissance et génèrent du chômage et de l’exclusion depuis 25 ans. En violation flagrante des bonnes intentions affichées dans l'introduction sur le retour à la laïcité en matière d'analyse économique, c'est bien à une profession de foi que vient de se livrer l'OFCE.
L’économie n’est pas une science exacte (les simulations de Rexecode peuvent prêter à discussion, notamment pour ce qui est des propositions de Nicolas Sarkozy) et le CV de Jean-Paul Fitoussi plaide peut-être en sa faveur. Mais Jean-Paul Sartre a fait la preuve qu’il restait possible à un grand esprit de se fourvoyer.
----- -------- AUTHOR: TITLE: Julien Lepers Président ? BASENAME: julien_lepers_president DATE: Tue, 20 Mar 2007 17:30:42 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Présidentielle 2007 CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Les grands esprits se rencontrent… comme les ânes autour de l'abreuvoir…
Au détour d’un billet de Frednetick me revient une interrogation quant à l’exigence d'omniscience et d'omnipotence à l’égard des candidats à l’élection présidentielle, une exigence bien illustrée par la polémique sur les réponses de Ségolène Royal et celles de Nicolas Sarkozy à des questions sur le nombre de sous-marins dont disposent nos forces armée.
Certes, le sujet des sous-marins nucléaires et d’attaque relève des intérêts vitaux du pays. Mais en cas de crise ou même de guerre, on n’imagine pas que chef suprême des armées sera seul(e) dans son bureau à donner des ordres directement aux commandants de sous-marin. Il y aura autour de lui ou d’elle suffisamment d’amiraux et autres galonnés spécialistes de la chose pour donner au détenteur des codes nucléaires les tenants et les aboutissants des différentes décisions envisageables.
Il en va de même dans les autres domaines. Sinon, à quoi serviraient alors tous les technocrates qui entourent le chef de l’Etat et les membres du gouvernement ?
Eviter l’écueil d’une campagne présidentielle qui ressemblerait à une émission de "Questions pour un Champion" ne doit pas pour autant nous faire tomber de Charybde en Scylla, en autorisant les candidats à se réfugier dans un rôle de stratège pour éviter d’avoir à expliquer les mécanismes de base de leurs propositions.
Ainsi, lorsque Ségolène se refuse à répondre à la question du financement des retraites, en prétextant que la mise en place d’une CSG-retraites relève de la compétence d’un Secrétaire d’Etat au Budget, elle évacue les sujets de mécontentement et la question la plus délicate, qui est celle de savoir comment répartir les efforts financiers à consentir. Et là, ce n’est même plus "Questions pour un Champion" mais plutôt "C'est mon choix"…
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sun, 25 Mar 2007 06:47:16 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Je n'ai pas la compétence en modélisation économique qui permettrait de confirmer ou d'infirmer les analyses de Rexecode. Néanmoins, contrairement aux travaux de l'OFCE qui m'apparaissent comme partis ----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sat, 24 Mar 2007 21:17:29 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Je ne l'avais pas pris pour une critique, Minerve, mais j'ai voulu en profiter pour lever le voile sur le quotidien d'un blogueur (enfin, pas tout quand même... ;-))qui a bien souvent par ailleurs tra ----- COMMENT: AUTHOR: Minerve [Visiteur] DATE: Sat, 24 Mar 2007 15:08:50 +0000 URL: Je fais amende honorable ,Denis ...Outre les débats pour ou contre dans la presse traditionnelle, l’idée d’une "TVA sociale" suscite chez certains de mes camarades blogueurs un scepticisme, voire même un rejet franc et massif, qui ne laisse pas de m’étonner. Non pas que cette proposition soit assurément une panacée, mais plutôt parce que la critique qu’ils peuvent en faire me paraît quand même oublier certains des attraits d’une telle mesure, et laisse de côté l’aspect le plus sujet à caution qu’est celui de ses bénéficiaires effectifs.
Rappelons d’abord que la TVA sociale (qu’il ne faut évidemment pas confondre avec l’élargissement de l’assiette des cotisations à la valeur ajoutée des entreprises, qui serait là une mesure assurément dévastatrice) consisterait à transférer une partie du financement de la protection sociale (aujourd’hui intégralement assuré par des cotisations sociales calculées sur les salaires versés et à la charge des salariés et de leurs employeurs) sur la consommation. Autrement dit, les taux de TVA seraient majorés, en contrepartie de quoi les charges sociales pesant sur les salaires pourraient être diminués.
Dans la Tribune du 7 mars, Patrick Artus (Directeur des Etudes Economiques de Natixis) citait ainsi le chiffre de 600 milliards d’euros de salaries versés aux ménages et de 900 milliards d’euros pour la consommation de ces mêmes ménages. En simplifiant, 1 point de cotisation sur la consommation aurait donc un rendement supérieur de 50 % à 1 point de cotisation sur les salaires.
Outre l’élargissement de l’assiette de 600 à 900 milliards d’euros, quels effets peuvent être attendus d’une telle mesure ?
=> d’abord, un renforcement de la compétitivité des produits français à l’exportation : les produits exportés depuis la France ne supportent pas la TVA, mais les cotisations sociales calculées sur les salaires entrent dans leur prix de revient. Une baisse des cotisations sociales sans que la hausse de la TVA s’applique permettrait aux entreprises soit d’améliorer leurs marges à l’exportation soit de diminuer leur prix pour augmenter leur compétitivité.
=> ensuite, un renchérissement du prix des produits de consommation importés, qui supportent eux la TVA, et verraient donc leur prix augmentés, sachant que les prix des produits français augmenteraient eux aussi (Cf. infra).
=> toujours au chapitre des avantages, la TVA sociale me semble le moyen le plus efficace de faire contribuer l’économie souterraine au financement de la protection sociale, en taxant la consommation de ceux qui travaillent au noir ou tirent leur revenu d’activités illégales et donc ne paient pas de cotisations sociales.
=> Enfin, la TVA sociale permettrait d’instaurer un minimum de solidarité dans la contribution à certains régimes de protection sociale qui profitent à tous (assurance-maladie, allocations familiales, RMI et allocations diverses aux handicapés). En taxant la consommation de tous les Français, qu’ils soient salariés du privé, fonctionnaires, retraités, professions libérales, artisans, commerçants, chefs d’entreprises, sans profession ou rentiers, la TVA sociale permettrait de mettre tout le monde à contribution plutôt que de laisser s’instaurer une protection sociale par castes (*).
Et les inconvénients de cette "TVA sociale", quels seraient-ils ?
=> Les purs et durs de la gauche et l’ultragauche dénoncent l’absence de progressivité de la TVA et son caractère antisocial, les riches étant supposés consommer proportionnellement moins à leurs revenus que les pauvres. C’est vrai, mais serait-ce plus antisocial que la situation actuelle (dont est en partie responsable la gauche de gouvernement), qui voit les salariés sombrer dans la précarité et se paupériser à grande vitesse ? Si cela permet de réduire les prélèvements sur le facteur travail, dont le poids exorbitant explique une large part du chômage de masse, cette atteinte à la progressivité de l’impôt si chère aux prétendus défenseurs des travailleurs, ne se justifie-t-elle pas ?
=> Les détracteurs de cette mesure mettent en avant son impact inflationniste et l’impact négatif sur le pouvoir d’achat et la demande des ménages, principal moteur de la croissance en France. Certes, mais 1/ si on ne fait rien pour rétablir l’équilibre des finances publiques, il faudra à terme ponctionner les Français dans leurs revenus, donc dans leur consommation. Donc autant le faire à froid et en douceur que à chaud et de façon brutale. 2/ dans le cas où la hausse de la TVA a pour contrepartie une baisse des cotisations à la charges des salariés (Cf. infra), cela compense en tout ou partie la baisse de pouvoir d'achat.
Se pose enfin la question du partage de la baisse des cotisations sur les salaires :
- la baisse des cotisations doit-elle s’appliquer aux seules cotisations salariales, auquel cas les salariés récupèrent en pouvoir d’achat ce qu’ils perdent en TVA, mais cela n’allège pas le coût du travail pour les entreprises.
- si la baisse ne concernait que les cotisations sociales patronales, le risque est évidemment qu’elles en profitent pour accroître leur rentabilité sans que cela ait d’effet sur l’emploi et les salaires.
- si l’on souhaite que le bénéfice de la baisse soit partagée entre entreprises et salariés, où alors fixer le curseur ?
(*) Cf. le commentaire déjà laissé chez Versac à ce propos :
Actuellement, les différentes catégories de revenus (en gros salariés, non salariés et patrimoniaux ne supportent pas les mêmes prélèvements). Sur 130 € déboursé par une entreprise, il y environ 50 € de charges sociales salariales et patronales et 80 € de salaire net avant impôt revenant au salarié. Sur 130 € de revenus patrimoniaux, il y a 14,3 € (11 %) de prélèvements sociaux et 115,7 € de revenus nets avant impôt pour le bénéficiaire. On peut certes décider que c’est aux salariés d’assurer l’équilibre du financement de leur protection sociale et que parallèlement, avec leur 115,7 € de revenus avant impôt, les détenteurs s’occupent de financer leur protection sociale (si tant est qu’ils n’en bénéficient pas déjà en tant que salarié). Mais dans une économie qui favorise de façon éhontée le capital plutôt que le travail, une protection sociale organisée par castes me semble le meilleur moyen de continuer à alimenter la gigantesque poudrière sociale sur laquelle nous sommes assis.
Les réponses de Carignano et d’Alex au billet de Versac déjà cité. A quoi il faut en arriver pour se faire une place au soleil...
----- COMMENT: AUTHOR: Minerve [Visiteur] DATE: Thu, 15 Mar 2007 22:21:55 +0000 URL: Eh bien ,Denis ,vos liens m'ayant amenée sur les blogs cités ,je trouve que ce n'est pas joli ,joli dans la république des blogs .Suite à un billet de Versac sur la manipulation de l'audience des blogs, je me suis rendu par curiosité sur le site bonvote.com. Toujours aussi peu doué en matière de technologie Internet, j'ai commencé par ne pas y retrouver mon blog. J'ai ensuite découvert que l'url y était déjà connue (alors que je n'ai pas souvenir d'avoir mené une telle démarche...). Figurait-il donc dans les blogs de cuisine ? Après moult maladroites recherches, j'ai fini par découvrir les informations de référence, qui sont pour le moins erronées : hébergement en Suède (???). Alors de là à ce que j'arrive à gonfler les statistiques de visite comme semble le faire le dénommé Christophe Carignano, ce n'est pas demain la veille. Moi qui pensais naïvement que l'audience d'un blog dépendait avant tout de la qualité des billets... La nature humaine est décidément bien triste.
PS : Jean-Louis, pense à référencer Providentielle 2007 !
----- COMMENT: AUTHOR: lg [Visiteur] DATE: Fri, 16 Mar 2007 13:06:34 +0000 URL: http://laurentgrandsimon.hautetfort.com Denis, je ne viens pas faire de la promo pour faire de l'audience.. mais tu n'as pas parlé de la proposition de Ministère de l'Ignorance et de l'Exclusion.. alors comme c'est quelque chose qui m'inter ----- -------- AUTHOR: TITLE: Agenda BASENAME: agenda DATE: Wed, 14 Mar 2007 06:03:53 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Divers CATEGORY: TAGS: ----- BODY:A priori plutôt pour les Normands, je signale que Bernard Spitz donnera, sur l'invitation de Philippe Augier , une conférence (à laquelle j’assisterai) le lundi 19 mars à 18 heures 30 à la Salle des Fêtes de Deauville.
Par ailleurs, le Salon du Livre se tiendra du 23 au 27 mars à la Porte de Versailles à Paris. Pour ceux qui y viendront et souhaiteraient en profiter pour échanger de vive voix, j’y serai le samedi 24 et le dimanche 25 mars (stand B84), peut-être aussi pendant les "nocturnes" du vendredi 23 et du mardi 27.
Et le 28 mars, à partir de 19 heures, République des Blogs.
La suivante, ce sera fin avril, après le premier tour. Versac va-t-il nous concocter un petit concours de pronostics avec remise des prix à la RdB d’avril ?
LH2 a testé pour la première fois l'hypothèse Bayrou au second tour. Résultat : 55 % pour Bayrou et 45 % pour Sarkozy. Un résultat à prendre avec des pincettes compte tenu de la proportion d'électeurs indécis et de ceux susceptibles de modifier leur vote que laissent apparaître les résultats détaillés. Néanmoins, ce genre d'annonce est de nature à entretenir l'effet "concours de beauté" cher à Keynes. Et à faire ainsi du vote Bayrou le véritable vote utile pour les anti-Sarko. Quoi qu'en dise François Hollande...
----- COMMENT: AUTHOR: Aetius [Visiteur] DATE: Wed, 14 Mar 2007 11:38:02 +0000 URL: http://www.stop-epr.org/ A propos du scoop, loin de moi le désir de te froisser, Denis.Entendu ce matin à la radio : Ségolène Royal a déclaré sur M6 hier que les dirigeants du PS n'avaient "pas suffisamment fait bloc autour [d'elle] au début de cette campagne présidentielle, laissant ainsi s'instiller le doute sur [sa] compétence". La candidate socialiste n'a pas encore perdu, mais en est déjà à se trouver des excuses et à chercher des responsables. L'ambiance promet d'être chaude au PS si elle n'est pas au second tour.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Mon, 12 Mar 2007 21:38:07 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr En revanche, une balle dans le pied, oui. Avec ce réglement de compte avant l'heure, Ségolène Royal accrédite dans l'esprit des électeurs l'idée qu'elle est en train de perdre pied au profit de Bayrou ----- COMMENT: AUTHOR: Aetius [Visiteur] DATE: Mon, 12 Mar 2007 17:45:18 +0000 URL: DSK considère l'union nationale de Bayrou comme l'image même de l'immobilisme.Jacques Chirac vient d’annoncer qu’il ne briguera pas de troisième mandat. C’est le contraire qui eût été étonnant pour ne pas dire "abracadabrantesque". Comme c’était prévisible, notre bien-aimé Président n’a rien dit non plus de sa préférence personnelle quant à son successeur. Ce n’était évidemment pas le lieu. Il le fera plus tard, explicitement ou de façon elliptique. A la place de Sarkozy, je crois que je préférerais qu’il reste dans le flou…
Pour le reste, il a été égal à lui-même :
=> A peu près convaincant sur les grands principes : la lutte contre les extrémismes, le racisme et l’antisémitisme ; la sécurité internationale ; le statut et le rôle de la France sur la scène internationale ; la préservation de l’environnement.
=> Complètement démago sur la politique intérieure, malgré l’aveu d’une certaine lucidité :
- démagogie, pour ne pas dire fumisterie, à propos de la consolidation des régimes de retraite, du chômage prétendument "au plus bas depuis un quart de siècle" ou du modèle français qu’il ne faudra "jamais brader",
- lucidité quand même lorsqu’il déclare qu’il aurait souhaité "bousculer davantage les conservatismes et les égoïsmes pour répondre aux difficultés que supportent certains d’entre [nous]"
Finalement, c’est quand même un grand mystère qui subsiste :
- qu’un homme politique comme lui ait pu, par cynisme, électoralisme et court-termisme, faire fi des réalités économiques et sociales parce que la fin qu’était la conquête du pouvoir justifiait tous les moyens, je peux le concevoir même si je n’y adhère pas,
- mais comment un homme aussi intelligent, parce qu’il l’est indubitablement, n’arrive pas à comprendre que sa place dans l’Histoire encourt un risque non négligeable de se trouver remise en question dans les années à venir pour cause d’immobilisme avéré ? La question va jusqu’à m’effleurer parfois : quelle ville pourrait être le Varennes de Jacques Chirac ? Au figuré bien sûr...
NB : Bayrou, invité du 20 heures de TF1, est resté calme et posé malgré une Claire Chazal particulièrement agressive.
----- COMMENT: AUTHOR: phenix [Visiteur] DATE: Mon, 12 Mar 2007 17:08:01 +0000 URL: Hé bien je leur laisse la place.. ----- COMMENT: AUTHOR: Angélique [Visiteur] DATE: Mon, 12 Mar 2007 14:27:59 +0000 URL: Platon! ----- COMMENT: AUTHOR: lg [Visiteur] DATE: Mon, 12 Mar 2007 13:29:44 +0000 URL: http://laurentgrandsimon.hautetfort.com Phoenix,La polémique naissante sur les chiffres du chômage vient de rebondir avec la présentation par l'INSEE devant le Conseil National de l'Information Statistique (CNIS) des raisons du report de sa publication des chiffres du chômage.
Rappelons que les chiffres du chômage sont établis par des sources différentes (et avec des définitions différentes, celle du Bureau International du Travail, BIT, dans un cas et celle propre à la France dans l’autre, avec 8 catégories définies par décret en 1995) :
- chaque mois de l’année en cours, la DARES (Direction de la Statistique du Ministère de l’Emploi et des Affaires Sociales) publie des statistiques du chômage basées sur le nombre de demandeurs d’emploi inscrits dans les fichiers de l’ANPE.
- l’INSEE publie une fois l’an en mars une enquête emploi résultant d’un sondage effectué tout au long de l’année précédente auprès de 75.000 ménages, dont les résultats sont extrapolés au niveau national et qui établit le taux de chômage constaté pour l’année précédente.
- chaque mois qui suit et en attendant les résultats annuels suivants, l’INSEE fait ensuite varier le taux de chômage ressortant de son enquête emploi à l’aide des données administratives de l’ANPE.
Les années précédentes, le taux de chômage publié en mars par l’INSEE différait peu de celui annoncé par le gouvernement. Ainsi, en mars 2006, l’enquête emploi de l’INSEE a relevé de 0,1 % le taux de chômage pour 2005 tel qu’il ressortait des chiffres de l’ANPE.
Mais voilà, la discordance est sans commune mesure cette année : alors que le gouvernement (par l’intermédiaire de la DARES et sur la base des chiffres de l’ANPE) a annoncé tout au long de l’année 2006 un taux de chômage qui reculait presque chaque mois pour s’établir à 8,6 % en fin d’année, l’enquête emploi de l’INSEE (dont la publication devait intervenir en mars 2007 et se trouve reportée après les élections, d’où la polémique initiale) ferait apparaître un taux de chômage stable à 9,8 % en moyenne en 2006 et de 9,2 % en fin d’année.
L’INSEE a donc mis en avant une baisse en 2006 du taux de réponse à son sondage devant alimenter son enquête emploi et des incohérences par rapport au recensement de la population pour décaler à l’automne 2007 (après les élections…) la publication des résultats définitifs et validés de son enquête emploi, ouvrant ainsi la porte aux accusations à l’encontre du gouvernement d’avoir exercé des pressions pour ne pas voir publiés des chiffres venant infirmer la baisse du chômage dont il ne cesse de se glorifier depuis plusieurs mois.
A partir de là, deux questions se posent :
1/ Où est la vérité des chiffres du chômage ?
Sûrement pas dans les chiffres du Ministère, dans la mesure où un chômeur qui n’est pas inscrit à l’ANPE (cas fréquent des jeunes entrant sur le marché du travail ?) ou qui en a été radié n’y figure pas.
Cette controverse est en tout cas symptomatique des faiblesses de l’appareil administratif, du fait d’une part d’une multiplications des structures (Dares, ANPE,Unedic, INSEE) et d’autre part sans doute d’une informatisation déficiente ou à tout le moins insuffisamment poussée et centralisée.
Elle me fournit aussi l’occasion de rappeler que les statistiques du chômage ne fournissent quand même qu’une vision très imparfaite : elles ne rendent notamment pas compte de ce que l'on pourrait appeler le "retour à l’emploi subi" (je perds un job à 2.000 € par mois et qui me plaisait et, après quelques mois de chômage, j’en accepte par prudence un autre à 1.500 € par mois et qui ne m’intéresse pas).
2/ Le gouvernement a-t-il fait pression sur l’INSEE pour décaler la publication de chiffres dérangeants, ou y a-t-il eu seulement une autocensure maladroite de la part de l’INSEE ?
Je ne sais pas qui peut avoir la réponse et chacun se fera donc sa propre opinion. Ce qui est certain, c’est que le gouvernement a profité tout au long de l’année 2006 de l’évolution favorable des chiffres ministériels sans avoir l’honnêteté de tenir compte des avertissements sur leur pertinence, mais qui cela étonnera-t-il ?
Complément du 11 mars - 15 h 50
Quoi qu'il en soit, c'est bien la preuve que la situation sur le front du chômage ne s'est au mieux qu'améliorée de façon marginale, contrairement à ce que veulent nous faire croire les déclarations triomphalistes que nous assènent Messieurs de Villepin et Borloo depuis des mois, et ce en dépit des milliards d'euros dépensés par Jean-Louis Borloo dans les emplois-aidés de Borloo.
----- -------- AUTHOR: TITLE: Fausse-bonne et vraie très mauvaise idée BASENAME: fausse_bonne_et_vraie_tres_mauvaise_idee DATE: Thu, 08 Mar 2007 20:55:04 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Nicolas Sarkozy CATEGORY: TAGS: ----- BODY:J'avais dans mes cartons depuis quelques temps un projet de billet à propos des effets pervers à mon sens de la proposition de Nicolas Sarkozy d'exonérer d'impôt et de charges sociales les heures supplémentaires. Les Echos m'ont devancé sur le sujet, en soulignant notamment le risque d'effet d'aubaine (les entreprises ayant intérêt, en cas de besoin, à mettre la pression sur les salariés en poste pour qu'ils fassent des heures supp plutôt qu'à recruter). J'ajouterais simplement une chose à l'article des Echos : outre le fait que tous les salariés ne peuvent pas faire des heures supp (salariés au forfait jour etc), ceux qui le peuvent n'en ont la possibilité que sur demande de leur hiérarchie... A titre personnel, je dois à chaque début de mois définir le nombre d'heures supp pour ma dizaine de collaborateurs selon les absences et/ou le surcroît d'activité prévisible. Ne fait pas des heures qui le veut seulement. Cela allait peut-être sans dire, mais cela ne va-t-il pas encore mieux en le disant ?
----- COMMENT: AUTHOR: Aetius [Visiteur] DATE: Mon, 12 Mar 2007 16:51:50 +0000 URL: Inutile de te justifier, Minerve.Qui a écrit ce qui suit dans un livre à paraître demain ? :
Alors que le "débat sur le niveau du débat" a pris de l’ampleur ces derniers jours, d’abord dans la blogosphère ici ou là, puis jusque dans la presse (et ce n’est pas le refus des candidats de se livrer à de vrais duels qui permettra une saine confrontation des idées), les initiatives et les démarches en dehors des partis se multiplient. Ainsi, par exemple, avec la création par trois ex-fidèles de Christian Blanc, en désaccord avec la décision de celui-ci de soutenir la candidature de Nicolas Sarkozy et déçus par la tournure prise par la campagne, de Providentielle 2007.
Ce fourmillement d’initiatives n’est-il pas lui aussi symptomatique du malaise d’une frange significative de l’électorat à l’égard de l’offre politique telle qu'elle est incarnée par les deux principaux candidats à l’élection présidentielle ?
Pour revenir à une comparaison qui m'est chère, ce foisonnement d'initiatives politiques citoyennes, notamment au travers des blogs, me ramène à chaque fois aux mémoires judiciaires des avocats qui, dans les décennies précédant la Révolution, contribuèrent à faire émerger une conscience politique dans l’opinion publique. Des blogueurs de renom comme Koz ne sont-ils pas d'ailleurs avocats ?
----- -------- AUTHOR: TITLE: Morceaux choisis BASENAME: morceaux_choisis DATE: Sun, 04 Mar 2007 20:12:53 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Présidentielle 2007 CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Ceux qui ont renoncé au film du dimanche soir pourront trouver un intérêt certain à lire :
-le très pertinent carton jaune, intitulé "l’Appel du Net (ADN)", adressé par Frednetick et quelques autres blogueurs aux principaux candidats à la présidentielle pour cause de débat indigent au regard d’enjeux lourds. Je doute que les candidats en tiennent compte (d’autant qu’ils ne sont pas seuls en cause, puisque les patrons de médias, tout à leurs résultats d’audience, ont aussi leur part de responsabilité). Mais ne serait-ce que pour les citoyens et électeurs que nous sommes tous, il fallait le faire et ils ont fort bien tourné cette lettre ouverte aux candidats, à laquelle je ne trouve rien à redire.
- dans Télérama de cette semaine, une interview d’Emmanuel Todd, qui dénonce non sans raison la pauvreté du discours économique des candidats à la présidentielle et préconise l’instauration d’une zone de protectionnisme au niveau européen. L’idée prête évidemment à discussion puisque l’histoire économique nous enseigne que le développement du commerce mondial a été un formidable moteur de la croissance. Mais la question mérite quand même d’être posée, d’autant qu’elle rejoint celle de la TVA sociale. L’acharnement des autorités chinoises à maintenir un yuan sous-évalué, ce qui renforce encore une compétitivité-prix des produits manufacturés chinois déjà boostée par l’exploitation d’un sous-prolétariat (très bon article sur les "mingong" dans les Echos du 25/10/2006 mais c’est payant), légitime la question. Et puis appliqué à une zone de 450 millions d’habitants, le protectionnisme n’aurait pas les mêmes effets paupérisants que s’il était adopté par une puissance moyenne de 62 millions d’habitants…
Je suis moins d’accord en revanche quand Emmanuel Todd mesure la puissance d’un Etat à son solde commercial. Le déficit commercial des Etats-Unis est certes une faiblesse, dont ils peuvent se permettre le luxe uniquement parce que le dollar reste la principale monnaie de réserve internationale. De là à en faire le signe annonciateur de leur déclin, il y a quand même loin.
Signalons aussi le débat en ligne avec l’historien et démographe, en partenariat avec lemonde.fr demain 5 mars à 14 heures.
- dans le Monde daté du 3 mars, le point de vue de Zaki Laïdi, chercheur au CERI, qui pointe notamment comment l'Etat, à l'instar du marché, est producteur d'inégalités. N'en déplaise aux antilibéraux thuriféraires de la toute-puissance de l'Etat : les excès de la puissance publique, comme ceux de l'économie de marché, se doivent d'être corrigés.
NB : La mode est vraiment à la confrontation des candidats aux citoyens experts ("Français, votez pour moi" lundi sur France 3 et "Je vote comme je suis" mardi sur France 5). L’expérience "J’ai une question à vous poser"
a montré que la qualité du débat n’y gagnait pas.
D’abord, il y a eu, depuis 2002, la dénonciation de la façon de gouverner au cours des vingt-cinq dernières années. Bien sûr, lui-même y a participé en tant que ministre de l’Education dans les gouvernements Balladur puis Juppé. Mais n’est-il pas "difficile de dénoncer aussi clairement la friponnerie des autres si l’on est pas soi même quelque peu fripon" (1) ?
Ensuite est venue ces dernières semaines la dénonciation du jeu des médias, qui a attiré la curiosité de tous et ne pouvait que susciter la bienveillance de chacun.
Et puis, il y a eu la présentation de son programme économique et social le 23 février dernier. S’y trouvaient nombre d’idées qui me sont chères : la nécessité de poursuivre la réforme des retraites en supprimant les régimes spéciaux et en instaurant un système de points ; l’interdiction de présenter un projet de budget en déficit (ce qui ne signifie pas que le budget constaté ne serait pas lui en déficit en cas de récession entraînant une baisse des recettes) hors dépenses d’investissement (la notion est à préciser car cela peut évidemment être la porte ouverte à tous les contournements) ; le nettoyage des niches fiscales ("autant d’atteintes au principe de la progressivité de l’impôt").
Surtout, ce programme repose sur l’idée centrale, la conviction affichée que "le déficit actuel de l’Etat ne soutient plus la croissance mais, au contraire, la freine", que les premières victimes de l’accroissement de la dette publique sont "les Français les plus fragiles et les plus démunis", que la lutte contre l’endettement est un "combat social".
En effet, la dérive des déficits publics et de la dette constitue une mécanique implacable, mais qui reste incomprise de la majorité des électeurs. Un cercle vicieux où la dérive des dépenses publiques conduit à toujours plus de prélèvements, des prélèvements de toutes sortes qui pèsent sur le pouvoir d’achat des ménages et qui amènent les entreprises à comprimer leurs effectifs pour compenser la hausse continue des sommes qu’elles doivent reverser à la collectivité. Un cercle vicieux qui a l’effet contraire du but recherché : alors que la hausse des dépenses publiques (ayant pour corollaire la hausse des impôts et des prélèvements) devait, dans l’esprit de ses initiateurs (2), restaurer la justice sociale, elle n’a fait qu’aggraver le chômage et la désespérance sociale en accentuant les inégalités de revenus, de statut et de perspectives. Ces effets pervers de la spirale inflationniste des dépenses publiques, et corrélativement des prélèvements obligatoires, ont touché de plein fouet les salariés du bas de l’échelle, dans leurs emploi, dans leur pouvoir d’achat, dans leurs perspectives et au final dans leur situation psychologique et affective.
Alors bien sûr, il est sans doute insuffisamment complet et précis, ce programme économique et social. Probablement perfectible. Certainement sujet à critiques. Il n’empêche. Il est le premier à tenter une "contre-inversion des valeurs" et à le clamer haut et fort. Car, de même que la relation judéo-chrétienne a inversé les valeurs, transformant le plaisir en péché et l’ascèse en vertu, la bien-pensance française, de droite comme de gauche, a réussi à convertir en vertu le vice de la toute-puissance de l’Etat, des déficits publics et de l’endettement des générations futures. Il est plus que temps qu’une voix s’élève et surtout soit entendue (là, cela risque d’être plus difficile…) pour que cesse cette gigantesque fumisterie qui consiste à laisser croire à des millions de salariés précaires et déclassés que leur salut viendra d’une intervention accrue de l’Etat et de nouvelles dépenses publiques, alors que ce sont justement l’obésité et surtout l’inefficience de l’Etat qui sont à l’origine de leur précarité et leur déclassement.
Ensuite, il y a eu la prestation sur TF1 le 26 février. Là encore, tout n’était pas parfait. D’abord parce que, au-delà du rappel (sournois ?) par PPDA de ses fonctions de ministre de l’Education Nationale, le choix des questions dans les premières minutes de l’émission le réduisait à cette expérience ministérielle. Aussi parce qu’il a quand même tenu à ménager toutes les susceptibilités, notamment syndicales, que ce soit à propos de l’éducation ou de la présence des services publics en milieu rural. En précisant tout de même qu’il conviendrait de placer ces services publics sous la responsabilité d’un interlocuteur unique là où ce serait nécessaire. Mais, et c’est peut-être là sa force (sa faiblesse pour ses détracteurs), chacun a quand même pu y entendre ce qu’il souhait entendre : les uns que les services publics seraient maintenus en milieu rural, les autres que les services publics seraient rationalisés en milieu rural. Et ne faut-il pas méditer le principe qu’il se fixe pour réformer l’Etat, de ne pas présenter un quelconque progrès comme une victoire contre les syndicats ?
Mais quand il a eu cette phrase, "il nous faut choisir ce que va être notre manière de vivre ensemble", j’ai presque eu une révélation, je dois l’avouer. Parce que quand Sarko ou Ségo déclare "je serai le Président / la Présidente de tous les Français", un doute subsiste (c’est un euphémisme) chez au moins la moitié des électeurs (pas la même moitié évidemment dans un cas ou dans l’autre). Cela sent l’imprécation, la profession de foi obligatoire et obligée plus qu’une conception sincère et réfléchie du rôle du chef de l’Etat.
Avec ce "choisir ce que va être notre manière de vivre ensemble" de Bayrou, j’entends qu’il sera vraiment le Président de tous les Français, mais sans concession et sans clientélisme. Un Président garant de l’intérêt général. Tout le contraire d’un Président ou d’une Présidente qui aura promis (3) autant de nouvelles dépenses qu’il y a d’intérêts particuliers, corporatistes et antagonistes. Sa devise à lui, cela pourrait être "A chacun selon ses efforts (mais à chacun des naufragés de la vie selon ses besoins)".
Enfin, il y a eu jeudi 1er mars ce portrait dans Envoyé Spécial, que je n’ai pu voir qu’en pointillé. Un reportage qui montrait, dans ses dernières images, un homme conscient de ses faiblesses, bien loin de la suffisance et de l’aveuglement narcissique des deux principaux candidats. N’est-ce pas là justement la véritable force de celui qui doit éclairer le chemin : ne pas se croire infaillible ?
Malgré les doutes et les interrogations que ne manquent pas de susciter son positionnement et son éventuelle victoire, mais aussi sa possible défaite dès le premier tour (pour qui appellerait-il à voter alors ?), il est à ce stade le candidat qui me séduit le plus. Peut-être par défaut. Parce qu’une victoire de Ségo ou de Sarko se fera inévitablement contre une moitié du pays. Parce qu’il me semble le plus à même d’incarner une "rupture réaliste". La rupture avec la pensée unique, avec le culte du toujours plus de dépenses et de redistribution, avec "la préférence française pour le chômage" selon le titre du célèbre article de Denis Olivennes qui montrait (en 1993 déjà…) comment nos choix collectifs implicites sont à l’origine de la situation de chômage de masse et de désespérance sociale qui ronge le tissu social.
Et pour finir sur la question de la future majorité parlementaire (4), il l’a dit lui-même lundi sur TF1 : il serait incompréhensible que les Français ne donnent pas au Président qu’ils auront choisi les moyens législatifs de gouverner. Alors dans le cas contraire, s’il était amené à constater qu’il n’a pas les moyens de sa politique, en tirerait-il les conséquences en se démettant ? Dans la plus pure tradition gaullienne.
Si le premier tour de l’élection présidentielle avait lieu demain, je crois que je n'hésiterais pas un instant. Je voterais François Bayrou. Au risque d’une heureuse surprise ?
(1) le Duc de Castries dans sa biographie de Beaumarchais.
(2) Qui n’ont pas dû suffisamment méditer cette phrase de Raymond Aron : "Si l’on veut penser ou agir dans le domaine politique, avant tout il faut prendre le monde tel qu’il est et ne pas se fermer avec des idéologies toutes faites l’accès à la réflexion concrète" (Lettre d’un jeune Français en Allemagne)
(3) Je ne résiste pas à la tentation de citer cette autre phrase, toujours sur TF1 lundi, et qui se passe de commentaires : "Les campagnes électorales ne se gagnent plus avec des promesses".
(4) Annoncé dans une interview au Monde daté du 3 mars, le projet de faire élire au scrutin proportionnel la moitié des parlementaires (et non pas "[d’établir] la proportionnelle" comme annoncé en une du Monde) sera sûrement sujet à de fortes controverses eu égard au risque de retour en force du "régime des partis" qui a disqualifié la IVe République.

"Sous le gouvernement de Lionel Jospin, la France a connu la croissance la plus forte. Sous l'équipe actuelle, elle n'a jamais été aussi faible" a déclaré François Rebsamen (un des piliers de l’équipe de campagne de Ségolène Royal) au quotidien gratuit 20 minutes.
Voilà bien le genre d’affirmation qui a le don de m’agacer :
En 1997, le retour au pouvoir des socialistes s’est fait en plein boom de la croissance mondiale lié au développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication, et notamment à la diffusion massive d’Internet et du téléphone mobile. La majorité plurielle n’a pas fait naître la croissance. Elle n’a fait que surfer sur la formidable vague de croissance de l’époque (avec, cerise sur le gâteau, la victoire des Bleus au Mondial 1998 qui semble avoir donnée un surcroît de confiance aux Français).
En 2002, l’élection de Maréchal de Jacques Chirac a eu lieu en plein dégonflement de la bulle Internet et quelques mois après les attentats du 11 septembre 2001, qui ont incontestablement contribué au ralentissement de la croissance mondiale (et ce n’est pas l’élimination calamiteuse de l’équipe de France dès le premier tour du Mondial 2002 qui allait pouvoir relancer la machine).
Le bilan du gouvernement Raffarin en matière économique et sociale n’a certes rien d’extraordinaire. Il est même plutôt décevant par l’immobilisme et la pleutrerie dont il a su faire preuve.
De là à faire croire que la politique menée par le gouvernement Jospin a elle permis de doper la croissance, il y a là une incommensurable dose de mauvaise foi, caractéristique des pratiques de la classe politique française qui explique une large part du discrédit qui est le sien aujourd’hui.
NB : Le retour en force des éléphants se passe de commentaires… Désirs d’avenir, qu’elle disait ?
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Sat, 03 Mar 2007 17:26:28 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr A Sebd,Début de polémique sur le chiffrage des programmes des candidats à l’élection présidentielle.
Bien sûr que le résultat de l’exercice est incertain. D’abord parce que le détail des mesures proposées par chaque candidat n’est pas encore arrêté. Ensuite parce qu’il est encore plus difficile d’en évaluer l’impact sur la croissance.
L’exercice n’en est pas moins utile, et même indispensable. Viendrait-il à l’idée de n’importe qui de partir aux sports d’hiver sans savoir à l’avance s’il en a les moyens financiers ? De créer une entreprise sans se demander quelles sont les clients potentiels et les ventes prévisibles ? De démissionner pour un autre poste sans connaître la nature du travail à effectuer et les conditions de rémunération ?
Je donne peut-être l’impression de prendre mes concitoyens pour des abrutis et des neuneus avec des exemples aussi simplistes, mais j’ai le sentiment que la plupart d’entre eux n’ont ni l’envie, ni le temps ni parfois les connaissances pour aller décrypter un article des Echos ou de la Tribune et que beaucoup attendent un travail de vulgarisation économique et financière.
Remarque complémentaire :
En 1981, la dette publique atteignait 20 % du PIB. 25 ans plus tard, elle atteint 65 % du PIB. Pour quels résultats ? Une croissance molle, un chômage de masse, une précarité croissante, un pouvoir d’achat en berne, des inégalités de revenus de plus en plus fortes, une protection sociale qui prend l’eau et des régimes de retraite colmatés tant bien que mal. Il est loisible de se poser la question de savoir si nous avons vraiment choisi la bonne voie et cela justifie de se poser la question du coût financier et de l’impact économique des propositions de chaque candidat.
----- COMMENT: AUTHOR: Rosetoujours [Visiteur] DATE: Sat, 24 Feb 2007 10:41:49 +0000 URL: Vu le nombre considérable de contributions en cours de journée ces derniers jours, je fais deux constats : - on ne peut pas donc que ce présent blog soit sans intérêt : Deni ----- COMMENT: AUTHOR: potagepekinois [Visiteur] DATE: Fri, 23 Feb 2007 16:13:22 +0000 URL: http://potagepekinois.over-blog.com/ Je me permets de vous donner ce lien que l'on m'a fait transmis aujourd'hui. Un article très intéressant de Régis Debray:
Tous les détails ici.
----- -------- AUTHOR: TITLE: Candidats, savez-vous où trouver des sous ? BASENAME: candidats_savez_vous_ou_trouver_des_sous DATE: Wed, 21 Feb 2007 07:44:36 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Situation financière de l'Etat CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Alors que la question du chiffrage et du financement des promesses des candidats prend (enfin et pour une fois) toute l’importance qu’elle doit avoir dans la campagne présidentielle, le rapport consacré par le Conseil des Prélèvements Obligatoires à la fraude à ces mêmes prélèvements et dévoilé par les Echos hier, pourrait donner aux candidats de nouvelles pistes de réflexion pour trouver les sous dont ils auront besoin.
Faire diminuer la fraude aux impôts et aux cotisations sociales, voilà en effet un moyen de trouver des sous qui ne devrait mécontenter personne. Ni les syndicats de salariés, ni les représentants patronaux. Ni les fonctionnaires, ni les salariés déclarés. Ni à gauche, ni à droite. Ni les libéraux, ni les antilibéraux. Les seuls qui pourraient bien râler, ce sont les employeurs qui fraudent, les salariés non déclarés quand ils le sont par choix (parce qu’ils sont en situation irrégulière, ont déjà un emploi déclaré ou veulent éviter l’impôt sur le revenu), et … les fonctionnaires en charge de la lutte contre cette fraude.
Parce que pour faire rentrer les sous, il va bien falloir changer de méthodes. Ne plus se contenter de contrôles comptables et de croisements de fichiers, mais renforcer les contrôles physiques sur place : sur les chantiers du bâtiment, dans la restauration et l’hôtellerie, sur les marchés (pas les marchés financiers mais les marchés où on fait ses courses). Quitte à faire des démonstrations de force les premiers temps en mobilisant une escouade d’inspecteurs du travail accompagnés de forces de l’ordre.
Au risque de me faire un peu (beaucoup ?) populiste et démago, chacun a des exemples autour de soi. Pour moi, c’est d’abord chaque samedi matin lorsque j’achète mes fruits et légumes de la semaine et que je suis servi par un salarié de la RATP. Très sympathique au demeurant. Mais qui ne doit certainement pas être déclaré par son patron. Cela ne me dérange pas que ce garçon veuille gagner plus en travaillant le samedi et le dimanche, mais que cela se fasse sans préjudice pour la collectivité. Et je n’ai encore jamais vu une cohorte d’inspecteur du travail venir faire un contrôle-surprise sur le marché un samedi matin. Ce sont aussi, chaque fois que je recrute une "nounou sortie d’école" pour s’occuper de nos trois enfants en fin de journée, toutes ces candidates qui ne donnent pas suite dès lors que je leur annonce qu’il s’agit d’un emploi déclaré.
On contrôle bien les salariés en arrêt-maladie ou les chômeurs bénéficiaires d’indemnités. Pourquoi n’arriverait-on pas à le faire pour le travail au noir ? La prétendue difficulté des contrôles me semble plus relever d’une question de méthode et d’insuffisance des effectifs (pour une fois qu’il n’y a pas assez de fonctionnaires…). Il y a certes le risque d’un léger effet récessif à diminuer le volume de l’économie souterraine, mais à la clé, il y a autant de milliards d’euros que nous avons de déficit budgétaire.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Fri, 23 Feb 2007 07:59:42 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Minerve> le poids de l'impôt est certes un facteur (très)incitatif, mais pas le seul. Par exemple, le voudrais-je que je ne le pourrais pas puisque toutes mes activités sont déclarées. ----- COMMENT: AUTHOR: Minerve [Visiteur] DATE: Thu, 22 Feb 2007 23:12:04 +0000 URL: Réponse à la question n°2:
A la lecture des réactions de ses abonnés, je ne sais pas si on reprendra Le Monde.fr à faire un compte-rendu des soirées de live blogging.
Mise à jour du 20/02 - 21 h 30
Frednetick a (bien) répondu aux abonnés du Monde.fr, même si cela ne s'imposait pas forcément...
----- COMMENT: AUTHOR: Carambar [Membre] DATE: Tue, 20 Feb 2007 18:42:15 +0000 URL: C'est vrai que l'article est moyen.. Mais peu importe.. Il faut mieux susciter la controverse que l'indifférence.. C'est très bon pour la notoriété des blogeurs et la diffusion de leurs idées (qui son ----- COMMENT: AUTHOR: potagepekinois [Visiteur] DATE: Tue, 20 Feb 2007 18:35:55 +0000 URL: http://potagepekinois.over-blog.com/ Bonjour,Bilan de cette première expérience de live blogging (encore une fois merci à Versac pour cette initiative et à la rédaction Web de 20 minutes pour son accueil sympathique)
C’est un truisme de rappeler que ce genre d’exercice est plus propice à la petite phrase qu’à l’analyse de fond et à la prise de recul. Je ne suis d’ailleurs pas sûr d’être très à l’aise dans cet exercice d’analyse et de rédaction à chaud.
Au-delà des travers déjà dénoncés du format de l’émission concoctée par TF1, la prestation de Ségolène Royal me laisse l’impression dominante d’un projet-catalogue, habité par une foi aveugle dans la toute-puissance de l’Etat (même si elle s’en défend) et surtout sans aucune crédibilité sur le plan économique :
Un projet-catalogue qui tient du "Y en aura pour tout le monde" : chaque électeur doit pouvoir y trouver la proposition qui satisfera sa revendication personnelle, depuis l’étudiant en mal de logement jusqu’au dirigeant de PME en passant par la mère de famille, le malade, le salarié, l’handicapé, le retraité etc
Une foi toujours aveugle dans la toute puissance de l’Etat : même si la candidate socialiste clame qu’elle allègera l’Etat, la logique sous-jacente est celle de l’omniscience et de l’omnipotence de la puissance publique capable par exemple de détecter les locataires de mauvaise foi ou d’obliger les entreprises à augmenter les salaires.
Aucune crédibilité sur le plan économique : on est là dans le domaine de l’incantation. Par exemple avec la Conférence sur les salaires qui devra discuter de savoir comment relever les salaires pour éviter que ceux qui gagnent 1.500 € aujourd’hui deviennent smicards. Et alors, par quel miracle y arrive-t-on ? Surtout, il n’y a pas le début d’un soupçon de moyen concret de financer toutes les dépenses qu’elle nous promet. Juste la "relance de la croissance". Comment ? Aucun levier concret n’est évoqué. La croissance reviendra tout simplement grâce au retour au pouvoir des socialistes et l’élection de Ségolène Soubirous. On y croit ou on n’y croit pas. Sauf que là, on n’est plus dans le domaine de la politique, mais dans celui de la religion. Voire de la secte à tel niveau d’aveuglement.
----- COMMENT: AUTHOR: lg [Visiteur] DATE: Tue, 20 Feb 2007 20:59:09 +0000 URL: http://laurentgrandsimon.hautetfort.com Bravo Denis,Suppression des Vel Satis et du champagne, "Etat modeste" et "1 euro dépensé, 1 euro utile", bonne remontée dans la dernière ligne droite...
----- COMMENT: AUTHOR: Fleur de Lys [Visiteur] DATE: Sat, 24 Feb 2007 11:47:02 +0000 URL: ...la plus aisée (ou la plus facile) à convaincre et dont je fais partie...Au final, pas grand-chose de neuf sous le soleil : trop de "c'est une bonne question" ou de "vous avez raison", beaucoup de généralités, mais le principe de l'émission y est pour beaucoup. En (très) résumé, Sarko peut aller dormir tranquille et Bayrou faire de possibles beaux rêves...
En tout cas, merci à Versac pour l'opportunité et à la rédaction Web de 20 minutes pour son accueil et sa convivialité.
----- COMMENT: AUTHOR: Angélique [Visiteur] DATE: Mon, 19 Feb 2007 22:12:40 +0000 URL: de bonnes volonté ,certes ,mais n'a pas les épaules pour y pourvoir!"On s'est moqué de moi : elle n'a rien à dire". Un tournant ? Ça paie toujours l'autodérision...
PS : Pas facile de se concentrer pour écouter et a fortiori pour écrire au beau milieu de 5 autres blogueurs et 6 journalistes qui n'ont pas leur langue dans leur poche. Là, j'ai déconnecté depuis 1/2 heure. Il faut dire que cela y va fort sur les commentaires "off" dans la salle de rédaction.
----- COMMENT: AUTHOR: Denis [Membre] DATE: Mon, 19 Feb 2007 21:24:13 +0000 URL: http://www.deniscastel.fr Comment as-tu deviné que c'était du Chinon ? ----- COMMENT: AUTHOR: Fabrice14 [Membre] DATE: Mon, 19 Feb 2007 21:22:19 +0000 URL: Denis, aurais tu abusé du Chinon?? Pas très pro, tout ça..Depuis 1/4 d'heure, c'est du gloubi-boulga économique. Aucun chiffre, que des généralités, des lieux communs, voire pire des contre-vérités genre "le progrès technologique détruit de l'emploi". Certes, il n'y a plus de pompiste, certes chacun remet son chèque dans un automate plutôt qu'à un guichetier. Mais on a aussi, et c'est nouveau, des ingénieurs qui fabriquent des téléphones portables ou des baladeurs numériques, des chargés de clientèle chez les hébergeurs de sites. C'est ça, le progrès technologique, un processus permanent de destruction créatrice cher à Schumpeter qui permet de progresser et qui fait que tous ceux ceux qui ne veulent rien comprendre à l'économie peuvent quant même avoir un mobile 3G ou un ipod.
----- COMMENT: AUTHOR: koz [Visiteur] DATE: Tue, 20 Feb 2007 10:39:31 +0000 URL: http://www.koztoujours.fr J'ai pris un doliprane. Mais je ne suis pas certain que ce soit à cause des propos de la dame.30 milliards d'euros de déficit commercial = 1 million d'emplois. Elle tire ça d'où ?
"Le progrès technologique détruit de l'emploi"
"Il faut éviter que les machines remplacent les hommes"
Vivement le retour à la lampe à huile et à la marine à voile !!!
----- COMMENT: AUTHOR: pas perdus [Visiteur] DATE: Tue, 20 Feb 2007 07:52:09 +0000 URL: http://stefbac.free.fr retirer des phrases de leur contexte, c'est facile... ----- COMMENT: AUTHOR: Fleur de Lys [Visiteur] DATE: Mon, 19 Feb 2007 20:43:14 +0000 URL: quels réels pouvoirs a-t'elle sur la hausse ou la maîtrise des prix ?C'est la nouvelle Bernadette Soubirous !!!
Moment d'émotion qui va bien lui faire gagner quelques centièmes de pourcent dans les sondages.
----- COMMENT: AUTHOR: pas perdus [Visiteur] DATE: Tue, 20 Feb 2007 07:53:23 +0000 URL: http://stefbac.free.fr Comment aurais-tu réagi si tu avais été devant cet homme ?Maître Eolas est arrivé. Une autre figure de la blogosphère. Il ne blogue pas et se contente de commenter.
----- -------- AUTHOR: TITLE: Art oratoire BASENAME: art_oratoire DATE: Mon, 19 Feb 2007 20:06:54 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Ségolène Royal CATEGORY: TAGS: ----- BODY:"On naît poète, on devient orateur". Qui ne connaît pas la citation de Cicéron ? A défaut d’être née poétesse, Ségolène s'est améliorée comme oratrice. Au moins sur la forme et sur un plateau de télévision. A la regarder depuis quelques minutes, je me dis que je n'ai plus besoin de lui envoyer la plaquette de la société spécialisée dans la formation à l’art oratoire qui m’a été payée par mon employeur.
----- -------- AUTHOR: TITLE: 100 Français, 100 propositions BASENAME: 100_francais_100_propositions DATE: Mon, 19 Feb 2007 19:51:54 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Ségolène Royal CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Elle est maligne, Ségolène. Admirez sa cohérence et ses facultés d’anticipation de la candidate socialiste : 100 Français invités à lui poser une question sur TF1, 100 propositions dans le Pacte Présidentiel de Ségolène, il n’y a plus qu’à relier chaque question à une proposition. Ah, l’efficience du peuple lorsqu’il s’exprime dans des débats participatifs…
----- COMMENT: AUTHOR: Fleur de Lys [Visiteur] DATE: Mon, 19 Feb 2007 20:46:22 +0000 URL: propositions ça veut dire devant les députés...autant de promesses à l'avenir bien incertain... ----- -------- AUTHOR: TITLE: Dans le Saint des Saints de la blogosphère BASENAME: dans_le_saint_des_saints_de_la_blogosphe DATE: Mon, 19 Feb 2007 19:45:38 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Ségolène Royal CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Ça y est ! Après avoir retrouvé Versac, Jules et Frednetick, j'ai fait la connaissance de l'équipe de la rédaction Web de 20 minutes et surtout de Koz, un blogueur à plusieurs dizaines de commentateurs par billets qui fait mon admiration. Je me sens un peu petit aux côtés de ces monstres de la blogosphère. Au moins, même si je n'arrive pas à trouver un ordinateur libre, je ne serai pas venu pour rien, d'autant que l'ambiance semble plutôt festive pour ce qui est sensé être un lieu de travail...
----- COMMENT: AUTHOR: koz [Visiteur] DATE: Tue, 20 Feb 2007 10:43:04 +0000 URL: http://www.koztoujours.fr Ca peut paraître condescendant, mais ce n'est certainement pas mon intention : on a tous commencé petit. C'est aussi le temps qui crée l'habitude, chez les visiteurs de venir voir ce que l'on aura pen ----- -------- AUTHOR: TITLE: En direct de la rédaction de 20 minutes ce soir BASENAME: en_direct_de_la_redaction_de_20_minutes DATE: Mon, 19 Feb 2007 16:43:18 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Ségolène Royal CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Sur l'invitation de Versac, séance de live blogging depuis les locaux de la rédaction de 20 minutes qui nous offre l'hospitalité pour commenter en direct la prestation de la candidate socialiste sur TF1 ce soir. Enfin, si je réussis à trouver un ordinateur libre.
----- -------- AUTHOR: TITLE: L'odeur du sang BASENAME: l_odeur_du_sang DATE: Sun, 18 Feb 2007 21:20:38 +0000 STATUS: publish PRIMARY CATEGORY: Ségolène Royal CATEGORY: TAGS: ----- BODY:Après le rendez-vous du 11 février, le grand rendez-vous du 19 devant les téléspectateurs. Ségolène Royal sera l'invitée demain soir de PPDA à 20 h 50 sur TF1.
Même si je reste (à moitié) sceptique sur le principe de l'émission, ce serait presque criminel de ne pas commenter en live la prestation de l'ex-Madone des sondages dans l'arène médiatique.
----- COMMENT: AUTHOR: Angélique [Visiteur] DATE: Mon, 19 Feb 2007 13:20:24 +0000 URL:
Titre évidemment un peu éculé, mais ô combien parlant.
Je n’ai certes pas la notoriété d’Alain Juppé (ni son arrogance et ses casseroles du coup…), ni même l'audience d’un Versac pour rester dans la catégorie blogueur. Je n’ai pas non plus de quoi aller vivre de mes rentes. Mais bon, pourquoi m’interdire cette référence explicite pour tous ?
J’aurais aussi pu choisir comme titre la tentation de Capri (j’ai bien aimé Venise, mais j’ai encore plus aimé Capri), de l’abandon, de l’égoïsme, du business, du repli, de l’écriture, du chacun pour soi…
Donc, il m’arrive (de plus en plus souvent en ce moment…) de me poser la question : à quoi bon ? A quoi bon tenir ce blog ? A quoi bon essayer de faire bouger des lignes apparemment figées dans le SégoSarkoShow ? A quoi bon consacrer (perdre ?) autant de temps à essayer de faire boire des ânes qui n’ont pas soif, à me battre contre des moulins à vents médiatiques ?
L’audience crée des obligations et de la motivation. Comme je n’en ai guère, hormis celle de mes fidèles commentateurs (merci à Aetius, Angélique, Fleur de Lys, Lg, Minerve, Phénix et Réba), je ne me sens obligé à rien. Et puis, cela me prend du temps au détriment d’autres choses.
Pourtant, il y a loin de là à ce que le malaise trouve sa solution. Entre une majorité de Français dont l’allergie à l’économie et aux entreprises pousse les candidats à promettre toujours plus de dépenses publiques, des médias qui, par obsession de l’audience, zappent d’une déclaration à une autre sans prendre le temps de l’analyse, une campagne présidentielle qui marque le triomphe de la communication politique, des dérives dignes d’une république bananière et des dirigeants d’entreprises qui n’arrivent pas à trouver un juste milieu entre performances financières, rémunérations des décideurs et décence sociale, la coupure se fait de plus en plus profonde, bien que largement occultée, entre la sphère politico-médiatique et le pays réel. Il y aurait là de quoi bloguer encore plusieurs mois, voire plusieurs années.
----- COMMENT: AUTHOR: Fleur de Lys [Visiteur] DATE: Tue, 20 Feb 2007 20:20:33 +0000 URL: Salut Denis,L’article 3 de la loi n°62-1292 du 6 novembre 1962 relative à l'élection du Président de la République au suffrage universel prévoit que les candidats à l’élection présidentielle doivent bénéficier de la "présentation" d’au moins cinq cent députés, sénateurs, conseillers régionaux, conseillers généraux ou maires. Ces "présentations", communément désignées sous le terme de "parrainages" ou de "signatures", doivent parvenir au Conseil constitutionnel au plus tard le sixième vendredi précédant le premier tour de scrutin à dix-huit heures.
Les candidats à la prochaine élection présidentielle ont donc jusqu’au vendredi 16 mars (*) à 18 heures pour déposer leurs 500 parrainages, que certains semblent avoirdu mal à rassembler. D’abord parce que les élus PCF, PS, UDF, ou UMP ne veulent pas favoriser les candidats concurrents des champions investis par leur parti, ensuite parce que les élus sans étiquette politique ne souhaitent pas voir leur nom associé à celui d’un candidat d’extrême-gauche ou d’extrême-droite lorsque le Conseil Constitutionnel publiera les noms des "parrains".
Cette frilosité me semble à tout le moins regrettable.
Est-il sain, est-il même raisonnable que Jean-Marie Le Pen ou Olivier Besancenot ne puissent pas se présenter à l’élection présidentielle, faute d’avoir pu réunir ces 500 signatures ? N’est-ce pas là prendre le risque de frustrer 15, 20 voire 25 % des votants et de faire de ces deux prétendants des martyrs d’une pseudo- démocratie ?
Il faut certes des règles pour éviter les candidatures fantaisistes. Avec les règles actuelles, quelqu’un voulant ouvrir une épicerie doit obtenir l’autorisation du supermarché situé de l’autre côté de la rue.
En attendant que de nouvelles règles puissent être définies pour l’élection suivante (500 signatures d’élus ou à défaut 25.000 ou 50.000 signatures de citoyens ?), il revient aux élus d’assumer la responsabilité du bon fonctionnement de la démocratie.
Le rôle d’un élu, fût-il local, n’est-il pas d’éclairer le chemin, de devancer ses électeurs, quitte à leur déplaire ? Et ces électeurs, ne sont-ils pas en mesure de comprendre, si leur élu prend l’initiative de faire part de sa décision publiquement et d’en expliquer le sens, que le parrainage d’un candidat ne traduit pas une adhésion à ses idées ?
Et puis, je le répète : A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire… (pour qui le caramel mou ?)
(*) Le délai d’une semaine supplémentaire évoqué par le Premier ne consiste pas à reculer la date limite de dépôt des parrainages, mais à avancer la date à partir de laquelle ils peuvent être envoyés par les élus.
----- COMMENT: AUTHOR: Fleur de Lys [Visiteur] DATE: Thu, 15 Feb 2007 10:13:30 +0000 URL: Salut Denis...Koz a dénoncé, mieux que je ne l’aurais fait, l’archaïsme et le sectarisme dont Ségolène Royal a fait étalage mardi dernier à l’occasion d’un meeting à Paris.
Il faut dire que le satisfecit reçu d’Arlette Laguillier à la suite de ce discours ("Ségolène Royal revient semble-t-il, au moins en paroles, à des fondamentaux de gauche") devrait être le baiser qui tue. En France, c’est un brevet de respectabilité. Avec un tel sésame, Ségolène Royal ne court plus aucun risque de faire l’objet d’un procès pour déviationnisme droitier.
D’ailleurs, à la lecture des premières indiscrétions sur le programme que dévoilera la candidate du PS cet après-midi à Villepinte, c’est à se demander si les partisans d’Arlette n’ont pas profité des débats participatifs pour faire de l’entrisme au PS. Ségolène ne s'apprête-t-elle pas à annoncer qu'elle rasera gratis en faisant payer les riches et en faisant s'accélérer la croissance économique grâce à sa bonne mine ?
PS : toujours chez Koz, une analyse du procès en lepénisation et de la diabolisation de Sarko par la gauche.
----- COMMENT: AUTHOR: Angélique [Visiteur] DATE: Wed, 14 Feb 2007 11:37:04 +0000 URL: Oui Minerve, en effet, plus on en parle, plus on le critique, et plus on le renforce, souvenons-nous quant on le faisait à Chirac.
J’ai longuement hésité sur le point de savoir s’il fallait évoquer cet article du Figaro Magazine
D’abord parce que les allégations livresques, mêmes vérifiables aux dires de l’auteur, se doivent d’être examinées sérieusement, ce que je n’ai pas vraiment le temps de faire, surtout en ce moment.
Ensuite parce que, selon un spécialiste du droit, le bon droit de la plaignante ne serait pas établi.
Et puis, je me suis rappelé cette anecdote à propos du Général, qui, lorsqu’il invitait ses petits-enfants à déjeuner le jeudi à l’Elysée, envoyait son secrétaire rembourser les caisses de l’Etat en réglant la note du déjeuner.
Même si les affirmations de l’ex-attachée parlementaire de la candidate du PS demandent à être vérifiées, il y a quand même un soupçon non négligeable d’emploi fictif, qui, venant après la sous-estimation avérée de son patrimoine taxable à l’ISF, me fait me poser la question suivante :
La virtù chère à Machiavel peut-elle aller sans vertu ?
----- COMMENT: AUTHOR: Angélique [Visiteur] DATE: Sun, 11 Feb 2007 18:33:41 +0000 URL: Minerve : Merci pour l’info …on en reparleras en temps voulu !